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Terje Sinding (Traducteur)
ISBN : 2070774244
Éditeur : Gallimard (31/08/2006)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 129 notes)
Résumé :
Eté 1948. Trond a quinze ans et il est heureux d'être seul avec son père en vacances, dans un village près de la frontière suédoise. Il y retrouve son camarade Jon qui lui propose un matin d'aller 'voler des chevaux'. Il s'agit en réalité d'emprunter les chevaux d'un propriétaire terrien pour une petite échappée. Trond accepte et l'aventure se termine mal pour lui : il tombe de cheval et se blesse, puis assiste, impuissant, à une étrange explosion de rage et de viol... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Missbouquin
  29 novembre 2012
En 2003, Per Petterson fait une percée littéraire grâce à « Pas facile de voler des chevaux ». Immense succès en Norvège, Allemagne et Grande-Bretagne, le livre est récompensé par deux prix littéraires prestigieux en Scandinavie.
Attirée par le titre de ce roman, j'ai enfin pu l'attaquer après l'avoir vu traîner depuis un moment dans ma PAL (c'est très souvent en ce moment, je dépoussière ! ).
A près de 70 ans, Trond Sander se retire dans une petite maison près d'un lac au nord de la Norvège. Enfin tranquille, il aspire à une vie paisible.
« Toute ma vie j'ai désiré vivre seul dans un endroit comme celui-ci. Même quand la vie était belle, et elle l'a souvent été. Ça, je peux l'affirmer. Qu'elle l'a souvent été. J'ai eu de la chance. Mais même dans ces moments-là, au milieu d'une étreinte par exemple, quand on me murmurait à l'oreille les mots que je voulais entendre, j'ai parfois ressenti un brusque désir d'être loin, dans un endroit où tout ne serait que silence. »
Jusqu'à ce qu'il rencontre son voisin Lars, qui le ramène cinquante ans en arrière, au dernier été où il a vu son père, ce même été où un horrible accident frappa la famille de Lars …
Par une alternance classique entre passé et présent, le roman est habilement construit autour des secrets des personnages, en particulier autour de la figure énigmatique du père. La plongée dans la Norvège des années 40, de la guerre à l'après-guerre m'a fait prendre conscience de la manière dont ce pays a vécu la Seconde guerre mondiale. Se superpose ainsi l'insouciance de l'été 48 entre le père et le narrateur, jeune garçon qui vole des chevaux pour faire des promenades de temps en temps; et la guerre, pendant laquelle l'expression qu'il utilise « Viens, on va voler des chevaux ! » était un mot de passe .. Nombre de questions et de mystères resteront ainsi sans réponse …
Un style simple, mais beau, une économie de moyens, et des paysages splendides. Je remarque que c'est un point commun entre les romans qui nous arrive du Nord – Islande, Norvège, Suède, Finlande : une poésie qui se dégage, une nature très présente, peu de rebondissements mais une plénitude et un art de raconter des histoires bouleversantes mais d'une grande finesse.
« Pour ne pas mourir moi aussi, il me fallait retrouver la forêt. »

Ce fut donc une lecture agréable, paisible et intéressante. Un livre à relire pendant des vacances en Norvège.
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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TheBookFetish
  22 juillet 2013
Il est difficile d'écrire une critique constructive sur ce livre, dont pour moi, les principales qualités sont aussi les principaux défauts.
L'écriture est très belle, fluide, les descriptions de la nature sont magnifiques, "vivantes": on entend le murmure de la rivière au loin, les pas crisser dans la neige, on voit l'eau miroiter dans le jour naissant.
Les descriptions des personnages sont très sensibles et touchantes.
Mais voilà, des descriptions, il y'en a beaucoup, et parfois, au détriment peut être, des événements que l'on aurait souhaité voir un peu plus développés.
On a le sentiment de constituer un puzzle.
Au fil du récit, on ajoute une pièce de l'histoire, puis une autre, et petit à petit on parvient à comprendre ce qui s'est passé.
Mais tout comme un puzzle, ce roman demande de la patience, de la persévérance, pour comprendre comment chaque pièce vient s'emboîter aux autres.
La fin nous laisse avec beaucoup de doutes, d'incompréhension, de zones d'ombres, et cela en décevra certains. Mais, on peut aussi se dire, que c'est le parti pris par l'auteur de ne nous laisser qu'entrevoir pendant 300 pages la vie de ces gens. Et comme dans la vie, on ne comprend pas toujours tout, on ne sait pas tout parce que ce serait mal poli de poser des questions.
Il me semble que c'est un roman pudique, tout comme le sont les personnages.
Les secrets de famille ne sont pas censés être étalés au grand jour, pas même dans un roman.
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quiliravivra
  10 mai 2014
Un titre intriguant pour un très beau récit énigmatique.
Le roman est joliment construit sous forme d'un puzzle qui peu à peu, par un subtil jeu d'aller et retour entre le présent et le passé, permet de reconstituer, sans pour autant en résoudre réellement l'énigme, un pan essentiel de le vie du héros principal.
Ce n'est pas facile de voler des chevaux ni à 15 ans ni à 66 ans.
Car les fantasmes ne sont pas faits pour se réaliser.
Un livre nimbé de mystère et de délicatesse.
Un concentré d'émotions.


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Adenolia
  28 mai 2015
(lu en anglais) Trond a 15 ans. Il est heureux de passer l'été de l'année 1948 avec son père dans une cabane au fond des bois. Leur terrain est longé par une rivière qui coule en Norvège avant de repasser en Suède.
Il y a les jeux typiques de son âge avec son ami Jon, la fenaison, la coupe des arbres et la mise à l'eau des troncs, envoyés flotter sur la rivière jusqu'à son embouchure à Karlstad en Suède.
Trond est plein d'admiration pour ce père souvent absent, qu'il connaît très peu mais qui est aimé et respecté par tous ceux qui l'approchent, au point où personne n'ose le contredire lorsqu'il décide d'envoyer son bois flotter sur la rivière en plein été, quand le niveau d'eau est trop bas pour entraîner les troncs.
C'est un été de ‘coming of age' comme on dirait en anglais. Et Trond va beaucoup grandir cet été là. Dans une Scandinavie où il n'est pas de bon ton d'exprimer ses sentiments, lui aussi veut être fort, invulnérable et compétitif.
Mais les adultes ont leur vie et leurs secrets, source d'incompréhension et même d'abandon. Abandon dans des circonstances particulières sur lesquelles Trond reflète à l'âge de 67 ans, de retour dans les bois où il est venu pour finir sa vie, coupé de tout.
Il se souvient de cette phrase de son père « You decide for yourself when it will hurt » (traduit en français par : c'est toi qui décides quand ça fait mal ?) et de sa peur d'être comme cet homme dans ce tableau de Magritte La Reproduction interdite, cet homme de dos qui regarde un miroir qui ne reflète pas son visage mais son dos.
C'est un beau roman sur la désillusion.
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kathel
  05 février 2013
Le narrateur, un homme dans la soixantaine, vient de s'installer dans une maison isolée au milieu des bois pour y passer l'hiver. Cet endroit lui rappelle celui où il passait son enfance, notamment l'été de ses quinze ans, en 1948, où tout devait changer, entre amitiés adolescentes, premiers émois et surtout, au centre du roman, les relations entre père et fils. En effet, pour ces quelques semaines, sa mère et sa soeur étaient restées en ville et le jeune homme se sentait plus proche de son père, s'intéressait de plus près aux événements survenus quelques années plus tôt, pendant la guerre.
La suite :
Lien : http://lettresexpres.wordpre..
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
Giraud_mmGiraud_mm   16 mai 2018
Je me demandais comment elle y arrivait, car elle travaillait aussi dur qu'un homme. Et à chaque fois, je voyais mon père qui la regardait, les yeux mi-clos. Et je faisais pareil, je n'arrivais pas à m'en empêcher. Et comme on la regardait, le père de Jon la regardait aussi, mais pas comme il le faisait d'habitude. Ce qui me paraissait normal. Mais j'ai l'impression qu'on ne regardait pas la même chose, car ce qu'il voyait semblait le surprendre et le mettre mal à l'aise. Moi, ce que je voyais me donnait envie d'abattre le plus grand des sapins et de le faire tomber avec un fracas qui retentirait partout dans la vallée.
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art-bsurdeart-bsurde   12 avril 2014
Dans deux mois à peine ce sera la fin du millénaire. Il y aura une fête avec feu d’artifice au village. Je n'irai pas. Je resterai à la maison avec Lyra, je descendrai peut-être jusqu'au lac pour voir si la glace tient, j'imagine une nuit avec -10 et clair de lune, je ferai du feu dans le poêle et je me saoulerai raisonnablement avec la bouteille que j'ai mise de côté dans le placard, je poserai sur le vieil électrophone un disque de Billie Holiday, avec sa voix au bord du chuchotement comme lorsque je l'ai entendue à Oslo dans les années cinquante, presque éteinte mais encore pleine de magie. A la fin du disque j'irai me coucher, je dormirai aussi profondément qu'il est possible de le faire sans être mort, et je me réveillerai dans un nouveau millénaire sans y accorder la moindre importance. Je m'en réjouis à l'avance.
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SepoSepo   23 avril 2014
Il régnait une odeur de bois fraîchement coupé. Elle se répandait de la route jusqu'à la rivière, elle remplissait l'air et flottait au-dessus de l'eau, elle pénétrait partout, elle m'engourdissait et me faisait perdre la tête. J'étais au centre de tout. Je sentais la résine; mes vêtements et mes cheveux sentaient la résine; la nuit, dans ma couchette, ma peau sentait la résine. Je m'endormais avec l'odeur de résine, je me réveillais avec l'odeur de résine, l'odeur de résine m'accompagnait du matin au soir. Je faisais un avec la forêt. Pataugeant dans des brindilles de sapin, je courais partout en coupant des branches comme mon père m'avait appris à le faire: aussi près du fût que possible, pour ne laisser dépasser qui puisse gêner le passage du couteau à écorcer ou blesser les pieds des hommes qui auraient à marcher sur les grumes et les séparer quand elles s'agglutineraient sur la rivière. Je maniais la serpe en cadence; un coup à droite, un coup à gauche. Le travail était pénible, tout me résistait, tout était dur, mais ça m'était égal; je ne sentais pas ma fatigue et je continuais à travailler sans y prêter attention. Les autres devaient me retenir, ils me prenaient par l'épaule et m'asseyaient de force sur une souche d'arbre en m'enjoignant de rester assis et de me reposer un peu, mais ma résine me collait aux fesses, mes pieds me démangeaient et je finissais par m'arracher de la souche et m'emparer de la serpe. Le soleil me cuisait et mon père rigolait. J'avais un sentiment d'ivresse."p.102-103
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EveLenEveLen   13 juin 2008
Les gens aiment bien qu'on leur raconte des choses avec modestie et sur le ton de la confidence, mais sans trop se livrer. Ainsi ils pensent vous connaître, mais ce n'est pas vrai. Ils connaissent des choses sur vous, ils ont appris certains détails, mais ils ne savent rien de vos sentiments ni de vos pensées, ils ignorent comment les événements de votre vie et les décisions que vous avez été amené à prendre ont fait de vous celui que vous êtes. Ils se contentent de vous attribuer leurs propres sentiments et leurs propres pensées ; avec leurs suppositions, ils reconstruisent une vie qui n'a pas grand-chose à voir avec la vôtre. Et vous êtes en sécurité. Si vous voulez rester à l'écart, personne ne peut vous atteindre. Il suffit de sourire poliment et de ne pas céder à la paranoïa ; malgré vos contorsions ils parleront de vous dans votre dos, vous ne pourrez pas l'éviter. Et vous feriez sans doute pareil.

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zhivagozhivago   04 décembre 2014
J'ai envie de prendre le temps qu'il faut. Le temps, maintenant, je me dis que c'est important pour moi. Qu'il passe vite ou lentement n'est pas le problème; l'essentiel, c'est le temps lui-même, cet élément dans lequel je vis et que je remplis d'activités physiques qui le rythment, le rendent visible et l'empêchent de s'écouler sans que je m'en aperçoive.
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Video de Per Petterson (2) Voir plusAjouter une vidéo

[Per Petterson : Dans le sillage]
A la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain, Olivier BARROT présente l'ouvrage de Per PETTERSON : "Dans le sillage".
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