AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Christine Le Boeuf (Traducteur)
ISBN : 2742714448
Éditeur : Actes Sud (04/06/1999)

Note moyenne : 4.1/5 (sur 614 notes)
Résumé :
L’existence d’une bourgade au nord de l’état de New York a été bouleversée par l’accident d’un bus de ramassage scolaire, dans lequel ont péri de nombreux enfants du lieu.

Les réactions de la petite communauté sont rapportées par les récits de quatre acteurs principaux. Il y a d’abord Dolorès Driscoll, la conductrice du bus scolaire accidenté, femme solide et généreuse, sûre de ses compétences et de sa prudence, choquée par cette catastrophe qui ne... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  27 avril 2015
Comme tous les matins depuis une vingtaine d'années, Dolorès Driscoll conduit le car scolaire. Un froid pourtant glacial ne l'empêche guère de démarrer. La neige n'est attendue que pour plus tard. de multiples arrêts ponctuent son parcours. Les enfants se bousculent à l'intérieur pour se protéger du froid. Rien ne présageait ce terrible accident. Sur la route, elle croit apercevoir comme le fantôme d'un chien. Quelque chose de couleur brun roussâtre. Etait-ce un chien ou un chevreuil ou une vision d'optique? Dolorès n'est sûre de rien. Pour l'éviter, elle braque le volant à droite en écrasant du pied la pédale de frein. L'inévitable se produit. le village de Sam Dent compte ses morts, 14 enfants, et les pleure.
Un tragique accident de car de ramassage scolaire va anéantir ce village de Sam Dent. Que ce soit ces parents endeuillés qui ont perdu leur enfant, parfois deux ou trois; Dolorès, la conductrice qui se sent responsable ou encore les enfants qui ont eu la chance de s'en sortir, certains avec de graves séquelles. L'on cherche un coupable, et cet avocat venu tout droit de New-York compte bien en trouver et amener l'affaire devant les tribunaux. Russell Banks donne la voix à Dolorès, à Billy Ansel, un papa déjà anéanti par le décès de sa femme et qui a perdu ses deux enfants, Mitchell Stephens, l'avocat qui tente de rallier ces parents et enfin Nicole Burnell, une jeune fille promise à une bel avenir et qui en ressortira en chaise roulante. L'on entre alors dans la peau de chacun, l'auteur s'attardant judicieusement sur leur passé et décrivant leurs doutes et leurs failles, et l'on vit ce drame de différents points de vue. Dans cette Amérique profonde, au coeur de cette population frustrée et blessée, l'ambiance se veut parfois lourde, pesante et tragique. Porté par une écriture riche, déchirante et envoûtante, ce roman captive tout autant qu'il étreint.
A noter que ce roman a été adapté au théâtre et au cinéma par Atom Egoyan en 1997 et a obtenu le Grand Prix du jury au festival de Cannes cette même année.
La promesse de beaux lendemains...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          792
caro64
  04 juillet 2009
Un accident de car, tuant 14 enfants, bouleverse la vie d'un petit village….
D'un fait divers dramatique, Russel Banks tire un roman poignant en donnant la parole à 4 différents protagonistes du drame révélant les secrets et les faiblesses des uns et des autres, analysant le poids de la culpabilité et de la solitude sur chacun, avec des questions en filigrane : Pourquoi tous ces enfants sont-ils morts ? Qui est responsable ? Comment surmonter la perte d'un enfant ? Est-il possible de continuer à vivre après une telle tragédie ?
La force de ce roman est donc l'analyse d'un même événement à la différence d'une succession de points de vue, parfois concordants, parfois contradictoires. Ainsi, on entre véritablement dans la peau des personnages (très bien décrits), on comprend leurs souffrances et leurs angoisses, souvent à la lumière de leur vie passée qui surgit dans le récit par le biais de flashback.
Outre les témoignages, c'est également un portrait de toute une société américaine qui est brossé à travers les intentions des uns et des autres face à l'éventuel procès, ou à travers leurs réactions à l'absence. Aux Etats-Unis, plus qu'en France, tout est prétexte à faire un procès.
L'histoire a pour fond l' Amérique profonde, sombre, décadente, vidée de ses rêves, pleine de frustrations. L'auteur rend bien l'atmosphère lourde (la brume, la neige et le froid sont omniprésents) qui règne sur le village perdu dans le Parc des Adirondacks, superbe d'isolement, « un paysage qui vous domine ».
Ce roman, parfaitement mené, est très humain et aucunement larmoyant. C'est magnifiquement écrit, avec détachement, laissant aux lecteurs le soin d'appréhender cette situation comme il l'entend.
C'est beau, c'est simple, c'est court.
Très bon livre, excellent auteur. A lire !!!

+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          311
littlecat
  16 février 2015
De nombreux enfants d'une petite ville l'état de New York ont péri dans un terrible accident de car scolaire. C'est l'hiver, froid, verglas, isolement.
Russell Banks a choisi de relater ce drame via le regard de quatre narrateurs différents : Dolorès, la conductrice du bus, Bill, un veuf qui a assisté à l'accident au cours duquel ses enfants ont perdu la vie, Nicole, une jolie fille qui se retrouve handicapée et enfin un avocat qui propose ses services pour entamer une procédure judiciaire.
Les personnages nous livrent leur version des faits, leurs émotions, leur souffrance, leur désespoir face à cette tragédie qui a fait basculer leur vie.
L'auteur, avec son talent indéniable, nous emmène dans une relation intime et intense avec les personnages. Des descriptions ciselées et puissantes. Une atmosphère parfois pesante. Un beau roman écrit avec simplicité et efficacité.



Commenter  J’apprécie          330
isabelleisapure
  13 juillet 2013
Sur la base d'un grave accident de car scolaire survenu dans un coin perdu aux fins fond des Etats Unis, l'état de New York en l'occurrence, Russel Banks va brosser un tableau édifiant des moeurs sociales et judiciaires américaines.
De condition modeste la communauté locale traumatisée par les conséquences humaines dramatiques de cet accident, les uns ayant perdus un voire plusieurs des leurs, les autres survivants mais broyés physiquement et psychologiquement par ses conséquences se trouvera désorientée par la douleur au point d'en perdre sa cohésion qu'une horde d'avocats à charge et à décharge ne manquera pas d'exploiter à des fins purement financières vu les sommes en jeux.
L'un de ces derniers un as du barreau doublé d'un « homme en colère » lui, aura à coeur de faire payer les responsables de cette tragédie. Il devra cependant en convaincre la communauté hésitante, celle-ci craignant en effet une retombée sur une des leurs qui pourrait faire office de bouc émissaire.
Il y parviendra mais faute de leur concours actif dans sa démarche, il restera désespérément solitaire dans son action.
En nous donnant lecture de son roman depuis les points de vue de quatre de ses personnages indépendamment les uns des autres Russel Banks use une fois de de son talent pour nous immerger et nous retenir dans une atmosphère pourtant pesante et dramatique.


+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          281
Allantvers
  16 octobre 2014
Quelque part sur la "diagonale du vide" américaine, un car de ramassage scolaire quitte la route et plonge dans l'eau glacée, dont une quinzaine d'enfants ne sortiront pas.
Une tragédie qui, évoquée du point de vue de trois protagonistes et de celui d'un avocat, en révèle une autre : celle d'une Amérique à la dérive sous des apparences respectables, de laissés pour compte et de destins brisés, de fêlures inguérissables et de rancoeurs tenaces, de postures sociales convenues cohabitant avec des comportements abjects.
Fil rouge voire personnage à part entière de ce roman: la route qui traverse la bourgade dans laquelle plus aucun voyageur ne s'arrête, ses snack bar graisseux et son motel en fin de vie qui la bordent, et sa descente en ligne droite vers le bourg, lieu de l'accident.
"De beaux lendemains" est un roman choral sans concession, pathétique mais sans pathos car cynique, coléreux, sec, qui m'a permis de découvrir en Russel Banks l'un de ses peintres de l'envers du décor de l'American dream.J'y ai retrouvé quelques accents de Richard Russo, du Denis Lehane de "Mystic river".
Un auteur que je relirai avec plaisir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          281
Citations et extraits (46) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   27 avril 2015
Les gens qui ont perdu leurs enfants (…) se tordent en toutes sortes de formes étranges afin de nier ce qui est arrivé. Pas seulement à cause de la douleur de perdre quelqu'un qu'ils ont aimé – nous perdons des parents, des compagnons, des amis, et si douloureux que ce soit, ce n'est pas pareil – mais parce que ce qui est arrivé est si cruellement contre nature, si profondément opposé à l'ordre nécessaire des choses que nous ne pouvons l'accepter. Il semble incroyable, incompréhensible que des enfants meurent avant les adultes. C'est un défi à la biologie, ça contredit l'histoire, ça nie toute relation de cause à effet, c'est même une violation de la physique élémentaire. C'est le paradoxe absolu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          500
ladesiderienneladesiderienne   09 mai 2015
Et pourtant, chaque année, je jure de ne plus me charger d'une affaire concernant des enfants. Plus d'enfants morts. Plus de parents sonnés, en deuil, dont le seul désir en réalité c'est que, pour l'amour du Ciel, on les laisse pleurer en paix dans leurs maisons obscures, assis sur les lits de leurs gosses avec les stores baissés devant le monde extérieur et sa curiosité, qu'on les laisse pleurer en silence et contempler leur inaltérable douleur. Je ne me fais pas d'illusions - je sais qu'en fin de compte un million de dollars de dédommagement, ça ne fait aucune vraie différence pour eux, que ça n'a d'autre effet que d'aiguiser leur peine en la bridant de termes légaux et en la rétribuant financièrement, que ça complique leur sentiment de culpabilité et les oblige à s'interroger sur l'authenticité de leur propre souffrance. Je sais tout ça ; je l'ai vu cent fois.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
marina53marina53   28 avril 2015
Le deuil peut être très égoïste. Quand quelqu'un que vous aimez est mort, vous avez tendance à vous rappeler surtout les quelques instants et incidents qui vous ont permis de clarifier votre perception, non de la personne qui est morte, mais de vous-même. Et si votre amour était grand, (…) votre perception de vous-même aura été clarifiée plusieurs fois, et vous aurez beaucoup de ces instants à vous rappeler.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          390
ladesiderienneladesiderienne   07 mai 2015
Il y avait alors un peu de bruit dans le bus, des bruits de petit matin, d'enfants en train de s'exercer à devenir adultes, de se faire connaître l'un à l'autre et à eux-mêmes de leurs petites voix (certaines pas si petites) : questions, discussions, échanges, commérages, vantardises, plaidoyers, séduction, menaces, tentatives, tout ce que nous faisons, nous aussi, de même que des chiots ou des chatons imitent dans leurs jeux les chiens et chats adultes en action. Ce n'est pas totalement paisible ni gentil, pas plus que les bruits que font les adultes ne sont paisibles ni gentils, mais ça reste sans gravité. Et parce qu'on peut écouter des enfants sans appréhension, de même qu'on peut regarder des chiots se bousculer et se mordre ou des chatons se guetter et se sauter dessus sans craindre qu'ils se fassent mal, les bavardages des enfants sont parfois très instructifs. Je suppose que c'est parce qu'ils jouent ouvertement à ce que nous autres, adultes, nous pratiquons en secret.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
RenodRenod   31 mars 2016
D’ailleurs, les gens de Sam Dent ne sont pas uniques. Nous avons tous perdu nos enfants. Pour nous, c’est comme si tous les enfants d’Amérique étaient morts. Regardez-les, bon Dieu – violents dans les rues, comateux dans les centres commerciaux, hypnotisés devant la télé. Dans le courant de mon existence, il s’est passé quelque chose de terrible qui nous a ravi nos enfants. J’ignore si c’est la guerre du Viêt-nam, la colonisation sexuelle des gosses par l’industrie, ou la drogue, ou la télé, ou le divorce, ou le diable sait quoi. J’ignore quelles sont les causes et quels sont les effets ; mais les enfants ont disparu, ça je le sais. Alors, essayer de les protéger, ce n’est guère qu’un exercice complexe de refus. Les fanatiques religieux et les superpatriotes, ils tentent de protéger leurs gosses en les rendant schizophrènes (...); les classes moyennes attrapent ce qu’elles peuvent acheter et le transmettent, tels des bonbons d’Halloween empoisonnés ; et pendant ce temps, les Noirs au cœur des villes et les Blancs pauvres au fond des cambrousses vendent leurs âmes par convoitise de ce qui tue les gosses de tous les autres en se demandant pourquoi les leurs prennent du crack
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
Videos de Russell Banks (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Russell Banks
Russel Banks lors de la présentation de "Un membre permanent de la famille".
autres livres classés : accidentVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Sous le règne de Bone; RUSSEL BANKS

Quel est le nom réel de Bone ?

Bone
Charlie
Chappie

4 questions
34 lecteurs ont répondu
Thème : Sous le règne de Bone de Russell BanksCréer un quiz sur ce livre
.. ..