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EAN : 9782925141198
728 pages
La Peuplade (18/08/2022)
3.97/5   295 notes
Résumé :
Danaé Berrubé-Portanguen dite Poussin possède le rare don de savoir nager. Orpheline, tour à tour sauveuse et naufrageuse, elle vit au milieu de l’Atlantique, sur l’île d’Ys, berceau d’un peuple obsédé par l’honneur et le courage. Une île où même les terriens se vantent d’être marins, où seuls les plus braves ont le privilège de vivre dans la cité fortifiée à l’abri des grandes marées d’équinoxe. Suivant le destin des riverains qui doivent se partager plages et marg... >Voir plus
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Un titre intrigant, une couverture splendide, une quatrième qui évoque cette ville mystérieuse, Ys, dont tous les bretons connaissent la légende, quelques critiques alléchantes sur Babelio, il fallait au moins cela pour me convaincre d'ouvrir ce pavé, pas si longtemps après celui de Karl Marlantes, Faire bientôt éclater la terre.

Ys, dans ce roman, c'est une ile dans l'océan Atlantique, quelque part entre Ouessant et Terre-Neuve, un lieu d'échange pour le commerce maritime, une terre indépendante que ni les Anglois, ni les Francois, n'ont réussi à dominer

Ys c'est un peuple, fils de marins, puisqu'il fallait forcement être marin pour y arriver. Mais c'est aussi un peuple où ce sont les femmes qui jouent un rôle prépondérant :
« La plupart des Issois ont été mis au monde et élevés par leur mère tandis que leur père était en mer, donc absent. D'où viendrait la vaillance issoise si ce n'est des femmes qui la transmettent aux enfants ? »
Mais, un peuple divisé cependant après plusieurs générations entre les terriens qui restent sur l'ile, et les aventuriers, marins, guerriers qui ne vivent bien que sur leur bateau.
C'est aussi un peuple divisé entre les privilégiés, qui vivent derrière les murailles de la cité, et les riverains menacés de noyade à chaque équinoxe, quand la mer monte beaucoup plus haut que d'habitude. Ces privilégiés désignés lors des Saines Rotations peuvent avoir un invité, et pas plus et ce privilège ne se transmet pas.

Ys, c'est tout un monde imaginé par l'auteur, qui décrit toute une histoire, nous donne un calendrier des évènements principaux qui ont jalonné l'histoire de l'ile, avec ce mystérieux Massacre des premiers hommes qui sert d'année zéro à ce calendrier. En tête du livre figurent aussi des cartes de l'ile avec ces noms de lieux évocateurs, le cap Nordant, les Échouements ou encore les Criardes. C'est aussi un système politique, qui a évolué au cours du temps, et qui vivra pendant les années couvertes par le livre une énième révolution.
La minutie, le sens du détail et l'imagination avec lesquelles Dominique Scali a créé cet univers me fait penser aux univers créés en Fantasy. Mais ici ce sont des hommes et des femmes analogues à ceux qui peuplent les continents qui peuplent cette île. Pas de pouvoir magique pour dénouer une situation critique. Juste les qualités de chacun.

Ce livre c'est aussi une langue proche de la nôtre, mais avec des mots et des tournures légèrement différents. C'est aussi une écriture qui nous surprend, nous séduit, riche, poétique et réaliste à la fois, une écriture qui m'a charmée. Vous avez pu le voir avec toutes ces citations que j'ai ajoutées, et encore j'aurais pu en noter bien d'autres.

Ce livre c'est surtout une profusion de personnages, même si l'on suit en particulier l'itinéraire de Danaé Poussin, au cours de cinq grandes parties qui verront chacune à ses cotés un homme en particulier. Danaé Poussin nage, et c'est l'une de ses particularités. Nager c'est la possibilité de secourir ceux qui se noient. Et les naufrages sont courants dans les alentours de l'ile, permettant aux riverains de chiner quelques trésors, les bouts de bois n'en étant pas les moindres sur une ile où les arbres n'existent plus.
Cinq hommes très différents, qui lui feront chacun vivre une part de son existence, différente à chaque fois, autant dans les lieux où elle les vivra que dans les occupations qui seront les siennes. Une seule se passera à l'intérieur de la cite, et c'est celle que j'ai le moins aimé, peut-être parce que la mer y est plus lointaine, surement parce que Danaé semble y avoir renoncé à sa liberté.

Tous ses personnages ont un point commun, de la plus humble des riveraines au plus privilégié des citadins, Ils sont Issois ou tentent de l'être.
« Ailleurs, on disait de nous que nous étions fous et on dit maintenant que nous sommes chauvins. Nous préférons dire que nous sommes issois. Est « issois » ce qui est obstiné, audacieux et revanchard. Est « issois » ce qui fait bomber le torse. »

Il est beaucoup question d'orphelins dans ces pages. La vie est parfois difficile à Ys et on y meurt beaucoup. Ce soir c'est moi qui suis orpheline de cet univers, de cette langue, de cette Ile.
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C'est par la légende que vivent les Hommes.
Ys, la fameuse ville engloutie, sorte d'Atlantide à la bretonne, fait partie de celles-ci. Mais de ville engloutie, il n'est point question pour Dominique Scali, c'est même tout le contraire puisque la mythique Ys n'a jamais sombré. Elle est une île entre Saint-Jean-de-Terre-Neuve et Ouessant, un bout de terre insubmersible assailli par les vagues et les tempêtes que n'ont jamais réussi à conquérir les François et les Anglois.
Une puissance maritime qui rayonne sur l'Océan Atlantique et qui s'est imposée, au fil du temps, comme un lieu incontournable du commerce marin. Terrain de jeu imaginaire, transformant la légende en une autre légende, jouant avec une fantasy dénuée de magie et pourtant toute pleine de personnages extraordinaires, le second roman de la québécoise est un pavé de plus de 700 pages que l'on dévore avec un bonheur sans cesse renouvelé, un bonheur de terrien et d'aventurier qui nous emmène loin de chez nous pour mieux nous y ramener en secret.

Sur l'île d'Ys, on est issois et on s'ametelote, on vit de l'océan et des débris des (nombreux) naufrages mais aussi des bancs de morue et du pilotage.
C'est tout un vocabulaire, tout un mode de vie qu'introduit Dominique Scali. Mais c'est surtout une envie, celle de réenchanter notre monde connu, d'ouvrir une nouvelle voie pour trouver une ouverture que personne n'avait encore vu jusque là.
« Et dans mon dernier tour du monde, j'ai beau cherché, je n'ai rien appris de nouveau. » avouera Joseph-Louis Raqueliffe, lieutenant d'une frégate issoise. Un drame complet, une catastrophe. le marin qui perd son cap, à bout de choses nouvelles, d'horizons étrangers à dévorer. Dominique Scali, elle, a décidé de refuser ce cul-de-sac, prenant la plume pour inventer un ailleurs qu'on n'aurait pas découvert, un endroit qui reste à explorer, à étudier, à ressentir, à éprouver. Elle nous emmène alors sur les rivages de l'île d'Ys, cette île qui n'existe pas et qui, en un sens, nous est pourtant si familière.
Une île de luttes, à la fois contre la Nature et contre le Système, une part de nul part dans un monde pourtant lui-même bien réel.
On y suit d'abord Enoc Martel, un duelliste qui a tout quitté, sa gloire, son titre, sa Cité, pour se rendre aux Échouements, ce « biscuit brisé en deux » fait d'échancrures et de grèves sablonneuses. Son envie à lui, se faire désirer, se faire rappeler à la Cité par les puissants car l'île d'Ys est scindée en deux, séparée entre rivages et Cité par une muraille qui distingue les citoyens des autres, qui fait le tri entre les riches et les pauvres, ceux qui ont la vie dure et ceux qui discutaillent dans les salons. Enoch Martel pourrait être le grand personnage de ce récit, il a tout pour : l'intelligence, l'habilité, le charisme et, bien sûr, l'épreuve qui l'attend. Mais il n'en sera rien puisqu'il rencontre très tôt une jeune fille un peu entêtée et pas mal audacieuse. Une orpheline du nom de Danaé Poussin qui va prendre avec lui le chemin d'une vie extraordinaire, à la fois insignifiante à l'échelle de la Nation et tellement importante dans la vie des Grands de ce récit.
Les marins ne savent pas nager est traversé de toutes parts par ces orphelins, ces sacripants, ces enfants-sans-destin que l'on penserait voué à la mort ou à la misère voire aux deux. À ceci près que Dominique Scali a d'autres projets pour eux. Une école, un enseignement, une chance. C'est ici que débute un certain goût pour l'utopie, cette volonté de révolutionner les choses, de changer les possibles. Mais comment faire ça dans une société qui semble scléroser depuis des années dans ses traditions et ses organisations. Où l'on fait entrer et sortir des gens de la Cité à l'occasion d'un comblement démographique opportuniste, comme si l'on gagnait à une loterie où le mérite a autant à dire que le piston, sorte d'ascenseur social au goût de roulette russe.

Organisé en cinq parties, le roman de Dominique Scali alterne entre l'histoire de ses personnages, et notamment la vie et l'oeuvre de Danaé Poussin, et l'histoire de son île, donnant régulièrement des informations sur le passé et sur les coutumes du peuple issois. L'occasion de se rendre compte, si l'on en doutait encore, que la Québécoise a tout prévu, tout pensé, dans les moindres détails, du système politique avec ses partis aux rites funéraires en passant par certaines dates clés qui vont autant influencer le lecteur dans sa compréhension de l'île que sur la vie des personnages qu'il suit depuis le début entre les mâts brisés et les rafales de vent. Pour parfaire le tout, c'est une langue incroyable qui va venir habiter le récit, un argot qui deviendra rapidement pour nous comme allant de soi, une façon de parler qui donne un caractère si marin et véritablement à part au roman. Un tour de force du langage tellement réussi que tous les termes extravagants deviendront les nôtres à la fin et qu'aucun lecteur ne se demandera en fermant le livre ce que c'est que d' « être issois ».
Dominique Scali explore sa société imaginaire avec une maestria qui force le respect, mais, surtout, elle nous offre des personnages à la fois innombrables et remarquables, chaque second rôle avec son histoire et ses démons, arrosés de noms aussi évocateurs que Nuala Parcoeur, Jacques Daligaut-Dutremble, Cléden Roussy, Artimon Phélan, Jean Maubranches ou encore Alizée Quintal, comme une synthèse parfaite entre français, anglais et breton. Tous ces personnages pourtant sont loin de n'être que des noms, ils vivent et souffrent entre les mains de l'autrice, et l'on s'étonne de voir naître un aristocrate-assureur qui consument les femmes comme il les aime, de voyager aux côtés de deux matelots qui feront le tour du monde avant de se séparer et de se retrouver, de connaître une matrone qui profite des orphelins du rivage autant qu'elle les chérit à sa façon. C'est dans la force de son imaginaire humain que cette fresque va tirer le plus son épingle du jeu, suant corps et âmes pour peupler son île, comprenant que le mythe n'est rien sans la chair.

Et puis, ces marins qui ne savent pas nager, c'est aussi l'étude d'un monde où la révolution est un échec. Un monde où seul le labeur et l'effort payent…ou pas. C'est tout la beauté et le drame de la grande-petite histoire de Danaé Poussin, qui va traverser les années et les lieux, connaissant amour(s) et trahison(s), révolte et envie de tout abandonner.
Dominique Scali regarde la société comme un Léviathan, comme une chose que le peuple fait et défait, et pas forcément pour le mieux. N'abattant jamais vraiment les classes mais les faisant tourner, les riches d'hier pouvant devenir les pauvres de demain. Au centre, les plus perspicaces devineront le rôle primordial et pourtant si minimisé des femmes, de la saleuse des Échouements à l'aristocrate rompue à l'art de remplacer son mari en passant par celle dont la beauté s'écrase sur la réalité de la Cité. C'est un roman sur l'inégalité des chances, sur les débris qu'il reste alors que la vie va et vient, que l'on peut d'un jour se retrouver derrière des murailles avant de devoir se cacher au fond d'une grotte pour éviter la montée des eaux le jour qui suit.
Il est vrai que sur l'île d'Ys, les marins ne savent pas nager…mais Danaé, elle, le peut. Elle nage depuis son plus jeune âge, se donnant courage pour aller plus loin. Elle connaîtra tout et le lecteur avec elle. La question reste pourtant : « Et après, cela suffira-t-il ? ».
C'est une histoire de réhabilitation, une histoire qui semble tirée des flots un peuple têtu et obstiné qui ne veut pas finir noyé, qui a le mal de mer (ou devrait-on dire le mal des novices) devant son immobilisme et son incapacité à reconnaître les petits qu'ils abandonnent au bord du rivage.
Une histoire de femmes de roc et de courage dans une société encore par trop masculine, où l'autrice prend un malin plaisir à nous laisser guider par une femme, justement, ni héroïne hors-du-commun ni aventurière en diable, juste grande et émouvante par la justesse de ses rêves et de ses actes.

Nous voici, sans l'avoir compris, à la fin de ce roman-monstre, véritable livre-univers aux senteurs marines incomparables, où la mer est un personnage cruel à part entière. Nous voici comme Dominique Scali l'a voulu et l'a prédit dès les premières lignes : orphelin. Orphelin d'un texte majeur, un véritable joyau à la construction ciselée et à l'écriture incroyable, inventive et cohérente, audacieuse et pourtant si proche.
C'est un grand roman que nous offre Dominique Scali, un roman de terriens et d'aventuriers, où les personnages sont autant de phares dans un récit qui n'en finit pas, qu'on voudrait ne jamais voir arriver à son terme.
Histoire de rester dans la Cité ou sur les rivages, à regarder les épaves et les navires, les matelots et les sacripants, les hommes et les légendes. Histoire d'être issois, de vrais issois.
Lien : https://justaword.fr/les-mar..
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C'est bien connu, les marins ne savent pas nager. Et ne me demandez pas pourquoi... Certains vous diront que c'est pour moins souffrir devant la mort lorsque l'un d'entre eux tombe à la mer. D'autres vous répondront que c'est une manière pour les lâches de se donner bonne conscience en ne plongeant pas au péril de leur vie lorsqu'un de leurs camarades se noie...
Si vous ne craignez pas les fureurs de l'océan, approchez un peu de ces pages qui ne demandent qu'à vous emporter.
Je vous emmène pour un voyage dans un passé à peine imaginaire sur une île qui ne l'est pas moins : la fameuse et mythique île d'Ys.
L'île d'Ys naquit d'une légende bretonne, aussi il n'en fallait pas plus pour me transporter vers ce récit et suivre l'histoire de ces gens de mer.
Ys, à certains endroits de nos côtes où les légendes continuent certaines nuits d'aller bon train, vous prononcez ce nom magique et c'est comme si l'océan s'ouvrait brusquement devant vous comme l'antre d'un coquillage géant et vous voyez alors surgir de l'écume des phares, des îles, des récifs, des navires, des épaves, des ombres courant sur les dunes avec des fanaux accrochés au cou des vaches...
Ici des phares dressés aux quatre coins de l'île, éperonnant le ciel, semblent tenir un feu sacré.
Nous sommes au XVIIIe siècle, mais un XVIIIe siècle réinventé par l'autrice Dominique Scali, un siècle épris d'imaginaire et de fantasy.
C'est une étrange société que nous découvrons ici, avec son organisation politique, ses codes, ses règles complexes pour devenir citoyen, ses castes, ses lois qui créent des élites, maintiennent l'ignorance et les superstitions, laissent place à la fatalité. L'île est divisée en deux, d'un côté il y a les privilégiés, ceux qui ont droit de cité, protégés par les épaisses murailles et les autres, hors des remparts, condamnés au danger du littoral, à l'étreinte de la mer, à la montée des eaux lors des équinoxes terribles.
Fallait-il convoquer une fantasy plongée dans un XVIIIe siècle maritime pour imaginer pareille réalité sociale si injuste et si intemporelle ? Mais ici l'évocation de cet édifice imprenable d'une civilisation construite sur des guerres, des massacres, des révolutions est prétexte à nous faire découvrir ce peuple du rivage, ces gens de mer, autant arpentant et fouillant inlassablement le rivage qu'affrontant les mers les plus démontées.
« Si la mer est autant insondable et incontrôlable qu'on le dit, alors voyons-la pour ce qu'elle est : cruelle. Tournons-lui le dos, à la mer. Exploitons ce qu'elle nous offre, mais cessons d'attendre qu'elle nous comble. »
Ici les femmes jouent un rôle important, pour ne pas dire essentiel, elles sont saleuses, ramasseuses de goémons ou de tant d'autres objets laissés après les tempêtes et les naufrages, tandis que les hommes se font marins par la force des choses, naviguent sur des embarcations parfois aussi frêles qu'une coque de noix, tantôt guerriers, tantôt commerçants, tantôt explorateurs.
Sur le rivage ce sont elles qui sont aux manettes. Ici les femmes naissent parfois déjà orphelines, grandissent avec ce vide en elles et deviennent veuves aussi vite qu'elles sont entrées dans l'âge adulte.
L'une d'entre elles se détache dès le début du récit pour en porter la trame jusqu'à la fin, c'est le magnifique personnage de Danaé Berrubé-Portanguen, dite Danaé Poussin, parce que c'est plus facile à dire. Je me suis tout de suite épris de cette Danaé Poussin, femme qu'on découvre à l'âge de l'enfance, - elle a neuf ans au début du récit, et on la voit grandir, être curieuse de tout, devenir femme, tantôt sauveuse, tantôt naufrageuse, s'éprendre de la vie, prendre des coups aussi, aimer, être aimé... Mais surtout, elle plonge, elle nage, elle sait même nager de manière inouïe, elle sait se perdre dans la mer, elle sait revenir à chaque fois, presque indemne...
C'est un récit foisonnant d'embruns aux pages couvertes de sel, d'azur, de cicatrices, parce que les vagues et les rochers font mal.
Ici parfois les naufrages assurent la survie d'un peuple affamé et démuni.
Par moments, j'ai eu l'impression que ce roman époustouflant ressemblait à l'océan, imprévisible, écumant dans la profusion des personnages et de leurs destins parmi lesquels mes pas parfois se sont égarés. Mais en moussaillon intrépide, je n'ai pas lâché la barre, j'ai souqué ferme pour mon plus grand bonheur.
Car ici il est question d'entrelacements entre les vagues inlassables et lascives, où les hommes sont ballotés, où les femmes attendent, travaillent, s'éprennent parfois de ces hommes qui passent, qui s'échouent, qui s'éprennent d'amitié ou d'amour, aiment et détruisent, partent, meurent peut-être à leur tour ou ne reviennent jamais en tous cas...
C'est l'appel du large, l'appel de la mer, l'appel des marins épris d'ailleurs, d'autres îles peut-être, qui parfois ne reviennent pas ou bien si, ils reviennent alors toujours au même endroit, sur cette plage où le courant finit par les rejeter...
« L'océan se révélait dans sa courbure et son immensité, son fracas en bas et sa tranquillité au loin. »
J'ai trouvé que le personnage de Danaé était construit de manière subtile, subissant et choisissant à la fois son destin, au gré de ses rencontres qui façonnent son existence.
Les personnages masculins sont également magnifiques autant dans leur générosité, leur bravoure, que dans leurs lâchetés. J'ai aimé comme s'il fut déjà un ami celui qui s'appelait Enoc Martel, voulait créer une école, apprendre des histoires aux enfants... Allez savoir pourquoi ?
Je me suis laissé séduire par le rythme d'un conte, digne de la légende de la mort, d'Anatole le Braz.
Ys, ville engloutie à jamais...
J'ai aimé venir m'échouer dans l'imaginaire d'une autrice et sa langue inventive, à la rencontre de l'imaginaire d'un mythe insubmersible.
La force de cette fantasy, c'est sa force narrative incroyable comme si elle racontait une fresque sociale et historique, celle des gens de mer qui me sont si chers.
« Ce qui fait que la mer est mer, c'est que toutes ses contradictions y existent en même temps. »
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Comment passer à côté de ce roman à la jolie couverture marine lorsque l'on aime l'océan et la mythologie qui s'y rattachent ?
Ce roman faisait partie de ceux que j'avais noté dans ma liste de Noël, une liste drastique, mûrement réfléchie. A la fois conte mythologique, littérature de l'Imaginaire, roman d'aventures maritimes, roman historique, ce roman avait tout pour me plaire.
Je ressors de ma semaine de lecture enchantée par ce roman dépaysant.

*
L'histoire se déroule au XVIIIème siècle.
On suit le parcours de Danaé Berrubé-Portanguen, dite Poussin, enfant dans les premières pages. Née sur l'île d'Ys, au large de l'Atlantique Nord, on ne sait presque rien de cette petite orpheline, à part qu'elle possède un don rare, celui de savoir nager.

« Un soir, il lui avoua qu'au tout début il s'était interrogé sur sa nature, l'avait prise pour une sirène, elle qui se baignait partout, qui évitait de chanter comme pour ne pas ensorceler les mortels. »

On la sent solitaire, tempétueuse, opiniâtre, intelligente. Malgré sa pauvreté et sa solitude, son envie de s'élever et de vivre dans le confort de la cité fortifiée, hors d'atteinte des grandes marées d'équinoxe ne la quitte pas. Mais pour pouvoir y habiter, la sélection est drastique et n'importe qui n'a pas le privilège de devenir citoyen. Pour avoir cette chance, il faut retenir l'attention du jury de la Saine Rotation ou être invité par un résident.
En attendant, Danaé vit sur les plages aux Echouements au milieu des exclus, des déchus, de fiers marins et de leur famille, se nourrissant des fruits de la pêche et des naufrages des bateaux échoués sur les récifs raboteux et traitres.

« Danaé était orpheline. Les orphelines du rivage étaient comme la mousse jaunâtre qui s'accumulait dans les rigoles de roches et sur les alignements de varech : des résidus du gros temps. »

Son destin sera façonné par ses rêves et ses rencontres, par ses amours et ses déceptions, par la haine et les désillusions.

« Y a-t'y vraiment en ce monde des événements complètement bons et des événements complètement mauvais ? Rien n'est jamais gratuit dans la vie. Quand on a le vent dans le dos à l'aller, on l'a dans la face au retour. »

*
L'un des points forts de ce récit est la qualité de la narration.
L'écriture de cette jeune romancière québécoise est tout simplement magnifique, élégante, empreinte de pigmentations contrastées et d'infusions sensorielles : le gris acier de l'océan, le bleu profond du ciel et la blancheur crémeuse des crêtes des vagues ; le bruit des vagues, des oiseaux marins, des assauts du vent qui souffle en rafales et devient meurtrier ; l'éclat d'une bonne pêche, le timbre de la peur, la tonalité du deuil.
Dominique Scali utilise une prose à la fois poétique et insensible, réaliste et acerbe, élégante et douce, intense et colorée, sombre et mystérieuse, ce qui donne beaucoup d'intensité et de profondeur au récit.
De cette façon, sa plume devient tour à tour, douce, cotonneuse, indigente, glaciale, ou poisseuse. Elle se gorge de tempêtes balayées de bourrasques violentes, brise les navires pour n'en laisser que des carcasses, s'imprègne d'embruns salés, s'évapore dans des brumes épaisses, se noie dans ses profondeurs, plongeant les lecteurs dans des nuits glacées et vides, emplies de drames humains, de tristesse et de larmes.

*
Si Danaé est l'héroïne de ce long récit, j'ai trouvé qu'Ys et l'océan étaient les véritables protagonistes de ce livre monde.

De courts chapitres s'intègrent astucieusement à l'histoire de Danaé : en effet, l'autrice évoque ce peuple courageux de marins, l'histoire de leur île aux contours accidentés, mais aussi leur culture, leurs traditions, la nécessité de piller les bateaux échoués pour survivre. Pour cela, l'autrice n'hésite pas à utiliser un vocabulaire issois auquel le lecteur s'adapte très vite.
Au fil des pages, on découvre le fonctionnement hiérarchique très organisé qui permet aux Ylois les plus méritants, lors de la Saine Rotation, de devenir citoyens et de vivre dans le confort de la cité d'Ys.

Les descriptions de l'océan et des paysages marins dessinés de petites criques, des lumières changeantes du ciel et du vent marin, des dangers de la mer et de la vie des habitants de l'île sont incroyables de précision et d'une beauté indomptée.
Tour à tour, généreux ou cruelle, nourricier ou funeste, l'océan dessine une côte tranchante, effilée, bardée d'affleurements traitres et meurtriers, que le brouillard vient subitement effacer pour mieux piéger les bateaux.
En drapant cette petite île d'une brume cotonneuse, en rendant invisible et insaisissable ses contours, les flots engloutissent voracement, perfidement, ceux qui s'en approchent de trop près, et transforment ses fonds en un cimetière de bateaux.

« Ils s'en remettaient à la prière et, même quand ils cessaient de prier, ils continuaient de se soumettre à la toute-puissance de l'ogresse océane comme à une bête qui requiert son tribut annuel de victimes. »

*
Dominique Scali nous plonge dans une histoire captivante qui donne vie à des personnages aussi généreux et attachants que sombres et méprisables. Les protagonistes sont si bien développés qu'on a l'impression de les connaître intimement.
Ainsi, se mêlent à l'histoire de Danaé, des personnages hauts en couleur qui donnent vie à ce récit passionnant : les riverains et les citadins, les saleuses au tempérament revêche et les sans-miroir, les élégants et les pêcheurs. Les personnages sont confrontés à des choix difficiles qu'ils doivent ensuite assumer, ou pas.
Ainsi, la tragédie s'invite tout au long du récit.

« Les marins issois ne capitulaient devant rien ni personne. Rien, sauf la mer elle-même. Chacun allait un jour creuser son trou dans l'océan sans se débattre. »

Cela rend le roman prenant tout en apportant une réflexion sur l'être humain.
Le roman aborde ainsi des thèmes universels tels que, l'amour et la confiance, l'amitié et la loyauté, la trahison et la haine, les motivations et les manipulations.

"Les vrais marins, vous ne les possédez que lorsqu'ils sont revenus, mais ce n'est qu'en mer qu'ils vous aiment vraiment, quand ils s'ennuient de vous."

De plus, en apportant une critique subtile de cette société insulaire marquée par les inégalités sociales et le désir d'ascension sociale, les privilèges, la richesse et le pouvoir, la place des femmes et des enfants dans la société, l'autrice contribue à apporter au roman une note actuelle.

« La mer change tout le temps et pourtant rien ne change »
« C'te muraille, elle a beau être magnifique et imposante, elle ne sert pas vraiment à protéger la cité. Elle sert à camoufler ses vices. »

*
Pour conclure, « Les marins ne savent pas nager » est un roman-univers audacieux et original magnifiquement écrit et riche en belles thématiques.
A la fois mystérieuse, dangereuse, cette île m'a complètement ensorcelée. Mais si j'ai adoré cette ambiance marine aux fragrances mythologiques, j'ai été également séduite par son héroïne aussi attachante qu'intrépide, et tous ses personnages secondaires parfaitement campés.

Une très belle découverte, et une jeune autrice à suivre.
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Île était une fois… A travers cet extraordinaire roman, Dominique Scali nous conte l'Histoire de l'île fictive d'Ys, et de ses habitants. Un bout de terre dans l'Atlantique, entre Saint-Jean-de-Terre-Neuve et Ouessant, petit par la taille mais grand par son insularité.

Avec une manière d'y vivre qui n'appartient qu'à ce lieu. Sur Ys, on dit être issois, faire ce qui est issois. C'est ancré en chacun des individus, dans leur manière de penser comme de se comporter.

Dans ce XVIIIème siècle fictionnel, le monde n'est pas tout à fait ce qu'il a réellement été. Sur Ys, on y rencontre un peuple de marins qui, pour la plupart, ont la particularité de ne pas savoir nager.

Savoir se mouvoir dans les flots sans l'aide d'une embarcation est un don que possède Danaé Berrubé-Portanguen dite Poussin. Sa vie servira de fil conducteur tout au long de ces 700 pages.

Ne vous dites point que cette grande aventure n'est pas faite pour vous. Ce livre est au contraire à mettre entre toutes les mains, les touches d'Imaginaire y sont distillées avec délicatesse. Très vite, on croit en l'existence d'Ys, en quelques chapitres on ne doute plus une seconde de celle des personnages.

Point de héros irréel, mais des femmes et des hommes qui cherchent avant tout à survivre dans un environnement souvent hostile, avec le peu de ressources disponibles (plus aucun arbre ne pousse sur l'île depuis des générations, donnant une valeur inestimable au moindre bout de bois mort rejeté par la mer, suite aux nombreux naufrages). Point de magie non plus, ce récit maritime est très terre à terre.

L'honneur est ici donné aux personnages secondaires, de passage ou omniprésents, au gré des rencontres. C'est le récit de ceux qui surnagent, où certains développent des valeurs ou un don particulier. Comme cette Danaé et la nage. Ou encore cet ancien duelliste qui veut monter la seule école de ces terres, à destination des sacripants, ces orphelins qui se battent pour la survivance. La légende se forge à travers d'humbles issois.

Ys est un écosystème à elle seule. Même si certains marins voguent vers d'autres contrées de France ou encore d'Amérique, la vie y a ses codes bien spécifiques.

Il faut dire qu'ici, encore plus qu'ailleurs, il y a les privilégiés et les autres. Les premiers qui vivent au sein de la cité, derrière les remparts, où les ressources sont opulentes. Et les seconds, les riverains, ceux qui vivent le long des rives redoutables, souvent dans un grand dénuement. Cette Cité qui, là-bas, est le monde du silence, à l'opposé de la mer de bruits.

L'objectif de tous est d'entrer dans la Cité, par cooptation méritoire ou en tant qu'unique invité du coopté. Avec chaque année, l'instauration de la Saine Rotation, qui peut, sur le papier, permettre à chacun d'avoir sa chance. Une autre manière de jouer la partition de la lutte des classes.

A vivre à travers quelques us et coutumes particuliers, au gré des immenses marées des équinoxes qui, chaque année, menacent d'engloutir les riverains. Sur ces lieux où le seul dieu est la Mer, aucune autre divinité n'y étant plus vénérée depuis longtemps.

Un monde d'instabilité, au fil des d'existences construites en débris-à-brac. Comme une quête utopiste d'un meilleur. Un ailleurs inventé si proche, qu'il nous semble vite familier.

C'est un véritable tour de force littéraire, par la grâce d'une écriture enchanteresse, un émerveillement de poésie en prose, avec un vocabulaire qui immerge totalement le lecteur dans cette époque et ce monde.

L'écrivaine québécoise a tout pensé, tout réfléchi, sans que jamais les détails ne viennent alourdir le récit, toujours avec la volonté de donner corps et âme à cette aventure humaine.

Un pavé qui se lit avec une facilité déconcertante, malgré son parlé singulier, une autre réussite magistrale. Et ce désir de noter des citations à l'envie, tant le talent de l'autrice éclabousse chaque page.

Les marins ne savent pas nager est une lecture unique. Littéralement, littérairement, vécue au plus près des émotions, des souffrances et des quelques joies de ces personnages, qu'ils soient de passage ou non.

Des vies comme des débris, bringuebalés par la violence des vagues, cahotés dans des existences qu'on vit auprès d'eux. Jusqu'à ressentir une grande tristesse à devoir sortir de ce livre qu'on aurait aimé ne jamais voir se finir, tant l'immense don de Dominique Scali touche au sublime.
Lien : https://gruznamur.com/2022/1..
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critiques presse (3)
LeJournaldeQuebec
26 septembre 2022
La journaliste et romancière Dominique Scali a créé tout un univers à saveur maritime
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LeJournaldeQuebec
22 août 2022
Il faut penser grand pour rendre l’air du large, ce que réussit magnifiquement Dominique Scali dans un récit qui goûte le sel et qui ajoute du mythe à une île déjà mythique.
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LaPresse
17 août 2022
Pour son deuxième roman en sept ans, elle a donc inventé une île située dans l’Atlantique, Ys, et un personnage féminin fort, Danaé Poussin, qui sait nager, alors que les marins, comme le suggère le titre, ne peuvent que couler.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations et extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
Même les sirènes doivent apprendre à nager

Nous vivions sur une île où tous dépendaient de la mer, où même les terriens se vantaient d’être marins. Et pourtant personne ne savait nager.
Pour les Grecs de l’Antiquité, la capacité de nager était une vertu militaire et civique. Les gamins étaient bercés de récits de batailles gagnées ou d’échappées réussies grâce aux talents des guerriers-nageurs de leur cité. Pour les Romains, la natation devait figurer sur tout curriculum au même titre que l’écriture et la lecture. Un citoyen digne de ce nom ne craignait ni de plonger ni de se mettre à nu face à des adversaires perses ou barbares qui refusaient de se démunir de leur plastron et restaient enchaînés à la côte.
À Ys, ceux qu’on appelait les Premiers hommes furent les premiers à renouer avec cette idée. Leurs poupons étaient baignés dans l’eau si jeunes qu’ils n’oubliaient jamais ce qu’ils avaient appris dans le ventre de leur mère. Ils avaient l’instinct de bloquer leur respiration lors de l’immersion. Avec un peu de pratique, ils se retournaient sur le dos ou pataugeaient vers une cible pour l’agripper. Ainsi, leurs petits entraient dans le métier avec une aptitude que peu de gens possédaient.
Ce don, Danaé Berrubé-Portanguen dite Poussin le possédait. Selon nos archives, elle est née cinq ans avant le Massacre des Premiers hommes et décédée quatre ans avant la Grande Rotation. On nous dit qu’elle a été enfant du rivage, naufrageuse sans scrupules, secoureuse sans limites, fille de pilotes, mère d’orphelins, héritière d’une arme dont elle ne sut jamais se servir à temps.
Nous sommes réunis ce jourd’hui à la demande du citoyen Augustin Joybert afin d’examiner la valeur de cette grande nageuse. Qui était Danaé Poussin ? Quel rôle a-t-elle joué dans les événements qui ont permis d’abolir le régime des Saines Rotations, de libérer Ys de la tyrannie du mouvement ? Car il ne suffit pas de savoir se mouiller pour être issois ni d’avoir vu le jour du bon côté de la muraille. Encore faut-il se tenir du bon côté de l’Histoire.

(Incipit)
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Ils combattaient l’instabilité de l’existence par le refus de la terre ferme, se cloîtraient à bord pour éviter l’ivresse des possibilités, élisaient l’immensité du large pour fuir l’étroitesse du bercail, chassaient le vide du retour par l’excitation de la partance, le mal de vivre par le mal de mer, s’arrachaient à l’île bien-aimée comme on arrachait une balle au fond d’une plaie. Ils savaient rebrousser la houle, défaire leur chemin comme les mailles d’un tricot, souffrir pour atteindre la jouissance, se priver pour trouver l’abondance. Il fallait les protéger contre eux-mêmes, leur rappeler qu’ils ne trouveraient jamais cet endroit dans le monde qui faisait dire « voilà, je suis arrivé au bout », puisque la Terre est ronde.
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Ensuite viendrait un moment où il n’aurait plus peur de rien, où il réaliserait qu’il n’avait jamais été couard, seulement différent. Comme ces arbres tors poussés croche en bordure d’un chemin et loin de la densité d’une forêt, éloignés de leurs semblables, puis prisés des constructeurs de navires pour faire de leurs courbes les meilleures carènes. Il avait toujours eu en lui un grand courage, mais il l’avait réservé pour une cause qui en valût la peine.
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Cet aventurier croyait que l'océan était habité de démons et de créatures mi-humaines, mais cela ne l'empêcha pas de naviguer à l'estime en se fiant aux astres, étant convaincu qu'ils avaient été placés là pour qu'on s'y repérât. « Les monstres existent pour qu'on les affronte. Sinon à quoi bon les avoir faits monstrueux ? » aurait-il un jour déclaré.
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Dans plusieurs coins du littoral, on pouvait tomber sur une peinture s’ensablant au pied d’un épaulement ou s’effritant dans le fond d’un coffre. Avec le temps, le vernis se lézardait, la toile irriguée de craquelures formait une peau d’écailles. Même les œuvres d’art prenaient la texture de la poiscaille.
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Vidéo de Dominique Scali
À l'occasion de la 33ème édition du festival "Étonnants Voyageurs" à Saint-Malo, Dominique Scali vous présente son ouvrage "Les marins ne savent pas nager" aux éditions La Peuplade.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2642375/dominique-scali-les-marins-ne-savent-pas-nager
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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