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EAN : 9782368124352
Éditeur : Charleston (21/01/2020)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 43 notes)
Résumé :
1942, dans une petite ville de Caroline du Sud frappée par une épidémie de charançons dévastatrice. Trois femmes qui n'ont apparemment rien en commun décident de faire face à l'injustice qui les frappe en tant qu'épouse maltraitée, esclave affranchie et héritière d'un lourd secret.
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
ValerieLacaille
  29 février 2020
Quel beau roman ! Deb Spera signe là son premier roman et nous offre une histoire envoûtante et percutante. Les personnalités de Gertrude, Retta et Annie vont rester longtemps dans mon esprit ; j'en suis sûre.
Nous sommes en 1924, en Caroline du Sud. Les alligators pullulent dans les marais et il faut bien faire attention à l'endroit où l'on pose le pied. Gertrude sait comment procéder. Elle a été élevée comme un garçon et sait chasser et manier les armes. Hélas, cela ne l'empêche pas d'être victime des coups de son mari alcoolique.
Retta est descendante des esclaves exploités par les colonialistes européens. Même si elle jouit d'une liberté relative, elle demeure au service des Blancs. Ceux-ci, ce sont les Coles. La mère, Annie, est tiraillée entre un mari autoritaire, ses deux fils si différents et le questionnement lié à la fuite de leurs deux filles qui ont brutalement coupé les ponts avec leur famille. Alors que le « Campement », grand rassemblement politique, s'annonce, elle va faire une découverte qui va la perturber profondément…
Le lecteur suit le destin croisé de ces trois femmes qui, malgré les coups, la misère, les trahisons et les terribles secrets, se tiennent droites, le poing levé et la tête haute. le talent de l'auteure réside dans la construction de ses personnages. Ils sont si bien aboutis psychologiquement parlant, que l'on ne peut qu'avoir la sensation de vivre leurs mésaventures en même temps que les héroïnes !
Au final, je me suis vraiment régalée à lire ce roman, et je pense sincèrement que Deb Spera est une auteure à suivre.
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Ladybooksss
  10 février 2020
1924 Reevesville. Gertrude Caison dite Gertie et son mari Alvin ont fui Brancheville pour espérer avoir une vie meilleure. Parents de quatre filles, ils ont laissé les deux aînées au frère de Gertrude, Berns. Si Otto a embauché son fils pour travailler dans sa scierie, la situation financière d'Alvin et de sa femme continue à empirer. Ils n'arrivent pas à manger à leur faim et Alvin boit de plus en plus, ce qui le rend de plus en plus violent. Pour couronner le tout, la plus jeune de leurs filles, Mary, six ans, est gravement malade.
Pour essayer de s'en sortir et surtout sauver ses filles, Gertie va prendre une grave décision: laisser toutes ses filles chez son frère à Brancheville et trouver du travail chez Mr et Mrs Coles, qui, en plus de posséder la plupart des terres du comté, sont également propriétaires d'un atelier de couture florissant. Gertrude sait déjà qu'Alvin ne la laissera jamais travailler. Pourtant, c'est leur unique moyen de s'en sortir. Sur le chemin du retour à Reevesville, la rencontre avec une mère alligator va pousser Gertie à commettre l'irréparable…
Trois femmes, trois milieux sociaux différents, trois destins liés. Au fil de ces 390 pages, nous allons faire la connaissance de Gertie, de Retta, la bonne noire et d'Alice Coles.
J'ai eu beaucoup de mal avec le personnage de Gertrude au début du récit. Malgré sa souffrance et la situation désastreuse dans laquelle elle se trouve, je n'arrivais pas à avoir d'empathie pour elle. Je la trouvais froide, distante, sans état d'âme. J'ai compris par la suite qu'il n'en pouvait être autrement. Comment aurait-elle pu réagir face à un mari alcoolique et violent? Encaisser les coups, voilà le quotidien de cette mère de famille. La violence, le manque d'argent, de nourriture, l'insalubrité, la maladie s'enchaînent depuis la mort de sa mère, qui ne voulait d'ailleurs pas qu'elle se marie avec Alvin. L'instinct maternel sans doute. Depuis, Gertrude ne vit plus mais survit. Et sa force de caractère et son courage m'ont impressionnée.
Retta est la fidèle bonne des Coles, comme sa mère l'a été avant elle. Elle appartient à la première génération des esclaves affranchis. Retta est douce, généreuse, loyale, fidèle, elle a été celle pour laquelle j'ai eu le plus d'empathie. Car Retta n'est pas qu'une simple domestique, elle est indispensable à la famille Coles et connaît tous leurs secrets. Retta est omnisciente, voit tout et même ce que les autres ne veulent ou ne peuvent pas voir. Dans ce monde où la couleur de peau domine encore, la domestique est celle qui se distingue le plus par son intelligence et sa finesse d'esprit.
Nordiste, venant de Charleston, Annie Coles, 70 ans, est mariée à Edwin Coles depuis plus de cinquante ans. Ils forment un couple heureux et soudé. Pour tromper l'ennui, Annie s'occupe de l'atelier de couture avec son fils Lonnie. Si elle semble mener la grande vie, Annie renferme une blessure secrète: le suicide de son fils, Buck, à 12 ans. Et comme un malheur n'arrive jamais seul, ses deux filles Sarah et Molly ont déserté le cocon familial peu de temps après la tragédie. Sans qu'Annie ne connaisse réellement la raison de cette rupture…
Ce roman choral donne la parole à ces trois femmes. Chaque chapitre est à l'image de celle à qui il donne la parole. Ainsi, le langage plutôt familier et oral de Retta et Gertrude tranche avec celui, plus soutenu, de dame Annie. J'ai aimé ce style qui donne beaucoup d'authenticité. À chaque prise de parole, j'entendais Gertrude, Retta ou Annie. Nous savons ainsi ce qu'elles pensent et ce qu'elles ressentent.
Ce roman a gagné en intensité au fil des pages. Si j'ai eu du mal avec les personnages au début du roman, n'ayant aucune empathie pour eux, je me suis surpris à ne pas vouloir les quitter. Ces femmes vont faire corps face aux hommes et à l'indicible. Malgré leur différence d'âge, de couleurs, de milieux sociaux, Gertrude, Retta et Annie vont se rapprocher « grâce » à leurs failles et à leurs blessures. Toutes blessées, toutes meurtries, elles ont également toutes perdu un être cher. Unies dans l'adversité, ce trio va nous livrer un dénouement explosif.
Je conseille?
Je suis passée par plusieurs types d'émotions durant cette lecture. L'indifférence, l'incompréhension, la colère, la tristesse se sont succédé au fil des pages. Ce roman est sombre, dur, à l'image de la vie de ces femmes. Aucune n'a été épargnée par la vie. Elles ont toutes perdu un être cher, ont été maltraitées physiquement ou moralement et pourtant elles s'en sorties. Ensemble. le chant de nos filles (re)donne la parole à ces femmes à qui l'on a demandé de se taire trop longtemps. Un premier roman révoltant et percutant.
Lien : https://ladybookss.wordpress..
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nathaliebullat
  30 avril 2020
Chronique Nathalie Bullat  Ce livre rappelle l 'atmosphère du Sud profond des États-Unis évoquée par ses grands auteurs comme Carson Macculler, Mark Twain ou Pat Conroy. La couverture  avec ces petites filles ressemble à celle du roman de Faulkner » le bruit et la fureur«. Nous sommes en 1924 en Caroline du Sud où les relations sont toujours ambiguës entre les ex-États sudistes et le Nord, avec ses Noirs à peine libérés du joug de l'esclavage, ses petits blancs misérables, un peuple à la fois très croyant et en proie à la superstition, à la jalousie, à la fureur criminelle. Il fait une chaleur d'enfer dans ce paysage de marais peuplé d'alligators, de bestioles grouillant et infestant les cultures, appauvrissant les plus démunis.   Trois vies, trois femmes de milieux différents. Toutes ont les cicatrices de souffrances passées, la révolte à fleur de peau.  Elles sont seules, perdues dans leurs mensonges et malgré tout, se lieront dans l'adversité. -  Gertrude, la plus jeune, a 4 filles, un mari violent. Maigre comme un clou elle est un bourreau de travail qui  manie le fusil mieux que personne. Entre un alligator agressif et un mari aviné, qui aura droit à la dernière cartouche ?   , Retta,vieille femme noire, descendante d'esclave, tient d'une main de maître la riche demeure de la famille Cole. Elle aime par dessus tout son infirme de mari, écoute le pasteur mais a des visions qui ne sont pas toutes de bons présages. -   , Annie Cole, la plus âgée, dirige avec un de ses fils, l'atelier de couture, jouxtant les champs de coton et de tabac. Efficace, énergique, droite. le simulacres de politesse l'épuise. Elle découvrira avec horreur les raisons du suicide de son plus jeune fils et du départ de ses deux filles. Ce roman se lit comme une chronique sociale des années 20. Il nous interpelle : Quel est le pire ? craindre l'Enfer ou la prison ? vivre dans la misère sans aucun espoir ou commettre l'irréparable pour en sortir ?  Continuer à cacher la vérité ou la faire éclater au grand jour ? Quel sera le meilleur dénouement ? Il devrait être explosif !
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Mamy_Poppins
  04 septembre 2020
Il y a Retta, la vieille noire née le jour de l'abolition de l'esclavage.
Il y a Gertrude, la blanche pauvre, la "white trash", mariée à 14 ans à une brute.
Il y a Annie, l'épouse bien sous tous rapports d'un planteur prospère.
Il y a un monde dominé par les hommes, qui imposent leur loi aux femmes.
Dans la touffeur de l'été 1924, en Caroline du Sud, ces trois femmes, ces trois mères, vont voir leurs destins s'entremêler, pour le meilleur mais surtout pour le pire.
Le chant de nos filles a une puissance évocatrice incroyable, surtout pour un premier roman. À travers de petites touches, Deb Spera recrée le Sud des USA, une société au modèle économique moribond (les immenses plantations dédiées à une unique culture), qui s'accroche avec nostalgie à son passé grandiose d'avant la guerre de Sécession, refusant les progrès venus du Nord. Soixante ans après, tout continue à fonctionner comme si l'esclavage existait encore, comme si les femmes n'étaient toujours que quantité négligeable.
Mais ce roman choral n'a pas qu'un aspect historique, il est surtout axé autour de la solidarité féminine, qui coule de soi pour ces femmes empêtrées dans leurs problèmes. Une solidarité qui se moque des clivages raciaux et sociaux. Tout ce qui compte pour elles, c'est d'assurer un futur à leurs filles ou aux filles des autres. de magnifiques portraits de femmes émergent dans le roman, avec une résilience qui pourrait s'appliquer à n'importe quelle page de l'Histoire.
Avec délicatesse, Deb Spera nous conte ces quelques semaines qui changeront Branchville à tout jamais. Avec cruauté aussi, une cruauté imposée par l'époque, que l'on se prend comme un uppercut dans le ventre. La tension monte au fil des chapitres, jusqu'à un final éblouissant d'amertume.
Roman d'amour maternel décliné sous toutes ses formes, le chant de nos filles est un véritable coup de coeur.
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sorayaben
  18 mars 2020
Nous sommes en 1924 en Caroline du Sud. La région se remet de l'infestation de charançons qui a dévasté les plantations et l'économie. C'est dans ce contexte que le destin de trois femmes va se croiser.
Il y a Gertrude Pardee que la vie n'a pas épargnée. Mère de quatre filles qu'elle peine à nourrir. Epouse d'un homme violent et alcoolique, elle va commettre l'irréparable pour échapper à son enfer et sauver ses filles.
Il y Oretta Bootls, domestique au service de la famille Cole. Oretta a un époux aimant. Ils portent en eux la douleur d'avoir perdu leur enfant unique à l'âge de neuf ans.
Et il y a Mrs Annie Cole, épouse de Mr Cole influant propriétaire de plantation. La famille Cole est décimée par un mal qui les ronge depuis des années. Mrs Annie est dévastée par le désespoir et la haine lorsqu'elle ouvre les yeux sur le secret terrible que referme sa famille et qui l'a fait voler en éclat.
Ce roman est porté par ces trois voix féminines. Dans une première partie, l'auteure Deb Separa va prendre le temps de poser le cadre et de dresser le portrait de chacune des protagonistes.
C'est lors de la deuxième partie, à la rencontre de ces trois femmes que le roman prend une dimension intéressante. Il nous dresse le portrait d'une Amérique de labeur, de dureté, de survie, de travail de la terre, culture de coton et de tabac, la condition des noirs et des esclaves et de relations intrafamiliales.
C'est un premier roman prometteur et passionnant qui porte la voix de la femme du Sud du début du vingtième siècle. Il aborde habillement la question de la famille sous plusieurs formes, ses failles, ses blessures, ses secrets et l'amour maternel.
J'ai particulièrement apprécié les correspondances entre Oretta et de son époux Odell qui ont fait jaillir une lumière douce dans cet atmosphère particulièrement dure.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
audeLOUISETROSSATaudeLOUISETROSSAT   18 septembre 2020
C'est ma propre peur et mon chagrin qui me poussent à avancer. Trois jours que j'suis sans mes filles. Ça me manque de voir Mary courir vers moi et sauter dans mes bras pour s'accrocher à mon cou et à ma taille. Ça me manque de voir mon Alma s'émerveiller devant le monde qui l'entoure et venir me trouver pour me montrer chaque nouvelle découverte.
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collectifpolarcollectifpolar   28 février 2020
Mrs Coles sort, me regarde du haut des marches et demande :
— Gertrude Caison ?
— Oui. C’est Pardee maintenant, mais c’était Caison quand j’étais pas mariée.
— Vous êtes la fille de Lillian Caison ?
— Oui, m’dame.
— C’était une femme de bien.
— Oui, m’dame, c’est vrai.
— Qu’est-il arrivé à votre visage, Gertrude ?
— J’suis tombée, m’dame.
Elle me toise d’un regard dur et dit :
— Qu’est-ce qui vous amène ?
— Je viens pour le travail à l’atelier de couture et pour la maison de Mrs Walker.
— Vous savez coudre ?
— Ça oui, patronne. J’suis bonne en couture. C’est ma mère qui m’a appris.
— Votre mère aurait pu coudre n’importe quoi.
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collectifpolarcollectifpolar   28 février 2020
Tout mon corps me fait souffrir. Ces heures à attendre, ça m’a tout engourdie, mais ça fait rien. C’est pas grave, tout ça. La seule chose qui compte, c’est cette bande de terre qui fait comme une corde entre nous. C’te vieille bestiole tourne le dos au nid que ma p’tite Alma a repéré un peu plus tôt dans la journée. Elle fait bien trois mètres de long, la mère alligator, de quoi nous nourrir jusqu’à la fin de l’automne. J’ai deux cartouches dans mon fusil, mais une seule chance de la tuer.
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collectifpolarcollectifpolar   28 février 2020
Tuer un homme, c’est plus facile que tuer un alligator, mais c’est le même genre de traque. Faut guetter le moment de faiblesse, et lui tirer derrière la tête. L’alligator que j’ai dans le viseur, il m’a à l’œil, lui aussi. Il a flairé l’odeur du sang – la fin de mes règles –, il est à moitié sorti de l’eau et il reste campé sur le bout de terre qui nous sert à traverser le marais pour rejoindre la grand-route. Je suis adossée à un vieux cyprès. On fait la paire, lui et moi.
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collectifpolarcollectifpolar   28 février 2020
Hier après-midi, il a fermé la scierie à une heure, mais il est rentré chez nous que tard dans la soirée. Ensuite, il est tombé sur la lettre de mon frère Berns qui me parlait d’un travail à Branchville. Al déteste Berns parce qu’il veille au grain alors que lui en est incapable. Il m’a flanqué une raclée et interdit de bouger d’ici. Il m’en veut encore pour la dernière fois où j’ai demandé de l’aide à mon frère.
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