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EAN : 9782221238905
224 pages
Éditeur : Robert Laffont (17/01/2019)

Note moyenne : 3.43/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Ils s'appellent Gaëlle, Charlotte ou Julien. Ils vivent dans un village de l'Allier, à Cerbère, sur la Côte Vermeille, ou à Neufchâteau, dans les Vosges. Ils sont jeunes, compétents, et cherchent aujourd'hui leur voie professionnelle. Le champ des possibles devrait leur être grand ouvert. Pourtant, leur horizon est largement bouché.
Parce qu'ils grandissent loin des centres de décisions, à l'écart des flux économiques, parce qu'ils résident au coeur de petite... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Cancie
  03 avril 2019
Salomé Berlioux avait su attirer mon attention sur son livre Les Invisibles de la République lors de sa présentation à La Grand Librairie. Aussi, lorsque j'ai vu qu'il était disponible à la Médiathèque où je m'approvisionne, je l'ai aussitôt pris.
Je pensais néanmoins qu'il s'agissait d'un bouquin un peu difficile d'accès, avec des chiffres, des sondages, etc… J'ai été, au contraire, surprise par sa lecture facile et enrichissante. Il se lit assez rapidement car Salomé Berlioux et Erkki Maillard, les auteurs, ont su rendre cet essai vivant en parlant des jeunes qui grandissent hors des grandes métropoles, pour témoigner de leur vécu, de leur expérience personnelle.
Il faut savoir que cette jeunesse invisible de la France périphérique représente environ 60 % des jeunes de France et que leurs problèmes ne sont pas ceux des jeunes de nos banlieues.
Leurs problèmes sont liés à l'éloignement des grandes métropoles. Ils ont accès à trop peu d'informations, trop peu de moyens de transport, trop peu de réseaux, trop peu d'opportunités et, en plus, l'autocensure qui a un effet redoutable, est souvent là très tôt : « C'est pas pour nous, c'est pas pour toi, c'est pas pour moi ».
Partant de son expérience personnelle, Salomé Berlioux créera, avec Erkki Maillard, « Chemins d'avenir » à l'été 2016, association qui informe, accompagne et promeut les collégiens, lycéens et étudiants de la France périphérique. Elle agit à travers un système de parrainage et la création d'un écosystème de réussite autour de ses filleuls.
C'est la première structure à mentorer les jeunes des zones rurales et des villes petites et moyennes, indépendamment de résultats scolaires ou de critères sociaux. Pour que seuls la motivation, la curiosité et le potentiel d'un jeune fassent la différence dans son parcours et ses projets d'avenir.
Si, dans la première partie, les problèmes rencontrés par cette jeunesse sont très détaillés, la deuxième partie propose des solutions avec notamment un mentorat individuel pour informer, accompagner, responsabiliser et promouvoir. L'accent est mis aussi sur la mobilité. Il faut favoriser le mouvement : « La mobilité est un puissant levier pour combattre les inégalités » et une véritable politique publique doit être menée.
Dans le dernier chapitre, l'autrice s'est permis un peu de science-fiction avec Kevin, en 2030, qui aurait bénéficié de l'accompagnement au cours de sa scolarité.
Il faut lire ce livre pour prendre conscience de cette jeunesse de la France périphérique mise à l'écart comme d'ailleurs des millions de Français.
Ce tableau inquiétant de la France rurale et péri-urbaine entre d'ailleurs en résonance avec ce qui se passe dans notre pays, depuis plusieurs semaines.
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Fandol
  23 avril 2019
J'étais curieux de lire ce livre découvert à La Grande Librairie. La démarche me paraissait intéressante et fondamentale pour notre démocratie.
Salomé Berlioux et Erkki Maillard ont développé le projet original, car jamais défendu, de distinguer les jeunes de la France périphérique des jeunes de banlieue. C'est courageux et très instructif car les auteurs ne se sont pas bornés à enquêter mais proposent des solutions concrètes.
Pluri-diplômée, consultante et conseillère d'hommes politiques, Salomé Berlioux, avec Erkki Maillard, diplomate de carrière, ont créé Chemins d'avenir, développant ainsi une aide concrète pour les jeunes sous la forme du mentorat, avec des résultats concrets très encourageants.
Si les jeunes de la France périphérique, Les Invisibles de la République, réussissent moins que les autres, c'est à cause de l'éloignement des grands centres donc des grandes écoles et parce qu'une autocensure empêche toute ambition.
Les exemples foisonnent avec prénoms et lieux de vie pour montrer que ces jeunes n'exploitent pas toutes leurs possibilités : « Pas par choix, mais par défaut. Pas par volonté, mais par peur. »
J'avoue que j'ai été étonné par ce constat qui, hélas, est bien trop vrai mais j'ai trouvé le tableau brossé un peu trop noir puisqu'il faut arriver au troisième chapitre pour lire que la qualité de la vie et de l'environnement pourraient être aussi parties prenantes du choix de rester au lieu de partir pour une grande ville.
Les solutions sont donc là et nos responsables sortis des grandes écoles semblent ignorer ce problème qui met en danger la cohésion de notre République qui ne cesse de fermer des services publics et de désertifier les zones rurales.
Cet essai, enquête, étude, touche à la réalité profonde de notre pays. Problème jamais vraiment mis en lumière, bien documenté, détaillé, expliqué avec des solutions concrètes proposées, développées, argumentées.
Que font les politiques ? Ils ont tout en main pour rétablir l'égalité entre TOUS les Français, ces jeunes qui sont attachés à leur terroir, à leur lieu de vie mais qui ont besoin d'aller voir ailleurs ce qui se fait, d'être informés tout au long de leurs études de TOUTES les possibilités qui s'offrent à eux afin de pouvoir choisir, évoluer, s'orienter et réussir leur vie au plus près de leurs capacités ou tout simplement de pouvoir réaliser leurs rêves.
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meeva
  24 mars 2019
Ce livre expose d'abord un constat : les jeunes de la France périphérique ne disposent pas des mêmes chances que ceux des grandes villes.
La France périphérique, c'est le rural et le périurbain profond, occupés par les classes modestes, par opposition aux banlieues où vivent les immigrés « récent » et aux grandes métropoles mondialisées et gentrifiées, lieux de résidence des classes dirigeantes et des bobos. C'est ce que m'explique « Wikipédia » sur la France périphérique, s'appuyant sur l'essai de Christophe Guilluy, La France périphérique : Comment on a sacrifié les classes populaires, géographe à l'origine du concept. Il ne me semble pas que le livre de Salomé Berlioux donne d'explication claire à ce sujet, c'est dommage.
Les jeunes de la France périphériques manquent d'activités culturelles, ils manquent d'occasions de faire du bénévolat par exemple, ils manquent d'ambition, ils manquent d'établissements scolaires à la hauteur, ils manquent d'information, ils manquent de moyens de transport…
Bon, tout le temps où le livre constate, en long, en large, et en travers (peut-être ai-je trouvé le début un peu longuet, en effet…), j'étais plutôt d'accord.
Mais d'une part, il n'est pas nécessaire de rabâcher autant, on a compris le propos sans qu'il ait besoin d'être illustré de tant de manières, surtout que les exemples donnés restent assez désincarnés, d'autre part, il y a une sorte d'exagération qui me met mal à l'aise, sans que j'arrive bien à savoir pourquoi.
Ensuite viennent les solutions.
Il faut donc que le jeune se bouge. Pour mieux revenir, dit-on.
Jouer dans un jardin, c'est bien, mais aller au cinéma, au musée, faire de la musique, faire un sport, c'est mieux.
Les grandes écoles sont trop éloignées des petites villes de provinces et des campagnes.
Il faut que le jeune soit mieux informé, il faut ambitionner la vie du jeune et il faut que le jeune se bouge. En marche, le jeune !
Les auteurs parlent beaucoup d'une association, Chemins d'avenirs, dont Salomé Berlioux est la fondatrice et la présidente. Il s'agit d'un système de parrainage qui semble formidable. le jeune est enfin poussé par des gens qui représentent une réussite. Ils sont d'ailleurs souvent eux-mêmes issus de la France périphérique. Ils n'y sont en général pas retournés dans la France périphérique, dommage pour la France périphérique, donc…
Je suis allée voir le site internet de l'association Chemins d'avenirs, pour savoir un peu à qui j'avais affaire. Un des bénévoles, un des parrains donc, explique : « A la campagne, je voulais passer un CAP mécanicien, en banlieue un BTS, et à Paris une école d'ingénieur comme mes copains. »
Je trouve que cela résume bien l'affaire : il faut de l'ambition ! Mais pas n'importe laquelle. L'ambition d'être artisan n'est même pas évoquée, on ne parle là que de grandes écoles, de classes prépa…
Et c'est bien là ce que je reproche à ce livre. Il présente une certaine idée de la réussite. Une réussite qui est principalement intellectuelle, le reste ne me semble pas évoqué… Une réussite qui tourne de Paris et de quelques autres grandes métropoles éventuellement.
Bref, au final, ce n'est pas le jeune de la France périphérique qui m'a semblé borné dans son ambition, mais c'est leur idée du monde et de l'avenir que j'ai trouvé étriquée.
Je n'exposerai pas davantage mes opinions sur le sujet parce qu'il s'agit d'une critique de livre, pas d'un espace de réflexion pour moi (c'est pour cela que j'ai un blog). Par contre, c'est aussi un peu le reproche que je fais à ce livre, il est finalement assez politique, j'imaginais quelque chose de plus neutre, ce n'est pas le cas.
Merci à Babelio d'organiser masse critique et aux éditions Robert Laffont d'y participer.
Tiens, un petit air, parce que ça faisait longtemps :
"[...] Il m'a fait bouge de là
Alors j'ai bougé, j'ai dû m'en aller, partir, bifurquer
J'ai dû m'évader, j'ai dû m'enfuir, j'ai dû partir,
J'ai dû m'éclipser, j'ai dû me camoufler
J'ai dû disparaître, pour réapparaître."
Extrait de "Bouge de là", de Mc Solaar :
https://www.youtube.com/watch?v=v4iZ_eQiSTY

Lien : https://chargedame.wordpress..
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viou03
  15 mars 2019
Les auteurs nous présentent les difficultés du monde rural à accéder à l'information, à une certaine culture aussi.
Il y a des points avec lesquels je ne suis pas entièrement d'accord mais bon je vis à la campagne et fait partie de cette catégorie de gens qui par leur profession ont accès à plus de choses et d'informations (comme l'explique les auteurs) donc ceci explique peut-être cela.
Le gros point développé ici est le manque de mobilité de ces jeunes et aussi par là même leur manque d'ambition. Il est vrai que parfois les jeunes vont plus facilement vers ce qu'ils connaissent et restent près de chez eux mais l'inverse est aussi vraie et là les auteurs ne parlent pas de ce point qui pour moi est un gros frein à leur futur parcours.
Par mon expérience de l'orientation en troisième et des voies prises par les collégiens de mon secteur, je pense qu'au contraire ils sont plutôt mobiles et veulent souvent aller ailleurs que dans leur lycée de secteur et ceci n'est parfois pas possible parce qu'ils ont un lycée général de secteur où ils ont "une place réservée". Et même quand ils souhaitent des options spécifiques ; il ne peuvent aller dans un autre lycée car plus haut on leur dit qu'ils doivent aller dans leur lycée de secteur.
Il est aussi vrai que certains peuvent par peur, par manque de moyens financiers, par manque d'informations se cantonner aux filières qui existent près de chez eux, il ne faut pas oublier que des freins existent aussi ne le permettant pas d'accéder aux enseignements dont ils ont envie.
Après le bac, les auteurs nous montrent aussi que les étudiants restent près de chez eux pour diverses raisons : manque d'informations sur les filières, métiers, manque de moyens financiers, manque de transports ... Pour l'instant le système leur permet peu d'accéder à des études en dehors de leur académie.
Je pense que sur ce point il y a déjà un gros travail à faire sur l'information des filières innovantes existantes autour de chez eux.
Un autre point est développé : l'accès à l'information . Même au temps d'internet, il est difficile pour ces jeunes de trouver les bonnes informations quand on ne connaît pas les filières qui peuvent exister.
Un point dont je n'avais pas tout à fait conscience en ses termes est aussi soulevé ici : le manque "d'expérience" des jeunes ruraux par le fait qu'ils accèdent plus difficilement à divers activités extra-scolaires ou ont des difficultés à trouver des stages, des expériences professionnelles ou à participer à la vie associative tant qu'ils ne sont pas mobiles par eux même. du coup, ils ont plus de mal à réussir certains oraux pour les grandes écoles alors que par ailleurs ils ont le niveau.
J'ai trouvé ce livre très intéressant même passionnant. Il fait bien ressortir les difficultés rencontrées à la campagne par les jeunes pour accéder et ambitionner des professions différentes de celles qu'ils rencontrent autour d'eux. Il s'appuie sur des études faites, sur des comparaisons avec d'autres pays , avec les jeunes de nos grandes métropoles, des exemples concrets de jeunes qui auraient aimé faire autre chose si les choses avaient été différentes.
Vivant dans cette France périphérique ayant un de mes enfants qui a participé à Chemin d'avenir (association créée par Salomé Berlioux l'un des auteurs), je vois parfois les choses différemment des auteurs mais je reconnais bien les problématiques soulevées ici et le peu de réponses qui est actuellement apporté à ces dernières.

Lien : https://viou03etsesdrolesdel..
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CapitaineBapt
  27 mars 2019
Reçu lors de Masse critique, je remercie les éditions Robert Laffont pour cet envoi et cette découverte. Très présent dans les médias, cet ouvrage m'a attiré par son sujet.
Constat implacable d'une réalité méconnue, ce livre fait donc lumière sur une jeunesse "sacrifiée" par le manque d'opportunités, de moyens et de recours pour la poursuite d'une scolarité plus poussée. Clairement exposé au moyen d'exemples concrets, on saisit parfaitement le propos et les enjeux sont là aussi parfaitement bien présentés. J'ai apprécié également le chapitre sur les quelques réponses qui peuvent être apportées.
Après, je suis un peu sceptique car ce n'est qu'un aspect du problème que recouvre ce sujet. Quid de l'éducation parentale, des moyens donnés aux enseignants, des formations, des structures, de l'information. Comment financer tout cela ? Comment mettre en place des initiatives "égalitaires", le mot est plusieurs fois employés, pour un accès commun à l'éducation et à la scolarité ? Sujet éminemment politique, qui brasse beaucoup plus que le simple aspect de l'orientation professionnelle ou la poursuite d'études dites "nobles" dès le collège/lycée.
Au final, je trouve ce documentaire plutôt bien fait, très accessible mais pas assez fouillé sur le fonds. On ne recouvre qu'un aspect, et c'est bien normal c'est le sujet, mais pour ma part, je reste sur un sentiment paradoxal entre cette intéressante mise en lumière et la focalisation sur un "thème".
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
FandolFandol   23 avril 2019
Encourager la mobilité géographique et sociale, donner aux jeunes des clés pour s'orienter, c'est défendre la liberté des individus, c'est permettre à chacun d'avoir la liberté de construire son destin.
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CancieCancie   03 avril 2019
Lorsque les moyens du foyer sont réduits, l'accès à l'éducation et à l'orientation n'est pas le même. L'accès à la culture, aux loisirs et aux vacances non plus. Les perspectives d'avenir, elles aussi, sont différentes.
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CancieCancie   03 avril 2019
Un candidat qui n'est pas seulement allé en cours mais a aussi développé des compétences à travers le sport, l'art ou la vie associative rassure. Sa capacité à mener plusieurs activités de front est un gage de curiosité, d'adaptabilité et d'énergie.
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CancieCancie   03 avril 2019
L'autocensure, l'isolement géographique, le manque de mobilité, la fracture numérique, le manque de réseau ou encore les difficultés d'accès à l'information appellent des réponses spécifiques et des solutions durables. Le cumul des obstacles à lever impose des solutions plurielles et coordonnées.
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CancieCancie   03 avril 2019
De prime abord, leurs origines étaient pourtant pleines de charme et même un peu exotiques. Ils venaient de l'arrière-pays des Alpes-Maritimes, d'une forêt des Landes, des terrils du Nord ou du pays des druides près de Brocéliande. Mais ils racontaient surtout le fossé qu'ils devaient franchir pour se mettre au niveau des élèves des lycées les plus réputés. Ils expliquaient les obstacles qu'ils avaient dû franchir pour faire des études supérieures.
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