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EAN : 9782264035806
125 pages
Éditeur : 10-18 (07/10/2004)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 65 notes)
Résumé :
Georges Bataille écrit Les Larmes d'Éros en 1959. L'ouvrage paraît en 1961. Bataille a plus de soixante ans, il vieillit, il est malade. Il se lance pourtant dans une œuvre pleine de santé jubilatoire, ces Larmes d'Éros, une histoire de la peinture sous le patronage d'Éros et de Thanatos, l'amour et la mort, liés depuis les temps originels, depuis les peintures rupestres jusqu'aux introspections surréalistes. Bataill... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
blanchenoir
  12 mai 2014
Avant l'essai, des lettres de Bataille nous sont données à lire : un Bataille dépressif, pour lequel cet essai est fondamental.
Relativement court, mais très (trop ?) dense, ce texte cherche à mettre en lumière "la petite mort".
"Le sens de ce livre est, en un premier pas, d'ouvrir la conscience à l'identité de la "petite mort" et d'une mort définitive. de la volupté, du délire de la mort sans limites."
Plusieurs figures sont analysées dans cet essai : Bataille part de la naissance d'éros et nous emmène jusqu'aux Surréalistes. Entre les deux, une multitude de notions s'enchaînent sans que le lecteur ne parvienne toujours à s'y retrouver... Ainsi, il est question de la Conscience de la mort, de la mort et du "diable", viennent ensuite les hommes préhistoriques et les cavernes peintes. Plus tard, le Travail et le jeu sont analysés, puis La Fin, c'est-à-dire de l'Antiquité à nos jours où Dionysos intervient et revient avec l'idée de transgression et de fête (entre les deux, Bataille analyse notamment le travail, l'esclavage et la prostitution...).
Et cela n'est pas tout : l'auteur convoque Sade, Goya, Delacroix et quelques autres grandes figures... en moins de 70 pages (!) ... pour toujours montrer et chercher à démontrer ce lien fort et indéfectible, pour Bataille, entre l'érotisme et la mort.
Y parvient-il ? L'analyse plus profonde de certains thèmes abordés aurait-elle été plus décisive et convaincante que cette "série" de figures parfois effleurées ?
"Cette vérité, sans doute, n'a pas cessé de s'affirmer. Pourtant, si elle s'affirme, elle ne cesse pas d'être dérobée. Tel est le propre à la fois de la mort et de l'érotisme. L'une et l'autre en effet se dérobent : ils se dérobent dans l'instant même où ils se révèlent...
Nous ne pouvions imaginer contradiction plus obscure, mieux faite pour assurer le désordre des pensées."

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izziederives
  04 février 2020
Il s'agit d'un court essai philosophique qui tente de faire le lien entre l'érotisme et la mort, en s'appuyant sur l'art de la préhistoire jusqu'au maniérisme (à peu près). C'était intéressant, parce qu'assez facile à lire. Je ne suis pas une grande fan de philo, j'ai souvent l'impression que ça tourne autour du pot pour finir par conclure que le ciel est bleu, mais je pense que cette impression est due au fait qu'inconsciemment (ou non), on a intégré la plupart de ces concepts dans nos sociétés occidentales sans forcément savoir que quelqu'un avant nous avait lui aussi était capable de "penser". Dans le cas de cet essai, certaines choses m'ont paru évidentes, d'autres un peu désuètes, notamment le rapport à l'érotisme aujourd'hui, qui n'a pas grand chose à voir avec celui des années 60 (date de parution de ce livre, le dernier signé de Bataille juste avant "Ma mère", publié à titre posthume). Aujourd'hui on est plutôt bombardé par le sexe à longueur de journée, on a un rapport beaucoup plus décomplexé au sexe sans l'idée de procréation derrière, alors forcément, une partie de l'analyse de Bataille tombe un peu à plat. Ça reste toutefois une bonne idée de le lire, d'autant que j'ai commencé "Ma mère" et qu'on y retrouve ce qu'il a tenté de développer dans "Les larmes d'Éros". Par contre, c'est vraiment dommage de ne pas avoir de support image. L'histoire de l'art, ça va, je tiens à peu près la route, donc j'avais une idée assez précise des tableaux ou artistes cités, mais ç'aurait été un vrai bonus d'avoir un beau livre dans les mains avec toutes les images, afin d'appréhender plus facilement son approche.
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jack56
  02 avril 2017
Un livre complexe qui ne m'aura pas apporté grand chose ! Heureusement que la lecture en est rapide.
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Citations et extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
AmbagesAmbages   15 mars 2017
Un moment n'a de sens que par rapport à l'ensemble des moments. Nous ne sommes chaque fois que des fragments dépourvus de sens si nous ne les rapportons à d'autres fragments. Comment pourrions-nous renvoyer à l'ensemble achevé ?
Tout ce que je puis faire, à l'instant, est d'ajouter une vue nouvelle, et s'il est possible, la vue finale, à toutes celles que j'ai proposées.
Je m'enfoncerai dans un ensemble dont la cohésion pourra m’apparaître à la fin...
Le principe de ce mouvement est l’impossibilité de la conscience claire à qui seule la conscience immédiate est donnée.
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mandarine43mandarine43   26 février 2012
En effet, selon l'apparence, à tous les yeux, l'érotisme est lié à la naissance, à la reproduction qui sans fin répare les ravages de la mort.
Il n'en est pas moins vrai que l'animal, que le singe, dont parfois la sensualité s'exaspère, ignore l'érotisme. Il l'ignore justement dans la mesure où la connaissance de la mort lui manque. C'est au contraire du fait que nous sommes humains, et que nous vivons dans la sombre perspective de la mort, que nous connaissons la violence exaspérée, la violence désespérée de l'érotisme.
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blanchenoirblanchenoir   09 mai 2014
Par la violence du dépassement, je saisis, dans le désordre de mes rires et de mes sanglots, dans l'excès des transports qui me brisent, la similitude de l'horreur et d'une volupté qui m’excède, de la douleur finale et d'une insupportable joie !
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AmbagesAmbages   26 février 2017
Dès qu'il envisage l'érotisme, l'esprit humain se trouve devant sa difficulté fondamentale.
L'érotisme, en un sens, est risible...
L'allusion érotique a toujours le pouvoir d'éveiller l'ironie.
Même à parler des larmes d'Éros, je le sais, je puis prêter à rire... Éros n'en est pas moins tragique. Que dis-je ? Éros est avant tout le dieu tragique.
On sait que l'Éros des Anciens put avoir un aspect puéril : il avait l'aspect d'un jeune enfant.
Mais l'amour n'est-il pas, à la fin, d'autant plus angoissant qu'il prête à rire ?
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zoharzohar   07 février 2011
Ces corps mêlés, qui, se tordant, se pâmant, s'abîment dans des excès de volupté, vont à l'opposé de la mort, qui les vouera, plus tard, au silence de la corruption.
En effet, l'érotisme est lié à la naissance, à la reproduction qui sans fin répare les ravages de la mort.
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