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Jérôme Beaujour (Collaborateur)
ISBN : 2070387178
Éditeur : Gallimard (26/08/1994)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 95 notes)
Résumé :
Ce livre n'a ni commencement ni fin, il n'a pas de milieu. Du moment qu'il n'y a pas de livre sans raison d'être, ce livre n'en est pas un. Il n'est pas un journal, il n'est pas du journalisme, il est dégagé de l'événement quotidien. Disons qu'il est un livre de lecture. Loin du roman mais plus proche de son écriture - c'est curieux du moment qu'il est oral - que celle de l'éditorial d'un quotidien. J'ai hésité à le publier mais aucune formation livresque prévue ou ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
ster
  22 mai 2011
Ce que j'aime par dessus tout : sa pudeur, elle me touche lorsqu'elle parle de choses graves sans jamais se complaire. Ce qui me fait sourire : sa mégalomanie lorsqu'elle parle d'elle même à la troisième personne. Ce qui me rend triste : qu'écrire, indissociable de l'être "Marguerite Duras", indissociable de l'alcool, indissociable de la maison, fut autant ce qui l'aidait à vivre que ce qui la noyait.. L'écriture comme surface de contact avec autrui, comme prison tout autant. Je voudrais et espère me tromper, aimerais que l'écriture ait davantage été ce qui la guidait.
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AMR
  29 avril 2018
Si je me suis plongée dans ce recueil de textes de Marguerite Duras, c'est parce que l'adaptation théâtrale de l'un de ses extraits m'a particulièrement touchée.
En effet, j'avais été bluffée en mars dernier, par l'interprétation de Corinne Mariotto, pour La Compagnie de la Dame dans la pièce intitulée La Maison, d'après La Cuisine de Marguerite et La Vie matérielle de Marguerite Duras.
Ne connaissant cette auteure que par L'Amant, je sentais bien alors que j'étais passée à côté de l'essentiel la concernant…
Je découvre dans La Vie matérielle une femme proche et abordable, avec ses moments de faiblesse et de lucidité, avec sa vision aiguisée du monde qui l'entoure… une femme qui avait l'âge d'être ma grand-mère… (Mais ma grand-mère avait une vie beaucoup plus rangée et ne picolait pas…).
Ici, Marguerite Duras ne cache rien de sa façon d'être, de ses retards, de certaines de ses rencontres, de son regard et de ses opinions sur les hommes, sur l'homosexualité et l'hétérosexualité, sur le handicap… Elle écrit sur sa maison de Neauphle, sur la vie parisienne des années 80 notamment dans le sixième arrondissement où elle habitait ; elle ne dit pas tout mais parle, par exemple, de la mort de sa mère, de l'Indochine, de Yann Andréa, du « look Duras » (gilet, col roulé, jupe droite), de son fils, de certaines de ses relations amicales ou amoureuses, de ses manies, de ses angoisses, de ses visions délirantes, de sa façon de conduire... Elle ne cache ni le sexe, ni l'alcoolisme, ni la maladie, ni les mauvais jours et les mauvaises rencontres.
Elle évoque des faits divers, dont l'affaire Villemin, autour de notions comme le sublime ou le pouvoir ultime du langage, donnant la prédominance au littéraire sur l'évènementiel.
Elle nous parle aussi de ses lectures du moment, de littérature en général, de Proust, du théâtre, du jeu superflu des acteurs, des autres femmes auteures ou dramaturges comme Nathalie Sarraute… ; elle évoque l'écriture autour de ses oeuvres déjà publiées, partage ses doutes et ses interrogations, analyse la parole journalistique ou télévisuelle. Elle nous livre des réflexions sur l'art, sur la musique et naturellement sur le cinéma.
Son écriture est encrée, au sens de l'encre qui sert à écrire, dans une forme d'oralité : c'est un dire à lire, un livre à lire et à dire ou à écouter, à méditer aussi. L'auteure le définit bien mieux que moi dans la quatrième de couverture de l'édition Folio et dans son prologue : « cette écriture flottante […], ces aller et retour entre moi et moi, entre vous et moi dans ce temps qui nous est commun ».
C'est un partage, une conversation, un échange à un moment précis sur certains sujets… Ainsi, pour « La Maison », Marguerite Duras est dans la cuisine de sa maison de Neauphle et prépare une soupe de poireaux tout en pensant tout haut. Tous les sujets qu'elle aborde sont très actuels et toujours d'actualité malgré le temps passé ou, du moins ils nous concernent et nous parlent même si la société a un peu changé depuis 1986. C'est intimiste et, dans la mise en scène dont je parlais en introduction, l'odeur des poireaux qui cuisent, les quelques rires en sourdine dans le public, les hochements de tête appréciatifs, les réactions spontanées, les coups d'oeil partagés traduisent bien cette forme de communion dans le temps commun revendiquée par l'auteure…
Marguerite Duras est né en 1914 ; en 1986, elle avait 72 ans… Ce que je ressens est très personnel… En 1986, j'étais mère pour la première fois et ma grand-mère était venue passer quelques temps chez nous pour m'aider un peu. C'était une femme admirable : en 1986, elle avait 82 ans mais était d'une rare vaillance et nous étions très complices toutes les deux… Voir la pièce citée plus haut et lire le texte dans ce livre m'a fait penser à elle. Je découvre Marguerite Duras comme une grand-mère soucieuse de son entourage, du bien-être de chacun et de la bonne marche de la maison tout en ayant un regard aiguisé sur le monde qui l'entoure. « La Maison » figure parmi mes textes préférés de ce recueil, même s'il n'en est pas le plus représentatif.
La lecture de la Vie matérielle est une formidable rencontre et l'occasion pour moi de me pencher très vite sur d'autres textes et livres de Marguerite Duras.
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Marti94
  12 décembre 2014
Marguerite Duras parle d'elle, de ses sujets de prédilection à Jérôme Beaujour, lui-même écrivain, scénariste et réalisateur, mais avec cette transcription retravaillée, c'est comme si elle s'adressait à nous.
Publié en 1987, « La vie matérielle » est un ensemble de 48 textes courts qui ne sont pas vraiment des nouvelles, plutôt des réflexions, que l'on peut lire dans le désordre. C'est comme un journal sans date dans lequel Marguerite Duras parle d'elle mais aussi de ses personnages romanesques, de ses films, des lieux et des gens.
Elle nous fait des révélations, n'hésite pas à nous faire rentrer dans son intimité pour parler de son alcoolisme mais aussi des autres, parfois anonymes, pour dévoiler ce qui l'indigne comme dans « le coupeur d'eau » par exemple. La puissance littéraire est là quand elle évoque la misère et le suicide d'un homme et d'une femme pauvres avec leurs enfants, après une coupure d'eau. On retrouve ici un fait divers et la dénonciation de l'injustice sociale.
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karloxe
  06 décembre 2013
Faut-il être très cultivé pour lire Margueritte Duras ou pour parler d'elle? Non, il faut la lire pour se cultiver, et tous peuvent parler d'elle, tant elle se livre à tous! Je ne souhaite à personne de se livrer comme elle le fait ici, non sans pudeur il est vrai, mais avec tant de sincérité semble-t-il, et de transparence. Comment n'a-t-elle été mangée toute crue? Peut-être l'a-t-elle été, peut-être est-ce là une façon de vivre davantage. Comment rester en vie? Peut-être l'alcool, peut-être l'écriture? Mais, si je ne le souhaite à personne, je l'en remercie. Merci de m'avoir permis d'entrevoir une vie d'artiste comme si j'y étais, comme si j'étais, moi aussi, l'artiste de ma vie... Et je m'interroge, comment peut-on vivre sa vie et l'écrire simultanément, puisque c'est toujours sa propre vie qu'on écrit. Merci de s'être rendue vulnérable pour nous rendre plus forts, plus conscient de nos faiblesses (à nous, les hommes, les vrais! ;-)).
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madameduberry
  27 mars 2014
C'est un texte parlé et transcrit. C'est un descriptif et un commentaire de la vie ordinaire. C'est un regard sur la matérialité de la vie. C'est une liste de produits de première nécessité accrochée dans une cuisine. C'est un constat. Un livre sur les hommes, les femmes, les unes sans les autres, ou ensemble.Cest un livre parlé qui est merveilleusement écrit, parce que Marguerite Duras écrivait sa vie, et ne pouvait vivre que par l'écriture.
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
line70line70   19 mars 2011
Je crois que l'amour va toujours de pair avec l'amour, on ne peut pas aimer tout seul de son côté, je n'y crois pas à ça, je ne crois pas aux amours désespérées qu'on vit solitairement. Il m'aimait tellement que je devais l'en aimer, il me désirait tellement que je devais l'en désirer. Ce n'est pas possible d'aimer quelqu'un à qui vous ne plaisez pas du tout, que vous ennuyez, totalement, je ne crois pas à ça.
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fanfanouche24fanfanouche24   17 août 2013
J'ai ce goût profond de gérer la maison. J'ai eu ce goût toute ma vie. Et il m'en reste encore quelque chose. Maintenant encore, il me faut savoir ce qu'il y a à manger dans les armoires, s'il y a tout ce qu'il faut, à tout moment, pour durer, vivre, survivre. Moi aussi, je cherche encore l'autarcie du bateau, du voyage de la vie, pour les gens que j'aime et pour mon enfant. (p.55 / P.O.L, 1987)
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Alice_Alice_   27 août 2013
J’ai lu Une chambre à soi de Virginia Woolf, et La Sorcière de Michelet.
Je n’ai plus aucune bibliothèque. Je m’en suis défaite, de toute idée de bibliothèque aussi. C’est fini. Ces deux livres-là, c’est comme si j’avais ouvert mon propre corps et ma tête et que je lise le récit de ma vie au Moyen Age, dans les forêts et dans les manufactures du XIXème siècle. Le Woolf, je n’ai pas trouvé un seul homme qui l’ait lu. Nous sommes séparés, comme elle dit dans ses romans, M.D.
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sterster   22 mai 2011
Donc voyez, j'écris pour rien. J'écris comme il faut écrire il me semble. J'écris pour rien. Je n'écris même pas pour les femmes. J'écris sur les femmes pour écrire sur moi, sur moi seule à travers les siècles.
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PilingPiling   16 septembre 2014
Je ne sais pas ce que j’aurais dû faire. Ce qui se passait chaque jour n’était pas ce qui arrivait chaque jour. Il arrivait que ce qui ne se passait pas était ce qui était le plus important de la journée. Quand il n’arrivait rien c’était ce qui donnait le plus à penser.
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