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ISBN : 208120312X
Éditeur : Flammarion (02/04/2007)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
L'Europe est aujourd'hui, en Europe, la dernière utopie politiquement active. Mais nul n'ignore qu'un malaise profond la touche actuellement. L'Union Européenne n'est toujours pas reconnue pour ce qu'elle est car elle continue à être perçue dans ce cadre archaïque qu'est l'horizon national. Le processus d'européanisation atteint un seuil critique. Dans cette situation, les réformes institutionnelles comme l'élaboration d'une constitution européenne ne suffisent pas.... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Enroute
  29 juillet 2016
"Pour un Empire européen" (titre allemand original : "das kosmopolitische Europa") est le troisième volet du triptyque entamé par "Pouvoir et contre-pouvoir à l'ère de la mondialisation" et continué par "qu'est-ce que le cosmopolitisme". Il en représente en quelque sorte une synthèse, auquel Ulrich Beck et Edgar Grande ajoutent des éléments de l'ouvrage plus ancien de Beck : "la société du risque".
Tandis qu'un Etat a des frontières fermées et vise à l'homogénéisation intérieure, un empire se définit par des frontières mobiles et une intégration de la diversité culturelle et ethnique. Là où l'empire européen est d'une nouvelle modernité, c'est que, contrairement à tous ceux qui ont existé jusqu'à la seconde guerre mondiale, les flux financiers ne sont pas centripètes, mais centrifuges (les fonds de cohésion vont aux Etats périphériques plus pauvres) et plus on se rapproche du centre, plus les efforts de partage de souveraineté sont importants (là où la capitale de l'Empire représentait le siège du pouvoir souverain autrefois). En outre, l'Europe n'a pas d'empereur mais un pouvoir multiniveau et distribué.
Cette analogie mise à part avec l'Empire, les auteurs défendent l'idée que la seule voie possible pour l'Europe est cosmopolitique. La formation d'un Etat européen est à la fois impossible et non souhaitable (car un Etat ne peut répondre seul aux enjeux du monde, ce qu'ont montré les Etats-Unis qui s'embourbent en Irak - le texte date de 2004), mais surtout, seule la conception d'une articulation de la différence et de l'égalité culturelle peut permettre une cohésion à une échelle internationale. L'ouvrage décrit les manifestation sociologiques du cosmopolitisme, les changements opérés par l'avènement de risques mondiaux (écologie, terrorisme, finance) et, en conséquence, les justifications d'un modèle cosmopolitique pour l'Europe. Sa mise en place passerait par une "rentrée" sur la scène mondiale de l'Europe, qui s'est habituée à s'en tenir à l'écart depuis les débuts de la guerre froide, ce qui serait rendu possible si l'Europe passait un peu plus de temps à s'occuper du monde qu'à s'occuper d'elle-même. Ensuite, l'opinion publique mondiale étant déjà formée, il ne suffirait plus que de la libérer et de trouver les modalités organisationnelles (décrites) pour faire advenir un modèle d'organisation social moderne et adapté à la mondialisation qui, loin de se maintenir dans une opposition nation-supranation, la dépasse au contraire.
A mon sens, ce travail est de loin le plus convaincant de la trilogie, sans doute car il emprunte beaucoup, en les synthétisant, les conclusions des deux premiers ouvrages. Les justifications sociologiques d'un modèle cosmopolitique de l'Europe sont très clairement présentées et invitent à un approfondissement (quelles sont les personnalités politiques qui défendent une telle vision, comment mettre en relief les modalités de sa mise en place, quelle serait l'opinion des populations...).
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
EnrouteEnroute   29 juillet 2016
L'Europe cosmopolitique doit fonder sa capacité à agir et son rayonnement global en assumant ces dilemmes partagés : d'un côté, l'Europe doit éviter de tomber dans le piège de l'arrogance et dans celui du déni de soi, mais d'un autre côté, elle doit puiser dans cette attitude sa fierté et son assurance - ainsi que dans son unicité historique, qui a montré au monde entier comment des ennemis peuvent devenir des voisins. Alors il y aura dans le monde une alternative à l'american way, une european way, qui donnera la priorité au respect du droit, à l'égalité politique, à la justice sociale, à l'intégration et à la solidarité cosmopolitique.
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EnrouteEnroute   29 juillet 2016
Les idées d'autonomie, d'homogénéité et d'intégration nationale sont précisément dépassées par une diversité multi-nationale dans les champs d'expérience es univers existentiels européens individualisés : de plus en plus d'individus ont une activité internationale, un travail international, des amours internationales, font un mariage international, vivent, voyagent, consomment, cuisinent de façon internationale, les enfants deviennent internationaux, c'est-à-dire plurilingues, élevés dans le nulle-part généralisé de la télévision et de l'internet ; et même les identités et les loyalismes politiques n'obéissent plus à la loi de monogamie nationale qui régissait le loyalisme. Ainsi s'insinue une mondialisation intérieure des sociétés européennes.
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EnrouteEnroute   29 juillet 2016
Les Etats-Unis ont certes des capacités militaires, mais il leur manque le pouvoir moral et légitimatoire de la morale et du droit ; les Européens sont faibles sur le plan militaire, mais disposent du pouvoir légitimatoire de la morale et du droit. On ne pourra transformer si facilement cette constellation singulièrement contrastée du pouvoir et de la faiblesse.
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EnrouteEnroute   29 juillet 2016
Où s'arrête l'Europe ? Qu'est-ce que l'Europe ? Dès que l'on aura donné une réponse définitive à cette question, l'Europe régressera an stade d'Etat - et s'empêtrera dans une autre contradiction, celle qui oppose la souveraineté nationale à la souveraineté supranationale.
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EnrouteEnroute   29 juillet 2016
Que peut-on dire de l'Europe une fois que l'on a constaté qu'elle est une construction sui generis, unique en son genre, dont ne ne peut tirer aucune affirmation généralisable,pour la simple raison qu'elle est la seule représentation de sa catégorie ?
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Futures of Modernity - Symposium in honour of Ulrich Beck, July 24th 2009 at the University of Munich Session 4: INDIVIDUALIZATION COSMOPOLITANIZED Keynote Speaker: Yunxiang Yan Discussants: Elisabeth Beck-Gernsheim, Navid Kermani, Erzbischof Reinhard Marx, Hans-Georg Soeffner, Ulrich Beck Chair: Angelika Poferl
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