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ISBN : 2746734931
Éditeur : Autrement (15/05/2013)

Note moyenne : 2.75/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Comment en sommes-nous arrives la ? Peut-on venir a bout de la crise europeenne ? L'union politique est-elle envisageable ? Pour Ulrich Beck, nous avons trop longtemps mis de cote la question d'une societe commune au profit de l'economie. Le celebre sociologue allemand denonce la politique d'austerite menee par Angela Merkel, qu'il nomme merkiavelisme en reference au Prince de Machiavel. Ulrich Beck appelle de ses voux un reveil democratique et pose les principes d'... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Enroute
  10 juillet 2016
Cette Europe allemande que refuse l'auteur est celle de sa compatriote Merkiavel. Comme le penseur italien, Merkiavel tire les ficelles des situations qui se présentent (fortuna) et ne prend une décision que lorsque la situation tourne à son avantage (virtu). Merkiavélique, la chancelière l'est parce qu'elle n'userait de la position hégémonique que prend l'Allemagne en Europe aujourd'hui que pour satisfaire de basiques besoins électoraux et nationaux, et ce, au besoins, sans soucis de l'honnêteté intellectuelle : "il est possible de faire aujourd'hui l'exact contraire de ce qu'on a annoncé hier si cela multiplie les chances de gagner la prochaine élection nationale". Merkiavel tient un double langage et n'utilise pas sa force pour la solidarité, mais pour un projet égocentrique. Pourtant, Merkiavel est en partie prisonnière de sa situation. Premièrement, elle n'y est pour rien si l'Allemagne est aujourd'hui si forte, c'est une situation qui est avérée et dont elle ne fait que profiter. Deuxièmement, cette situation d'une Allemagne forte aurait des répercussions complexes sur la population allemande. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le pays cherche une légitimité internationale et se "calibre" par rapport à l'Europe. Depuis 70 ans, être un bon allemand, c'est être un bon européen. le fait que l'Allemagne soit aujourd'hui forte signifierait donc qu'elle est parvenue à être une "bonne européenne" et que son modèle n'est plus hérité du "plus jamais ça", mais atteint une valeur universelle. Ce qui est bon pour l'Allemagne est bon pour l'Europe. Bien loin de porter un jugement dominateur sur l'Europe, les Allemands éprouveraient un sentiment de devoir, une responsabilité d'enseigner à l'Europe comment se réaliser, après avoir vécu ces dernières décennies sous l'humiliation des quolibets qui lui rappelait son passé pénible. En outre, Merkiavel ne serait finalement pas pire que les autres dirigeants européens qui n'ont pas davantage le "sens de l'Europe" que la chancelière : chacun ne pense qu'aux élections et, pour ce faire, il suffit de "bien passer" dans son pays. le projet européen n'intéresse personne. La question se pose de savoir combien de temps encore l'Europe peut tenir sans projet, tiraillée par la somme des intérêts contraires des gouvernements nationaux, niant la démocratie et se jouant des populations... la solution ne serait pas une énième réforme constitutionnelle, mais un sursaut participatif de la population, la faveur d'une cohésion et d'une solidarité européenne, qu'un pacte social européen inspiré de Rousseau aiderait à créer. Il comprendrait une meilleure défense des libertés, une protection sociale européenne. Afin de créer cet esprit de cohésion sans lequel tout projet européen est voué à l'échec, Beck propose un programme amenant tout européen à passer une année de volontariat social au bénéfice de l'Europe dans un Etat membre différent du sien dans le but d'apprendre à voir avec d'autres yeux (http://evs4all.eu/fr/manifeste/). Quel serait l'Etat qui, aujourd'hui, serait à même d'impulser ce contrat social ? le seul qui le puisse est le plus riche et le plus puissant puisque les autres sont sous perfusion. Cela nécessite que Merkiavel développe un peu son "sens de l'Europe"...

Le principal attrait du pamphlet est bien sûr la déclinaison sur tous les modes des travers de Merkiavel et l'invention truculente de ce mot-valise... par un universitaire internationalement reconnu allemand ! Mais au-delà, on est marqué par les exemples présentés par l'auteur pour soutenir son propos et par sa capacité à révéler - puisque c'est son point de vue - l'autoritarisme et la brutalité d'un projet européen qui, démarré pour contrôler la menace allemande, serait aujourd'hui devenu une sorte de "despotisme économique postmoderne" . La réflexion ne dérive jamais vers un nationalisme faussement inquiet ou une fausse modestie mal placée, ce qui était pourtant un risque dans ce type de propos (à l'image d'un fréquent "nous français devons faire notre mea culpa, mais nous sommes un peu au-dessus tout de même"). Au contraire, nul nationalisme, nul complaisance, l'idée avance et se développe, appuyé sur la notion de "société du risque développée ailleurs par le même auteur. Beck n'est pas le seul à repérer dans le projet européen un manque de participation des sociétés civiles davantage qu'un manque de démocratie institutionnelle. On pourrait objecter à l'auteur qu'en n'évoquant qu'un seul projet favorisant cette participation, il amenuise la portée générale de son constat en une promotion quasi personnelle...
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critiques presse (2)
NonFiction   05 août 2013
Cet essai collectif est un pavé dans la mare, qui prétend concilier un engagement socialiste et internationaliste avec un appel à la subversion des institutions européennes existantes. Au-delà de ce parti pris assumé, les analyses qu’il contient interpellent toutes les gauches quant à leurs stratégies de sortie de crise.
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NonFiction   26 juin 2013
A partir d'une bonne analyse de l'Union européenne, le sociologue allemand Ulrich Beck envisage un avenir plus européen.
Lire la critique sur le site : NonFiction
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   31 août 2016
« C'est aujourd'hui que le Bundestag décide du destin de la Grèce », peut-on entendre à la radio, fin février 2012. On vote ce jour-là le deuxième plan d'aide, synonyme pour la Grèce de contraintes économiques et de concessions en matière de souveraineté budgétaire.
Bien sûr, il n'y a pas d'autre solution, dit une voix en moi. Mais une autre voix s'élève, plus décontenancée : comment est-ce possible ? Une démocratie qui décide du destin d'une autre démocratie, qu'est-ce que cela veut dire au juste ? D'accord, les Grecs ont besoin de l'argent issu des impôts allemands, mais toujours est-il que les mesures de rigueur entraînent pour le peuple grec un affaiblissement de son principe d'autodétermination démocratique.
Sur le moment, ce n'était pas seulement le contenu de l'annonce qui était troublant, mais aussi l'évidence avec laquelle le fait était accepté en Allemagne. Autrement dit : le Parlement allemand — pas le grec — décidait du destin de la Grèce.

Introduction.
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Nastasia-BNastasia-B   30 août 2016
Un […] clivage fondamental est apparu lors des élections dans les pays endettés, et il aura des conséquences politiques à long terme : les dirigeants acceptent des plans d'austérité que les populations refusent. Ainsi se révèle une tension structurelle entre un projet européen, fixé et réalisé par des élites politico-économiques, " d'en haut ", et une résistance venant " d'en bas ". Les citoyens réagissent contre des exigences qui leurs paraissent extrêmement injustes, ils ont l'impression qu'on leur prescrit un remède qui entraînera leur mort.

Comment la crise de l'euro divise et rassemble à la fois.
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Nastasia-BNastasia-B   01 septembre 2016
L'Europe et sa jeunesse unissent leur colère contre une politique capable de sauver des banques à l'aide de sommes considérables mais qui met en péril l'avenir des jeunes générations.

Comment la crise de l'euro divise et rassemble à la fois.
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ileanaileana   26 avril 2017
On doit craindre Angela Merkel à l’extérieur mais on doit l’aimer en Allemagne. [ ] Un néolibéralisme brutal vis-à-vis de l’extérieur, un consensus teinté de social-démocratie à l’intérieur, telle est la recette. P95
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ileanaileana   26 avril 2017
Dans la vie politique [ ] le pouvoir de Merkiavel [ A Merkel ] repose sur le désir de ne rien faire, sur la tergiversation. L’hésitation comme tactique d’apprivoisement. [ ] Les moyens de coercition ne prennent pas la forme d’une invasion agressive de l’argent allemand mais, au contraire, ils consistent à hésiter avant d’accorder ou refuser des crédits. P92
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Videos de Ulrich Beck (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ulrich Beck
Futures of Modernity - Symposium in honour of Ulrich Beck, July 24th 2009 at the University of Munich Session 4: INDIVIDUALIZATION COSMOPOLITANIZED Keynote Speaker: Yunxiang Yan Discussants: Elisabeth Beck-Gernsheim, Navid Kermani, Erzbischof Reinhard Marx, Hans-Georg Soeffner, Ulrich Beck Chair: Angelika Poferl
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