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Jean Greisch (Traducteur)
EAN : 9782081213005
470 pages
Flammarion (02/04/2008)
3.72/5   25 notes
Résumé :

Les morales traditionnelles sont devenues inopérantes en particulier pour les décideurs politiques. Hans Jonas propose une reformulation de l'éthique autour de l'idée de responsabilité, sous ses différents aspects (naturelle et contractuelle), et voit dans les parents et les hommes d'État deux modèles essentiels ; il discute les idéaux de progrès et les utopies (d'où le titre qui rappelle Le Principe ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
1966GT
  08 juin 2021
Dans «Le Principe responsabilité», Hans Jonas propose un nouvel impératif : «Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur Terre» ou encore «Agis de façon que les effets de ton action ne soient pas destructeurs pour la possibilité future d'une telle vie». Ainsi est posé le concept de responsabilité des générations présentes vis-à-vis des générations futures – concept à la base notamment du développement durable. Pour argumenter ses thèses, l'auteur se réfère au mythe du Prométhée – la métaphore de l'apport de la connaissance aux hommes – pour évoquer les risques inconsidérés liés aux conséquences de certains comportements humains et de certains choix techniques, par rapport à l'équilibre écologique, social et économique de la planète. En effet, ce qui constitue l'aspect prométhéen de cette prise de conscience, c'est que l'homme ne contrôle plus la technique. La technologie le dépasse à tout point de vue, au niveau de toute l'humanité et de l'environnement dans sa globalité. de plus, les ressources de la nature ne sont pas inépuisables. Dans cette perspective, Hans Jonas va beaucoup plus loin : il affirme que l'homme est sur le point de devenir son propre ennemi, son pire exterminateur. Il y a donc pour lui responsabilité là où il y a vulnérabilité pour les êtres sans défense qu'il y a lieu de protéger pour leur survivance ou pour la naissance de leur descendance. En fait, l'auteur va plus loin – vraiment plus loin et même trop loin – en préconisant explicitement, à travers la responsabilité de tout un chacun, une «éthique de la peur», et même une «dictature bienveillante»… Mais cela n'est-il pas problématique et même dangereux de prétendre, par cette éthique de la peur, que nous avons des devoirs envers la nature, au risque de la sacraliser ? La mise en garde est d'importance dans la mouvance actuelle d'une «écologie libérale», des mouvements «pro-climat». Car, à vouloir trop en faire pour l'environnement, le risque est, non seulement, de diviniser la nature, mais aussi, de réduire l'humanité à une quantité négligeable, voire à un «rien existentiel», «un rien en soi»… !!!
Ces thèses de Hans Jonas, qui peuvent apparaître comme des spéculations inquiétantes, rendent l'ouvrage à la fois complexe et fouillé dans le propos, mais aussi difficile à lire. Cependant, malgré ce côté alarmiste de l'éthique de la peur, il reprend les concepts clés de l'éthique, de l'éducation, de la politique et de l'histoire pour les porter à la réflexion et à la discussion à l'aune du principe de responsabilité des hommes et des institutions. Un principe à reconsidérer face à une actualité désastreuse et fort peu prometteuse pour les générations à venir…
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girafe83500
  10 mars 2018
J'ai souffert pour livre ce livre. Il m'a pris du temps ! Mais il est vraiment intéressant et je me suis sentie en osmose avec le déroulement de la pensée d'Hans Jonas. Oui je sais c'est un peu prétentieux, mais il a su avec brillance intégrer le lecteur au coeur de son raisonnement.
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BlackRadis
  05 juin 2022
En France on connaît Sartre qui a dit beaucoup de conneries, mais moins Hans Jonas qui lui, pour le coup, fut un vrai visionnaire.
"La thèse liminaire de ce livre est que la promesse de la technique moderne s'est inversée en menace, ou bien que celle-ci s'est indissolublement alliée à celle-là."
Livre sous-titré : une éthique pour la civilisation technologique.
C'est dans ce livre, qui est toujours une référence pour les écologistes, qu'est évoqué le concept d'heuristique de la peur.
Au départ l'éthique ne concernait que la Cité.
"Toute moralité était ciblée sur le cercle rapproché de l'agir."
Mais les nouvelles technologies "imposent à l'éthique une nouvelle dimension de responsabilité jamais imaginée auparavant."
En effet, les interventions techniques de l'homme ont rendu la nature vulnérable...
Alors qu'elle est "un bien confié à l'homme."
Il imagine aussi, avant le transhumanisme, la fin de la mort.
Et donc des naissances.
Les traitements chimiques données en psychiatrie sont une avancée pour les malades, mais peuvent aussi dérivés...
Passionnant et malheureusement d'actualité.
Plus que jamais.
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Pirouette0001
  09 janvier 2013
Par moment, la lecture s'est révélée quelque peu ardue, sans doute un peut trop, pour que je puisse véritablement prendre goût à cette lecture. Néanmoins, le propos interpelle et intéresse ! C'était écrit au début de l'ère technologique. le thème a été repris et est régulièrement analysé depuis lors. Mais, il s'agit ici certainement d'une des premières études sérieuses sur le sujet.
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sebito
  26 mars 2021
Livre très difficilement accessible, obscur, ambigüe. La thèse de l'auteur, qui sert de base au développement durable, est très très critiquable. Elle est remplie d'injonctions, d'ordres, sans réelle justification. Chose qui passe totalement inaperçue dans l'étude de cet auteur: il préconise de toujours privilégier les scénarios prévisionnels les plus catastrophistes, ce qui conduit à notre société actuelle qui agit en permanence dans le risque et l'exagération. En adoptant le style de l'auteur, "on se doit de refuser cette thèse".
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
peloignonpeloignon   05 novembre 2012
Le Prométhée définitivement déchaîné, auquel la science confère des forces jamais encore connues et l’économie de son impulsion effrénée, réclame une éthique qui, par des entraves librement consenties, empêche le pouvoir de l’homme de devenir une malédiction pour lui. La thèse liminaire de ce livre est que la promesse de la technique moderne s’est inversée en menace...(15)
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RaviRavi   03 septembre 2015
Le Prométhée définitivement déchaîné, auquel la science confère des forces jamais encore connues et l’économie son impulsion effrénée, réclame une éthique qui, par des entraves librement consenties, empêche le pouvoir de l’homme de devenir une malédiction pour lui.
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Jean-DanielJean-Daniel   05 décembre 2020
Agis de façon que les effets de ton action soit compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre.
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HaulleHaulle   04 novembre 2019
Jamais dans le passé la politique publique n’avait eu affaire à des questions de cette ampleur et recouvrant de telles latitudes de l’anticipation projective. En effet, l’essence transformée de l’agir humain modifie l’essence fondamentale de la politique. p28
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colimassoncolimasson   16 mars 2013
La prophétie de malheur est faite pour éviter qu'elle se réalise ; et se gausser ultérieurement d'éventuels sonneurs d'alarme en leur rappelant que le pire ne s'est pas réalisé serait le comble de l'injustice : il se peut que leur impair soit leur mérite.
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Videos de Hans Jonas (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hans Jonas
Serge Audier Si l'écologie a pour objectif d'étudier les rapports entre un organisme et le milieu naturel, et se donne à cette fin les outils d'une science, elle ne peut ignorer les facteurs qui influent sur ces rapports complexes, lesquels ne sont pas « naturels » mais tiennent à des données sociales, culturelles, économiques, politiques. Aussi, de l'intersection de l'écologie et des sciences sociales ou économiques, est née l' « écologie politique », terme forgé en 1935 par le physiologiste américain Frank Thone mais utilisé surtout à partir des années 70. Impulsée par les travaux pionniers de l'anthropologue Eric R. Wolf, de Michael J. Watts, de Susanna Hecht, du philosophe Hans Jonas ou, en France, d'André Gorz, l'écologie politique a connu un essor considérable, et a déjà une « histoire ».
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