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ISBN : 2360120476
Éditeur : La ville brûle (18/09/2014)

Note moyenne : 4.34/5 (sur 29 notes)
Résumé :
Parce qu'il n'est jamais trop tôt pour questionner la société et ses inégalités, les sociologues Monique et Michel Pinçon-Charlot, passés maîtres dans l'art de décortiquer les mécanismes de la domination sociale, s'adressent pour la première fois aux enfants à partir de 10 ans. Avec clarté et pédagogie, ils leur expliquent les mécanismes et les enjeux du monde social dans lequel ils vont grandir et devenir adulte.

Une opération de dévoilement qui perm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  25 mai 2015
Voici un livre à mettre entre toutes les mains à partir de 10 ans. Le sous-titre nous précise : " Mon premier manuel de pensée critique. " sous-titre auquel je ne souscris pas totalement car d'une part, vu que le coeur de cible sont les enfants et jeunes ados de 10 à 15 ans, j'espère pour eux qu'ils ont eu l'occasion de déjà exercer leur pensée critique avant cet âge.
D'autre part, la pensée critique, ce n'est pas exactement cela. J'ai eu l'occasion de parler récemment du livre de Henri Broch intitulé Les Secrets Des Sorciers qui lui est un vrai manuel de pensée critique destiné aux enfants et qui, lui, mériterait réellement ce sous-titre. Ici, il s'agit d'un manuel d'édification destiné aux jeunes bien plus que de pensée critique. L'un et l'autre sont nécessaires, mais, autant être précis dans les termes lorsque l'on aborde des thématiques aussi importantes voire cruciales pour préparer la génération qui arrive à savoir ce qu'est la " vraie " vie, sitôt qu'ils auront quitté l'école et le refuge de la protection parentale.
En ce sens, je trouve ce livre vraiment admirable. Il énonce des états de faits pas forcément décelables lorsqu'on est jeune avec un cerveau rempli d'idéaux et d'idées toutes faites, véhiculées justement par l'école et les médias et que, malheureusement, trop d'adultes eux-mêmes ne questionnent pas suffisamment.
Bon, c'est vrai que j'ai été un peu agacée par le côté très manichéen du propos, les riches d'un côté, les pauvres de l'autre, pas trop de nuances. Ceci étant, si l'on se place du point de vue du public visé, il est peut-être bon de faire simple afin de poser clairement les lignes directrices du propos.
Ce bémol étant posé, le reste, c'est-à-dire le fond du propos est malheureusement très vrai, trop vrai : les fortunés qui sont l'aristocratie moderne, qui ne vivent qu'entre eux comme pouvait vivre la noblesse de l'Ancien Régime, qui assurent à leurs enfants toutes les conditions d'une pérennisation dynastique de leur fortune, la collusion avec le pouvoir et les médias, les mille et un moyens de ne pas payer d'impôts, le chantage à l'emploi, l'inégalité des chances, etc., etc., etc.
La conclusion de l'ouvrage pour les 99,99 % de l'humanité pourrait être : « Voici dans quel monde tu arrives mon petit, voici ce que tu ne seras jamais, voici comment tu vas te faire rouler. Soit tu te tires une balle tout de suite, soit tu acceptes les règles et tu fais contre mauvaise fortune bon coeur. »
Ceci dit, même si notre monde est à beaucoup d'égards absolument pourri et déprimant, il n'est que le reflet des individus qui le constituent et je dirais même que, effet de neutralisation oblige, le système, pris dans son ensemble, est très loin de l'idéal vers lequel on aimerait le voir tendre, mais aussi franchement moins pourri et détestable que lorsque l'on sonde le fond de la pensée des individus (dans leur majorité). Combien de dictateurs sanguinaires parmi le peuple si le hasard les conduisaient au pouvoir et aux responsabilités ? Combien de tyrans de PME qui jubilent à voir ramper leur personnel et à exercer des fonctions régaliennes ?
Le comportement des riches décrit sans doute avec une certaine exactitude n'est probablement pas si différent de celui de toutes les autres classes sociales si elles avaient les mêmes prérogatives. La pourriture des riches n'est autre, selon moi, que la pourriture de l'humain lui-même, qui est viscéralement inscrite dans le patrimoine génétique de chacun. Ne vous défendez pas si vite, regardez le triste palmarès de nos ancêtres, tout ce qu'ils ont été obligés de faire pour s'en sortir, sur quels critères ils ont été sélectionnés par la nature et ne vous étonnez plus que le système soit ce qu'il est, sauf à vous étonner qu'il puisse être encore relativement correct même pour les plus démunis tellement on sait l'humain capable de pire.
J'en terminerai avec cette citation de Céline qui me paraît assez bien coller à ce propos : « le malheur en tout ceci, c'est qu'il n'y a pas de peuple, au sens touchant où vous l'entendez, il n'y a que des exploiteurs et des exploités, et chaque exploité ne demande qu'à devenir exploiteur. le prolétariat héroïque, égalitaire, n'existe pas. C'est un songe-creux, une faribole, d'où l'inutilité, la niaiserie écoeurante de toutes ces imageries imbéciles, le prolétaire en cotte bleue, le héros de demain et le méchant capitaliste repu à chaîne d'or. Ils sont aussi fumiers l'un que l'autre. le prolétaire est un bourgeois qui n'a pas réussi. Rien de plus, rien de moins. »
Mais ce n'est bien évidemment qu'un avis, qui lui aussi, s'avère parfois de plus en plus pauvre, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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Ziliz
  07 octobre 2017
'Panique dans le 16e' de ces trois auteurs (deux sociologues et un illustrateur) m'a bien plu. Ils y observent et analysent l'hostilité déclenchée chez les 'très-riches' du 16e par le projet d'un centre d'hébergement pour SDF à la lisière du Bois de Boulogne, en 2016.
Ils expliquent sans excuser, évidemment, mettant en exergue la volonté des nantis de « protéger l'entre-soi indispensable au maintien de leur position de classe ».
Mêmes idées dans cet ouvrage, mais celui-ci, contrairement à l'autre, se destine aux enfants, ou jeunes ados, pour développer 'leur pensée critique' (sic).
Est-ce la volonté de simplicité des auteurs qui rend le propos simpliste et réducteur ? Ils raisonnent à l'échelle de la France, par exemple, alors que la répartition des richesses (et donc l'existence d'inégalités) devrait être pensée à un niveau mondial, et que nous-mêmes, classes moyennes des pays occidentaux, vivons dans une relative opulence grâce à des mécanismes bien rodés qui reposent notamment sur l'exploitation d'individus d'autres pays. Cela, les auteurs l'occultent, et c'est fort dommage.
Il me semble plus important de rappeler à nos jeunes que nous faisons partie des privilégiés, tout en leur montrant bien, en effet, que les pouvoirs en place entretiennent les inégalités et qu'il serait temps que ça change :
--- extrait : « Pourquoi le président de la République ne fait-il rien contre les inégalités ? Les hommes et les femmes politiques qui nous gouvernent ne viennent presque jamais du monde des ouvriers et des employés. Ils sont tous issus de la classe dominante. Ils sont nés dans des milieux aisés, et même fortunés, ils ont fait les mêmes études dans les mêmes grandes écoles, et cumulent tous les avantages de la classe dominante. [...] Ils se fréquentent, dînent ensemble, se marient ensemble, participent aux mêmes soirées mondaine et vivent de la même façon, dans les mêmes quartiers...
C'est donc sans surprise qu'ils élaborent des lois qui sont favorables à leur classe et au seul monde qu'ils connaissent, celui des riches. »
---
Le problème, c'est qu'une fois arrivés 'en haut', peu restent intègres (c'est humain, la soif de richesse et de pouvoir), alors le changement, c'est pas vraiment pour maintenant...
Un ouvrage utile, certes, mais qui mérite des compléments...
---
Le petit moment Meurice en phase avec le propos :
https://www.youtube.com/watch?v=b1DGAyiRFiY
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Hardiviller
  11 mai 2015
Voici un livre s'adressant à un jeune public , parce qu'il n'est jamais trop tôt pour intégrer certaines vérités . Certains vous diront qu'il vaut mieux le censurer que de le classer en rayon jeunesse . Devinez de quel coté ils se trouvent ?
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caducrot
  02 janvier 2015
Les Pinçon-Charlot, deux sociologues qui ont beaucoup travaillé sur la classe dominante qu'ils nomment les "supers riches", font ici travail de vulgarisation aidé des dessins carricaturaux d'Etienne Lécroart, à destination des jeunes, écoliers et collégiens.
Ils reprennent l'essentiel des conclusions des études qu'ils ont menées au contact de cette classe dominante, après avoir présenté un constat: les riches deviennent de plus en plus riches et les pauvres sont de plus en plus nombreux. Ainsi sont rappelées pourquoi la classe dominante est dominante, avec la place des différents capitaux, comment elle le reste, avec l'héritage et la reproduction sociale ou encore comment elle existe au sein de la société.
Si certains concepts mériteraient peut-être plus d'explications pour de jeunes lecteurs, les auteurs utilisent du vocabulaire spécialisé et expliqué par des chapitres, des encarts ou des points de vocabulaire. La division de la société en classes antagonistes par exemple fait l'objet d'un chapitre entier, qui permet de comprendre la suite de l'ouvrage. Les constatations avancées sont toujours accompagnées d'exemples simples, pris dans le quotidien des élèves de l'âge des lecteurs, et des carricatures qui permettent de saisir avec humour certaines situations.
Le langage clair et les chapitres courts achèvent de rendre cet ouvrage accessible aux enfants et aux adultes.
Une lecture éclairante par les temps qui courent qui permet de prendre de la distance sur l'actualité et d'avoir un regard critique.
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de
  25 novembre 2014
Les auteur-e-s posent une juste question., « Pourquoi les riches sont-ils de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres ? ». Elle et ils vont y répondre en 20 « leçons » et illustrations. Une forme agréable de premier manuel de pensée critique.
Un poème de Robert Desnos : le pélican (Chantefables), comme entrée en matière.Desnos, la nécessaire omelette, pour « la barre à gauche toute ! », pour changer le monde…
Je ne discuterai pas des choix des auteur-e-s, de leur angle d'attaque « les riches », de leur base « sociologique ». Elle et il nous offrent des textes concis, illustrés, le plus souvent, adéquatement par Etienne Lécroart. Il s'agit d'une courte et réjouissante démonstration. Un certain ordre de rapports sociaux, les inégalités et la domination de classe, pour reprendre le vocabulaire des auteur-e-s.
« En 2014, les 85 personnes les plus riches de la planète possédaient autant que les 3,5 milliards les plus pauvres ».
J'ai notamment apprécié le chapitre « de quoi est fait la grande richesse ? », l'explication sur la différence entre le « riche » footballeur et les membres de la classe dominante, le « mais que font-ils de tout cet argent ? », les paragraphes sur les enfants de riches et l'entre-soi…
Mais un peu contestataire, je souligne deux éléments qui auraient pu/du être évités. Premièrement, une définition étrangement réductrice de la classe ouvrière, « les ouvriers ne possèdent que leurs mains pour travailler », combinée à une définition fantasmagorique des classes moyennes « Ceux qui en font partie exercent des métiers moins pénibles et mieux payés. On y trouve les enseignants ou les gens qui travaillent dans les bureaux, par exemple… ». de simplification en simplification, nous somme ici dans l'absurde définition d'une classe réduite à une de ses composantes, par ailleurs uniquement mâle…
Deuxièmement, les auteur-e-s semblent ignorer « la sexuation du monde », qu'il existe des femmes et des hommes et que travailleuse n'est pas le féminin de travailleur, comme le dirait Danielle Kergoat, Se battre disent-elles…, La Dispute 2012.La chose semble partagée par le dessinateur (deux couples au lit dont l'un des hommes dit à sa compagne « Quel cauchemar ! J'ai revé que je perdais mon travail » et l'autre « Quel cauchemar ! J'ai revé que je devais aller travailler »), laissant entendre que les femmes ne travaillent pas…
Des ouvrières et des ouvriers, sans oublier les processus de racialisation, des phénomènes incontournables lorsque l'on veut évoquer les classes sociales.
Deux dimensions si habituellement omises dans les ouvrages « scientifiques », qui nuise à ce petit livre illustré comme un conte, loin des contes et légendes diffusés par la « pensée néolibérale ». Une porte ouverte, mais des fenêtres restant closes, à la pensée critique pour des plus jeunes.
https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/11/25/la-richesse-et-la-pauvrete-nont-rien-de-naturel/
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B   25 mai 2015
QUELLES SONT LES ARMES DES RICHES ?
Tu l'as compris, les plus riches, désireux de s'enrichir toujours plus et de conserver leurs privilèges, sont bel et bien en guerre contre les peuples. C'est une guerre financière et économique, qui fait de terribles dégâts. C'est aussi une guerre mondiale, puisque les entreprises et les richesses se déplacent d'un pays à l'autre selon les intérêts de ceux qui les possèdent.
Pour augmenter leurs bénéfices, et moins dépenser en salaires, les riches payent le moins possible celles et ceux qui travaillent pour eux. Et quand ils ne peuvent plus diminuer les salaires, ils déménagent leurs entreprises dans les pays où les travailleurs sont encore plus mal payés : on appelle cela la délocalisation. Pour ceux qui travaillent dans ces entreprises, il ne reste plus que le chômage, ou un travail souvent moins bien payé, qu'ils sont contraints d'accepter : c'est ça ou rien !
Nous avons une guerre (la guerre des classes), nous avons un champ de bataille (la planète), nous avons des combattants (les super-riches qui se battent contre les peuples), il ne nous manque plus que les armes pour comprendre ce qui se passe actuellement dans le monde.
LA PEUR est l'arme principale de la classe dominante, et c'est une arme terrible : les salariés, qui ont peur de perdre leur emploi, acceptent de travailler en étant moins payés, ou en étant moins nombreux pour faire le même travail. Ils travaillent donc de plus en plus dur, dans des conditions de plus en plus difficiles… et pour moins d'argent. Ceux qui sont au chômage ne veulent qu'une chose : retrouver un travail, à n'importe quel prix et dans n'importe quelles conditions. Ils acceptent alors eux aussi de travailler plus et de gagner moins.
Ce qu'on appelle les DROITS DES SALARIÉS (comme le droit de se reposer en famille le week-end, de prendre sa retraite après avoir travaillé un certain nombre d'années, ou d'être indemnisé lorsque l'on est malade ou au chômage) sont grignotés par les patrons. C'est une manière sournoise d'appauvrir encore plus ceux qui possèdent peu.
Ces armes économiques et financières sont très efficaces : d'abord elles font gagner toujours plus d'argent aux riches, et ensuite elles servent à persuader les pauvres que l'on ne peut rien faire pour que cela change, que le combat est perdu d'avance. La lutte serait devenue inutile et la loi du plus fort incontournable.
La SOLIDARITÉ DE CLASSE (les riches se serrent les coudes, tu t'en souviens ?) est aussi une arme puissante, et qu'ils savent très bien utiliser. Ensemble, on est plus forts, ils l'ont très bien compris.
Et ils ont aussi compris que si l'on se divise, on est plus faible. Alors ils s'emploient à affaiblir les autres classes en les divisant. Ils opposent les pauvres aux moins pauvres, ceux qui ont encore quelques avantages à ceux qui n'en ont plus, ceux qui travaillent dans la fonction publique à ceux qui travaillent dans des entreprises privées, les travailleurs venus d'ailleurs aux travailleurs français…
Ils ont aussi DES ALLIÉS PUISSANTS : les hommes et femmes politiques, les journalistes…
Les hommes et femmes politiques font eux aussi partie de cette classe dominante, et défendent les mêmes intérêts. Nous allons en reparler tout de suite.
C'est pareil pour les journalistes ! Les journaux, les télévisions répètent le discours de la classe dominante : « C'est comme ça, on ne peut rien changer, il faut accepter les choses telles qu'elles sont, faire toujours plus de sacrifices, se serrer la ceinture et se taire. » (On appelle ça la " pensée dominante ".)
Il est donc très difficile de s'élever contre tous ces puissants qui viennent du même milieu, ont fait les mêmes études, vivent de la même façon et n'ont aucun intérêt à ce que les choses changent.
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Nastasia-BNastasia-B   22 mai 2015
EST-CE QU'IL SUFFIT D'AVOIR BEAUCOUP D'ARGENT POUR FAIRE PARTIE DE LA CLASSE DOMINANTE ?
Non, ce sont deux choses très différentes… Karim Benzema, par exemple, est un grand champion et il est vraiment très riche. Il peut vivre luxueusement, s'acheter de grosses voitures et des villas avec piscine. Mais il n'est pas et ne sera jamais un bourgeois. Pourquoi ? Parce que c'est un fils d'ouvrier, et parce qu'il ne doit sa fortune qu'à lui-même et à son talent pour le foot. C'est important, car cela signifie qu'il peut transmettre à ses enfants sa richesse, mais pas la source de cette richesse.
À l'inverse, la richesse de la famille Rothschild remonte au XVIIIe siècle. Les Rothschild étaient les banquiers des rois et sont aujourd'hui les banquiers des puissants de ce monde. Ils possèdent des vignobles, des châteaux, collectionnent les œuvres d'art… À la différence de Karim Benzema, qui ne peut transmettre automatiquement à ses enfants son talent pour le foot, chaque génération de Rothschild transmet à ses enfants sa fortune, mais aussi la source de celle-ci : des entreprises, une culture, une éducation, des relations, créant ainsi une dynastie familiale.
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Nastasia-BNastasia-B   29 mai 2015
POURTANT LA RÉPUBLIQUE C'EST LE MÉRITE, PAS L'HÉRITAGE ?
Oui, c'est vrai. Mais les bourgeois, après le Révolution française de 1789, ont fait comme les nobles ! Les nobles se transmettaient de génération en génération leurs châteaux, leurs terres… et les paysans qui travaillaient dessus. Les super-riches, eux, forment de vraies dynasties familiales qui se transmettent leur capital financier (leur fortune et leurs possessions), leur capital culturel et leur capital social (un carnet d'adresses bien fourni en relations de haut niveau). Ces trois types de capitaux se transmettent de génération en génération. La REPRODUCTION DES INÉGALITÉS est ainsi assurée. […] Mais pour que cette reproduction des inégalités soit acceptée par le peuple, et que ce dernier ne se révolte pas, les super-riches essayent de persuader tout le monde qu'ils ont " mérité " leur héritage en réussissant leurs études, ou bien en montrant qu'ils sont meilleurs que les autres (d'où l'importance de la domination symbolique dont nous venons de parler). Ce qu'ils ne disent pas, c'est que leur réussite doit bien moins à leur mérite qu'à tous les AVANTAGES dont ils disposent au départ (argent, relations, culture), et dont les autres classes sociales ne disposent pas.
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Nastasia-BNastasia-B   27 mai 2015
QUE PEUT-ON FAIRE POUR QUE ÇA CHANGE ?
Chère jeune lectrice, cher jeune lecteur, le seul fait que tu aies lu ces quelques pages et rigolé devant les dessins d'Étienne, c'est déjà le changement ! Tu sais maintenant que lorsqu'on te dit à l'école que tout le monde a les mêmes chances, ce n'est pas vrai. Tu as compris que lorsqu'on te dit que la richesse et la pauvreté sont naturelles et que l'on n'y peut rien, ce n'est pas vrai non plus. Et tu as aussi compris que les inégalités ne sont pas naturelles, mais souhaitées et construites par ceux qui ont les richesse et tous les pouvoirs.
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Nastasia-BNastasia-B   02 juin 2015
Aussi incroyable que cela puisse paraître, les riches payent moins d'impôts que les autres ! Tu dois te demander comment une telle injustice est possible… Tout simplement parce que les riches ne paient des impôts que sur une petite partie de leurs richesses.
Nous avons déjà parlé des PARADIS FISCAUX, qui ne sont maintenant plus un secret pour toi ! Et bien grâce aux paradis fiscaux, les riches ne participent pas à la solidarité nationale : ils dissimulent le plus possible leur fortune personnelle et les bénéfices faits par leurs entreprises, privant ainsi le pays de 80 milliards d'euros par an, qui pourraient être utilisés pour le bien de toute la population.
Il y a aussi les NICHES FISCALES ! Ces petites astuces taillées sur mesure par la classe dominante pour la classe dominante permettent de payer moins d'impôts en achetant des immeubles, un beau voilier dans les îles ou en employant du personnel de maison (pour faire le ménage, leur faire faire un peu de sport afin de rester minces et en forme ou donner des cours particuliers à leurs enfants).
Les super-riches bénéficient de nombreux autres privilèges. Par exemple, l'argent que l'on gagne sans rien faire (en héritant, en faisant des placements financiers judicieux, en spéculant…) est imposé moins lourdement que celui que l'on gagne en travaillant.
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Videos de Monique Pinçon-Charlot (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Monique Pinçon-Charlot
Monique Pinçon-Charlot vous présente son ouvrage "Le président des ultra-riches : chronique du mépris de classe dans la politique d'Emmanuel Macron" aux éditions Zones.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2305245/michel-pincon-le-president-des-ultra-riches-chronique-du-mepris-de-classe-dans-la-politique-d-emmanuel-macron
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