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ISBN : 2234081068
Éditeur : Stock (24/08/2016)

Note moyenne : 3.76/5 (sur 19 notes)
Résumé :
Ces images d’une adolescence au soleil continuent de modeler mes désirs et mon imaginaire. Je me construis dans les souffles chauds, l’horizon bleu, le sel marin. »
Entre ombre et lumière, Maures est une plongée en adolescence dans une pinède au bord de la mer. L’écriture impressionniste de Sébastien Berlendis dit le vertige des sensations, la découverte du corps des filles, et l’inquiétude devant les disparitions à venir.
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
LiliGalipette
  06 juin 2016
Quand il était jeune, le narrateur passait ses étés dans un camp à La Londe-les-Maures, dans une pinède proche de la mer. Sous le soleil et la chaleur, il s'est créé des souvenirs qu'il évoque pour lui et pour maintenir le lien avec son grand-père, cher aïeul malade qui s'éloigne inexorablement. « Des récits de mon grand-père, c'est cette image du peuple en vacances qui m'émeut, l'image d'une vie d'été avec ses stéréotypes à laquelle je demeure fidèle. » (p. 22) Les Maures, c'était la caravane des grands-parents et les bains de mer interminables. Ce sont les premières amours émues et balbutiantes. « Les filles s'écartent du sentier pour gagner les fougères hautes. Elles nous prennent la main, je suis un garçon qui marche derrière une fille, le sang et le coeur retourné. (p. 34) Les Maures, c'était Marie, Louise, Léna, Suzanne, Isabelle, Gilles, Tom, Thomas. « Cet été, Louise découvre la plage, les garçons, la frénésie, son corps. Avec elle, je découvre le mien. » (p. 50)
En se souvenant, le narrateur cherche à prolonger l'histoire et peut-être aussi la fragile existence de son grand-père. C'est vain et c'est sublime. « Les images d'une adolescence au soleil continuent de modeler mon désir et mon imaginaire. Je me construis dans les souffles chauds, les idylles, l'horizon bleu, le sel marin. » (p. 71) Il y a là quelque chose de l'image d'Épinal, du cliché, comme ces quelques photos de 1972 qui ont figé la jeunesse du grand-père dans un espace éternellement jeune et vigoureux. « Sans la présence de mes souvenirs et la voix de mon grand-père verrais-je autre chose qu'une étendue sèche de sable et des caravanes désolées. » (p. 81) Évidemment, le narrateur projette le filtre de son bonheur passé sur le paysage aride des Maures. Les lieux ne sont beaux que parce qu'ils ont été habités et qu'ils sont devenus le décor involontaire d'expériences fondatrices.
À coup de paragraphes courts qui ont des airs de photos de vacances et qui sont des instantanés d'émotion, Sébastien Berlendis déploie son style élégant et évocateur. Je n'ai pas passé mes vacances à La Londe-les-Maures, mais j'ai dans mes souvenirs un camping et une plage qui se sont imposés devant mes yeux pendant ma lecture. Là aussi, il y avait mes grands-parents, eux qui offraient plus que des vacances et qui permettaient des choses que les parents ne savaient pas et ce que l'année scolaire n'offrait pas. C'était la liberté et le bonheur, sans la conscience de leur fragilité. Elle, elle est venue plus tard, quand il a été moins facile d'être libre et heureux.
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hcdahlem
  02 décembre 2016
« Ces images d'une adolescence au soleil continuent de modeler mon désir et mon imaginaire. Je me construis dans les souffles chauds, les idylles, l'horizon bleu, le sel marin. » Une belle déclaration d'amour aux vacances familiales, au rendez-vous avec un lieu, à une «parenthèse enchantée» qui est aussi tout un programme.
Sébastien Berlendis revient tout au long de ce court et beau roman, plein de nostalgie et de mélancolie, sur ces semaines qui, au fil des ans, ont construit le jeune garçon et l'adolescent jusqu'à l'homme qui couche sur le papier ces années qui s'estompent aujourd'hui, de 1959 avec la Simca P60 du grand-père qui aime suivre les routes du littoral à 1989 qui déjà marque le fin d'une époque, quand les plis du temps laissent des rides qui ne s'effaceront plus. «C'est la fin de l'adolescence, la dernière année de lycée, l'année des retranchements.»
Il y a bien entendu cette histoire familiale, mais il y a avant tout un microcosme fait d'habitants du lieu et d'estivants : Il y a, par exemple, Mireille Leydet qui a passé là quarante ans et qui parle de son grand-père au narrateur sans savoir qu'il est son petit-fils. Ou Dédé Faye, la mémoire du camp, qui n'a pas besoin de se plonger dans des registres pour savoir qui s'installait avec qui, avec quel matériel et dans quel coin du camping. Il pourrait aussi raconter les étapes mythiques du Tour de France suivies devant un transistor, puis un téléviseur portable et qui font partie intégrantes de ses souvenirs.
S'égrènent alors des journées ponctuées de baignades, le moment où l'on peut jauger les filles, mais bien davantage par les sorties en catamaran qui sont autant de faits de gloire, tout comme les parties de football et davantage encore les matches de tennis qui permettent d'acquérir cette aura de champion qui devrait forcer l'admiration, faciliter les conquêtes.
Sans omettre la vespa de Gilles qui est bien plus qu'un moyen de locomotion. Nous sommes en 1972. Louise a 16 ans. Sur la Vespa, on se partage un casque pour deux. Vêtue d'un short en jean et d'un t-shirt rouge sans manches, l'adolescente s'agrippe à la taille du chauffeur, appuie son visage contre son dos et l0on peut voir ses cheveux dénoués briller au soleil : «Son empressement me surprend, les lanières du bikini n'ont pas besoin de mes mains pour tomber. Je suis ému par ses gestes émancipés, par l'abandon de son corps sous mes caresses.»
Il y ces photographies, ces instantanés qui disent le bonheur de l'instant et ne font pressentir en rien «la possible dispersion du clan».
Les épisodes joyeux se mêlent aux drames, au grand-père en train de mourir, à l'accident dont sera victime Léna qui glisse et heurte un bloc de pierre et, impossible à déplacer, finira par être hélitreuillée vers l'hôpital Sainte-Musse avant de finir à Toulon. Finalement, à l'angoisse de l'attente fera place le diagnostic rassurant : «Rien n'est cassé, il n'y a pas d'épanchement interne, un gros bleu colorera la hanche et le pubis de Léna. »
La construction est libre, la chronologie est davantage sentimentale que linéaire, «Quand je traverse les Maures, les temps se mêlent.» explique l'auteur. Avec lui, un retrouve des sensations enfouies, des parfums de sable chaud, ou oublie l'amertume et les tensions des mois d'hiver et l'on bénit ces jours où le corps des femmes «dégrafent leur armure». Encore une fois, la magie de la littérature opère, qui en quelques lignes nous fait voyager… dans l'espace et dans le temps.
Lien : https://collectiondelivres.w..
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jo75
  14 août 2016
« Je prends l'ancienne route, comme lorsque j'étais enfant. » Dès la première phrase de Maures, passé et présent se mêlent et le récit qui suit va jouer sur différentes temporalités : écrit au présent, il raconte les étés radieux de l'enfance et de l'adolescence, au bord de la Méditerranée, sur la côte varoise. Mais il évoque aussi un présent plus sombre : le grand-père du narrateur se meurt, et c'est lui le destinataire de ce très beau texte. Sébastien Berlendis dit l'avoir d'abord écrit pour le lire à son grand-père, tombé malade. le récit ne suit pas la chronologie, les époques s'entremêlent en courts fragments, comme les souvenirs et les rêves. le sel qui colle à la peau, l'odeur de la pinède, le gout des pêches, les chemins brûlants, le frottement du sable, le martèlement des vagues : toutes les sensations remontent, et avec elles, les étés passés, leur insouciance, leurs rites – le bain de minuit, les feux sur la plage, les plongeons, le Tour de France à la télé… Autour de la figure centrale du grand-père gravitent d'autres fantômes du passé, grands-oncles, amis, cousin, Hollandais, et Suzanne, Bellisa, Lena, Louise. Car l'été est le temps des premières fois, avec la découverte du sentiment amoureux, « sang et coeur retournés ». La construction éclatée du livre juxtapose ainsi les corps « exultants » du passé et le corps souffrant du grand-père, mais contre la douleur et l'oubli, l'auteur dresse un rempart de mots.
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meslinoulautre
  12 juin 2016
« Au début de chaque été à mesure que nous approchons du camp, je retrouve le même miroitement des routes chaudes. Au début de chaque été les signes de l'incendie trouent la montagne des Maures. Devant la terre désolée, le chagrin existe mais il se résorbe vite. Et très vite aussi nous avons le sentiment de voir un paysage intact, comme si l'oeil de pouvait se résigner. Les décombres de charbon appartiennent à un mauvais rêve. »
Lieu de pèlerinage estival niché dans les montagnes mauresques, protégé par les cimes immenses des pinèdes, l'auteur de souvient. Réminiscences adolescentes. Premiers amours, premiers expériences, premiers émois. Flashs de sensations, de souvenirs. La plage, l'été, les pins, les filles. Léna, Louise, Marie, Isabelle.
Rituels perdus, nostalgie du temps qui passe. Tenter par l'écriture de rematérialiser ces instants. Coucher le tout sur le papier de manière immuable, pour que tout recommence encore et encore. Tissage d'anecdotes triviales, de moments d'intimités. Tableau flamboyant de ces étés fugaces.
Voyage à travers les photos des aïeux, pionniers de cette coutume annuelle qui s'essouffle avec les années et dont les membres s'éloignent ou disparaissent aussi tour à tour.
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blandine5674
  01 octobre 2016
Ah nostalgie quand tu nous tiens ! L'auteur revient sur les vacances qu'il passait, enfant, avec ses grands-parents à la Londe-Les-Maures. La plage, les balades, les copains, les premiers amours. Mais c'est surtout un hommage à son grand-père. Une belle écriture pour ce court roman qui rappellera à beaucoup des souvenirs.
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Citations et extraits (28) Voir plus Ajouter une citation
LiliGalipetteLiliGalipette   06 juin 2016
« Des récits de mon grand-père, c’est cette image du peuple en vacances qui m’émeut, l’image d’une vie d’été avec ses stéréotypes à laquelle je demeure fidèle. » (p. 22)
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LiliGalipetteLiliGalipette   06 juin 2016
« Les filles s’écartent du sentier pour gagner les fougères hautes. Elles nous prennent la main, je suis un garçon qui marche derrière une fille, le sang et le cœur retourné. (p. 34)
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BibaliceBibalice   01 juin 2016
Je prends l'ancienne route comme lorsque j'étais enfant. Celle qu'on appelle la route de montagne. Pourtant, il n'y a pas de col à franchir. Sur quelques kilomètres, les lacets grimpent parmi les pins. Quant aux sommets des Maures, il se gravissent à pied.
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LiliGalipetteLiliGalipette   06 juin 2016
« Les images d’une adolescence au soleil continuent de modeler mon désir et mon imaginaire. Je me construis dans les souffles chauds, les idylles, l’horizon bleu, le sel marin. » (p. 71)
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LiliGalipetteLiliGalipette   06 juin 2016
« Sans la présence de mes souvenirs et la voix de mon grand-père verrais-je autre chose qu’une étendue sèche de sable et des caravanes désolées. » (p. 81)
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