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Pierre Furlan (Traducteur)
ISBN : 2742765158
Éditeur : Actes Sud (03/01/2007)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 566 notes)
Résumé :
A cinquante-neuf ans, Hannah Musgrave fait retour sur son itinéraire de jeune Américaine issue de la bourgeoisie aisée de gauche que les péripéties de son engagement révolutionnaire avaient conduite, au début des années 1970, à se "planquer" en Afrique.
Ayant tenté sa chance au Liberia, la jeune femme a travaillé dans un laboratoire où les chimpanzés servaient de cobayes à des expériences sur le virus de l'hépatite, pour le compte de sociétés pharmaceutiques ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
Vianna
  19 avril 2014
Je viens de finir ce livre et cela fait 3 jours que je n'arrive pas à démarrer le suivant.
J 'ai besoin de digérer un contenu dense, fort, où les thématiques abordées sont si nombreuses. le thème principal est le Libéria et son histoire politique, empreinte de cynisme et de violence, mais c'est aussi le parcours de vie de Hannah, personnage insaisissable,qui se raconte à l'aube de la soixantaine: ses engagements militants, voire terroristes, son incapacité à aimer réellement son mari libérien et les trois fils issus de cette union, la distance qu'elle a posé avec ses parents.
En effet elle reste sans voir pendant de longues années ceux qu'elle nomme Mère et Papa: un père, célèbre pédiatre très pris par son métier mais néanmoins aimant et une mère femme au foyer, tellement centrée sur elle même qu'à la mort de son époux « elle était en colère parce que la mort de Papa était la mort de Papa et pas la sienne», une mère qui n' a jamais su voir sa fille. Banks nous délivre là sans doute, une des clés pour comprendre le personnage d'Hannah: Comme sa mère, elle ne voit ni son mari, ni ses enfants.
La question du regard, regard sur l'autre, sur soi, sur le monde revient tout au long du récit. Et si les relations humaines restent difficiles pour Hannah, sa rencontre avec les chimpanzés la révèle davantage à elle même. Sans doute sont ils les seuls à la voir vraiment et à lui renvoyer la réalité de son existence.
Cette quête d'identité qui a menée Hannah au Libéria, son pays d'adoption nous tient tout au long du livre et j'ai lu le dernier quart d'une traite emportée par le désir d'en connaître l'issue.
Pour ce qui est de la page historique du Libéria, ce déchaînement de violence et de cruauté me rappelle le terrible roman de Ahmadou Kourouma, En attendant le vote des bêtes sauvages.
Les tragédies d'un continent qui n'en finit pas de se remettre des conséquences de la décolonisation, colonisation, nous laissent ébranlés et interrogatifs: jusqu'où l'homme peut il aller pour conquérir un territoire, le pouvoir, la liberté...?
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basileusa
  31 août 2013
J'ai vraiment adoré l'histoire de la vie d'Hannah/Dawn ! C'est une femme assez spéciale ,avec un parcours atypique ,pas toujours très attachante mais j'ai dévoré le roman parce que le sujet était vraiment très intéressant .
La majorité de l'histoire se déroule en effet au Libéria ,pays Africain peu connu mais fascinant. La vie d'Hannah et ses bouleversements sont étroitement liés à l'évolution du pays. Un pays constitué d'anciens esclaves américain qui vont prendre le pouvoir ,au dépend des autochtones (assez ironique d'ailleurs!!). Et de despotes en despotes ,de guerre civile en massacres ,la pays est en proie au chaos ,les familles déchirés .....c'est dans ce cadre que l'on va suivre Hannah ,une américaine obligée de fuir son pays et qui va trouver refuge au Libéria et faire sa vie là-bas.
C'est très bien écrit ,très bien documenté , il est difficile de lâcher le livre une fois commencé ...seul reproche ,j'ai eu souvent du mal à comprendre hannah ,on a parfois l'impression qu'elle n'aime personne à part ses chimpanzés même si ce n'est pas tout à fait vrai.
Un bijou que je vous conseille si vous êtes intéressés par l'histoire du Libéria !
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PiertyM
  30 avril 2016
Super roman! de l'Amérique au Liberia, du Liberia en Américain, c'est une page de l'histoire qu'on revoit avec beaucoup d'émotion, l'histoire tragique d'une Afrique qui aux sorties du combat contre le colonialisme et de la guerre pour les indépendances va se retrouver confronter à une série de coups de d'état et aux rebellions, une Afrique en proie à des guerres tribales et livrée au phénomène des enfants soldats, un bon livre avec un personnage autant fade qu'intrépide, une femme complétement désappointée par les aigreurs de la vie et du monde...plutôt des aigreurs que les hommes font subir au monde, de même que leurs intérêts ont rendu la vie aigre que ce soit aux Etats-Unis ou en Afrique, les oreilles de tous les dirigeants sont bien bouchées...
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LePamplemousse
  14 août 2013
Hannah, la soixantaine, nous emmène de sa ferme écologique américaine jusqu'en Afrique où elle consacra une partie de sa vie à sauver des singes.
Plutôt qu'une histoire linéaire, il s'agit dans ce roman, de l'itinéraire d'une jeune américaine partie vivre au Libéria, où l'on découvre, en même temps que l'héroïne, la réalité politique et sociale de ce pays en guerre dans les années 70.
Cette fresque historique est aussi un magnifique portrait de femme, volontaire et combative.
En effet, cette femme aux engagements politiques affirmés, fera preuve en tant qu'épouse et mère d'une force incroyable pour affronter les horreurs auxquelles elle sera confrontée.
Par le biais de cette femme, naïve puis malheureusement plus lucide au fil des années, nous découvrons l'envers de la recherche médicale, nous apprenons à vivre avec des compromis plus ou moins grands, nous sommes mis en face des actes des hommes les plus puissants et nous sommes les témoins du sort réservés à tous ceux qui se mettent en travers de leur chemin.
Hannah évoque ses souvenirs mais aussi ses regrets, les choses et les êtres auxquels elle a dû renoncer pour vivre ou plutôt survivre.
Un roman extrêmement dense, puissant, et d'une force incroyable...dont on ressort en ayant la sensation d'avoir appris et compris des petites choses, bref, en ayant changé nous aussi.
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carre
  21 avril 2012
La vie et le destin d' Hannah Musgrave, jeune femme priviliégiée de la bourgeoisie bostonienne qui dans les années 1960-70 bascule dans le mititantisme révolutionnaire et devra quitter son pays pour le Libéria. Elle y rencontre l'amour avec Woodrow Sindiata qui deviendra ministre de la santé. Mais voilà alors que la vie avec son mari et ces trois enfants semble douce, le pays bascule dans le chaos et la guerre civile. Une nouvelle fois, elle doit s'exiler et retourner aux Etats Unis. Mais au début des années 2000, la centaine venant, Hannah décide de revenir sur son passé.
Banks réussit un magnifique portrait de femme, perdue entre deux continents, deux cultures. Il n'oublie pas ces thèmes de prédilection, le racisme sous-jacent, le colonianisme, les problèmes sociaux et politiques de l'Amérique.
D'une écriture riche, limpide, Banks nous emporte avec un lyrisme et une force peu commune, Hannah Musgrave est une héroine comme on en voit peu, toujours forte et fière malgré les blessures et la cruauté de la vie. Un roman époustouflant, puissant, immanquable. Un livre qui fait aimer la lecture.
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Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
clarinetteclarinette   03 juillet 2008
"C'était un énorme contraste avec les vieilles villes ouvrières et grises que j'avais quittées -ces agglomérations récemment abandonnées de la ceinture industrielles des Etats-Unis, comme New Bedford et auparavant Cleveland, qui m'avaient écrasée presque à mon insu-, un contraste si splendide, si attirant, que je trouvais Accra irrésistible. La chaleur ici était intense, équatoriale, mais grâce à la brise soutenue qui venait de l'Atlantique l'humidité n'était pas inconfortable et, tant qu'on restait à l'écart du soleil, on avait le sensation d'un climat idéal -le climat auquel l'anatomie humaine, après des centaines de milliers d'années d'évolution, est parfaitement adaptée. Et puis j'aimais le peuple ghanéen. Ce sont des gens qui s'excitent facilement, qui sont bruyants et paraissent sûrs d'eux-mêmes. Ils vous font du rentre-dedans, mais avec charme et bonne humeur, ils agitent les mains, ils gesticulent, s'inclinent, se tordent et virevoltent en même temps qu'ils parlent, chicanent, se chamaillent, cancanent et chantent. A l'instar de sa population, la ville lutte inlassablement pour gagner votre attention et votre oreille par son vacarme incessant de klaxons, de bus, de camions sans silencieux, de radios qui hurlent par les fenêtres et à la devanture des magasins, de colporteurs qui crient leurs marchandises, de bébés qui pleurent, de marteaux-piqueurs qui pilonnent le sol. Où que l'ont se tourne, Accra s'efforce d'attirer et de retenir votre regard par ses couleurs vives et animées il y a les superbes pagnes peints irrégulièrement que les femmes enroulent autour de leur corps ; il y a leur coiffures élaborées, d'un noir brillant, structurées comme des chapeaux et aussi précaires que des pièces montées, savamment torsadées, tressées et ornées de perles ; il y a les vélos chinois repeints de couleurs tape-à-l'oeil ; les minibus bondés qu'on appelle tros-tros ; les vertigineuses pyramides de fruits et légumes au marché de Makola ; et les enseignes de coiffeurs aux
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PiertyMPiertyM   20 mai 2016
Après avoir arraché tout ce qu'ils pouvaient aux sociétés et gouvernements étrangers, après avoir vendu pour une bouchée de pain presque toutes les ressources naturelles du pays le président et ses collègues passaient maintenant à l’auto cannibalisme: ils se mettaient à dévorer leurs congénères en commençant leur repas par les plus nombreux et les plus mal défendus, à savoir les plus pauvres.
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moklosmoklos   16 octobre 2007
Je me suis donc conduite avec les chimpanzés comme si j’étais l’un d’eux. Qu’est-ce qui clochait là ? Qu’y a-t-il de répréhensible au plan éthique, ou même au plan pratique, à manifester de l’empathie pour autrui ? Pendant longtemps j’ai répondu : rien. Rien du tout. C’est une attitude valable. Je vois un aveugle sur le point de traverser la rue et je pense : il ne peut pas voir la circulation qui file à toute allure, il a besoin que je la voie pour lui, que je le prenne par le bras et que je l’accompagne là où manifestement il a envie d’aller. Partant de l’hypothèse que, si j’étais aveugle, j’aurais besoin de moi pour m’aider, je saisis l’aveugle par le bras et je le tire, terrorisé, en pleine circulation où, non seulement je lui fais peur, mais en où je le mets en danger. Parce que je dispose de ma vue, je me repose sur un certain système de guidage qui utilise principalement la vue pour s’informer et je veux à toute force la mettre à contribution. Mais l’aveugle a son propre système pour traverser. Il entend ce que je ne fais que voir, il isole des bouts d’information qui sont perdus pour moi, et il coordonne et mémorise des données que je n’ai même pas enregistrées.

Je parle ici de la différence entre empathie et sympathie, entre sentir pour l’autre et sentir avec lui.

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ViannaVianna   01 novembre 2013
....nous n'étions qu'à quelques centimètres de ce que chacun essayait de discerner dans les yeux de l'autre, de cette chose qui s'y était trouvée depuis que j'étais bébé. Le souvenir que j'en gardais remontait presque à l'époque où il se penchait sur moi dans mon berceau, où nos regards s'attachaient l'un à l'autre. Je le voyais et, en même temps et de la même façon, il me voyait; à cet instant, lui et moi devenions réels l'un pour l'autre et pour nous- mêmes. C'était le moyen par lequel nous parvenions tous les deux à l'existence. Mon père m'avait donné la vie... et je la lui rendais; cet échange avait sans doute commencé à ma naissance.
De cet échange , Mère avait été exclue. Non parce que Papa ou moi l'avions voulu, mais parce que nous savions tous les deux qu'elle était incapable de voir réellement qui que ce fut, y compris elle même..
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Litterature_et_ChocolatLitterature_et_Chocolat   07 février 2012
Il m’a fallu plus d’une décennie avant que je ne me sente en état de retourner à Monrovia pour affronter les conséquences de cette ultime nuit. Et j’avais alors cinquante-huit ans. Pas vraiment une vieille femme, en tout cas pas selon l’échelle d’aujourd’hui, mais pas mal décatie pour ce qui est du visage et du corps. [...] Je ne suis que la coquille de ce que j’étais il y a douze ans. En vieillissant, nous devenons des animaux différents. Surtout les femmes. Et quand nous sommes devenues un animal qui n’a plus d’intérêt sexuel, les jeunes – parce qu’ils croient qu’ils ne seront jamais vieux – nous traitent comme si nous étions une autre sorte de primate. Comme si l’un de nous était un chimpanzé et l’autre un être humain.
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Russel Banks lors de la présentation de "Un membre permanent de la famille".
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