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EAN : 9782253007722
374 pages
livre de poche Plon (01/01/1943)
3.95/5   11 notes
Résumé :
On ne dit jamais adieu à la jeunesse. On a beau faire semblant de s'en séparer, elle ne se détache pas du cœur de l'homme. Quand l'âge de la trentaine nous visite, nous savons que nous devons établir le premier bilan et regarder se dissoudre les souvenirs et les fantômes. Nous pensons à ce que nous fumes, et, pour que les feux anciens ne s'éteignent pas, nous ravivons leurs lueurs dans notre vie et dans des existences encore plus exténuées que les nôtres.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Il y a quelques mois de cela, je tombai sur les dix lettres de B R A S I l'L A C H chez un bouquiniste, d'où je repartis délesté de 3 euros contre La conquérante ; ce roman, écrit en 1942 et publié chez Plon l'année suivante, est le dernier de l'écrivain bien connu pour son antisémitisme et fusillé pour collaboration.

Visiblement, j'étais curieux de voir ce que valait, littérairement parlant, ce nom attaché à la polémique et au tragique.

Allons droit au but : j'ai apprécié la lecture de ce livre qui peint un Maroc d'une couleur délicate et surannée, sûrement orientaliste dirait un spécialiste ! Les descriptions sont assez précises, le cadre historique bien installé, et les considérations sur la technique (la disparition des voiliers) ou l'amour (de raison) parfois géniales. Tous les personnages sont hauts-en-couleur, héroïques, à l'exception d'un négociant juif… qui ne laisse aucune chance à un marchand français.

Autrement, en dehors des trois ou quatre phrases sur ce personnage sans importance, l'antisémitisme de Brasillach ne se devine qu'à une occasion, dans un paragraphe essentialiste absolument abject, où un personnage secondaire se souvient s'être dit à Amsterdam que les Juifs d'Afrique devaient être plus civilisés… mais devant le spectacle d'un quartier juif marocain, ce personnage se fait la réflexion que les Juifs sont tous définitivement aussi sales que fanatiques. A la limite, j'aurais aimé que l'auteur développât ce point, car la description du Mellah est par trop nébuleuse, et jure avec la précision habituelle du récit.

Si sa noirceur d'âme se lit que dans cette page, Brasillach aime le Maroc et l'Islam, et tente d'en restituer les lumières.

Il avait cinq ans lorsqu'en 1914 son père y mourut. Ce livre parle justement du Maroc des années 1912-1914, de Fès à Rabat, Casablanca et Marrakech, mais surtout à Camp-Barrault, une ville-relais probablement inventée, au croisement de Rabat, Casa et Meknès.



Le pitch

Barrault est le nom d'un jeune architecte sacrifié. C'était le mari de Brigitte, la jeune héroïne initialement attirée par un farouche soldat français, avait déjà perdu au Maroc son père. Brigitte, qui sait tirer au fusil quand il faut, accepte son destin. Seule son éducation la relie maintenant à la France. du Maroc, elle aime les paysages et les habitants depuis qu'une prostituée de Fès lui a sauvé la vie en la cachant. Quand son mari est enlevé, elle va négocier directement auprès du chef berbère… mais sa blessure est trop grave. Tant pis, elle ne nourrit aucune haine contre les berbères et fait même inviter El Krim, le chef des Zemmours responsable de l'assaut, à de l'inauguration de Camp-Barrault. le vieux chef, épaté par le courage de cette française, accepte et en profite pour faire l'aman (déposer les armes). Pourtant la France est en guerre contre l'Allemagne… Les Marocains pourraient en profiter, mais ils sont trop fiers pour attaquer un ennemi attaqué chez lui !



Une glorification des colons et des colonisés

On parcourt un pays qualifié de neuf ou adolescent, tout en apercevant les vestiges grandioses du royaume chérifien. Les Marocains semblent accepter fatalement la supériorité technique des conquistadors français. le pays apparaît comme divisé par les tribus, et sa soumission à la France inévitable.

Les colonisés de Brasillach combattent surtout pour l'honneur, sans cruauté et sans haine. le seul personnage cruel est un légionnaire né à Marseille ayant fait sa vie Maroc. Il n'y a quasiment pas de marocaines, en dehors de Moulay Hassen, la prostituée francophile (qui en même temps reste loyale aux siens) et la femme autochtone du légionnaire, sacrifiée par lui pour avoir montré son visage… le légionnaire avait expliqué à Brigitte avoir tout plaqué pour sa beauté !

Déjà l'urbanisation sans charme de Casablanca est décrite en contrepoint du patrimoine charmeur de Rabat, mais aussi la frénésie de la place Jemaa el-Fna à Marrakech, ses danseurs et ses serpents... ce qui ne manque pas d'étonner le lecteur actuel !

Brasillach apporte une caution historique à son roman en faisant parler Lyautey à partir d'extraits des Lettres du Tonkin et de Madagascar. Bien entendu, la glorification de la figure de Lyautey et de l'oeuvre civilisatrice de la France serait ridicule aujourd'hui, mais on ne va pas rouvrir le procès Brasillach ici. Disons simplement que Lyautey a surtout organisé le Maroc de façon à rendre la colonie rentable pour la France…

Sur le plan historique, ce que j'ai aimé, par ailleurs, c'est l'évocation des personnages européens qui vécurent vers 1900 comme Isabelle Eberhart (un peu le modèle de la « conquérante ») et Caïd Sir Harry Maclean, deux européens devenus quelque peu maghrébins. L'évocation de ces destins ambigus peut pousser le lecteur à faire quelques recherches complémentaires… absolument passionnantes. Car l'histoire dépasse toujours la fiction.



Les écrivains, ces tarés !

Après pris quelque plaisir à lire ce livre où les colonisés sont honorés comme les colonisateurs, on est obligé d'admettre que Brasillach était un taré talentueux. Je n'ai pas tant aimé lire ce Brasillach pour le style, moins innovant que celui de Céline, que pour sa capacité à créer de véritables héros. Après 1800, très peu de personnages de fiction sont des héros ; ici, il y en a plein ! En somme, d'une manière, Brasillach est un anti-Céline.

Ce qui absolument incroyable enfin, c'est de se dire qu'on écrivait des livres sur toute sorte de sujets en France occupée, et qu'on en éditait beaucoup à Paris. Pourquoi pas, on trouvait bien le temps d'aller au théâtre… Anouilh, Aymé, Cocteau, Camus… et beaucoup d'autres, publiaient librement. Saint-John Perse était aux Etats-Unis, en se gardant bien d'aider les gaullistes ! Ah les grands écrivains !

Lien : https://blogs.mediapart.fr/e..
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Voilà un livre intéressant, écrit en 1942, qui traite d'un sujet un peu oublié, à savoir la conquête du Maroc par les Francais. C'est bien écrit, bien recherché. L'auteur s'inspire de l'histoire de ses parents. Mais ce même auteur, qui sera exécuté à la libération pour avoir entre autres dénoncé publiquement de nombreux Juifs et Résistants ensuite assassinés, ne peut s'empêcher d'utiliser cette histoire pour sa propagande antisémite, anticommuniste, pour faire l'apologie de la colonisation, de l'armée. Une lecture que je recommande toutefois pour les qualités indéniables du récit, sans oublier le contexte.
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Comment un auteur aussi sensible a-t-il pu sombrer dans les affres de la collaboration? Son roman, publié en 1942 décrit l'aventure de Mlle Lenoir, une orpheline au Maroc alors sous protectorat français, ses entreprises et ses amours. Bien écrit et assez palpitant, les relations sentimentales y sont traitées avec profondeur.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Le petit café où Brigitte et ses amis se trouvaient n'était d'ailleurs destiné à recevoir la visite des militaires que de façon assez brève, pour une raison simple : on n'y buvait point d'alcool.
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Brigitte s'assit sur un mamelon, d'où elle découvrait la muraille, et, au-delà, la barre de la mer. Elle avait un peu mal au cœur, comme si elle allait se trouver mal. Dans sa tête chantait un stupide proverbe arabe, que Si Moussa lui avait appris :
L'amour dure sept secondes,
La fantasia sept minutes
Et le malheur toute la vie...
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Videos de Robert Brasillach (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Brasillach
INTRODUCTION : « […] Comme d'autres en d'autres temps, Sur ces feuilles mal griffonnées Je commence mon testament.
[…] »
(LE TESTAMENT D'UN CONDAMNÉ)
« 6 Février 1945
Si j'en avais eu le loisir, j'aurais sans doute écrit le récit des journées que j'ai vécues dans la cellule des condamnés à mort de Fresnes, sous ce titre. On dit que la mort ni le soleil ne se regardent en face. J'ai essayé pourtant. Je n'ai rien d'un stoïcien, et c'est dur de s'arracher à ce qu'on aime. Mais j'ai essayé pourtant de ne pas laisser à ceux qui me voyaient ou pensaient à moi une image indigne. Les journées, les dernières surtout, ont été riches et pleines. Je n'avais plus beaucoup d'illusions, surtout depuis le jour où j'ai appris le rejet de mon pourvoi en cassation, rejet pourtant prévu. J'ai achevé le petit travail sur Chénier que j'avais commencé, j'ai encore écrit quelques poèmes. Une des mes nuits a été mauvaise, et le matin j'attendais. Mais les autres nuits, ensuite, j'ai dormi bien calmement. Les trois derniers soirs, j'ai relu le récit de la Passion, chaque soir, dans chacun des quatre Évangiles. Je priais beaucoup et c'est la prière, je le sais, qui me donnait un sommeil calme. le matin, l'aumônier venait m'apporter la communion. Je pensais avec douceur à tous ceux que j'aimais, à tous ceux que j'avais rencontrés dans ma vie. Je pensais avec peine à leur peine. Mais j'essayais le plus possible d'accepter.
Robert Brasillach.
« Romancier, essayiste et journaliste français (Perpignan 1909-Paris 1945). Après ses études à l'école normale supérieure, il collabore à « l'Action française » et à « Je suis partout ». Son oeuvre se situe dans les années 30, au coeur des mutations politiques et sociales, et d'une manière plus générale, dans la crise de la civilisation. Son dégoût de la IIIe République s'accompagne d'une ferveur — plus poétique que froidement logique — pour le fascisme, où il croit devoir saluer des images et des valeurs nécessaires à une renaissance. Écrivain comptant parmi les plus brillants de sa génération, il publie des biographies originales, « Présence de Virgile » (1931) et « Corneille » (1938), prépare une « Anthologie de la poésie grecque » (qui sera publiée en 1950), aborde le roman notamment avec « Le Voleur d'Étincelles » (1932) et « Les Sept Couleurs » (1939). En 1935, il écrit avec Maurice Bardèche une « Histoire du cinéma », demeurée classique. Il compose un drame « La Reine de Césarée » (qui sera joué en 1957). La veine poétique de son oeuvre débouche sur les élévations chrétiennes de ses « Poèmes de Fresnes » écrits en prison (publication posthume en 1949). Ses articles en faveur de l'Allemagne pendant la guerre de 1939-1945 lui valent une fin tragique à la Libération : il est exécuté le 6 février 1945, malgré une pétition pour sa grâce que signèrent de nombreux intellectuels et écrivains. » (« BRASILLACH, Robert », in Alpha encyclopédique, 1968.)
CHAPITRES :
0:00 — Introduction ; 0:25 — Vienne la nuit ; 2:02 — Les noms sur les murs ; 3:15 — Psaume II ; 5:05 — Psaume III ; 7:24 — Générique.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE : Robert Brasillach, Poèmes de Fresnes, Paris, Books on Demand, 2021, 43 p. https://docs.google.com/file/d/0B9dekxoyNOwpczkxOTZEdXBPQU0/edit?resourcekey=0-RLdc5O2_T5Vzt9KM9uc78w
IMAGE D'ILLUSTRATION : https://www.tabletmag.com/sections/arts-letters/articles/in-praise-of-hate
BANDE SONORE ORIGINALE : Liborio Conti — Slow Cinematic Piano Slow Cinematic Piano by Liborio Conti is licensed under an Attribution 3.0 Unported (CC BY 3.0). https://www.no-copyright-music.com/cinematic/
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CE MONDE SIMIEN : https://youtu.be/REZ802zpqow
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VOYAGE À PLOUTOPIE : https://youtu.be/uUy7rRMyrHg
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