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EAN : 9782909096001
84 pages
Éditeur : Paroles d'Aube (30/11/-1)

Note moyenne : 4.44/5 (sur 18 notes)
Résumé :
Il n'y a rien à dire de Christian BOBIN sinon qu'il écrit.
Parce que c'est inutile - comme l'amour, comme le jeu, comme l'enfance. Parce que rien n'est plus utile comme l'amour, comme le jeu, comme l'enfance. C'est une histoire qui a commencé en 1951 et qui se terminera on ne sait quand. De loin en loin des livres, des titres - par exemple : Souveraineté du vide, Le huitième jour de la semaine, La part manquante.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
fanfanouche24
  11 mai 2021
Parution chez Paroles d'Aube il y a près de 30 ans, J'ai découvert et emprunté à ma médiathèque ce court recueil rassemblant trois entretiens avec Christian Bobin, dialoguant avec Charles Juliet, Nelly Bouveret et Judith Brouste. Je vais essentiellement parler de celui avec l'écrivain , Charles Juliet, qui est le plus important…couvrant l'essentiel des thématiques et sujets de réflexion de Christian Bobin….
J'ai lu ce précieux petit livre ce dernier dimanche, au Jardin des Plantes, toujours touchée pour l'extrême profondeur et simplicité littéraire et « philosophique » de Bobin… Une envie soudaine à l'issue de cette lecture : relire « L'Homme du désastre »… Livre –Hommage à Antonin Artaud…où tant est exprimé de la personnalité de l'écrivain !
« 1er entretien de C. Bobin avec Charles Juliet
- Vous avez écrit une lettre à Antonin Artaud. Cette lettre a donné un livre. L'Homme du désastre.
A l'origine de cette écriture il y a une voix, et puis de la lumière. La lumière c'est celle d'un été. Accablante , décourageante. Dans la lumière une maison pleine d'ombres. Dans le milieu des ombres, un livre d'Antonin Artaud. Sa correspondance, les lettres écrites à Rodez. Il est à l'hôpital psychiatrique. Il écrit beaucoup. A sa mère, à des amis, à des médecins. Il est dans l'humiliation physiologique, dans la misère mentale. Il demande qu'on lui envoie des colis. Et dans le même temps il écrit des lettres qui conseillent, qui orientent, qui aident. C'est quelque chose qui m'a beaucoup touché: quelqu'un qui est au plus bas de ses forces et qui éclaire des vies autour de lui. J'ai fait ce petit livre pour ça, par gratitude, pour apprivoiser la vérité de cette voix. (p. 49)”
En lisant ces entretiens… datant de près de 30 années… je constate, ayant continué à lire avec toujours beaucoup d'attention , la prose poétique de Christian Bobin, qu'il est resté fidèle à ses convictions et ressentis de ses 40 ans…Les deux extraits choisis que je transcris dans cette brève chronique expriment l'essentiel de son Art de Vivre et son Art d'écrire !

« 2e entretien de C. Bobin avec Nelly Bouveret - "Une paire de chaussures neuves..."
(...) D'ailleurs c'est à ça qu'il devrait servir, l'art, sinon c'est inutile, du temps gâché: ouvrir notre regard sur ce qui est, sans exclusive. Fleurir notre sang. Les peintres passent des heures, passent des siècles à dessiner deux roses dans un vase, un fruit taché sur une nappe. Ils se mettent au service de plus humble, du rien des choses, de la rougeur d'une étoffe, du tremblé d'un visage. Quand on a bien appris la leçon des peintres-mais je pourrais dire la même chose des écrivains ou des musiciens-on peut aller partout trouver sa nourriture. On voit qu'il n'y a pas l'abondance d'un côté et la pauvreté de l'autre. pas l'art, la noblesse, la grandeur d'un côté, et l'insignifiance, le trivial, le quotidien de l'autre. On voit que le quotidien est l'abondance.”
(p. 56)
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LUKE59
  26 mars 2013
Ce court ouvrage , paru en 1993, est un relevé d' entretiens accordés par l' auteur à trois interlocuteurs issus du monde des lettres dont l' écrivain Charles Juliet. Les thèmes abordés sont ceux chers à l' auteur : l' enfance, la solitude (toujours vécue comme un bienfait), ses lectures de prédilection , l' amour.....On retrouve un Christian Bobin égal à lui-même, nous faisant partager aussi bien la volupté qu' il peut tirer de la simple contemplation de choses infimes, que son regard sans complaisance sur une société vis-vis de laquelle il prend ses distances.Ce qui frappe avant tout dans cette lecture, c' est une parole spontanément aussi belle et poétique que son écriture.
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PascalOlivier
  20 mars 2019
Paru chez Paroles d’Aube en 1993, La merveille et l’obscur est un court recueil (83 pages) d’entretiens avec Charles Juliet, Nelly Bouveret et Judith Brouste. Concentrons-nous sur celui avec Charles Juliet tant il est précieux de voir dialoguer ensemble ces deux géants de la poésie. Les questions concises, emplies d’une soucieuse gravité soucieuse, de Charles Juliet permettent à Christian Bobin de nous ouvrir son cœur tant ses réponses sont sublimes, d’une beauté à couper le souffle. Le poète nous fait comprendre que son art n’est pas un positionnement intellectuel ni une affaire de technique littéraire mais un regard complétement différent sur le monde. Cette singularité ne veut pas dire que le poète vit dans un optimisme béat qui trouverait de la beauté partout, Christian Bobin a d’ailleurs des mots durs sur le travail industriel : « Les usines ça ne fait pas que voler vos forces contre un peu, si peu d’argent: ça vous vole jusqu’à votre goût de vivre ». Les paroles du poète, emplies d’amour et d’émerveillement, font résonner en nous une partie oubliée ou si bien cachée, celle de l’enfance, dure, belle et innocente à la fois. « Un enfant a une connaissance immédiate de tout. Ce qu’on lui tait, il l’entend. Ce qu’on lui cache, il le voit. Cette connaissance de l’invisible, il l’exerce partout, pour tout. » Pour les amoureux de l’œuvre de Christian Bobin, La merveille et l’obscur s’avère précieux à lire aussi bien pour la quantité d’informations sur le parcours et la vie de l’homme ainsi que pour le développement de sa pensée à propose de son art: « Ce qui se dépose dans les livres n’est qu’une faible partie de l’écriture. L’essentiel ne croupit pas dans les livres mais continue de briller dans le cœur, de rafraichir un regard. Il y a une guerre entre les livres et l’écriture, une guerre jamais gagnée, jamais perdue. »
Lien : https://cestarrivepresdechez..
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   11 mai 2021
1er entretien de C. Bobin avec Charles Juliet

- Vous avez écrit une lettre à Antonin Artaud. Cette lettre a donné un livre. L'Homme du désastre.

A l'origine de cette écriture il y a une voix, et puis de la lumière. La lumière c'est celle d'un été. Accablante ,décourageante. Dans la lumière une maison pleine d'ombres. Dans le milieu des ombres, un livre d'Antonin Artaud. Sa correspondance, les lettres écrites à Rodez. Il est à l'hôpital psychiatrique. Il écrit beaucoup. A sa mère, à des amis, à des médecins. Il est dans l'humiliation physiologique, dans la misère mentale. Il demande qu'on lui envoie des colis. Et dans le même temps il écrit des lettres qui conseillent, qui orientent, qui aident. C'est quelque chose qui m'a beaucoup touché: quelqu'un qui est au plus bas de ses forces et qui éclaire des vies autour de lui. J'ai fait ce petit livre pour ça, par gratitude, pour apprivoiser la vérité de cette voix. (p. 49)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 mai 2021
2e entretien de C. Bobin avec Nelly Bouveret - "Une paire de chaussures neuves..."

(...) D'ailleurs c'est à ça qu'il devrait servir, l'art, sinon c'est inutile, du temps gâché: ouvrir notre regard sur ce qui est, sans exclusive. Fleurir notre sang. Les peintres passent des heures, passent des siècles à dessiner deux roses dans un vase, un fruit taché sur une nappe. Ils se mettent au service de plus humble, du rien des choses, de la rougeur d'une étoffe, du tremblé d'un visage. Quand on a bien appris la leçon des peintres-mais je pourrais dire la même chose des écrivains ou des musiciens-on peut aller partout trouver sa nourriture. On voit qu'il n'y a pas l'abondance d'un côté et la pauvreté de l'autre. pas l'art, la noblesse, la grandeur d'un côté, et l'insignifiance, le trivial, le quotidien de l'autre. On voit que le quotidien est l'abondance.
(p. 56)
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fanfanouche24fanfanouche24   10 mai 2021
... Les enfants ont un privilège : on ne leur demande pas de justifier leur existence. On ne demande pas à un enfant ce qu’il fait dans la vie. On le sait bien , ce qu'il fait: il joue, il pleure, il rit. Il vit - et ça suffit pour bien remplir sa vie.
On demande beaucoup plus à un adulte. On lui demande de prouver que son existence n'est pas économiquement, socialement inutile. Un enfant peut s'absenter du monde sans que cela se voit. Un adulte ne le peut pas, ou bien il faut qu'il donne un billet d'absence, un mot d'excuse. [Editions Paroles d'Aube, 1992)..
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fanfanouche24fanfanouche24   11 mai 2021
L'enfance est dans la vie comme une chambre éclairée dedans la maison noire. Les enfants n'aiment pas aller dormir, n'aiment pas ce congé chaque soir donné à la vie. Cette résistance au sommeil, c'est le visage de l'enfance et c'est la figure même de l'excès: poser des questions qu'aucune réponse ne viendra endormir. (p. 17)
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fanfanouche24fanfanouche24   11 mai 2021
1er entretien de C. Bobin avec Charles Juliet

"On voit ce qu'il faut faire, dites-vous de l'adolescence, mais on ne sait pas comment ".

(...) Ce qu'il fallait être, je le voyais bien. Il fallait être quelqu'un, et pour être quelqu'un il fallait avoir avoir un nom, une maison, si possible une femme et un métier. Je voyais bien l'ensemble que ça faisait, mais je n'avais aucun désir d'y entrer. (p. 23)
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Vidéo de Christian Bobin
L'émission “Du jour au lendemain” (qui a pris fin il y a peu), était animée par Alain Veinstein et diffusée du lundi au vendredi sur les ondes de France Culture. Le 19 avril 2014, Alain Veinstein recevait le poète français Christian Bobin pour son roman “La grande vie” (Gallimard).
Thèmes : Littérature| Littérature Contemporaine| Poésie| Christian Bobin
Source : France Culture
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