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ISBN : 2072851718
Éditeur : Gallimard (27/06/2019)

Note moyenne : 4.06/5 (sur 290 notes)
Résumé :
Il nous faut mener double vie dans nos vies, double sang dans nos cœurs, la joie avec la peine, le rire avec les ombres, deux chevaux dans le même attelage, chacun tirant de son côté, à folle allure. Ainsi allons-nous, cavaliers sur un chemin de neige, cherchant la bonne foulée, cherchant la pensée juste, et la beauté parfois nous brûle, comme une branche basse giflant notre visage, et la beauté parfois nous mord, comme un loup merveilleux sautant à notre gorge.
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Critiques, Analyses et Avis (37) Voir plus Ajouter une critique
Jolap
  29 mars 2017
Chaque fois que je lis un livre de Christian Bobin j'ai la douce impression d'en ressortir grandie. Je me sens bien. Je suis apaisée. La folle Allure peut se lire comme un roman. C'est d'ailleurs un roman. L'histoire de Lucie qui s'exerce toute sa vie à être libre. Nous l'accompagnons à une folle allure dans ses choix, dans ses renoncements, dans ses audaces, dans sa quête du bonheur à travers des aventures à haut risques. Elle est entourée de personnages singuliers. Ceux qui la comprennent et ceux qui sont déroutés par ses agissements.
Mais la folle allure peut se lire comme un ouvrage philosophique et nous pouvons nous imprégner de certains extraits faisant office de canevas. Un canevas sur lequel une scène apparaît comme chaque fois qu'une brodeuse s'applique à compter les points qu'elle va poser.
L'allure s'impose et le texte est à la fois court par le nombre de caractères et dense par son contenu.
Une vie peut s'appréhender de tellement de façons!
Je me souviens avoir écouté Christian Bobin dans une interview. Il disait quelque chose ressemblant à ceci: Ce matin je me suis réveillé sous un tonnerre d'applaudissements. (une pluie battante). Même le roi soleil n'avait pas un tel accueil à son lever. Voilà. Tout est dit. Différentes manières de vivre sa vie. Que ce soit lentement ou à une folle allure....
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zabeth55
  31 décembre 2015
C'est doux, c'est frais, c'est chaud comme une caresse
C'est plein de douceur et de tendresse
C'est sensible et délicat
C'est poétique et ça réchauffe le coeur
C'est une histoire très tendre, qui ressemble à un conte, écrite d'une plume qu'on pourrait penser féminine.
Cette petite fille si tendre, si indépendante, devenue une jeune femme si fragile mais si positive et éprise de liberté, on la suit avec bienveillance au fil des pages
« On verra bien », telle est sa devise
Et bien, c'est tout vu, j'ai beaucoup aimé et ne manquerai pas de lire d'autres livres de Christian Bobin.
Une année littéraire qui se termine sur une note très agréable.
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berni_29
  01 septembre 2018
La folle allure, c'est une échappée belle, toutes voiles dehors. C'est la légèreté et le désir qui viennent dans nos pas.
C'est une robe d'été qui fait la nique à l'hiver.
C'est une invitation à être libre et vouloir le rester farouchement.
Il y a quelque chose d'aérien dans cette invitation totalement débridée, c'est comme marcher sur un fil tendu entre ciel et terre, ici les mots de Christian Bobin nous viennent comme des nuées d'oiseaux.
La folle allure, c'est l'art de la fugue, comme s'il fallait renaître à chaque battement de coeur, à chaque battement d'ailes, réinventer nos vies, changer de prénom, changer d'adresse...
La folle allure, c'est une manière de dire oui à la vie et de dire non aux cailloux qui s'incrustent dans nos souliers parfois trop étroits.
Dire oui à la joie, dire non lorsqu'elle s'en va.
Et puis se perdre dans le regard d'un loup...
Dans ce roman en forme de récit poétique, tout commence comme un conte de fées. Les fées se sont un jour penchées sur le berceau de Lucie et lui ont confiée les clefs de la cage d'un loup.
Les clés sont faites pour ouvrir les portes.
Les petites filles qui naissent et grandissent comme Lucie dans un cirque savent apprivoiser les loups, marcher sur un fil au-dessus du vide, s'approcher de la lumière comme les phalènes sans même se brûler les ailes, ou du moins presque jamais...
Elles vivent au jour le jour.
Demain ? Demain, on verra bien...
Les phrases de Christian Bobin dansent comme des phalènes dans la lumière fragile de l'existence. Elles nous invitent dans la cavale de Lucie, sous la ramure d'une érable plus que centenaire et fier au milieu du béton, dans la musique de Jean-Sébastien Bach qui s'enroule comme des vagues jetées sur le ponton du jour.
La mémoire d'un livre, c'est aussi son empreinte qui résonne longtemps après en nous. Longtemps après, moi aussi comme Lucie j'ai continué d'appeler Jean-Sébastien Bach "le gros", je ne sais pas pourquoi, je trouvais cela attendrissant...
Comme dans tout conte de fées, ici il y a aussi un ogre...
La folle allure, c'est le rire solaire d'une mère ou bien celui d'une vieille dame.
Lucie grandit, s'échappe du cirque, s'envole. Désire, séduit, incomprise peut-être des hommes qu'elle aime... Au fond, il n'y a peut-être que les loups et les vieilles dames qu'on croit un peu folles, pour la comprendre.
Lucie aime la joie et ne veut pas qu'on vienne l'éteindre dans son coeur. C'est là peut-être sa seule peur, mais c'est une peur immense comme le vide abyssal au-dessous du fil sur lequel elle marche, et qui lui donne des ailes...
La folle allure, c'est sans doute l'un des livres que je préfère de Christian Bobin. Il sent bon la vie comme une gourmandise ou bien comme une fugue, quelque chose qui apaise et qui dit de ne jamais renoncer à ses rêves...
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sandrine57
  19 juillet 2013
Elle s'appelle Lucie, ou Irène, ou Prune, ou Marilyn. Elle adore s'inventer un nouveau nom, une nouvelle adresse, une nouvelle histoire qu'elle raconte à chacune de ses fugues. Car même la vie itinérante du cirque dans lequel travaillent ses parents ne suffit pas à calmer ses envies de liberté, d'ailleurs. Chaque évasion est accueillie par le silence courroucé du père et les éclats de rire de la mère qui sait bien, elle, que rien ne peut retenir les élans de sa fille amoureuse d'un loup à deux ans et d'un fils de notaire à dix-sept ans. En toute chose, Lucie suit son instinct, ou plutôt ce qu'elle appelle son "ange", se laisse guider par cette force qui la mène dans la cave d'une cité à Créteil, dans les bras de son voisin à Paris, sur les plateaux de cinéma ou dans une chambre d'hôtel du Jura. Libérée de toute contrainte, elle n'a qu'une devise : "On verra bien...".

Seule dans sa chambre d'hôtel, Lucie se raconte, de ses premiers émois à sa dernière extravagance, une vie riche d'expériences, une vie sans contraintes, sans concessions, une vie qu'elle s'est forgée en suivant ses envies, ses coups de coeur, ses impulsions. Sous la plume délicate mais acérée de Christian BOBIN, Lucie, héroïne libre et flamboyante, prend naissance dans la cage d'un loup, grandit dans un pensionnat catholique, se révèle dans l'écriture, sous les yeux d'un père taiseux, perfectionniste, exigeant, et d'une mère, belle et folle, joyeuse, amoureuse de la vie.
Un livre magnifique, une leçon d'optimisme, de liberté, de légèreté dans les pas d'une jeune femme qui aime la grande musique, les livres très épais, les robes d'été au coeur de l'hiver, la vie, les gens. Christian BOBIN aligne les jolies phrases, les pensées profondes, les leçons de vie, sans avoir l'air d'y toucher...Un auteur à découvrir et à aimer.
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Osmanthe
  28 avril 2015
Quelle lecture splendide ! Une petite fille du cirque blottie à l'âge de deux ans dans le ventre d'un loup adoré à jamais, qui enfant découvre la vie de fugue en fugue, s'inventant des prénoms différents...Elle explore, dévore le monde, rit, pleure, aime...provoque ! A dix-sept ans, lorsque cette petite nomade de milieu modeste se marie à Roman, fils de notaire...Mais bientôt l'ennui la guette, et après sept ans de mariage, elle rencontre vraiment l'amour avec "l'ogre" Alban, un musicien amateur de Bach, le "Gros" qu'elle adore depuis toute petite. Cela durera trois ans, et puis retour au chaleureux bercail familial, auprès de ses parents aimants, malgré un père plus froid et pudique dont les colères sont désamorcées par une mère rieuse et compréhensive (et dont l'amant fleuriste vit plus ou moins avec le couple, dans l'harmonie...), sans compter deux petits frères jumeaux. Et puis il y a cette vieille dame d'une maison de retraite qui semble virer folle (mais peut-être a-t-elle elle aussi envie de cavaler une dernière fois au grand air ?), à laquelle notre héroïne s'attache...
La folle allure, c'est cette plénitude, cette densité, ce concentré de vie chez cette enfant, puis jeune femme, entre deux ans et la petite trentaine. Ce petit bout de femme nature et libre est un tourbillon avide de découverte, avec sa devise "on verra bien". On sent en elle la joie, mais aussi un côté sombre, une ambivalence, des peurs, des peines qu'elle combat sans jamais rien lâcher.
L'écriture traduit parfaitement ce rythme, ce tempo rapide, échevelé, comme si l'auteur faisait corps avec son personnage, et de manière étonnante il insuffle une puissance poétique permanente à ce récit, ciselant des phrases de toute beauté sur les choses de la vie.
L'histoire et les mots sont émouvants sans jamais sombrer dans le pathos, la pudeur domine, et la vie, la beauté de la vie quand elle est succession d'expériences constamment renouvelées avec coeur, amour et gourmandise...
Vraiment un livre magnifique d'un écrivain creusotin discret qui pourtant enchaîne les bijoux depuis trois décennies...Une de mes plus belles lectures depuis longtemps, à rapprocher du superbe "Les solidarités mystérieuses" de Pascal Quignard.
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Citations et extraits (149) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   19 août 2013
Il souffrait de mélancolie. Tu sais ce que c'est la mélancolie ? Tu as déjà vu une éclipse ? Et bien c'est ça : la lune qui se glisse devant le cœur, et le cœur qui ne donne plus sa lumière. La nuit en plein jour. La mélancolie c'est doux et noir. Il en a guéri à moitié : le noir est parti, le doux est resté.
Tu sais, la pâtisserie et l'amour, c'est pareil - une question de fraîcheur et que tous les ingrédients, même les plus amers, tournent au délice.
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FraHauFraHau   23 novembre 2010
Mon premier amour a les dents jaunes. Il entre dans mes yeux de deux ans et demi. Il se glisse par la prunelle de mes yeux jusqu'à mon coeur de petite fille où il fait son trou, son nid, sa tanière. Il y est encore à l'heure où je vous parle. Aucun n'a su prendre sa place. Aucun n'a su descendre aussi loin. J'ai entamé ma carrière d'amoureuse à deux ans avec le plus fier amant qui soit : les suivants ne seraient jamais à la hauteur, ne pourraient jamais l'être. Mon premier amour est un loup. Un vrai loup avec fourrure, odeur, dents jaune ivoire, yeux jaune mimosa. Des taches d'étoiles jaunes dans une montagne de pelage noir.
+ Lire la suite
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blanchenoirblanchenoir   30 mars 2014
Je n'écris pas avec de l'encre. J'écris avec ma légèreté. Je ne sais pas si je me fais bien entendre : l'encre, je l'achète. Mais la légèreté, il n'y a pas de magasin pour ça. Elle vient ou ne vient pas, c'est selon. Et quand elle ne vient pas, elle est quand même là. (...)
Et si en même temps elle est rare, d'une rareté incroyable, c'est qu'il nous manque l'art de recevoir, simplement recevoir ce qui nous est partout donné.
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ElisanneElisanne   05 juin 2011
Qu'avons-nous à nous dire dans la vie,
sinon bonjour, bonsoir,
je t'aime et je suis là encore,
pour un peu de temps vivante
sur la même terre que toi.
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AgatheDAgatheD   30 janvier 2017
Un loup, ca ne se dresse pas. Les gens emmenaient leurs enfants voir le prince noir des contes de fée, la brute superbe. On ne leur disait pas la vérité : que ce loup était plus aimable qu'un lapin, que l'écuyere lui donnait à manger dans sa main et que rien de grave, pas même un grognement , n'était sorti de la montagne de fourrure et d'étoiles. On avait accroché un écriteau en lettres rouges au-dessus de la cage : loup de la région de Cracovie.Les gens étaient plus effrayés par la pancarte que par la bête assoupie au fond de la cage. Mais ils étaient contents, ca leur suffisait comme preuve. Ce sont les noms qui font peur. Les choses sans les noms ce n'est rien, pas même des choses.
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Vidéo de Christian Bobin
L’émission « For intérieur », par Olivier Germain-Thomas, diffusée le 31 mars 2002 sur France Culture.
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