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ISBN : 2330010109
Éditeur : Actes Sud (06/06/2012)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 30 notes)
Résumé :

Elling, social-démocrate jusqu'au bout des ongles, a toujours vécu "avec maman". A la mort de celle-ci, il a trente-quatre ans et perd un peu les pédales - lui qui est déjà, au bas mot, monomaniaque, hystérique, voire carrément atteint de délires obsessionnels. Les services sociaux décident donc de le placer dans une institution psychiatrique.

Horreur! Elling se retrouve dans une chambre avec Kjell Bjarne, une armoire à glace qui a la co... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
simeon
  02 février 2014
Chef d'oeuvre d'humour nordique, Elling pourrait être l'alter ego de Ignatius de John Kennedy Toole. le héros de ce livre est un homme de la trentaine n'ayant connu qu'une seule femme, sa mère. A sa mort, il va se retrouver interné, à sa grande surprise dans un hôpital psychiatrique. Il a un très bon niveau de langage, ce qui perturbe le lecteur au début du roman, car il s'étonne lui aussi de la raison de cet internement, évidement au fil de la lecture elle va devenir beaucoup plus évidente.
Le narrateur va nous exposer son intégration dans cet hôpital, ainsi que certains pans de sa vie avec sa mère, en particulier un voyage en Espagne qui tourne assez vite en eau de boudin. La particularité de Elling, est de surinterpréter chaque instant de sa vie, via un monologue intérieur au processus arborescent. Il va apercevoir une personne au loin, et tout de suite il va extrapoler sur sa vie, de son nom à sa profession, en passant par sa vie intime, à la profession de son époux, mais aussi sur les sentiments qu'elle ne peut qu'éprouver à son égard.
Il sait qu'il est différent, mais pour lui, ce n'est que tout au plus une forme de misanthropie.
Il a des idées politiques avancées, il aime démesurément les animaux et tombe très vite amoureux des femmes dont il ignore tout. Il fait des tentatives pour se faire accepter mais elles se soldent toujours par un fiasco.
Ses peurs des autres et de lui même lui compliquent la vie et le mettent face à des situations cocasses pour le plus grand plaisir du lecteur.
Ici, les fous ne sont pas des caricatures, ils ne se prennent pas pour Napoléon, ils sont intelligents mais au fond d'eux même, une fêlure les rend inapte à la vie en société, c'est de cette fragilité qu'est fait ce livre, le rendant attachant et émouvant. Un excellent roman qui nous fait aussi réfléchir sur notre condition, la vie, la mort, l'amour, les relations humaines. Elling malgré sa folie, soulève des problèmes réels et sa vision est loin d'être inintéressante.
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Rhodopsine
  29 mai 2013
Drôle de livre! et pas simple à définir...Comment qualifier Elling? au moment où on le rencontre, il est hospitalisé, dans une unité psychiatrique. Mais il n'est pas malade, pas fou, pas... Il vient juste de perdre sa maman, il est déstabilisé, c'est tout. Il faut dire qu'il a toujours vécu avec maman, seulement avec maman. Alors quand il doit partager sa chambre avec Kjell Barne, colosse qui ne s'intéresse qu'à la nourriture et aux filles blondes, ce n'est pas l'enthousiasme. Parce que tout de même, Elling n'est pas idiot, pas du tout. Il est même plutôt cultivé, bien élevé, il voit bien que ses sentiments à l'égard de Gunne, la charmante infirmière, sont partagés . Ce n'est que la crainte de son mari qui la retient de s'exprimer. Finalement, tout va bien, à peu près, jusqu'à la fête de Noël: il a même offert un cadeau à Kjell, à Gunne, il en reçu, bref, un Noël pas si triste que ce qu'il craignait. Et puis, la catastrophe, inattendue:un orgue portatif qui déclenche tout et les souvenirs remontent sans crier gare.
Un roman poignant et drôle, un héros fragile et plein de certitudes, le monde extérieur empli d'embûches, de la tendresse et de la violence... la vie!
Une vraie réussite, à découvrir toutes affaires cessantes!
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paroles
  27 mars 2013
Elling est bavard, intelligent. Il raisonne, explique, raconte. Mais Elling s'emporte, a des absences, devient violent parfois. C'est qu'Elling est un peu différent des autres.
Lorsqu'il a 34 ans, son monde bascule. Jusqu'à présent, il vivait avec maman. Mais maman est morte et le voilà contre son gré pensionnaire (convalescent plutôt, c'est ainsi qu'il décrit sa situation) d'un institut (un hôpital psychiatrique) où il doit partager sa chambre avec Kjell Bjarne. Difficile cette cohabitation, lui qui a toujours été indépendant, enfin avec maman. Ce Bjarne, il ne l'aime pas. C'est un gros homme qui passe sa vie à manger et à reluquer les filles. Lui, il ne reluque pas les filles. Elles tombent toutes amoureuses de lui (il en est persuadé), la surveillante surtout. du moins c'est ce qu'il croit. Voilà, en fait, c'est ça le problème d'Elling : il y a toujours ce qu'il croit voir et ce que les autres voient. Pas facile tous les jours, la vie !
Heureusement, peu à peu, ces deux hommes vont s'apprivoiser et devenir potes pour la vie.
Un très bon roman où un regard différent, celui d'Elling, est porté sur les évènements de la vie.
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Ingannmic
  08 septembre 2016
Le sel "d'Elling" tient en grande partie dans le trompe-l'oeil qu'élabore son auteur, en faisant de son héros éponyme et narrateur un homme qui se fourvoie, principalement sur la façon dont il est perçu par les autres. Son rapport au monde, passé au crible de sa psychologie complexe et torturée, est ainsi faussé. Par exemple, s'avouant "un peu stressé" suite au décès de sa maman, chez laquelle il a vécu jusqu'à ses trente-quatre ans, il est placé dans ce qu'il pense être une maison de convalescence, quand il est en réalité interné en asile psychiatrique, car incapable de vivre en autonomie...
Difficile pourtant, de prime abord, de déterminer précisément ce qui cloche, chez Elling. Certes, sa manière de se mettre à distance des autres, ses raisonnements implacables dénotent un excès d'arrogance pontifiante, et sa façon de s'exprimer, dans un langage soutenu, a bien un côté pompeux, maniéré... mais ces travers, s'ils peuvent s'avérer insupportables, ne sont cependant pas des preuves de folie. Puis, peu à peu, ses réactions face à des situations banales, et certaines habitudes ou épisodes de sa vie qu'il évoque, dévoilent l'ampleur de ses obsessions, l'étrangeté de ses lubies.
Lorsqu'il apprend qu'il doit partager la chambre de Kjell Bjarne, une laconique armoire à glace "un peu lent à la comprenette", c'est l'angoisse. Elling ne supporte ni la promiscuité, ni la vulgarité, et se montre très sensible à la moindre manifestation d'agressivité, son jugement quant à ce qui est agressif étant très relatif...
Elling nous livre, avec son point de vue égocentrique et sa mauvaise foi, ses théories moralisatrices sur la vie, l'amour -sachant que ce grand garçon de trente-quatre ans est toujours puceau-, la présomption du peuple danois, les relations mères-fils... Au fil de digressions romanesques nourries de sa vision autocentrée du monde, mais aussi d'un certain niveau culturel, le lecteur se familiarise avec sa logique à la fois rigoureuse (d'un point de vue dialectique), et en même temps décalée, voire fantasmagorique. Il finit par comprendre qu'elle est en fait un subterfuge, sans doute inconscient, qui lui permet de supporter l'existence en enjolivant la réalité, puisque cela lui permet de croire en une version édulcorée de son environnement, où il évolue tel un héros charismatique et omniscient. Aussi, en dépit des quelques "crises" qui traduisent l'angoisse profonde qu'Elling dissimule, le roman d'Ingvar Ambjørnsen est dénué de tout sentiment de désespérance. Son héros s'est reconstruit une réalité qui lui convient, qu'il parvient la plupart du temps à ne pas remettre en doute.
De plus, son séjour parmi ceux qu'il se garderait bien de considérer comme ses semblables, en le sociabilisant, lui fait réaliser la richesse qu'il peut retirer des rapports avec autrui, lui apprend l'empathie et la générosité... au point que l'on finit par s'attacher à cet atypique et pourtant si agaçant personnage !
Malgré quelques longueurs -le récit prend un tournant qui dure, qui dure... mais dont on comprend, avec le dénouement, la finalité- on se laisse facilement séduire par l'humour grinçant suscité par la mauvaise foi de son héros, dont les défauts et la démence ne sont-ils pas finalement, bien qu'un peu accentués, ceux de beaucoup de nos semblables ?
Lien : http://bookin-ingannmic.blog..
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MIOP
  09 février 2012
Un seul mot, prononcé incidemment lors d'un repas de fête de Noêl, suffit pour nous plonger dans le monde chaotique des pensées d'Elling. S'ensuit alors un long et foisonnant monologue fait de digressions souvent très drôles, des petits riens de la vie racontés avec beaucoup de tendresse mais aussi de la réalité de ces hommes en marge de la société qui ont du mal à appréhender les gestes de la vie quotidienne. L'accent est mis sur les difficultés d'intégration de ces personnes mais aussi sur le regard que portent les gens sur eux. le ton de sincérité qui caractérise ce récit est fort, illustré tout particulièrement par la naïveté d'Elling et de son ami. Un roman à la fois désopilant et profond.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
koalaskoalas   25 juin 2013
Aussi des lors que Gunn m'a présenté comme dixit "Elling, le nouveau", je me suis préparé au pire. Je ne suis pas tombé de la dernière pluie : j'ai vu comme les nouveaux élèves étaient traités dans la cour de l'école. Et j'en ai tiré quelques enseignements que je mets en pratique sous la forme de tours de passe-passe. La chose la plus idiote que vous puissiez faire est de pencher la tête et d'accepter. Car s'il y a une attitude que la foule déteste, c'est la lâcheté. En conséquence de quoi j'ai croisé démonstrativement les bras et incliné la tête un soupçon en arrière. Pareil à un lord anglais qui vient de découvrir sa fille derrière la haie en compagnie du fils du jardinier.
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koalaskoalas   25 juin 2013
Les grandes réunions m'ont toujours donné la nausée. J'aime les gens, ce n'est pas cela, mais je préfère les voir à distance respectueuse de moi. Les voir par la fenêtre, par exemple.
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latrambouzelatrambouze   04 décembre 2016
Debout côte à côte elles ruminaient inlassablement, sans cesser, avec leurs globes oculaires aussi gros et brillants que des châtaignes tout juste tombées de l’arbre, de me regarder, si ce n’était de voir à travers moi. Ces vaches étaient d’une telle beauté que j’en aurais presque pleuré. Car dans leurs regards vides, c’est la présence du cosmos que je percevais. Des planètes gravitant pour l’éternité en orbite. Le silence. Voilà des êtres qui se nourrissaient pour immortaliser l’étincelle de vie, cependant que leurs yeux reflétaient ce que l’on pouvait sans doute appeler l’éternel, l’immuable. Mes pensées prenaient des envolées inhabituelles et je sentais mon cœur battre sereinement dans ma poitrine. Je savais que je pourrais me réfugier ici si d’aventure les jours devaient me réserver des heures cruelles. Je pourrais me réfugier ici et me perdre dans ces globes oculaires, bruns et brillants, et y puiser le réconfort que d’autres trouvent dans les églises ou les temples.
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crapahutevidacrapahutevida   26 juin 2017
Parfois la pensée me traverse l’esprit: une espèce de perplexité par rapport à ma propre existence. J’ai comme un doute quant au fait que je suis vraiment en vie. Avec cette impression d’être le seul à pouvoir me voir, cette impression que les autres ne voient qu’un vide là où moi je vois Elling. C’est à la fois horrible et un peu étrange à la fois
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latrambouzelatrambouze   04 décembre 2016
C’est étrange comme il en va de nous, les êtres humains. Nous vivons une belle journée, ou peut-être rien qu’un bref instant tout en force et en beauté. Nous sommes intimement persuadé d’avoir capturé l’Indien qui est en nous, ou persuadés que le bouddhiste zen qui habite notre âme est venu pour rester. Et puis voilà, en dépit de cela, le rouleau compresseur de l’existence nous écrase au prochain croisement.
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