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Yves Florenne (Éditeur scientifique)Marie-Jeanne Durry (Préfacier, etc.)
ISBN : 2253007102
Éditeur : Le Livre de Poche (01/02/1972)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.22/5 (sur 7707 notes)
Résumé :
Romantiques par la mélancolie à l'ombre de laquelle ils s'épanouissent, parnassiens par leur culte du Beau et la rigueur de leur composition (ils sont dédiés à Théophile Gautier), ces poèmes illustrent la théorie des "correspondances" horizontales entre les éléments visibles et invisibles, qui sont comme de "longs échos qui de loin en loin se confondent" pour s'élever en correspondances verticales "ayant l'expansion des choses infinies". Exploration du matériau grou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (263) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  06 novembre 2012
" Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là " écrivait Victor Hugo. Pourtant non Victor, non, excusez-moi de vous contredire, mais non, s'il n'en restait qu'un, ce ne serait pas vous, Victor, mais lui, LUI, cet immense, ce douloureux, cet esthète sans fin, celui qui parle aux étoiles, aux nébuleuses, aux puits abandonnés, aux larmes sur mes mains et les connaît par leur prénom, celui qui porte plus haut que quiconque les flammes de la poésie française, ce serait lui, assurément. Lui, ô lui que j'eusse aimé, lui qui le savait...
Mais rassurez-vous Victor, ce n'est là que mon avis, un tout petit avis, sec et rabougri comme un bouquet de soucis, coupé jadis, jamais offert, autant dire, pas grand-chose.
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meyeleb
  13 août 2011
Ouh lala! Je suis là, à me dire : allez, je vais vous parler des Fleurs du Mal... mais tout à coup j'ai la pression...
C'est tout de même le recueil le plus usé de ma bibliothèque! Traces de doigts, marque-pages jaunis et autres traits au crayon de papier discrets (noooooon ! ne pas écrire sur un livre sacré!!!) sont là pour le confirmer.
C'est mon prof de français qui m'a filé le virus. Il arrivait, comme ça, l'air de rien, avec son recueil sous le bras. Qu'il ouvrait, comme guidé par le hasard. Prenait une voix solennelle mais susurrée. Et le silence se faisait tout à coup dans la classe. On entendait une prière, un jeu de sons caressés par le respect, une certaine religiosité, oui, c'est ça, de la foi dans les mots. Ca remplissait le volume de la salle. On se sentait tout à coup transportés, envoûtés (pour être un bon prof, il faut être un peu Hans joueur de flûte ou sirène, ça je l'ai appris un peu plus tard).
On ne comprenait pas tout, non. Mais quand la Mort plantait son drapeau noir dans le cerveau du pauvre Baudelaire, on l'éprouvait, la douleur métaphysique. On était frappés par cette image terrible et on entendait dans la voix du prof une profondeur qui nous ouvrait grand les portes de l'Enfer.
Comment voulez-vous que j'oublie ces lectures suspendues hors du temps ?
J'avais donc ce recueil à la maison. le seul livre avec de la poésie dedans. A la maison on était plutôt des pragmatiques : pas de bibliothèque (quelques livres de cuisine), surtout pas de poésie (ça ne sert à rien, la poésie!). Il était donc là, ce recueil, à me regarder et à me promettre des émotions étranges, presque interdites, comme quand le prof se mettait à nous lire ces incantations. J'ai dû l'ouvrir avec prudence d'abord. Il avait tout de même été condamné et jeté dans l'enfer des bibliothèques! Et puis le charme a fait le reste...
Spleen, « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »... J'ai eu longtemps un couvercle sur la tête ( pas la peine de rire, certains ont bien une épée de Damoclès...) et des chauve-souris dans le cerveau. On comprend ça, quand on est adolescent et qu'on se débat dans sa tête et qu'on a que son chat pour ami : « Viens mon beau chat, sur mon coeur amoureux;/ Retiens les griffes de ta patte »...
Et tous ces visages, tous ces corps qui s'offraient à l'imagination fertile : la mendiante rousse, les petites vieilles et les vieillards, cette passante « fugitive beauté », les pauvres, les artistes, l'assassin, Satan, une charogne même (ah je l'aime cette charogne!)... Ils sont tous là, dans le livre! Et quand tu l'ouvres tu n'es plus seul. Tu es avec eux, tu es... comme eux!
Voilà que j'ai alors compris quelque chose d'essentiel : Les Fleurs du Mal, ça nous envoûte parce que ça nous parle de nous, ça nous tend un miroir et ça voit même au fond de l'âme. Quelle obscurité, dites-moi, mais quelle Beauté!
Voilà... je m'arrête dans ces souvenirs qui sont sans doute un peu les vôtres. Depuis, on n'a pas trouvé d'antidote au virus et c'est tant mieux. Alors j'ai besoin de ma dose de Baudelaire régulièrement. Et puis comme ça me fait du bien, j'en lis un peu en classe de temps en temps, histoire de partager...
Pour faire plus concis j'aurais pu dire : envoûtant...
Mais une voix sortie de la mémoire, une voix grave mais toujours susurrée m'a lancé de derrière son bureau : « C'est un peu court jeune fille !... »
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LydiaB
  04 novembre 2012
"Dans ce livre atroce, j'ai mis tout mon coeur" disait Baudelaire. Atroce ? Ce n'est pas le mot que j'aurais employé... Maléfique, torturé, mystérieux, voluptueux... voilà ce qui me vient à l'esprit en relisant ce recueil majestueux. Mettre en vers beauté et misère, angoisse et damnation, paradis artificiels et mort, n'est-ce pas cela la beauté et, surtout, la liberté de cet art appelé poésie ?

Je ne vais pas refaire ici une étude complète des poèmes, certains s'en sont déjà chargés, et beaucoup mieux que moi. J'ai relu cette oeuvre dans un objectif précis : "le challenge totem" de Lili Galipette. Qu'est-ce que c'est que ça ?, allez-vous me demander l'air sournois et le rictus peu avenant. le but est de choisir un animal et de lire les livres en relation avec celui-ci. Ayant choisi le chat, je voulais revoir les poèmes qui en parlaient, ayant à l'esprit ces quelques vers :

" Viens mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux
Mêlés de métal et d'agate." (Le Chat, XXXIV)


Pas moins de trois poèmes sur les chats sont dans ce recueil. Dans le premier poème que je viens de citer, le chat est comparé à une femme dangereuse, objet de désir, la sensualité étant le fil conducteur. Dans les deux autres, le félin ne fait qu'un avec le poète. A la fois doux et apaisant, il sait aussi se montrer sous un autre angle : sacré, libre et insoumis comme le montrent ces bribes :

"Amis de la science et de la volupté,
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;
L' Érèbe les eut pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté." (Les Chats, LXVI )

N'est-ce pas là, par ailleurs, l'image même du poète ?
Lien : http://www.lydiabonnaventure..
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Alexein
  10 novembre 2015
C'est le seul livre de poésie qui ait aussi durablement fait effet sur moi. C'est un monument comme il n'en existe nul autre.
Lorsque je m'y plonge, je ressens à la fois les sensations d'une descente dans des catacombes et celles d'une élévation mystique. Des semaines plus tard résonnent encore à mes oreilles dans des échos profonds les vers étourdissants de « Harmonie du soir » :
« Valse mélancolique et langoureux vertige !
[…]
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige. »
Ce poème me fera toujours frissonner d'une indicible et grisante extase.
Peintre des passions aux vibrations souterraines et du désenchantement sublime, Baudelaire est par excellence l'alchimiste du désespoir. Dans le creuset de son âme, gravité et légèreté s'entremêlent par un subtil et savant dosage. Une solennité secrète ondoie comme des volutes de fumée tout au long de ces pages en même temps que gronde l'animalité entravée secouant ses chaînes. Les profonds cris de révolte et la désespérance qui s'élèvent de ces strophes raffinées leur confèrent une noirceur d'un éclat particulier si fascinant en même temps qu'effrayant.
Il fut un être humilié qui n'eut pas une vie, dit-on, à la mesure de son génie. Mais aurait-il enfanté cette oeuvre s'il eût vécu une autre vie ? Il n'eût pas eu la douleur, la « boue », indispensable à tout artiste digne de ce nom pour produire une oeuvre noble et voulant embrasser l'universel dans la transcendance :
« Soyez béni, mon Dieu, qui donnez la souffrance
Comme un divin remède à nos impuretés […]
Je sais que vous gardez une place au Poète
Dans les rangs bienheureux des saintes Légions, […]
Je sais que la douleur est la noblesse unique […]
Imposer tous les temps et tous les univers. »
Bénédiction
La hauteur, la profondeur et la grande variété de ses vues sont impossibles à résumer ici. Elles sont horribles et belles, sombres et lumineuses, contradictoires et pourtant vraies. Elles sont toutes les tendances et les aspirations qui tiraillent et écartèlent l'être humain sur le grand autel de la vie. Ce livre est comme la table de dissection de l'âme du poète sur laquelle nous nous penchons avec inquiétude et excitation, à la fois contents et révulsés de nous y reconnaître.
Baudelaire est le grand poète du XIXe siècle et bien plus : il est le poète qui sut le mieux exprimer cette perception des « […] longs échos qui de loin se confondent/ Dans une ténébreuse et profonde unité » où « Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ». Il éclipse pour moi tous les autres. Il s'est imposé dans toute la puissance de sa quête de sublimation. Il a réussi ce que tant d'autres avant et après lui n'ont fait que survoler : il est « descendu » profondément en lui-même et a observé et joui de sa nature pleine et entière. Il en a cultivé les contrastes et concilié les extrêmes. Il en a opéré la synthèse.
+ Lire la suite
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claudia1506
  23 mars 2012
Je ne lis pas Les fleurs du mal comme les autres. Je le prends, je lis quelques lignes, je lis quelques pages au grès de mes envies et du moment. Il n'est pas dans la bibliothèque avec les autres. Il voyage dans la maison avec moi. Là où je le dépose, je le reprends, quelques heures, quelques jours plus tard, pour lire quelques pages, quelques lignes. Au hasard de nos rencontres, dans toutes les pièces de la maison. Je ne sais pas si je l'ai lu entièrement ou non et peu importe...il est là...j'aime le rencontrer et m'arrêter pour "partager un moment " avec lui...Le hasard joue son rôle...je le redécouvre tous les jours, ou presque.
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critiques presse (2)
BoDoi   16 novembre 2015
Les Fleurs du mal à la lumière de Liberatore, c’est s’immerger dans son univers de filles magnétiques, de solitude et de cadavres érotisés.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDGest   15 juin 2015
Renouant avec ces œuvres d’antan richement illustrées, cette nouvelle édition des Fleurs du Mal permet de (re)découvrir deux artistes majeurs, du moins pour ce qui est de leur Art respectif !
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (1068) Voir plus Ajouter une citation
Ma_vie_en_livresMa_vie_en_livres   07 décembre 2018
L'Albatros

Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.
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leonceleonce   07 décembre 2018
Nous voulons voyager sans vapeur et sans voiles !
Faites, pour égayer l'ennui de nos prisons,
Passer par nos esprits, tendus comme une toile,
Vos souvenirs avec leurs cadres d'horizons.
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Giraud_mmGiraud_mm   06 décembre 2018
L'albatros

...
Le poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rie de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Commenter  J’apprécie          140
Giraud_mmGiraud_mm   06 décembre 2018
L'invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D'aller là-bas vivre ensemble !

(ce poème a été plusieurs fois mis en musique, mais la variante la plus connue est sans doute celle de Léo Ferré, écrite en 1957 pour le centenaire des Fleurs du mal.)
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Giraud_mmGiraud_mm   06 décembre 2018
L'homme et la mer

Homme libre, toujours, tu chériras la mer !
La mer est ton miroir, tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de la lame
Et ton esprit n'est pas un gouffre plus amer.
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Videos de Charles Baudelaire (73) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Charles Baudelaire
Christian Pierret, Président fondateur du FIG a annoncé le nom du président de l'édition 2015, il s'agit de : Antoine Compagnon. Il est professeur au collège de France, il enseigne à l'université de Columbia. Ses livres consacrés aux grands auteurs classiques, Montaigne, Baudelaire, Proust, font autorité
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