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Marc Chénetier (Traducteur)
ISBN : 2743602104
Éditeur : Payot et Rivages (02/05/1997)

Note moyenne : 3.25/5 (sur 10 notes)
Résumé :

Le professeur St. Peter, historien reconnu, au faîte de sa carrière dans une université proche du lac Michigan, doit quitter sa maison pour une plus grande, plus belle, qui correspond mieux à sa réussite et au désir de sa femme et de ses filles. Il résiste et se souvient - surtout d'un jeune étudiant devenu son ami, dont l'histoire lui rappelle sa jeunesse. Willa Cather se retrouve dans le portrait de ce professeur d'une cinquantaine d'années à l'apogée de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Norlane
  02 février 2020
Willa Cather écrit l'Amérique de son temps, celle des années 20, liée à l'Europe - ça m'avait déjà étonnée en lisant L'un des nôtres - les Etats-Unis de la prohibition, où l'on contourne les taxes en passant par Mexico, où les découvertes scientifiques sont faites par des idéalistes et exploitées par les matérialistes, où l'archéologie indienne (le site troglodyte Mesa Verde dont je n'avais jamais entendu parler) est méprisée, où la vie est très codifiée.
Voilà le contexte dans lequel se déroule l'histoire d'un universitaire professeur spécialiste des explorateurs espagnols, père de deux filles mariées faites avec une jolie épouse parfaite et aimée, vivant près du lac Michigan, qui devant un changement de statut (aisance financière, beau-père, ex-amant) s'interroge sur ce qu'il a choisi, les conventions suivies, ce qui le rend heureux...
Il y a des longueurs et des trucs qui manquent mais ça n'a pas eu tellement d'importance, au fond, pour mon plaisir de lecture.
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UnCahierBleu
  10 février 2013
La Maison du professeur est composé de trois parties très contrastées, comme s'il comprenait en réalité au moins deux romans. La 1ère partie, « La famille », est à elle seule un roman très balzacien. Il s'agit de l'histoire de la famille St. Peter, dans laquelle les questions d'argent tiennent depuis peu une place centrale. La 2e partie très différente, « le Récit de Tom Outland », pourrait être une nouvelle publiée séparément. Dans cette partie, l'action ne se situe plus dans le Michigan mais dans les plaines du Sud-Ouest. Tom Outland n'est alors pas encore devenu l'étudiant de St. Peter. Orphelin condamné à des petits boulots, il est parti garder un troupeau au Nouveau-Mexique. A cette occasion, il a découvert une cité troglodytique autrefois habitée par des Indiens. Ce roman d'aventures et d'exploration est en fait le récit qu'aurait fait Tom Outland au professeur. Et c'est à l'issue de la 3e partie, « Le Professeur », sur le personnage de St. Peter que s'achève le roman.
Le personnage principal du roman est donc St. Peter, un professeur mais également un écrivain, derrière lequel on devine Willa Cather elle-même. St. Peter a en effet consacré une grande partie de sa vie à l'écriture d'un ouvrage d'histoire en huit volumes, qui lui a permis d'offrir à sa femme sa nouvelle maison. Dans la vie de St. Peter, ce temps consacré à l'écriture a tenu une place à part. Quand il parle de sa vie, au lieu d'opposer comme on le fait souvent la vie personnelle à la vie professionnelle, il oppose tout ce qui est relatif à la vie sociale (dont la vie familiale et la vie professionnelle) à cette autre vie passée dans la solitude de son bureau, occupé à écrire son oeuvre.
Sur l'université, il y a dans ce roman quelques passages amusants pour un lecteur d'aujourd'hui. Nous sommes aux États-Unis dans les années 20 et une nouvelle population d'étudiants issus de la campagne arrive à l'université. St. Peter et sa femme considèrent avec un peu de mépris ces nouveaux étudiants, fils de fermiers, qui ne savent « ni comment s'habiller ni comment s'exprimer ». St. Peter fait aussi partie de cette génération d'enseignants soucieux de maintenir une dimension culturelle à leur enseignement, s'opposant en cela au « commercialisme récemment mis à l'honneur, à cette idée qu'il fallait « obtenir des résultats » qui sapait l'éducation et la faisait vulgaire », autrement dit à tout ce qui contribue à « transformer l'université en école professionnelle ».
Mais le thème de l'université n'est qu'un thème parmi bien d'autres thèmes abordés dans La Maison du professeur. Ce n'est pas à proprement parler un roman de campus, même s'il est souvent considéré comme un des précurseurs du genre. A dire vrai, à l'issue de cette lecture je ne suis pas vraiment en mesure d'analyser ce roman, ni même de le résumer simplement. Peut-être est-ce une critique du matérialisme, de la course à la richesse, de la quête du confort de la jolie maison, à laquelle le professeur St. Peter préfère son modeste bureau et surtout l'espace intérieur de ses pensées et ses rêveries. Mais c'est aussi un constat assez pessimiste sur le mariage, avec par-ci par-là une petite pointe de misogynie d'autant plus surprenante que l'auteur est une femme. Enfin c'est également une réflexion sur la vie qui passe, sur ce qui persiste en nous de l'enfant que l'on était alors que la vie s'achève. C'est en tous cas un excellent roman, pour moi plein de mystère. Mais sans doute que j'y verrai plus clair quand j'aurai fait plus ample connaissance avec Willa Cather
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jack56
  05 septembre 2013
C'est un livre d'une grande qualité littéraire. Ce qui m'a un peu gêné, c'est la deuxième partie qui bien qu'ayant un lien avec l'histoire, ne trouve pas sa place dans ce livre.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
AuroraeLibriAuroraeLibri   11 juin 2018
De la pièce, qu'il contemplait au travers de la vitre, se dégageait une profonde et intense atmosphère automnale, quelque chose qui lui représentait le mois d'octobre de manière infiniment plus vive et douce que les érables bariolés et les chemins bordés de marguerites qu'il avait suivis pour rentrer. Il fut frappé par cette manière qu'ont parfois les saisons de gagner à pénétrer dans les maisons, tout comme elles gagnent à s'intégrer à des peintures, et à la poésie. L'audace et la méticulosité de la main qui choisit et dispose -c'était là que résidait toute la différence. La nature, elle,ne connaît pas ces choix.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   11 juin 2018
Lorsqu'il se rappelait son enfance, c'était d'eau bleue qu'il se souvenait. (...)
Mais l'élément le plus important de sa vie, évasion toujours possible de l'ennui de l'existence, c'était le lac. Le soleil s'y levait, c'était là que le jour commençait; porte ouverte que nul ne pouvait refermer. La terre et toutes ses mornes lourdeurs étaient incapables de se refermer sur vous. Il suffisait de regarder le lac pour savoir que vous seriez bientôt libre. c'était la première chose que l'on voyait le matin, de l'autre côté du pâturage inégal parsemé de pins hirsutes, et elle traversait les journées à l'instar du temps qu'il faisait; ce n'était rien à quoi on pensât mais une partie intégrante de la conscience même.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   11 juin 2018
Mais notes, archives et idées le ramenaient toujours à cette pièce. c'était ici qu'elles étaient digérées et triées, intégrées là où il le fallait dans son histoire.
Tout bien considéré, la salle de couture était le bureau le plus malcommode qu'un homme pût avoir mais c'était le seul endroit de la maison où il parvînt à s'isoler, à se protéger du drame prenant de la vie domestique. Personne ne piétinait au-dessus de sa tête, et seule lui parvenait par l'étroit escalier une impression diffuse, généralement agréable, de ce qui se passait au-dessous. C'étaient vraiment là ses seuls avantages.
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AuroraeLibriAuroraeLibri   11 juin 2018
De la fenêtre il apercevait, au loin, juste à l'horizon, une vague tache allongée, bleue, embrumée - le lac Michigan, la mer intérieure de son enfance. Dès qu'il se sentait fatigué, sans énergie, lorsque les pages blanches qu'il avait sous les yeux s'obstinaient à le demeurer, ou qu'elles se couvraient de phrases biffées, il quittait son bureau, prenait le train jusqu'à une petite gare distante d'une quinzaine de kilomètres et passait la journée sur le lac, à bord de son bateau à voiles; il sautait à l'eau pour nager, faisait la planche à côté de son embarcation, puis regrimpait à bord.
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jack56jack56   05 septembre 2013
Le sentiment qu'il approchait du moment de conclure sa vie était une conviction instinctive, pareille à celle que nous pouvons nourrir lorsque nous nous réveillons dans le noir et savons immédiatement que le matin est proche ; ou quand nous traversons la compagne à pied et savons tout à coup que nous sommes près de la mer.
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Video de Willa Cather (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Willa Cather

Mathieu Lindon "Ce qu'aimer veut dire"
Mathieu Lindon "Ce qu'aimer veut dire" - Où il est question notamment de Michel Foucault et d'Hervé Guibert, de Jérôme Lindon, de Samuel Beckett, Marguerite du ras, Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Robert Pinget, Pierre Bourdieu et de Gilles Deleuze, d'un père et d'un fils et de filiation, d'amitié et d'amour, de littérature, de la rue de Vaugirad et de LSD et d'opium, d'impudeur et d'indiscrétion,de rencontres, de Willa Cather et de Caroline Flaubert, , et aussi des larmes aux yeux, à l'occasion de la parution de "Ce qu'aimer veut dire" de Mathieu Lindon aux éditions POL, à Paris le 13 janvier 2011
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