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EAN : 9782070387243
90 pages
Éditeur : Gallimard (14/04/1993)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 408 notes)
Résumé :
"Celle qu'on aime, on la voit s'avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue - comme une étoile au point du jour. À vous voir, une clairière s'ouvrait dans mes yeux. À voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu. Avec le regard simple, revient la force pure."

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Critiques, Analyses et Avis (44) Voir plus Ajouter une critique
latina
  03 juillet 2014
Bobin n'est pas le genre d'auteur dont on parle de façon anodine, genre « T'as lu son recueil de textes ‘Une petite robe de fête' ? C'est bien, hein ? »
NON !
Car rédiger une critique sur ce livre, comme tous ceux de cet auteur, est une tâche difficile, voire insurmontable.
Comment décrire la profondeur de sa pensée ? Comment arriver à atteindre le silence qui est au coeur de l'être, de l'auteur comme du lecteur ? Comment cerner sa propre solitude et son désir d'amour ? En cela, Bobin parle de lui, de moi, de nous...Il dit l'inexprimable.
Il parle de la lecture aussi, et je m'y retrouve. Il parle de la fatigue, du travail, de l'enfance, et je m'y retrouve. Et nous nous y retrouvons, c'est incontestable.
Loin de moi l'idée de raconter chaque petit texte en détail ; car mon propre ressenti sera différent de celui de chacun.
Je peux juste affirmer que ses mots se savourent et qu'ils atteignent le coeur si celui-ci est prêt à les accueillir. Et ses phrases se déroulent en empruntant à la poésie, elles s'enveloppent les unes sur les autres, emmenant au passage le lecteur dans leur cheminement. Une fois entré dans cette spirale de mots magiques, d'images lumineuses, on ne veut plus en sortir, car ces mots, ces images nous ont fait toucher l'essentiel.
Une dernière phrase, celle de Bobin, qui à elle seule résume tout ce que j'aurais voulu dire :
« Les livres aimés se mêlent au pain que vous mangez. Ils connaissent le même sort que les visages entrevus, que les journées limpides d'automne et que toute beauté dans la vie : ils ignorent la porte de la conscience, se glissent en vous par la fenêtre du songe et se faufilent jusqu'à une pièce où vous n'allez jamais, la plus profonde, la plus retirée. Des heures et des heures de lecture pour cette légère teinture de l'âme, pour cette infime variation de l'invisible en vous. »
Silence et respect.
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Croquignolle
  30 juin 2017
Christian Bobin
Ca fait longtemps que cet homme sait me toucher là où ça émeut, émerveille, rend joyeux ou mélancolique. Les voyages à ses côtés sont toujours passionnants, riches en paysages colorés, en rencontres marquantes, en émotions vibrantes.
Une petite robe de fête est un livre qui se lit lentement.
Il se déguste, délivrant des saveurs orientales, sucrées-salées, du terroir ou exotiques.
Il se dévore des yeux, les mots se répondant, les phrases se bousculant, les retours à la ligne nous apaisant.
Il se touche, laissant mes mains parcourir les lignes, les visages, les feuilles des arbres ou les nuages.
Il s'écoute, m'invitant à la fête ou au silence, à l'introspection ou aux mélodies joyeuses de la Vie qui s'épanche et déborde.
Il se sent, délivrant les parfums d'automne, de champignon, d'océan, de chagrin, de rose ou de désir.
Il se ressent, provoquant en moi larmes, frissons, douceur et papillons, envie et passion.
J'ai eu un immense coup de coeur pour « Terre promise », un texte sur l'écriture, sur la lecture, sur ce qui fait l'essence d'une vie.
Une vocation.
Un appel à rejoindre ce qui me met en marche.
Un appel à oser !
Christian Bobin… Un homme à l'écriture poétique d'une simplicité désarmante qui ne cesse de me rejoindre là où je souhaite la compagnie des mots.
Une merveille !
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jeunejane
  24 février 2017
Comme étiquette du livre, j'ai choisi "recueil de nouvelles", j'aurais dû écrire "recueil de réflexions".
Ces réflexions que Christian Bobin tourne si bien autour d'un thème à chaque fois différent.
"Vie souterraine" est ma nouvelle préférée. On y rencontre une femme qui se voue à l'écriture lorsqu'elle a fini toutes ses tâches.
La préface décrit la petite enfance comme un continent qui s'arrête au corps de l'enfant, il y définit le lecteur comme un être qui s'échappe de la vraie vie et marque une nette différence entre le lecteur et le non-lecteur.
Ses phrases amènent sans cesse à la réflexion.
Parfois, j'approuvais ses mots mais à certains moments, je les désapprouvais totalement.
Ainsi, dans "La petite robe de fête", il déclare qu'on n' attend rien dans l'enfance et qu'on commence à attendre quelque chose de sa vie à l'âge adulte. Pour moi, l'enfance est la période où j'ai attendu le plus et l'âge adulte, l'âge où j'ai avancé et décidé le plus.
Bref, belle lecture avec des passages que j'approuvais et d'autres que j'avais envie de contredire.
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dancingbrave
  01 mai 2020
Recueil de nouvelles formant une excellente et brève initiation au monde de Christian Bobin, à sa poésie pénétrante.
Introduction, première page, première émotion : comment cet homme peut-il autant pénétrer mon âme ?
C'est fou, j'ai ce sentiment troublant qu'une fée m'aurait touché de sa baguette, me donnant le talent d'écrire, car les mots que je lis sont le reflet de ce que je pense intimement et profondément.
C'est même très troublant de voir ses idées, que l'on croit un peu étranges ou même marginales, avancées si naturellement, si profondément.

Je vais vous confier un secret : Christian Bobin est mon nègre, mais il signe de son nom.
C'est normal, c'est lui qui a le talent…
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Levant
  04 août 2016
Un livre de Bobin, c'est comme une compression de César. Ça procède d'une intention insondable. Ça ne sert qu'à vous exalter ou au contraire vous offusquer.
Il l'écrit lui-même : de cette lecture " vous ne retenez rien, ou juste une phrase. Vous êtes comme un enfant à qui on montrerait un château et qui n'en verrait qu'un détail, une herbe entre deux pierres, comme si le château tenait sa vraie puissance du tremblement d'une herbe folle".
Un livre de Bobin ne raconte pas d'histoire. N'a ni intrigue, ni suspense. Ni début ni fin. Ne répond à aucune question. Ne fait que vous interpeler, vous interroger, vous déconcerter. De sa lecture vous ressortirez agacé ou dithyrambique, mais pas indifférent. Mais de la gangue vous pourrez quand même extraire quelques pépites.
"C'est quoi au juste prier. C'est faire silence. C'est s'éloigner de soi dans le silence".
"Partout l'appel, partout l'impatience de la gloire d'être aimé, reconnu, partout cette langueur de l'exil et cette faim d'une vraie demeure – les yeux d'un autre".
"Un livre est grand par la grandeur du désespoir dont il procède, par toute cette nuit qui pèse sur lui et le retient longtemps de naître".
C'est ça un livre de Bobin. C'est court. Ça vous laisse perplexe. On se dit qu'on n'y retouchera plus. Puis on y revient.
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Citations et extraits (243) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   11 décembre 2017
....
Il y a bien des frontières entre les gens. L'argent, par exemple. Cette frontière-là, entre les lecteurs et les autres, est encore plus fermée que celle de l'argent. Celui qui est sans lecture manque du manque. La muraille entre les riches et les pauvres est visible. Elle peut se déplacer ou s'effondrer par endroits. La muraille entre les lecteurs et les autres est bien plus enfoncée dans la terre, sous les visages. Il y a des riches qui ne touchent aucun livre. Il y a des pauvres qui sont mangés par la passion du livre. Où sont les pauvres, où sont les riches. Où sont les morts où sont les vivants. C'est impossible à dire. Ceux qui ne lisent jamais forment un peuple taciturne. Les objets leur tiennent lieu de mots : les voitures avec sièges en cuir quand il y a de l'argent, les bibelots sur les napperons quand il n'y en a pas. Dans la lecture on quitte sa vie, on l'échange contre l'esprit du songe, la flamme du vent. Une vie sans lecture est une vie que l'on ne quitte jamais, une vie entassée, étouffée de tout ce qu'elle retient comme dans ces histoires du journal, quand on force les portes d'une maison envahie jusqu'aux plafonds par les ordures. Il y a la main blanche de ceux qui ont pour eux l'argent. Il y a la main fine de ceux qui ont pour eux le songe. Et il y a tous ceux qui n'ont pas de mains - privés d'or, privés d'encre. C'est pour ça qu'on écrit. Ce ne peut être que pour ça, et quand c'est pour autre chose c'est sans intérêt : pour aller les uns vers les autres. Pour en finir avec le morcellement du monde, pour en finir avec le système des castes et enfin toucher aux intouchables.
(Préface)
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charlottelitcharlottelit   11 mars 2012
Dans le moulin de ma solitude, vous entriez comme l'aurore,
vous avanciez comme le feu.
Vous alliez dans mon âme comme un fleuve en crue.
Et vos rives inondaient toutes mes terres.
Quand je rentrais en moi, je n'y retrouverais rien :
là où tout était sombre, un grand soleil tournait.
Là où tout était mort, une petite source dansait.
Une femme si menue qui prenait tant de place
: je n'en revenais pas.
Il n'y a pas de connaissance en-dehors de l'Amour.
Il n'y a dans l'amour que de l'inconnaissable.
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cchaccha   22 mars 2010
Au sortir d'un grand livre vous connaissez toujours ce fin malaise, ce temps de gêne. Comme si l'on pouvait lire en vous. Comme si le livre aimé vous donnait un visage transparent - indécent : on ne va pas dans la rue avec un visage aussi nu, avec ce visage dénudé du bonheur. Il faut attendre un peu. Il faut attendre que la poussière des mots s'éparpille dans le jour.
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cchaccha   12 mai 2011
L'homme livide c'est l'homme social, c'est l'homme utile, persuadé de son utilité. C'est l'homme de la plus faible identité - celle de maintenir les choses en état, celle du mensonge éternel de vivre en société. Et puis il y aurait un autre type d'homme. Inutile, celui-là. Merveilleusement inutile. Ce n'est pas lui qui invente la brouette, les cartes bancaires ou les bas nylon. Il n'invente jamais rien. Il n'ajoute ni n'enlève rien au monde : il le quitte. Il s'en découvre quitté, c'est pareil. On l'aperçoit ici ou là. Il pousse devant lui le troupeau de ses pensées. Il rêve dans toutes les langues. De loin, visible. Il est comme ces gens du désert, ces hommes bleus.Il est comme ces gens aux chairs teintées du tissu qui les garde du soleil. Il a le cœur perclus de bleu. On l'aperçoit ici ou là, dans les révoltes qu'il inspire, dans les flammes qui le mangent. Dans les livres qu'il écrit. C'est pour le voir que vous lisez. C'est pour les heures nomades, pour la brise d'une phrase sous les tentures de l'encre. Vous allez de livre en livre, de campement en campement. La lecture, c'est sans fin. C'est comme l'amour, c'est comme l'espoir, c'est sans espoir.
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lumiere33lumiere33   25 mars 2016
Elle, elle aime bien que vous soyez là, à la regarder. Dans ses jeux elle a parfois ce cri que poussent tous les enfants, cette demande de la terre au ciel, et du ciel à la terre, cette phrase partout mendiante, cette poussée de vérité : regarde-moi, regarde-moi. Les enfants appellent ainsi à l'instant le plus périlleux de leurs jeux, à cet instant dont ils supposent qu'il leur vaudra gloire et honneur. Regarde-moi, regarde-moi. Vous vous dites : les chevaux aussi demandent ça, et les arbres, et les fous et les pauvres, et tout ce qui passe dans le temps -- pour un temps. Partout l'appel, partout l'impatience de la gloire d'être aimé, reconnu, partout cette langueur de l'exil et cette faim d'une vraie demeure -- les yeux d'un autre. Regarde-moi, regarde-moi.
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Videos de Christian Bobin (62) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Christian Bobin
L'émission “Du jour au lendemain” (qui a pris fin il y a peu), était animée par Alain Veinstein et diffusée du lundi au vendredi sur les ondes de France Culture. Le 19 avril 2014, Alain Veinstein recevait le poète français Christian Bobin pour son roman “La grande vie” (Gallimard).
Thèmes : Littérature| Littérature Contemporaine| Poésie| Christian Bobin
Source : France Culture
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