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EAN : SIE14415_3881
Le Livre de Poche (30/11/-1)
3.73/5   15 notes
Résumé :
Autour du père la Frite, ce curieux et philosophique marchand d'oiseaux qui promène tout le long du jour sa précieuse cargaison de perruches entre le Quartier latin et la Cité universitaire, gravite tout un petit monde de figures bien parisiennes : Isabelle, jeune et jolie étudiante, et ses camarades Daniel et Laurent, Marie Lepeticorps, l'épicière acariâtre, dont la vie triste et solitaire se trouve bouleversée par l'apparition soudaine, chez elle, de deux enfants ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Quelle palette et quelle plume. Foisonnante. Intelligente, originale, remarquable. Excellent, forme et fond. Plein de saveur et de poésie. Troublant. Sublime.
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Robert Brasillach (1909 – 1945), génie de la langue française, au-delà des peintures extraordinaires des vies ordinaires et profondément humaines, combine, à pile ou face, du destin, des signes, une oeuvre faisant unité avec ses deux premiers romans ; nous avançons avec cette sagesse animale qui nous aide à faire des choix. La banalité, l'ordinaire, le vulgaire transcendé par une prose poétique, par un regard pénétrant les lieux et les gens et grâce à l'expression métaphysique du destin choisi ou subi.

Une histoire, un conte à Paris à cheval sur son méridien 0, destin, choix, mystères…“comme dans les anciennes cartes, le canard voguant paraissait quelque symbole obscur, désignant le méridien de Paris, et autour de lui se rangeait les Cités, et le parc, et la zone avec ses wagons, et le restaurant de bois, et les arbres en fleurs, et les heures nocturnes sur la pelouse centrale.”

Autour du parc de Montsouris, vont s'enchevêtrer les vies d'Isabelle, l'étudiante et ses deux compagnons Laurent et Daniel, du chevreau, un petit gars de la zone (zone non aedificandi), de deux garnements victimes et bénéficiaires de la philanthropie d'un brave commissaire de police, d'un bourgeoise philanthrope et d'une épicière, Mme Lepetitcorps, mal embouchée et ne sachant comment aimer. Au milieu d'eux, le marchand d'oiseaux allant avec ses deux cages sur l'épaule, le lien sacré et inconnu, le porteur des signes changeant les destins. “Inconscient de ce qu'il entraînait derrière lui, du long sillage voluptueux qu'il laissait, scintillant de mille éclats de soleil, ainsi avait traversé le Sud de la ville ce sorcier ingénu, sur le droit parcours du méridien de Paris, comme une image semi-paysanne, comme un Saint Nicolas embrumé de neige sous sa hotte, marchant vers le saloir de trois petits qui s'en allaient glaner aux champs, -et peut-être, comme une représentation du destin.”

Ce destin bouleversé par les choix faits à notre insu par des personnes bien intentionnées. Dans ce monde imparfait et complexe comment savoir si un choix se révèlera bon ? Et à quel terme ? Une vie ou plusieurs vies d'hommes ? Quid alors de la philanthropie ?

 [Isabelle]D'abord j'ai en horreur les institutions philanthropiques, et la philanthropie en général. Vous n'êtes pas de mon avis ?

 J'ai toujours pensé, répondait Daniel, que la philanthropie est des formes les moins voluptueuses, mais les plus virulentes du sadisme. Seulement….

Exprimer un sentiment n'est ce pas déjà agir sur la vie des autres à leur insu ? Roman métaphysique où tous partagent cette difficulté à exprimer leurs sentiments.


Le Marchand d'oiseaux, commencé en Janvier 33 sous le titre Méridien de Paris, pendant son année de service militaire, puis repris en Juin 35, a été édité par Plon en Mai 36. Il est intéressant de noter les différents titres donnés au manuscrit au cours de son écriture : Malchances, Pile ou face, La difficulté des sentiments et enfin le marchand d'oiseau, plus poétique et dickensien. Troublante danse de titres qui chacun souligne un aspect du livre ; le Marchand d'Oiseaux les englobe tous soulignant la dimension poétique de l'oeuvre.


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Troisième roman de Brasillach "Le marchand d'oiseaux" nous entraine à nouveau dans ce Paris de l'avant-guerre qu'il adorait . Nous suivons ainsi la vie de petites gens besogneuses et d'étudiants rêveurs et hors du monde entre Le Quartier latin, le parc de Montsouris et la Cité universitaire.
Comme toujours chez Brasillach l'histoire est simple et vaut surtout par son ambiance , ses petits détails qui rendent Isabelle , Laurent , le père la Frite ou la vieille épicière Marie Lepeticorps , solitaire et grognonne si vivants et si attachants .Et puis le portrait acerbe de ces dames de charité qui mettent le nez partout et rarement à bon escient est tellement réaliste qu'on ne peut s'empêcher de mettre un nom de notre entourage sur ces personnages.
Un roman tendre et plein d'humanité bien loin des écrits incendiaires de "Je suis partout" et qui lui vaudront d'être fusillé en 1945.
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Paris, dans cette histoire de gens ordinaires ou malchanceux, paraît plus petit, presque une bourgade ("Que l'on vive à Paris on vit tous en province quand on vit trop longtemps", n'est-ce-pas ?)... Une bourgade achalandée par les émotions que Brasillach fait vivre et s'agiter par éclats, d'une écriture pleine d'énergie. le parc Montsouris et ses alentours entre gaieté et tristesse, des commères, les rumeurs d'une aventure, d'une anecdote. Des enfants en perdition, dont on ne sait plus que faire. Là, quelque chose se passe ― j'ai l'air de faire des mystères, mais l'essentiel ne saurait être révélé, pas de spoil, donc ― mais tout retombe trop vite à plat, juste quand cette fable tranquille se transformait. On s'arrête finalement sur une couleur, une femme affligée mais silencieuse... tandis que la vie, pétulante mais routinière, continue.
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Le marchand d'oiseaux, ce vieillard avec ses deux cages, est le lien entre tous les autres personnages. Des personnages attachants comme cette épicière qui s'ouvre aux sentiments et à la joie quand deux jeunes arrivent dans sa boutique, jeunes voleurs et criminels. Quand ils seront en prison, elle s'enfermera dans une solitude et dans une souffrance sourde et quotidienne. C'est aussi la critique d'une société de 1940, une société d'une bourgeoisie étriquée.
Les lecteurs pourront y trouver une belle réflexion sur la souffrance, la solitude mais aussi la vie.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Observateur de Paris, des marchés, de la vie.

“Le large choux aux grosses veines gonflées à éclater d’un sang vert et crayeux, les caisses de haricots roux, pleines d’un gravier rutilant, les pois cassés, les sacs qui sentent la toile et où la main plonge dans les lentilles crissantes, les bouquets de carottes taillées dans la brique, les tomates de la fin d’automne, crevées par endroits, talées de brun et de violet, au cœur fibreux, mais toutes giclantes encore d’un sang pâle, s’amoncellent sur des planches gluantes, devant la vitrine. […] Dans les vitrines, devant les boîtes de conserves en piles, où se reflète une lumière sourde, les gros plats de faïence blanche portent quelques mottes de beurre, où tous les jaunes se marient, jaune un peu vert, juste sous les boîtes, jaune paille, jaune cendré, jaune des cierges anciens, jaune des gants de marié, jaune frais, blanc à peine crémeux. Le Hollande couleur de pomme, fendu d’un coup et comme éclaté, montre sa chair épaisse à coté du gruyère huilé et suant sous sa croûte pareille au sol des basses-cours couvertes d’ordures. A ses cotés, le bleu d’Auvergne, granit à peine souillé, le Roquefort somptueux, rutilant de toutes les splendeurs vertes et bleues de la putréfaction, gras, beurré et déjà effrité en onctueux éboulements, - et le Gorgonzola blafard rongé de lèpres presque noires.”
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Observateur de Paris, des marchés, de la vie. “Le large choux aux grosses veines gonflées à éclater d’un sang vert et crayeux, les caisses de haricots roux, pleines d’un gravier rutilant, les pois cassés, les sacs qui sentent la toile et où la main plonge dans les lentilles crissantes, les bouquets de carottes taillées dans la brique, les tomates de la fin d’automne, crevées par endroits, talées de brun et de violet, au cœur fibreux, mais toutes giclantes encore d’un sang pâle, s’amoncellent sur des planches gluantes, devant la vitrine. […] Dans les vitrines, devant les boîtes de conserves en piles, où se reflète une lumière sourde, les gros plats de faïence blanche portent quelques mottes de beurre, où tous les jaunes se marient, jaune un peu vert, juste sous les boîtes, jaune paille, jaune cendré, jaune des cierges anciens, jaune des gants de marié, jaune frais, blanc à peine crémeux. Le Hollande couleur de pomme, fendu d’un coup et comme éclaté, montre sa chair épaisse à coté du gruyère huilé et suant sous sa croûte pareille au sol des basses-cours couvertes d’ordures. A ses cotés, le bleu d’Auvergne, granit à peine souillé, le Roquefort somptueux, rutilant de toutes les splendeurs vertes et bleues de la putréfaction, gras, beurré et déjà effrité en onctueux éboulements, - et le Gorgonzola blafard rongé de lèpres presque noires.”
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Isabelle, plus tard, et les autres se rappelleraient toujours avec un serrement de coeur indicible ces soirées de leur jeunesse, où il ne se passait rien, et qui leur demeureraient plus inoubliables que les plus grandes joies. Cette soirée, et d'autres déjà, sur une herbe foulée par de jeunes corps, ou ailleurs devant un jet d'eau, avec le murmure grondant de Paris au loin derrière les murailles, et la sensation unique que tout est bref, et qu'il y en a pour peu d'années. Alors, parfois, les dents serrées sur leur poignet, ils laisseraient venir à eux ces nuits douces, ces fins d'après-midi à peine libérées d'un soleil pesant, l'odeur des bancs de classe aux vieux vernis, les poussières disparues, le craquement d'un plancher usé, les conversations à voix basse qui souvent se prolongeaient jusqu'aux confins du jour. Déjà, ils y pensaient. Déjà leur mélancolie future faisait partie de leur plaisir présent, s'installait au centre, et, musique invisible, prévenait en sourdine qu'un seul été encore, peut-être deux, peut-être trois, leur offriraient les merveilles gratuites de la jeunesse, et qu'il faudrait songer ensuite à être sages. [...] C'était un soir d'été commençant, dans ce Paris qu'ils quitteraient un jour, et où les moins sensibles savaient qu'ils avaient enfermé le plus précieux d'eux-mêmes.
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Amour du genre humain, détestation de la foule “Sous les lueurs violentes, les visages monstrueux de la foule aux mille rondeurs agitaient leurs paupières armées de cils, comme les amibes et les infusoires, palpitaient de leurs narines, de leurs pores souillés, animés d’une vie végétale plus obscure que celle des animaux imprécis que les savants recueillent des mers. Renversées sous le ciel, ces figures rondes se touchaient, par-dessus l’une l’autre passaient, se noyaient dans l’ombre inférieure, comme si elles eussent été indépendantes des corps auxquels elles appartenaient, et seulement agitées de vastes ressacs, de raz de marée qui les précipitaient tout à coup, amalgamées comme d’immenses bancs d’œufs de poissons, dans quelques Sargasse putréfiée, au coin d’un étalage ou d’un manège. Puis elles reprenaient leur terrible mouvement imprévisible, coulaient devant Marie en un flot parfaitement inexorable, agitées de doux mouvements rétractiles, portées par un gulf-stream brûlant.”
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Il faisait maintenant sur Paris une nuit parfaite, une nuit de cristal. Pas de lune, mais une si merveilleuse composition d'étoiles, une absence si totale de brume entre elles et le regard humain que le ciel entier semblait clair, comme il ne l'est qu'aux matins de juillet. Comme une journée est incomplète, qui ne finit point par une nuit admirable ! En celle-ci se mariaient les beautés des nuits d'hiver, hautes et pures, et ce charme puissant des nuits de l'été, où les étoiles, réellement, sont en fleurs. Encore douce, elle enveloppait les arbres, les maisons, elle se souvenait d'être née sous les plages chaudes, dans des montagnes de vacances. Mais déjà plus claire, déjà prête pour les glaces incorruptibles, le froid aigu de janvier, elle se tenait immobile au-dessus du monde, dans une sérénité au-delà de l'homme.
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Videos de Robert Brasillach (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Robert Brasillach
INTRODUCTION : « […] Comme d'autres en d'autres temps, Sur ces feuilles mal griffonnées Je commence mon testament.
[…] »
(LE TESTAMENT D'UN CONDAMNÉ)
« 6 Février 1945
Si j'en avais eu le loisir, j'aurais sans doute écrit le récit des journées que j'ai vécues dans la cellule des condamnés à mort de Fresnes, sous ce titre. On dit que la mort ni le soleil ne se regardent en face. J'ai essayé pourtant. Je n'ai rien d'un stoïcien, et c'est dur de s'arracher à ce qu'on aime. Mais j'ai essayé pourtant de ne pas laisser à ceux qui me voyaient ou pensaient à moi une image indigne. Les journées, les dernières surtout, ont été riches et pleines. Je n'avais plus beaucoup d'illusions, surtout depuis le jour où j'ai appris le rejet de mon pourvoi en cassation, rejet pourtant prévu. J'ai achevé le petit travail sur Chénier que j'avais commencé, j'ai encore écrit quelques poèmes. Une des mes nuits a été mauvaise, et le matin j'attendais. Mais les autres nuits, ensuite, j'ai dormi bien calmement. Les trois derniers soirs, j'ai relu le récit de la Passion, chaque soir, dans chacun des quatre Évangiles. Je priais beaucoup et c'est la prière, je le sais, qui me donnait un sommeil calme. le matin, l'aumônier venait m'apporter la communion. Je pensais avec douceur à tous ceux que j'aimais, à tous ceux que j'avais rencontrés dans ma vie. Je pensais avec peine à leur peine. Mais j'essayais le plus possible d'accepter.
Robert Brasillach.
« Romancier, essayiste et journaliste français (Perpignan 1909-Paris 1945). Après ses études à l'école normale supérieure, il collabore à « l'Action française » et à « Je suis partout ». Son oeuvre se situe dans les années 30, au coeur des mutations politiques et sociales, et d'une manière plus générale, dans la crise de la civilisation. Son dégoût de la IIIe République s'accompagne d'une ferveur — plus poétique que froidement logique — pour le fascisme, où il croit devoir saluer des images et des valeurs nécessaires à une renaissance. Écrivain comptant parmi les plus brillants de sa génération, il publie des biographies originales, « Présence de Virgile » (1931) et « Corneille » (1938), prépare une « Anthologie de la poésie grecque » (qui sera publiée en 1950), aborde le roman notamment avec « Le Voleur d'Étincelles » (1932) et « Les Sept Couleurs » (1939). En 1935, il écrit avec Maurice Bardèche une « Histoire du cinéma », demeurée classique. Il compose un drame « La Reine de Césarée » (qui sera joué en 1957). La veine poétique de son oeuvre débouche sur les élévations chrétiennes de ses « Poèmes de Fresnes » écrits en prison (publication posthume en 1949). Ses articles en faveur de l'Allemagne pendant la guerre de 1939-1945 lui valent une fin tragique à la Libération : il est exécuté le 6 février 1945, malgré une pétition pour sa grâce que signèrent de nombreux intellectuels et écrivains. » (« BRASILLACH, Robert », in Alpha encyclopédique, 1968.)
CHAPITRES :
0:00 — Introduction ; 0:25 — Vienne la nuit ; 2:02 — Les noms sur les murs ; 3:15 — Psaume II ; 5:05 — Psaume III ; 7:24 — Générique.
RÉFÉRENCE BIBLIOGRAPHIQUE : Robert Brasillach, Poèmes de Fresnes, Paris, Books on Demand, 2021, 43 p. https://docs.google.com/file/d/0B9dekxoyNOwpczkxOTZEdXBPQU0/edit?resourcekey=0-RLdc5O2_T5Vzt9KM9uc78w
IMAGE D'ILLUSTRATION : https://www.tabletmag.com/sections/arts-letters/articles/in-praise-of-hate
BANDE SONORE ORIGINALE : Liborio Conti — Slow Cinematic Piano Slow Cinematic Piano by Liborio Conti is licensed under an Attribution 3.0 Unported (CC BY 3.0). https://www.no-copyright-music.com/cinematic/
LIVRES DU VEILLEUR DES LIVRES :
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VOYAGE À PLOUTOPIE : https://youtu.be/uUy7rRMyrHg
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