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EAN : 9782851940377
23 pages
Fata Morgana (01/01/1990)
4.19/5   88 notes
Résumé :
Au lieu de répondre à la question: “Qu’est-ce qui donne un sens à votre vie?” que lui avait posée un directeur de revue, l’auteur a eu envie de s’évader ailleurs et d’écrire ce petit livre qu’il termine ainsi: “Bien sûr, je ne réponds plus vraiment: je chante”.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
En préambule le livre commence par cette phrase:" Eclaire ce que tu aimes sans toucher à son ombre".
Le ton est donné, ce court récit ne s'essouffle jamais, c'est un tourbillon de mots, de sensations lancés à nos regards. l'éloge du rien devient rapidement l'éloge de l'essence de l'être, l'amour! L'auteur nous en parle avec finesse, délicatesse! L'amour devient cette force capable de transformer le rien en tout indispensable, qui fait que la vie "devient légère, penchée sur ce rien"....
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Qu'est-ce qui donne du sens à votre vie?
Christian Bobin répond "rien", puis en maître de la pirouette - quand le mièvre, le vide ou le banal guettent - il ôte à la question un mot ("sens") et voici "qu'est ce qui vous donne votre vie ?",
question à laquelle s'offrent mille réponses, que Bobin se met à nous chanter avec sa prose poétique, aérienne, multicolore et qui touche toujours une facette de la vérité.
Juste quelques pages mais quel plaisir de les lire, les relire,... se mettre à chanter.
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Face à la question : qu'est ce qui donne du sens à votre vie? Christian Bobin demande "Qu'est ce qui vous donne votre vie? "
Soustrayons donc le sens pour en connaître l'essence.
Un texte musical.
"éclaire ce que tu aimes sans toucher à son ombre". C. Bobin
J'aime. Je vous l'écris.
Astrid SHRIQUI GARAIN
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Je me délecte toujours des phrases de Christian Bobin, j'ai particulièrement aimé Éloge du rien, ça m'a beaucoup fait penser à l'écriture surréaliste de Paul Éluard, surtout dans Capitale de la Douleur. Christian Bobin est un des auteurs que j'aime sans être capable de définir pourquoi. Ce qu'il écrit est beau, j'aime relire certaines de ses phrases, même sorties de leur contexte, j'aime le lire à haute voix.
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L'éloge du rien n'est pas l'éloge de rien.
Bobin ne veut pas dire ce qui donne sens à la vie, mais plutôt ce qui fait vivre.
De sa plume légère il décrit l'amour qui mène le monde, du moins le sien et son écriture. Il est normal pour lui de produire de la beauté avec des mots, la question ne se pose pas, sa vie est là, la vie est dans la beauté, dans ce qui étreint l'homme au coeur, dans ce qui vient du dedans, de tout au fond.
Et non pas les récits académiques, les dissertations et les réflexions surfaites.
En vingt cinq très courtes pages d'une lettre, il donne sa vision de l'art.

Sensible, beau, touchant, lumineux.
Bobin.
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
Qu'est-ce que c'est, un adulte. C'est quelqu'un qui est absent de sa parole comme de sa vie - et qui le cache. C'est quelqu'un qui ment. Il ment non sur telle ou telle chose, mais sur ce qu'il est. Un enfant devient adulte quand il est capable d'un tel mensonge profond, essentiel. J'usais donc, avec plus ou moins d'habileté, de cet art du semblant. J'en usais sur un temps très court. Il me semblait importun de dire en vingt lignes ce qui pouvait l'être en dix. Un mot souvent suffit. Et même aucun. Pour toutes ces raisons, j'ai d'abord eu envie de vous répondre : "Ce qui donne un sens à ma vie ? Rien, et surtout pas l'écriture". Car je suppose que vous m'interrogez en raison des quelques livres que j'ai écrits. On demande toujours beaucoup trop aux écrivains. Comme s'ils détenaient un savoir abondant, disponible jour et nuit. Comme si l'on écrivait à partir d'un savoir. C'est l'inverse qui est vrai : on ne peut bien écrire que de ce qu'on ignore. On ne peut bien écrire qu'en allant vers l'inconnu - et non pour le connaitre, mais pour l'aimer. Philosophe et mystique ont beaucoup brodés sur ce thème. Beaucoup tissés de lourd manteaux. Les philosophes m'ennuient. Leur langue est amère. Leur désir est bien trop impatient pour être jamais comblé. Les mystiques m'enchantent quand ils vivent d'amour et d'eau pure, non quand ils pensent. On ne peut pas penser quand on est amoureux. On est trop occupé à brûler sa maison. On ne garde aucune pensée pour soi. On les envoie toutes vers l'aimée, comme des colombes, comme des étioles, comme des rivières. Quand on est amoureux, on est ivre. On est comme cet homme, hier, dans la rue. Il avançait, étourdi de boisson. La voix forte, le geste ample, il s'entretenait avec lui-même. Il a soudain fouillé dans son manteau, en a sorti de l'argent qu'il a jeté, par poignées, sur la route. Puis il s'en est allé, dédaigneux de sa fortune. Délié de soi. Dépris de tout royaume. Oui, on est un peu comme ça, quand on est amoureux. On vide ses poches, on perd son nom. On découvre avec ravissement la certitude de n'être rien. (...)
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ne rien prévoir, sinon l’imprévisible. ne rien attendre, sinon l’inattendu
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Votre lettre est là, sur le bord d'un buffet de cuisine. Elle attend. Depuis bientôt une semaine, elle attend ma réponse. une petite femme d'encre, modeste, avec sa jupe un peu froissée, ses phrases croisées sur ses genoux. A chaque regard sur elle, elle repose sa question. Et je ne sais toujours pas y répondre. Je la vois tous les jours. Je passe beaucoup de temps dans cette cuisine. J'y goûte un silence que les lumières du dehors font tinter comme du cristal.
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Oui, on est un peu comme ça, quand on est amoureux. On vide ses poches, on perd son nom. On découvre avec ravissement la certitude de n'être rien. Mais je m'éloigne de votre question. A moins que j'y vois comme au centre: seul l'amour donne un sens à ma vie, en la rendant à elle-même insensée. (p.15)
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Oui, on est un peu comme ça, quand on est amoureux. On vide ses poches, on perd son nom. On découvre avec ravissement la certitude de n'être rien. Mais je m'éloigne de votre question. A moins que j'y vois comme au centre: seul l'amour donne un sens à ma vie, en la rendant à elle-même insensée. (p.15)
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Videos de Christian Bobin (70) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christian Bobin
Avec Catherine Cusset, Lydie Salvayre, Grégory le Floch & Jakuta Alikavazovic Animé par Olivia Gesbert, rédactrice en chef de la NRF
Quatre critiques de la Nouvelle Revue Française, la prestigieuse revue littéraire de Gallimard, discutent ensemble de livres récemment parus. Libres de les avoir aimés ou pas aimés, ces écrivains, que vous connaissez à travers leurs livres, se retrouvent sur la scène de la Maison de la Poésie pour partager avec vous une expérience de lecteurs, leurs enthousiasmes ou leurs réserves, mais aussi un point de vue sur la littérature d'aujourd'hui. Comment un livre rencontre-t-il son époque ? Dans quelle histoire littéraire s'inscrit-il ? Cette lecture les a-t-elle transformés ? Ont-ils été touchés, convaincus par le style et les partis pris esthétiques de l'auteur ? Et vous ?
Au cours de cette soirée il devrait être question de Triste tigre de Neige Sinno (P.O.L.) ; American Mother de Colum McCann (Belfond), le murmure de Christian Bobin (Gallimard) ; le banquet des Empouses de Olga Tokarczuk (Noir sur Blanc).
À lire – Catherine Cusset, La définition du bonheur, Gallimard, 2021. Lydie Salvayre, Depuis toujours nous aimons les dimanches, le Seuil, 2024. Grégory le Floch, Éloge de la plage, Payot et Rivages, 2023. Jakuta Alikavazovic, Comme un ciel en nous, Coll. « Ma nuit au musée », Stock 2021.
Lumière par Valérie Allouche Son par Adrien Vicherat Direction technique par Guillaume Parra Captation par Claire Jarlan
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