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Cindy Colin Kapen (Traducteur)
EAN : 9782264075529
456 pages
Éditeur : 10-18 (19/03/2020)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 220 notes)
Résumé :
Colonie de la baie du Massachusetts, 1672. Mary Rowlandson vit dans une communauté de puritains venus d’Angleterre. Bonne mère, bonne épouse, elle souffre néanmoins de la rigidité morale étouffante qui règne parmi les siens. Si elle essaie d’accomplir tous ses devoirs, elle se sent de plus en plus comme un oiseau en cage. Celle-ci va être ouverte de façon violente lorsque des Indiens attaquent son village et la font prisonnière. Mary doit alors épouser le quotidien ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (90) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  16 avril 2020
L'auteur s'est inspiré d'un épisode fameux de l'histoire coloniale américaine, l'histoire de Mary Rowlandson, épouse puritaine d'un pasteur, capturée en 1675 avec ses trois enfants lors d'un raid extrêmement violent d'Amérindiens Wanpanoag et Narranganssett. Gardée en captivité durant onze semaines, elle est finalement relâchée contre une rançon. Son récit est ( Narrative of the Captivity and Restoration of Mrs. Mary Rowlandson ) un jalon important de la littérature américaine, considéré comme le premier récit de captivité du pays, un gros succès aussi.
Ce terreau historique est formidablement romanesque . La relecture de cet épisode démarre très bien.Les premiers chapitres décrivent de façon très méticuleuse la vie des premiers colons, leur quotidien mais également leur morale religieuse puritaniste qui guide constamment leurs actes. On découvre Mary, épouse dévouée mais dont on sent poindre la capacité à s'indigner et à penser par elle-même . L'auteur a la très belle idée de l'imaginer au chevet d'une jeune fille pauvre, inféodée, enceinte d'un esclave noir, en train d'accoucher seule car la société blanche refuse de se «  souiller » avec cette pécheresse. le lien entre esclavage et domination masculine de l'époque est très pertinent avant de décrire la captivité de Mary auprès des Amérindiens.
Pertinent aussi le questionnement de Mary qui observe les moeurs amérindiennes, surprise que les captives comme elles ne soient pas violées, étonnée par la tendresse ostensible des parents pour leurs enfants élevées sans la discipline sévère qu'elle connait, décontenancée de voir des femmes puissantes commandaient des hommes.
J'ai cependant trouvé que ce bouillonnement intérieur, ce questionnement introspectif, pendant la captivité et après, cette révolution mentale que connait Mary, manquait de profondeur pour atteindre les sommets promis. Bien sûr qu'on comprend qu'à sa réintégration dans le monde des blancs, Mary, la douce rebelle, a changé, qu'elle est tiraillée entre la vie qu'elle veut et la vie qu'elle doit mener, imposée par son mari et les normes puritaines. Mais la relecture abolitionniste, féministe et quasi laïque que fait l'auteur du personnage de Mary, m'a presque semblé anachronique, trop contemporaine, et cela m'a gênée.
Mais ce qui m'a le plus gênée, c'est le choix de la « romance » platonique entre Mary et un Amérindien humaniste anglophone. Les clichés romantiques s'enchaînent. Je comprends parfaitement que cela plaise, mais moi ça m'a agacé de voir cette femme élevée dans une religion prude, cette mère qui a vu ses amis massacrés lors du raid, sa fille mourir dans ses bras en captivité, avoir une telle capacité de résilience qu'elle parvient à éprouver ce type de sentiment amoureux en si peu de temps.
Bref, une lecture fluide et plaisante, avec de bons passages, mais en-dessous de mes attentes. L'histoire est passionnante et aurait pu faire naître un roman très fort avec une écriture moins fade et se concentrant sur l'intensité naturellement extraordinaire de la situation.
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Cannetille
  02 août 2019
Mary Rowlandson est un personnage réel : en 1675, cette épouse de pasteur puritain d'origine anglaise fut enlevée avec ses enfants lors de l'attaque par les Indiens de sa petite ville du Massachusetts, près de Boston. Sa captivité dura onze semaines, pendant lesquelles elle partagea l'errance de ses ravisseurs poursuivis par l'armée américaine. Elle fut finalement libérée moyennant rançon, et relata son aventure dans un ouvrage à orientation très religieuse, qui, à quelques nuances près, évoque la brutalité et la bestialité qu'elle voyait chez les Indiens, et qui fit sensation à l'époque : The Sovereignty and Goodness of God: Being a Narrative of the Captivity and Restoration of Mrs.Mary Rowlandson.

Amy Belding Brown s'est inspirée de ces faits historiques pour broder sa propre interprétation du personnage de Mary : elle a imaginé cette femme découvrant avec stupéfaction l'humanité d'un peuple réputé sauvage et cruel dans l'esprit des blancs de l'époque, ainsi qu'une liberté alors inconnue chez les femmes de sa propre communauté. Ce choc culturel marque cette Mary fictive au point de lui faire regretter sur certains plans son retour à la "civilisation".

Si ce roman a le mérite de rectifier le cliché du gentil cow boy et du méchant indien qui a longtemps prévalu jusqu'à la grande époque des westerns, j'ai malheureusement eu une nette et constante impression d'anachronisme : ne parvenant pas à croire à un si rapide changement d'état d'esprit chez une femme imprégnée de sa culture puritaine et de ses certitudes religieuses, je n'ai pu me départir de la gênante impression de raisonnements et de sentiments empruntés à notre époque récente, et globalement incongrus chez un personnage tel que Mary.

Ce décalage s'assortit par ailleurs d'une large place accordée à la romance sentimentale : notre héroïne, issue d'une communauté si prude et si sûre de sa supériorité, sous le choc de la mort violente des siens, de la perte de sa fille, de la séparation d'avec ses autres enfants également capturés, blessée et soumise aux affres de la faim, réussit, le temps de sa courte captivité, à vivre une idylle en tout bien tout honneur avec un Indien gentleman.

Je ressors donc globalement déçue de cette lecture, certes rédigée dans un style agréable et riche de bonnes intentions à l'égard d'un peuple indien qui fut décimé par les blancs, mais qui m'a semblé un tantinet naïve et complaisante, en un mot assez peu réaliste.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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Annette55
  05 avril 2019
Voici un ouvrage historique inspiré de faits réels , une lecture passionnante sans aucun temps mort , pas seulement un roman d'aventures mais le portrait romanesque , parfaitement documenté d'une époque, d'une femme et de son combat ....en ces temps lointains .
L'histoire débute en 1652, au coeur de l'Amérique ô combien puritaine , à Lancaster, où vit Mary Rowlandson, son mari Joseph , pasteur, et leurs enfants Sarah, Marie et Joss.....
Mary , fille d'un riche propriétaire terrien du Lancaster , chez les Puritains, vit sous la surveillance étroite de son mari, une surveillance constante ....
On attend d'elle qu'elle travaille sans relâche du lever au coucher.
On lui a appris que l'oisiveté est un lourd péché .
La religion est au centre de tout, Dieu a tout prévu , Dieu sait tout ....c'est la volonté de Dieu
On ne discute pas sa volonté.
Mary étouffe sous les dogmes, l'autoritarisme de Joseph,voire son joug .... la rigueur morale et l' intransigeance ... qui imprègnent son milieu et toute action entreprise.
Suite à une attaque indienne de son village, Mary est capturée.
Elle va épouser les longues marches et le quotidien en « esclavage » des indiens sous les ordres de Weetamoo, sa maîtresse , souffrira de la faim, perdra Sarah, une de ses filles grièvement blessée, fera la connaissance d'un indien converti Wowaus dit James de son nom anglais .
Il lui vient en aide, lui procure un précieux réconfort, lui offre une petite bible .
Elle apaisera son esprit tandis qu’elle travaille , elle ne s'en séparera plus....
Au bout de quelques mois , Sarah finit par s'habituer au mode de vie itinérant des indiens , la liberté dont ils jouissent , le partage de leur nourriture, autant elle craignait les indiens avant. ...
Même si elle a souffert de nombreuses privations et maints épreuves elle jouit de la même Liberté .Son esprit s'affute à mesure qu'elle se défait de son chagrin ....
Elle les admire et éprouve , à sa grande surprise , de l'attrait pour leurs danses et leurs chants étranges, les libertés dont jouissent les femmes et le sang - froid dont font preuve les hommes...
Il y a beaucoup de choses chez eux qui la surprennent ....Je n'en dirai pas plus ...
C'est un regard neuf sur un épisode fameux de la nouvelle Angleterre au XVII ° siècle, une description vivante au jour le jour d'une époque , moeurs et coutumes , une vue large incroyablement documentée de l'esclavage et de l'asservissement, de la Foi, des droits des femmes, et surtout de la lente évolution de l'esprit de Mary qui change du tout au tout .
On y ressent toutes sortes d'émotions, instructive et mouvementée , addictive et rythmée, il n'y a aucun temps mort au coeur de cette épopée de la première à la dernière page ..
Un récit terrible , poignant vibrant , grandiose où une femme devra se battre et luttera contre les ragots et les rumeurs , les commérages, les mensonges et les idées reçues dans une société puritaine blanche si peu éclairée..où l'hypocrisie règne en maître ....
Je remercie les éditions du Cherche Midi et Babelio pour l'envoi de ce bel ouvrage doté d'une couverture magnifique ...
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kateginger63
  22 mars 2019
Une pionnière en avance sur son temps
*
Se mettre dans la peau d'une jeune femme pionnière puritaine du 17ème siècle, vivre avec les Indiens en pleine guerre des clans au Massachussetts, c'est un cadeau qui ne se refuse pas.
Apprendre, s'instruire, s'émouvoir, frémir, rougir, pleurer, trembler, s'exaspérer . Voilà les différentes façons d'appréhender ce roman historique tumultueux. Car on entre ici dans la grande Histoire, puisque Mary Rowlandson a vraiment existé. C'est une biographie romancée certes, puisque peu d'écrits sont restés mais le talent de l'auteure a comblé les trous.
Et avec quelle fougue elle emporte son lectorat!
Un récit foisonnant, vivant et subjuguant. Ce n'est pas juste un roman d'aventures lambda mais bien un récit qui évoque avec justesse le problème racial de ces peuples amérindiens, le modèle patriarcal de la famille puritaine par exemple. La sauvagerie ne nous est guère épargnée (ce qui rend d'autant plus le récit si authentique).
J'ai moins apprécié la deuxième partie (le retour de Mary auprès de ses pairs). Beaucoup de lenteur, une introspection plus tenace qui me faisait frémir de colère (ah l'éducation d'une lectrice du 21ème siècle!) ainsi qu'une écriture lapidaire et sèche. Mary en bonne épouse, pétrie de vérités toutes faites et surtout conditionnée, voit s'écrouler peu à peu ce monde pour le remplacer par quelque chose de plus harmonieux (mais est-ce crédible à cette époque tourmentée et violente?). Une fin qui me laisse perplexe avec un happy end quelque peu utopique.
*
Une lecture mouvementée, saisissante et instructive.
Merci Netgalley et Le Cherche-Midi.
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Jeanfrancoislemoine
  28 mai 2020
C'est un roman que j'ai choisi en l'absence de mon libraire préfèré et je dois dire que , sans m'être totalement trompé , je ne peux pas non plus dire que j'ai mis la main sur une pépite .
Ce roman , c'est l'histoire d'une femme irréprochable à tout point de vue , qui vit en bonne chrétienne auprès de son mari , le pasteur Joseph , dans la baie du Massachusetts. Nous sommes en 1672 et la cohabitation avec les indiens n'est pas évidente ....
Mary Rowlandson , c'est son nom , est capturée par "les sauvages " avec ses enfants lors de l'attaque de son village . Dés lors s'ouvre une autre période de sa vie , une période de vie d'esclave qui lui permet de découvrir un autre monde , une autre façon de vivre , d'autres relations humaines . Des revelations , des observations ébranlent ses convictions les plus intimes . Son retour dans "son monde initial " sera source de bien d'interrogations , de bien de changements ,de bien de désillusions , de remords , de regrets....
C'est donc l'histoire d'une femme qui , façonnée dans un moule strict et conventionnel , va découvrir " autre chose " , affûter son esprit , ouvrir la " cage vers la liberté ", prendre conscience que le monde obéit à des règles bien différentes selon....les croyances et obligations .....Toute civilisation se construit sur des dogmes , des rites , des croyances et la liberté.....quant à elle , n'est souvent qu'illusoire .Un oiseau dans une cage dorée....Un moineau qui cherche son envol .
C'est un roman qui nous permet de mieux connaître Mary , de suivre son parcours , de partager ses certitudes , ses interrogations , qui nous voit assister à la naissance de son esprit critique mais aussi accepter avec elle l'acceptation de son sort , de son destin .Un personnage intelligent , certes , mais tout de même soumis . J'ai trouvé le récit un peu long , un peu lent , un peu convenu , sans surprise , morne comme un fleuve tranquille avec quelques remous sans grand relief , sans trop d'émotions . Quelques beaux passages retiennent notre attention mais l'ensemble m'a tout de même semblé un peu ennuyeux même si je n'ai jamais songé à abdiquer .....Les passages consacrés à la vie chez les indiens m'ont paru riches d'humanisme , ceux chez les anglais , d'une incroyable fadeur, d'une incroyable hypocrisie . C'était le but , me direz - vous ?. Oui, bien sûr . Encore faut - il accepter de rester concentré sur un roman où il ne se passe rien d'autre que de " l'attendu " . Un peu fade , décevant pour moi , mais comme je le dis et le répète, ce n'est que mon avis , un modeste avis qui n'engage que son auteur .
Ce roman a reçu bien des éloges de la part d'amies et amis babeliotes , c'est qu'il les mérite. Pour moi , c'est simple , je vous laisse vous faire votre propre avis ....mais je ne vous entrainerai pas dans mon sillage .
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critiques presse (2)
LeJournaldeQuebec   23 avril 2019
L’écrivaine américaine Amy Belding Brown s’est inspirée de l’histoire vraie de Mary Rowlandson, une puritaine enlevée et retenue captive dans une tribu autochtone du nord-est des États-Unis, au 17e siècle, pour écrire L’Envol du moineau
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LeMonde   01 avril 2019
L’écrivaine américaine porte un regard neuf sur un épisode fameux de la colonisation de la Nouvelle-Angleterre, au XVIIe siècle.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
ssstellassstella   10 avril 2020
"Tu ne dois pas rendre visite à cette fille tant qu'elle n'a pas retrouvé son honneur."
[...]
"Tu as pris de grands risques en accouchant cette femme. Un contact supplémentaire te souillera. Nous souillera tous."
[...]
"N'y a-t-il donc en ce lieu aucune place pour la charité chrétienne ? demande-t-elle d'une voix basse et posée afin de ne pas menacer son autorité. La gentillesse n'est-elle pas un des fruits de l'esprit, après tout ?"
Le regard de son mari se durcit et sa mâchoire se raidit ; elle comprend qu'elle est allée trop loin. "Une femme n'a pas à décider de telles choses, déclare-t-il. Tu as une opinion bien trop élevée de toi-même. Ta fierté causera ta perte."
Elle sait que son mari a tous les droits de la corriger, mais cela lui déplaît, lui a toujours déplu.
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nadiouchkanadiouchka   20 mars 2019
Il lui parle de Hassanamesit, le lieu où il est né, de ses collines, de ses forêts et ses rivières d’eau douce à la surface desquelles bondissent des poissons. Il lui explique que leurs ancêtres y ont creusé des cavernes de pierre si sacrées que seuls les pauwaus sont autorisés à y entrer.
Il était très jeune quand les Anglais sont venus pour la première fois à Hassanamsit. (…) Nous les appelons wautaconog, les hommes en manteau, explique James. Car ils couvraient leur ssirps de tissu raide et noir, même pendant les saisons où les Nipmucs ne portent pas de peaux.
P.158
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oreeoree   30 août 2019
Elle est frappée par l'étrangeté de sa situation. Bien qu'elle soit captive, elle jouit d'une incroyable liberté de mouvement. Elle se souvient de l'époque où, à Lancaster, elle rêvait de franchir la porte de sa maison et traverser le champ toute seule. Rêvait de la liberté de se promener où et quand elle le souhaitait, affranchie des regards méprisants de ses voisins et des paroles réprobatrices de ses sœurs. Pourtant, elle s'était rarement aventurée seule au-delà de la cour, hormis lors de ses quelques visites secrètes à Bess Parker. Bien qu'aucune chaîne ni entrave ne la retînt prisonnière, elle avait tout d'une captive.
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sagesse66sagesse66   23 avril 2020
Face à l'adversité, elle a choisi l'espoir, la curiosité et le courage :
la feuille assoiffée volant vers la pluie, le papillon de nuit guettant le monde à sa fenêtre, la fleur ne se refermant pas lorsque tombe le jour ....
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Annette55Annette55   04 avril 2019
«  Le ciel est d’un bleu impie. Le vent a chassé les nuages lestés de neige, et le soleil levant flambe au- dessus du temple. L’odeur âcre de la poudre remplit l’air. Festonnée de neige fraîche, la palissade brisée est grande ouverte .. »
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