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ISBN : 2080679457
Éditeur : Flammarion (30/11/-1)

Note moyenne : 3.36/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Voir son frère de cœur devenir ennemi public n°1, il y a de quoi vous saper le moral.
Se voir chargé de l'arrêter pour le livrer à qui de droit, ça tourne carrément au cauchemar. Un cauchemar bien réel pour Mark Sidzik : Markus Weinmar, son ami et son frère, l'apôtre de l'éthique des énergies, s'est transformé en machine à tuer. Et lui seul peut le retrouver. Faire couler le sang des pollueurs ne relève déjà plus de l'écologie. Mais comment expliquer que les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Dionysos89
  28 juin 2015
Encore un Hélios dans la poche ! Les Moutons électriques, dans cette collection partagée entre les Indés de l'Imaginaire (ActuSF, Mnémos et donc les Moutons électriques), nous proposent une réédition en poche (et donc en Hélios Noir) d'un thriller de Yal Ayerdhal paru en 2000 chez Flammarion (dans la collection Quark Noir), L'Homme aux semelles de foudre.
Attardons-nous un petit peu sur l'objet. Sylvie Chêne livre pour cette réédition en poche une couverture très énigmatique où s'esquisse l'idée d'écologie à conquérir entre le tout petit animal noyé dans une ambiance pneumatique. En tout cas, cela s'incorpore efficacement à la charte graphique des Hélios avec une couverture stylisée et l'initiale de l'auteur en surbrillance, mais encore plus à celle du label Hélios Noir, puisque les polars et thrillers y voient plus spécifiquement leurs teintes extérieures s'assombrir. Personnellement, j'aime beaucoup la volonté des Indés de l'Imaginaire d'orienter une partie de leurs Hélios vers la littérature policière et polardeuse ; ce projet l'associe efficacement aux littératures de l'imaginaire (science-fiction, fantasy, fantastique, horreur).
L'Homme aux semelles de foudre met en scène en personnage central, Mark Sidzik, agent de WER, World Ethics and Research, chargé d'une nouvelle enquête. Nouvelle, pourquoi ? Parce que ce Mark Sidzic est/était en fait un personnage partagé par plusieurs auteurs au sein de la collection Quark Noir de Flammarion. Ainsi, Jean-Pierre Andrevon, Pierre Bordage et plusieurs autres ont donné à cette personnalité un flot de missions normalement complémentaires.
Or, ici, Mark Sidzik a un léger souci : on lui attribue l'enquête chargée d'élucider des actes terroristes à travers le monde envers des entreprises liées de près ou de loin aux enjeux des énergies renouvelables, mais surtout le premier suspect est son ami de toujours, Markus Weinmar. Ajoutez-lui une grand-mère, Joanna, plus dynamique que la moyenne, un ami fidèle mais trop curieux, Fred Cailloux, une « presque petite amie », Lanh, particulièrement collante et une bombe destructrice (oui, je sais) en la personne de Nathalie, sorte de Nikita ayerdhalienne (type de personnage qui semble être traditionnel chez Ayerdhal), et vous aurez un bon petit panel de relations tissées autour du personnage principal. Il faut dire qu'en ce qui concerne ses personnages Ayerdhal a bien esquissé les choses : en quelques mots, il est facile de retenir leur trait de caractère principal et ce qui va retenir notre attention chez eux. C'est un procédé simple, mais pas simpliste, et surtout il est efficace, ce qui est bien la moindre des choses dans un thriller de cet acabit.
Dès le départ, d'ailleurs, Yal Ayerdhal pose un style particulier : percutant et franc du collier, on reconnaît sa patte assez vite, par exemple dans une phrase du premier chapitre comme « La moto est noire, le casque est noir, mais son humeur les rend pâlots. », c'est tout bête, mais on s'y retrouve ; ensuite, il multiplie les descriptions des moindres faits et gestes, on a affaire à un focus cinématographique mais bien fait (car ce style « ciné » a, désormais, été largement galvaudé par de mauvais descripteurs) ; ici, l'auteur pose directement son premier objectif : laisser de côté cette possibilité de l'imagination du lecteur pour focaliser l'attention de celui-ci sur le contenu en lui-même : la dénonciation des grandes compagnies de biocarburants qui favorisent la déforestation de territoires entiers et paupérisent une bonne part du tiers monde. Dans ce contexte, notons d'ailleurs que cet Hélios Noir propose une version corrigée par l'auteur, notamment afin d'actualiser quelques références comme la catastrophe de Fukushima.
Indubitablement, l'intention de l'auteur que retiendra le lecteur est la vertu réflexive de ce thriller en matière d'écologie. En effet, le quatrième de couverture se confirme très rapidement : Ayerdhal se fait encore plus impertinent qu'à son habitude dans ce thriller haletant. Les interventions en ce sens ne sont que très rarement subtiles, car nous avons affaire à quelques longs passages pédagogiques en la matière, mais c'est efficace et il est facile de sentir que l'auteur ne s'est pas inventé des convictions pour l'occasion, loin de là. Tout y passe, ou presque : les multinationales occidentales qui pillent les autres continents en affirmant dépolluer massivement, les aficionados des énergies renouvelables qui polluent davantage que celles qu'elles ont remplacé, les congrès plus politiques que scientifiques, mais aussi les services secrets de tout pays et les impérialismes qu'ils représentent.
Certaines confusions viendront sûrement émailler l'esprit du lecteur, malgré tout. Déjà pourquoi avoir deux Mark en têtes d'affiche ? Certes, cela crée de fait une petite piste de réflexion sur la relation entre les deux – les hypothèses de connivence entre eux deux peuvent aller très loin chez certaines lecteurs acharnés aux complots littéraires de toute sorte – mais ce n'est pas pratique quand les dialogues ne précisent plus la différence. Ensuite, comment comprendre ce titre « L'Homme aux semelles de foudre » ? Au cours d'une action terroriste en particulier, la foudre vient s'abattre sur un projet qui en était tout à fait protégé : le lien semble évident ; pourtant, j'ai beau faire, l'assemblage de ces trois entités (Homme, semelles, foudre) reste nébuleux après lecture et ne me satisfait toujours pas. Enfin, si le contenu est étayé et les personnages bien vivants, l'intrigue mérite-t-elle un détour franc et sincère ? Pas complètement, car au fond nous suivons une chasse à l'homme assez simple avec des étapes choisies de façon étrange (les escales en Allemagne et en Corse, par exemple) et qui donnent surtout l'impression unique de vouloir rôder du côté de l'aventure « à la James Bond », dirait-on désormais (une ville, une fille, une baston). En tout cas, on dézingue bien comme il faut, avec un certain sens du détail encore une fois... L'alternance se révèle donc parfois bizarroïde entre quelques discours pompeux sur des enjeux cruciaux pour notre avenir et des scènes d'une violence « défouloir », comme pour nous faire culpabiliser de savoir mais de ne rien faire. Pour notre bien de lecteur, laissons donc de côté ces facilités et ces gros sabots.
C'est en somme à un thriller très axé sur le politico-écologique auquel vous devez vous attendre en attaquant L'Homme aux semelles de foudre. Avec une pensée de fond travaillée et des personnages bien campés, Ayerdhal réussit à nous faire passer un agréable moment.
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Nimuegon
  05 juillet 2016
Un livre qui m'a d'abord attirée par son titre. En l'ouvrant, j'ai tout de suite était charmée par la plume de l'auteur. (que je découvre) Je l'ai donc pris.
Le récit porte davantage sur l'aspect thriller / enquête écologique (imbroglio de firmes multinationales un brin diaboliques, services secrets et j'en passe. En somme, ce que la quatrième de couverture promet)
Les protagonistes sont sympa, changent de l'ordinaire (une petite mamie au taqué, une geek-ado amoureuse de notre héros pas si héroïque que ça - du genre quadra un peu loser. S'y mêle une bombasse complètement cinglée et un meilleur ami maniaque. Il y en a d'autres, mais ça donne déjà un bon aperçu)
Que dire ?
C'est un bon bouquin.
On ne s'ennuie pas. Il est haletant, bien foutu (même peut-être trop pour moi, car j'ai eu tendance à m'y perdre -entre les magouilles en tout genre et les noms de groupuscules bizarres) ; l'ensemble prenant vie grâce à des personnages de choc et un style particulier.
Seul bémol me concernant : c'est justement ce côté haletant, cette narration presque mécanique tant finalement l'intrigue est dense. L'auteur choisit de la mettre au premier plan, en oubliant parfois, je trouve, ses personnages. J'aurai pu pleinement apprécier ma lecture, si j'avais eu droit à davantage de sentiments et réflexions ne serait-ce que du personnage central. J'adore découvrir leurs failles, leurs doutes, leurs pensées et sensations ; j'aime être spectatrice "du dedans et du dehors". Or, là, j'ai quand même eu pas mal de frustrations.
A découvrir, donc. Je pense d'ailleurs me pencher très prochainement sur un autre livre de cet auteur. (car je le redis, mais sa plume vaut vraiment le détour)
Celui-ci, toutefois, ne fait malheureusement pas partie de mon top lecture. En résumé : un avis en demi-teinte.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos89   22 décembre 2015
J’ai vu des collègues se disputer un théorème devant un tableau de Van Gogh. J’ai assisté à un mariage où la moitié des invités se murmuraient à l’oreille des hypothèses mathématiques et où personne ne dansait au même rythme. Au Soudan, j’ai même croisé des ingénieurs qui s’engueulaient autour d’un portable alors qu’un gosse agonisait, accroché au sein vide de sa mère. Je ne veux pas qu’on esquinte davantage le monde, Mark. Les modèles de simulation ne doivent pas nous empêcher de voir les types qui crèvent à nos pieds. Tu sais quelle est la théorie à la mode, en ce moment ? Je pollue, surtout chez les autres et, pour compenser, je dépollue chez moi. Les analyses macroéconomiques montrent que ça reste viable à condition que nous demeurions beaucoup plus riches et plus gaspilleurs que nos voisins.

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Dionysos89Dionysos89   22 juin 2015
On continue à crever de faim au Biafra, comme on crève de faim en Erythrée, et des dictateurs de pacotille s’en mettent plein les comptes en Suisse en refilant des concessions aux multinationales pour que celles-ci vendent aux nations riches de l’essence vaguement moins polluante ! Ou alors on pollue le golfe de Guinée pour que les bagnoles roulent plus propre à Paris, à Londres ou à New York ! Le tout en interdisant aux nations en voie de développement de polluer la précieuse planète des pays industrialisés.

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Dionysos89Dionysos89   03 septembre 2015
Plus tard, sur le marché, elle le prend par la taille et, plus tard encore, sur la plage, elle se colle littéralement à lui. Entre ses gestes et le jeu autour de sa tenue vestimentaire (pas de soutien-gorge sous une chemisette échancrée à trois boutons ouverts, une jupe mi-cuisse bâillant régulièrement sur un string en dentelles), n’importe quel avocat aurait trouvé matière à une poursuite pour harcèlement.

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Dionysos89Dionysos89   14 juin 2015
La moto est noire, le casque est noir, mais son humeur les rend pâlots.
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Videos de Ayerdhal (21) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Ayerdhal
Extrait de la conférence "Scintillements! Hommage à Ayerdhal, maître de la SF et du thriller" aux Imaginales 2019.
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