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Georges Sautreau (Traducteur)
EAN : 9782253049630
285 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (25/02/2004)

Note moyenne : 4.03/5 (sur 490 notes)
Résumé :
La seule chose qui me gênât un peu, c'était, malgré mon dégoût de la nourriture, la faim quand même. Je commençais à me sentir de nouveau un appétit scandaleux, une profonde et féroce envie de manger qui croissait et croissait sans cesse. Elle me rongeait impitoyablement la poitrine ; un travail silencieux, étrange, se faisait là-dedans.
Knut Hamsun.


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Critiques, Analyses et Avis (63) Voir plus Ajouter une critique
ninosairosse
  16 novembre 2016
Lu en Avril 2016 suite suggestion de Babelio.... suite mon envie de recenser les Nobels de Littérature... suite à vouloir décrocher une insigne Novice en Littérature du Grand Nord ....suite Questions pour un Champion et son célèbre "4 à la suite" ;-)
Comme vous en avez pris l'habitude maintenant, je ne vais pas vous résumer ici l'histoire sans fin, d'un gars qui galère, fin XIXe, sans toit, dans les rues d'Oslo, qui se dispute avec un chien pour un os à ronger, bref qui n'arrive même pas à mettre faim à son cauchemar ! c'est peu dire !!
Je vous rappelle que pour les résumés, c'est "info" en tête de page, 4em de couverture, critiques éditeurs et résumés membres....
Par contre, par le plus curieux des hasards, sortie de Bibliothèque de Rennes Nov2016, je tombe sur un DVD film de Henning Carlsen (1966): "La Faim"....les cinéphiles apprécieront la sélection pour la Palme d'Or et le Grand Prix d'interprétation pour Per Oscarsson à Cannes en 1966 (les Césars c'est à partir de 1976, comble pour un Oscar son !) , clou de ma surprise, en Bonus : Entretiens (2002) Régina Hamsun (petite fille de Knut) avec Paul AUSTER !!!!!
Rappelez-vous "Moon Palace" de P. Auster, (ici, vous êtes obligés d'interrompre votre lecture, pour consulter (et apprécier !!) ma critique, où déjà, je faisais allusion à une certaine similitude entre ces deux romans !!!
Tout ça, pour vous dire, que Réalisateur et Acteur ont réussi avec brio à nous restituer sans conteste, la concrétisation d'une introspection, de nous projeter la vision d'une âme, de nous faire toucher à sa faim... le best, le fin du Faim, Prix mérités, mais c'est vrai "la Faim" justifie les moyens ! ! !
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Aline1102
  22 mars 2014
La Faim nous raconte l'histoire d'un écrivain qui ne parvient pas à vivre de sa plume et qui, petit à petit, s'enfonce dans la pauvreté. Luttant jour après jour contre la déchéance qui le menace, ce héros (dont le nom ne nous est jamais clairement révélé) a de moins en moins de temps pour écrire les articles et histoires qui pourraient le sauver de la misère.
C'est probablement la première fois que je lis un roman où le thème de la psychologie du personnage s'insère aussi bien dans la prose de l'auteur. En général, quand on rencontre un récit "psychologique", celui-ci a tendance à être ennuyant. Avec La Faim, Knut Hamsun parvient à nous décrire les obsessions de son personnage sans jamais nous ennuyer. Il est d'ailleurs impossible de lâcher le roman avant de savoir ce qu'il advient de cet homme qui, pour son art, est prêt à souffrir les pires humiliations et difficultés. Et son destin ne nous est révélé qu'à la toute dernière page du récit...
J'ai retrouvé, dans La Faim, un véritable "flux de conscience" digne de Virginia Woolf. Les pensées du héros nous sont exposées de manière brute, sans fioritures inutiles et elles finissent par devenir tout à fait fascinantes malgré le délire qui s'en dégage. Cet homme semble devenir fou sous nos yeux et une série de questions commence alors à s'imposer à notre esprit : devient-il fou à cause de la faim qui le torture (car il n'a plus d'argent pour se loger ou se nourrir) ? Ou était-il déjà fou avant et cette folie l'empêche-t-elle de finir les récits qu'il commence (en entraînant sa déchéance et sa malnutrition) ? Va-t-il mourir là, sous nos yeux ; ou une bonne âme va-t-elle le sauver in extremis ?
Une preuve supplémentaire du talent de Knut Hamsun est le fait que le personnage principal se retrouve toujours dans les mêmes situations sans jamais ennuyer ou lasser son lecteur. Dans chaque partie du récit, on retrouve la même structure : le héros tente d'écrire un article qui le rendra célèbre et lui permettra de vivre de sa plume. Il n'y parvient pas et se retrouve à la limite de l'indigence. Quand sa situation semble totalement désespérée et que l'on s'attend à le voir mort dans les pages qui suivent, il parvient à terminer son article et à le faire publier.
Cette situation se répète encore et encore ; le héros semble accomplir tous les jours le même parcours dans la ville de Kristiana ; et pourtant, on a chaque fois l'impression de lire un pan inédit de l'histoire de cet homme. Rien n'est lassant dans la plume de Knut Hamsun qui parvient toujours à insérer une sorte de suspense dans ce drame dont on connaît pourtant le dénouement...
Encore une très belle découverte grâce au Challenge 15 Nobel 2013-2014 de Gwen21.
Challenge 15 Nobel : 10/15
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Myriam3
  07 octobre 2014
Il n'y aurait pu avoir meilleur titre à ce livre que "la Faim"; c'est elle qui domine le récit et qui mène le narrateur dans une spirale qui semble sans fin. Ce narrateur est un jeune homme qui tente de survivre dans les rues de Christiana, l'actuelle Oslo. Nous sommes à la fin du dix-neuvième siècle. Petit-à-petit, inéluctablement, il perd son logement, ses affaires qu'il apporte au clou une à une, et la dernière chose qui lui reste est sa dignité. Que dis-je, un amour propre - et compréhensible mais parfois insupportable pour le lecteur- qui l'empêche d'accepter l'aumône et le réduit à une âme tourmentée par la faim. Il en perd la raison, a des visions, passe d'une émotion extrême à l'autre, jusqu'à ce que, brièvement, la chance lui sourie à nouveau.
Toute la narration se fait par la subjectivité totale du protagoniste mais on devine la pitié et un étonnement peiné dans ces regards étrangers posés sur lui, là où lui-même imagine indignation, admiration ou amour.
Ce roman autobiographique, dit Octave Mirbeau dans la préface - est écrit avec une concision remarquable et un point de vue très travaillé. Vu à rebours, le personnage pourrait être cette figure du Cri de Munch, totalement emprisonnée, dominée par sa souffrance.
Régulièrement, aussi, dans son allure, sa fierté qui en devient parfois ridicule, ses accès de colère, de désespoir puis de compassion, le personnage m'a fait penser à Charlot et, j'avoue, malgré le côté tragique, j'ai parfois souri.
Il s'agit pour moi d'une relecture, et je confirme que c'est un récit qui reste longtemps ancré en nous quand on l'a lu, quand on marche dans la rue, quand on croise, quotidiennement, des dizaines de personnes qui se trouvent dans la même situation, bien malgré elles et qui explique pas mal de comportements. Bref, c'est un roman qui n'a rien perdu en actualité et qui possède une grande force mais aussi une tendresse pour ce pauvre garçon plein de bonne volonté qui perd pied malgré sa lutte.
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PhilippeCastellain
  27 avril 2019
« La faim », c'est un peu l'anti « Bel Ami ». le héros fait aussi profession de journaliste, si l'on peut dire, mais a lui un véritable talent, n'en tire que quelques sous, et surtout échoue dans tout ce qu'il entreprend. L'amour, il ne part pas le chercher, il ne fait qu'en rêver ; et c'est de lui-même qu'il vient à lui – mais là aussi il échoue misérablement.

Rien n'est plus éprouvant à lire que la description d'un homme lancé dans l'autodestruction. La faim le ronge, et plus encore la fierté. le peu de nourriture qu'il parvient à trouver, souvent il la vomit. Les quelques malheureuses pièces qu'il parvient à se procurer, par son travail ou par chance, il finit toujours par les gaspiller sur un mouvement d'orgueil. A travers les rues de Copenhague, il traine sa misère et ses vêtements en loque, hurlant et gesticulant comme un fou. Pris de subite colères, il débite les pires sottises à des inconnus. de minuscules évènements le jettent dans de terribles transes. Quand à la jeune fille qui l'aime, il l'a confondue avec l'être issu de son imagination, et il est dur de dire lequel des deux il aime.

Rien de plus terrible que cet homme dont on suit la chute, qu'on voit peut à peut se transformer en loque déchirée, recroquevillée, broyée par la misère… Hamsun fut beaucoup de choses, mais il fut aussi cet être-là.
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lafilledepassage
  21 mars 2020
Christiania, 1884. Un jeune homme erre dans les rues de la ville, en guenilles, le teint hâve, les traits tirés. C'est Knud Pedersen, qui sera plus tard plus connu sous son nom de plume Knut Hamsun, futur prix Nobel de littérature, et parfois surnommé le « Dostoïevski norvégien ».
Pedersen a quitté les îles Lofoten, cette région sauvage aux paysages impressionnants et au climat rude, et a fui son oncle autoritaire et pieux pour tenter sa chance dans le milieu littéraire de la capitale de la future Norvège.
Le pays est alors très pauvre (eh oui difficile d'y croire, mais nous sommes bien avant l'exploitation des puits de pétrole et des gisements miniers qui fera l'immense richesse de la Norvège moderne) et le jeune homme doit lutter jour après jour pour manger.
La faim, qui compte au nombre de ses admirateurs Gide, Mirabeau, Paul Auster, est le récit de cette période. Tous les jours, il faut trouver à manger, et parfois tromper l'estomac en mâchonnant de simples copeaux de bois.
Hamsun partage ici cette expérience de la faim, en en décrivant chacun des stades: maux de tête, nervosité, étourdissement, crampes au ventre, vomissement, chute de cheveux, troubles de la vue, peur, nausées causées par sa propre salive, hallucination, accès de paranoïa, … jusqu'aux sens exacerbés, jusqu'à la dissolution de l'être qui n'est pas sans rappeler les expériences extrêmes des ascètes hindous et autres mystiques.
Au-delà de la faim, de cette expérience physique, l'auteur révèle son caractère, sa honte d'être pauvre, sa douleur de ne pouvoir donner aux mendiants et la joie de donner le peu qu'il a, son sens aigu de l'honnêteté et de la droiture. Dieu en prend pour son grade, car Hamsun ne craint pas de l'interroger sur ses desseins, sur sa pseudo bonté, comportement assez atypique dans la Norvège pieuse et conventionnelle de cette fin de XIXème. On découvre un homme fier à en crever, qui tient peut-être bien plus à sa dignité qu'à la vie, et qui garde toujours une once d'espoir, certain que les choses finiront par s'arranger. C'est un bel exemple de ténacité.
Ténacité aussi dans la volonté d'écrire, dans la conviction de sa vocation d'écrivain. En effet, Hamsun témoigne ici aussi de ses débuts créatifs. Il nous parle de sa facilité à inventer des histoires, à « baratiner » comme on dit avec un certain dédain. Il décrit son processus de création et décortique les mécanismes mentaux en jeu. Peut-être est-ce d'ailleurs pour cette introspection du personnage principal, sorte d'anti-héros, qu'on l'appelle le Dostoïevski norvégien ? Il nous plonge au coeur de ses crises de doute et d'inspiration, quand les mots ne viennent pas, quand ils fuient à la moindre distraction, ou au contraire quand ils jaillissent comme une source et vous prennent d'assaut.
Personnellement, contrairement à une idée largement répandue, je ne crois pas qu'il faille avoir vécu un traumatisme, quel qu'il soit, pour être un artiste. Je pense que le point commun à tous les artistes est une grande force de caractère: s'accrocher coûte que coûte, se remettre en route après un énième échec et ne jamais douter d'être un jour reconnu. Et Hamsun ici nous donne une magnifique leçon de pugnacité, à garder à l'esprit les jours de doute.
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Citations et extraits (92) Voir plus Ajouter une citation
ladymuseladymuse   05 janvier 2020
"...Comment s'appelle votre propriétaire?"
En toute hâte j'inventai un nom pour me débarrasser de lui, je fabriquai ce nom sur-le-champ et le projetai dans l'espace pour arrêter mon persécuteur.
"Happolati", dis-je.
"Happolati, oui", approuva l'homme sans perdre une syllabe de ce nom difficile.
....
"N'est-il pas marin, votre propriétaire?" demanda l'homme, et il n'y avait pas trace d'ironie dans sa voix. "Je crois me rappeler qu'il était marin?"
"Marin? Faites excuse, ce doit être son frère que vous connaissez. Celui-ci est en effet J.A.Happolati, agent."
Je croyais que cela allait l'achever; mais l'homme se prêtait à tout.
"Il paraît que c'est un habile homme, à ce qu'on m'a dit?" fit-il pour tâter le terrain.
"Oh ! C'est un roublard, répondis-je, une fameuse tête pour les affaires, agent pour n'importe quoi, airelles pour la Chine, peaux, pâte de bois, encre..."
"Héhé! Bougre de bougre!" interrompit le vieillard tout ragaillardi.
Ca commençait à devenir intéressant. Je n'étais plus maître de la situation....La naïveté du petit nain me rendait téméraire, je voulais l'abreuver de mensonges, sans ménagements, le mettre en déroute, grandiosement.
...Je lui fis entendre que Happolati avait été neuf ans ministre de Perse....C'était plus que roi ici; c'était comme sultan, s'il savait ce qu'était un sultan....Et je racontai Ylali, sa fille, une fée, une princesse qui avait trois cents esclaves et dormait sur une couverture de roses jaunes...
"Ah! elle était si belle?" proféra le vieillard , l'air absent, les yeux à terre.
"Belle? Elle était adorable, elle était charmante à damner un saint!....La prenait-il pour un garçon de caisse ou un sapeur-pompier?".....
"Il passe pour avoir de grandes propriétés cet Happolati?"
Comment ce vieil aveugle dégoûtant osait-il jongler avec ce nom étrange, composé par moi, comme si c'était un nom ordinaire qu'on trouvait sur toutes les enseignes d'épiciers de la ville? Il n'en oubliait pas une syllabe, et jamais ne bronchait sur une lettre; ce nom s'était incrusté dans son cerveau et y avait pris racine du premier coup. Cela m'agaçait et une profonde exaspération montait en moi contre cet individu que rien ne pouvait désarçonner, dont rien rien n'éveillait la méfiance.
"Je n'en ai pas idée", répondis-je sèchement, je n'en ai pas la moindre idée. Du reste, laissez-moi vous dire une fois pour toutes qu'il s'appelle Johan Arendt Happolati, à en juger d'après ses initiales.
....
A chacune de me sorties, le vieillard répondait avec calme et douceur, en cherchant ses mots comme s'il avait peur de faire un impair et de me mettre en colère.
"Palsembleu! bonhomme. Vous croyez peut-être que je m'amuse à vous bourrer de mensonges? criai-je, hors de moi. Vous ne croyez peut-être pas qu'il existe un homme du nom d'Happolati? Je n'ai jamais vu pareille arrogance et pareille méchanceté chez un vieillard!..."
L"'homme s'était levé. Bouche bée, sans une parole, il écouta ma diatribe jusqu'au bout, puis il ramassa vivement son paquet et partit, remonta l'allée presque en courant, à petits pas séniles.
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Myriam3Myriam3   06 octobre 2014
Place du grand marché, je m'assis sur un des bancs près de l'église. Grand Dieu! Comme l'avenir commençait à me paraître sombre. Je ne pleurais pas, j'étais trop fatigué pour cela. Au comble de la torture, je restais là sans rien entreprendre, immobile et affamé.Ma poitrine surtout était en feu, j'y ressentais une cuisson tout particulièrement pénible. Mâcher des copeaux ne servirait plus à rien; mes mâchoires étaient lasses de ce travail stérile et je les laissai au repos.
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laurentguilaurentgui   04 juillet 2012
Je te le dis, ô sacré Baal du ciel, tu n'existes pas, mais si tu existais je te maudirais de telle sorte que ton ciel frémirait du feu de l'enfer. Je te le dis, je t'ai offert mon service et tu l'as refusé, tu m'as repoussé et je te tourne à jamais le dos parce tu n'as pas su reconnaître l'heure de la Visitation. Je te le dis, je sais que je vais mourir et pourtant je te honnis, ô céleste Apis, la mort entre les dents. Tu as employé la force contre moi et tu ne sais pas que jamais je ne fléchis devant l'adversité. Ne devrais-tu pas le savoir ? As-tu formé mon cœur en dormant ? Je te le dis, toute ma vie, chaque goutte de mon sang dans mes veines se fait une joie de te honnir et de conspuer Ta Grâce. A dater de ce moment, je renonce à toi, à tes pompes et à tes œuvres, je jetterai l'anathème à ma pensée si jamais elle te pense, je m'arracherai les lèvres si jamais elles prononcent ton nom. Si tu existes, je te le dis le dernier mot de la vie et de la mort, je te dis adieu. Puis je me tais, je te tourne le dos et vais mon chemin...
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Myriam3Myriam3   03 octobre 2014
L'automne est venu. Déjà il commence à plonger toutes choses en léthargie. Déjà les mouches et autres bestioles en ont ressenti les premières atteintes. Là-haut dans les arbres, en bas sur la terre, on entend le bruit de la vie qui s'obstine, grouillante, bruissante, inquiète, luttant pour ne pas périr. Dans le monde des insectes, toutes ces petites existences s'agitent une dernière fois. Des têtes jaunes sortent de la mousse, des pattes se lèvent, de longues antennes tâtonnent, puis tout-à-coup la bestiole s'affaisse, culbute et reste là le ventre à l'air.
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JeanPierreVJeanPierreV   26 septembre 2017
Dieu bon, dans quel triste état j'étais maintenant! J'étais si profondément dégoûté et fatigué de ma vie misérable tout entière que je ne trouvais plus qu'il valût la peine de lutter pour la conserver. L'adversité avait pris le dessus, elle avait été trop rude. J'étais extraordinairement délabré, absolument l'ombre de ce que j'avais été un jour. mes épaules s'étaient affaissées, complètement déjetées de côté et j'avais pris l'habitude d'aller courbé de l'avant lorsque je marchais pour épargner tant soit peu ma poitrine. J'avais fait l'examen de mon corps quelques jours plus tôt, vers midi, dans ma chambre, et j'avais pleuré sur lui tout le temps. Il y avait des semaines que je portais la même chemise, elle était toute raide de transpiration et elle m'avait écorché le nombril. Il sortait de la plaie un peu d'eau sanguinolente mais cela ne faisait pas mal, c'était seulement affligeant d'avoir cette plaie en plein milieu du ventre. Je n'avais aucun remède là contre et elle ne cicatrisait pas toute seule. Je la lavais, la séchais soigneusement et remettais la même chemise. Il n'y avait rien à faire.
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Videos de Knut Hamsun (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Knut Hamsun
Une revue de La Faim de Hamsun sur YouTube (Qu'est-ce qu'on lit?)
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