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ISBN : 2234074053
Éditeur : Stock (27/02/2013)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 23 notes)
Résumé :
"Adolescent, j'attends les heures d'été. Que mon corps s'ouvre, se dilate, respire et se brûle".
C'est la dernière nuit d'un homme, arrivé d'Italie après un long chemin. Ses poumons suffoquent. Il se souvient.
De l'enfance et des premières crises d'asthme, du lac de Côme, de la mer de Trieste, du premier corps aimé...
L'écriture de Sébastien Berlendis, mélancolique, sensuelle et envoûtante, agit comme un rêve éveillé dont on ne voudrait plus sor... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
trust_me
  20 juin 2013
Le narrateur a 30 ans et il se meurt. Il a trouvé refuge dans un ancien sanatorium qui sera bientôt détruit et remplacé par un hôtel de luxe. Il est seul, sa chambre a les volets clos, il vit son dernier été et sa mémoire s'effiloche. Son corps est un corps qui tousse, qui s'essouffle et s'asphyxie. « C'est une toux qui vient de loin. de l'enfance. A quatre ans, les premières crises apparaissent, l'asthme commence à rythmer les nuits. »
Il arrive au bout du chemin et il le sait. « C'est le début de l'été et je sens la mort qui accélère. » Une dernière fois il se rappelle les cures, les séjours sans fin près du lac de Côme, les bains de Trieste, les thermes de l'hôpital St Vincent, la maison de santé du Val d'Aoste… Il se souvient de son père, des premières années à Bracca, près de Bergame, quand ses parents ont fui l'aridité des terres du sud. Il pense souvent à Simona, malade comme lui. Simona, morte il y a longtemps déjà. Simona qu'il a aimé passionnément, avec laquelle il a connu ses premières étreintes : « Mordre le bas du ventre, les fesses et l'intérieur des cuisses. Entre deux crises. Ne pas craindre la montée des pulsations du coeur. […] Simona lèche ma bouche, respire plus vite, frotte son pubis contre mon ventre. Dans le creux de la nuque, un grain de beauté noir et net. Les mains découvrent le corps dans ses retraits. Timide et aspiré, j'ai un goût de sang dans la gorge. N'aie pas peur, n'aie pas peur. »
Je ne sais pas si on peut qualifier ce texte de roman. A vrai dire je m'en contrefiche. Ce récit bref, au lyrisme contenu, à l'écriture mélancolique et sensuelle, est une pure merveille. Sébastien Berlendis est professeur de philosophie à Lyon. J'avoue que ça aussi je m'en fiche un peu. Ce qui compte, c'est qu'il signe un premier livre éblouissant de maîtrise. Chaque phrase semble scandée entre deux râles. Des phrases courtes, hachées, lâchée par un corps au bord de l'asphyxie. Un corps qui lutte : « je me demande s'il faut mourir le plus tard possible, si je dois garder la maladie dans mon camp. »
C'est tellement beau que je pourrais recopier chaque paragraphe. « Dans la chambre du chemin de la Résistance, je me demande combien de temps ça prend un coeur qui cesse de battre. Je n'ai pas de nostalgie, je ne souffre pas d'un manque d'enfance et les bouffées du dehors ne me sautent pas à la gorge. »
Je vous offre pour conclure les dernières phrases, celles qui m'ont collé des frissons : « Un matin de brumes de juillet, mon corps au ralenti ne se lève plus. Il reste dans la nuit. » J'avoue que je ne sais plus quoi dire. Une écriture d'une telle pureté est rare, elle se déguste, mot après mot. C'est magnifique et triste à pleurer, c'est juste de la littérature.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Commenter  J’apprécie          271
valsing
  20 février 2018
Si jolie
Son Italie!
Petits plaisirs d'une Vie banale
Entrecoupés de séjours à l'Hôpital
Froides Sueurs
Suffocations
Entravent sans répit son baume au coeur
De ses Alluvions
Le Fleuve de ses trente ans
Voudrait tant
Se débarrasser
Et retourner
Sans mal
Dans sa Ville Natale
Si jolie
Son Italie!
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ataxye
  30 mai 2014
"Une dernière fois la nuit" est le premier récit de Sébastien Berlendis, l'ouvrage est sobre, très petit aussi, environ 90 pages.
90 c'est le triple de la durée que la vie a offert à cet homme qui s'en remémore une dernière fois les saveurs, seul, au 10 rue de la résistance … dans cet ancien sanatorium qui vit là ces dernières heures …
Je m'isole à mon tour pour en partager les fragments de vie, inconsciemment je sais déjà que cette lecture ne me laissera pas sans empreinte.
Dans les premières pages, il est écrit que la mémoire de l'homme s'effiloche … J'en suis donc le fil délicat, presque cassant, avec respect et douceur … je savoure chacun de ses mots, et quelques phrases plus loin je me surprends à en chuchoter certaines, comme pour mieux m'en imprégner, et c'est la révélation … Ce récit est à respirer plutôt qu'à lire …
A la manière dont on prendrait une vieille pile de photos jaunies, pêle-mêle, l'homme décrit ce qu'il voit, en phrases courtes et saccadées, bribes de sensations ressenties face à tant de moment passés à lutter contre le mal qui le ronge.
Des paysages de montagnes d'Italie, qu'il décrit avec une poésie délicate, de son premier Amour, partie bien avant lui, des détails d'une vie qui s'annonçait merveilleuse mais qu'on a trop vite repris …
Je fais l'impasse sur nombre de détails mais au final, cela n'a que peu d'importance, ce livre est poignant, tellement doux et dur à la fois … L'écriture si particulière qui nous serre la poitrine, au fil des mots si bien choisis … Comme pour mieux faire ressentir cette oppression au lecteur …
C'était un merveilleux moment de lecture, je remercie Libfly et les éditions Stock pour m'avoir permis cette découverte qui fait sans conteste partie des meilleurs.
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nilebeh
  11 février 2015
Ce minuscule opus de 91 pages, présenté comme un carnet de pensées-souvenirs jetées sur le papier sans souci de chronologie est l'oeuvre, la première oeuvre, d'un auteur jeune à la plume légère et impressionniste. En un éclatement de phrases, il nous mène d'Italie au plateau d'Assy, en France, bien connu pour son centre antituberculeux dans la première moitié du siècle passé. C'est là que s'est réfugié le narrateur, à la fin d'une vie douloureuse de malade des poumons, en proie depuis l'enfance à de terribles crises d'asthme probablement aggravées par des bronches obstruées : BPCO + asthme, un menu qu'on me sert depuis mes cinq ans ! Est-ce pour cette raison que je n'entre pas, curieusement, en empathie avec lui ? On ne parle pas de corde dans la maison d'un pendu !
Je lis donc vite, sans m'y attacher, ces pages qui se voudraient poétiques et que je trouve juste inintéressantes, même si l'écriture n'est pas désagréable. En dépit d' essais d'évocation du mal (ces moments où la voix se meurt dans vos poumons et qu'il vous faut taper du pied ou du poing pour demander de l'aide), en dépit de ces vagues évocations de l'Italie où l'on se perd (comme lui apparemment dans ses souvenirs) sans en apprécier la beauté, en dépit de la restitution des premiers émois adolescents, on (enfin : je) s'ennuie.
Je suis au regret de dire que la seule phrase qui m'ait interpellée est « Rien n'est plus inhabitable qu'un lieu où on a été heureux. », signalée (seulement en fin de volume) comme écrite par Cesare Pavese !
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claraetlesmots
  26 juillet 2013
Il ne faudrait pas croire et surtout commettre l'erreur de lire rapidement ce livre vu le nombre de pages. Ce serait passer à côté de tout ce qui perle entre ces lignes et de la quintessence des phrases.
Histoire d'un homme et "d'un corps qui tousse. Qui s'essouffle et s'asphyxie", le narrateur est un jeune homme atteint d'asthme sévère. Son enfance et son adolescence sont des voyages entre la maison familiale à Bracca, les termes de San Pelligrino, les hôpitaux et le sanatorium. Il y la peur insidieuse de mourir quand les crises sont fortes " je suis en proie à la panique, celle d'une souffrance qui n'est plus maîtrisée de l'intérieur". " Je me demande combien de temps ça prend un coeur qui cesse de battre". Rares sont les moments où la maladie lui laisse du répit. Soldat toujours sur le qui-vive, médecins armés mais impuissants. A dix-sept ans, il rencontre Simona, une belle au souffle court et la rage de vivre l'amour intensément car rien ne dure.
Premier roman à l'écriture minimaliste qui n'est pas rappeler Jeanne Benameur et la précision des mots choisis.
Un texte fort, cruellement beau dont le rythme épouse celui du récit et m'a laissée sonnée, ébahie.
Je pourrais vous citer des paragraphes ou d'autres phrases comme " mon corps me condamne à des pensées à court terme" tant elle sont nombreuses ! La dernière page est déchirante...
Une lecture dont on en ne peut pas sortir indemne !
Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
valsingvalsing   21 février 2018
Depuis six ans la maladie est dans chaque parcelle d'espace, l'asthme forme un dépôt qui durcit la poitrine. Je ne dors presque pas.
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valsingvalsing   21 février 2018
Je suis dans l'imminence d'un autre départ, d'un autre présent. Pendant un instant le silence qui m'absorbe n'est pas un silence de quiétude, c'est une tension.
Commenter  J’apprécie          20
valsingvalsing   21 février 2018
Rien n'est plus inhabitable qu'un lieu où on a été heureux.
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Videos de Sébastien Berlendis (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sébastien Berlendis
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Les Cygnes de la Cinquième Avenue de Mélanie Benjamin aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/103936-article_recherche-les-cygnes-de-la-cinquieme-avenue.html
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On se souvient du nom des assassins de Dominique Maisons aux éditions Points https://www.lagriffenoire.com/109543-article_recherche-on-se-souvient-du-nom-des-assassins.html
Le baiser et la morsure de Yasmina Khadra aux éditions Bayard https://www.lagriffenoire.com/109539-article_recherche-le-baiser-et-la-morsure.html
Revenir à Palerme de Sébastien Berlendis aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/109541-article_recherche-revenir-a-palerme.html
Irezumi de Akimitsu Takagi et Mathilde Tamae-Bouhon aux éditions Folio https://www.lagriffenoire.com/109544-article_recherche-irezumi.html
Le voyage de Miss Norma de Timothy Bauerschmidt et Ramie Liddle aux éditions JC Lattès https://www.lagriffenoire.com/109524-article_recherche-le-voyage-de-miss-norma.html
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