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EAN : 9782702160909
160 pages
Calmann-Lévy (04/01/2017)
3.72/5   9 notes
Résumé :
À la mort de son père, Rossana est envahie d’une tristesse dont elle ne soupçonnait pas l’ampleur. Comment survivre dans un monde sans père? Homme imprévisible et haut en couleur, Italien du sud émigré dans le nord, Renato l’a élevée en lui enseignant le goût de la liberté.
Rossana plonge dans l’écriture et cherche à retrouver par les mots ce père, parfois sombre, mais qu’elle aime plus que tout. Renato reprend alors forme sous la plume de sa fille, rayonnant... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
"Je passe tout en revue et le voilà, accompagné d'un serrement de ventre : un signe de mon père. Son écriture. Je reconnais immédiatement la calligraphie aux traits nerveux, larges et serrés, qui ressemble à la mienne. (...) Ce sont ses poésies.
Renato a souvent eu ce geste de me léguer une partie de sa production poétique. (...)
Je prenais ces feuilles avec une tempête dans le coeur, je sentais à quel point ce geste était intime. Peut-être le plus intime qui pouvait exister entre lui et moi; c'était une tentative , une demande d'écoute, d'aide, de partage de ses sentiments, de sa vie, de ses souvenirs." (p. 36-37)

Première lecture de cette auteure italienne, que je découvre avec ce texte attachant, désopilant et bouleversant à la fois...
Même si il est imprimé "Roman" sur la couverture, la narratrice, se prénomme aussi "Rossana" et ce texte paraît des plus personnels et intimes. Hommage magnifique à Renato, le père qui vient de mourir, et l'auteure exprime son chagrin, le sentiment violent du "manque", de la perte irrémédiable... Et pourtant son père pouvait aussi être insupportable, buvait, disait des gros mots, tout cela contrebalancé par de la drôlerie, de la fantaisie, de la tendresse, un grain de folie et la rebellion chevillée au corps....
"Depuis toute petite, j'ai perçu ces différents aspects de mon père, son extrême fragilité, ses blessures et en même temps la force vitale qui le sauvait toujours, au mépris de tout et de tout le monde" (p. 128)

Amour, complicité joyeuse entre une fille et son père...Père différent, marginal, ayant commencé à boire pour atténuer une tristesse , un mal-être intérieur, des angoisses brusques... même si il aimait sincèrement sa femme, ses enfants... Il restait aussi les traumatismes de la guerre, de la pauvreté des migrants, etc.

Un style et un ton , à l'image de ce père tant aimé: vivant, familier, direct, truculent... de nombreux dialogues pour évoquer les souvenirs d'enfance, et les moments avec ce couple, ces parents aimants , et atypiques...

"J'arrête de filmer et je pense à ces deux cinglés, ces deux êtres joyeux, tristes, fous, inquiets, bordéliques, indécis, éternels migrants: mon père et ma mère. "(p. 26)

"Parfois je me suis repassé dans la tête le film de mon enfance, j'ai ressenti tout ce qu'a signifié pour moi avoir mon père pour père. La joie, l'ouverture, l'anarchie, la tendresse, la force d'être différents, et en même temps
l'autre côté de la médaille; la peur, l'angoisse profonde d'être ce que nous étions, différents des autres, de ne pas être du côté des -normaux-"(p. 151)

Une très touchante lecture , remplie aussi de vitalité , de joie et de fantaisie...et d'une reconnaissance envers ce père différent...qui écrivait de la poésie, dont l'auteure est très consciente de lui devoir son propre besoin
d'écrire...

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Ce livre est un beau témoignage d'Amour de Rossana à son père. Cet Amour est d'autant plus beau , plus fort qu'il ne va pas de soi. le père a de gros problème d'alcool, peut être violent et s'absente de la maison mais la complicité qui existe entre Rossana et son père est touchante.
Leur relation est émouvante et montre combien l'Amour peut parfois paraître inexplicable de l'extérieur, il est d'ailleurs vain d'essayer de tout expliquer, de tout comprendre.
Malgré les travers et la marginalisation de son père, on ressent combien Rossan est fière de lui ressembler même si cela la trouble et l'interroge.
La mort de son père lui procure une grande tristesse , tristesse que nous ressentons , nous lecteur et que nous partageons avec Rossana même si leur lien n'est pas complétement rompu...
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Comment écrire sur la mort du père.? Surtout quand on affaire à un père fantasque, poète, alcoolique, un père bipolaire et peu fiable. Un père qui a même été radié des carabiniers pour refus de l'ordre établi.

Un père tellement attachant et tellement vrai. Pourtant à près de cinquante ans c'est dans l'ordre des choses de perdre son père, mais Rossana est envahi par la tristesse. Ce père cinglé, bonimenteur et fragile, elle doit le faire revivre par l'écriture pour enfin comprendre l'histoire familiale.

Par petites touches Rossana Campo nous raconte la vie de ses parents, l'histoire improbable de Concetta, jeune fille pauvre du Molise, une région du sud de l'Italie, qui tombe amoureuse de Renato un terroni lui aussi mais de la lignée des Gitans di Rocco.

Entre rires et déchirements, cinquante années pour le meilleur et pour le pire. Mais l'écrivaine en est sure, c'est grâce au sang Gitan qui coule dans ses veines, grâce à ce père adoré qu'elle est devenue une écrivaine. « Mio Padre » une autofiction forte, tendre et passionnée, le bel adieu d'une fille à son père.

A noter la belle traduction française de Anaïs Bouteille-Bokobsa.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Livre autobiographique qui se lit en quelques heures, qui se relit pour mieux s'en imprégner, qui laisse perplexe et emporte dans un tourbillon de contrastes.
D'entrée Rossana énumère les nombreuses maladies graves, les accidents, le pire étant le coma éthylique, qui ne l'ont pas tué alors qu'un virus intestinal le vide à la veille de ses quatre-vingt deux ans.
Le voici, présenté par sa fille : "Mon père, un type cinglé, tout sauf fiable, sympathique, grand bonimenteur (la moitié de ses histoires étaient vraies, l'autre inventée pour le plaisir d'exagérer, ...). Mon frère Nic, ma mère et moi l'avons toujours estimé pour ce qu'il était : un être terriblement fragile, marginal, hyperémotif, allumé, parfois même carrément fou, et un inlassable ivrogne."
L'alcool a été la terrible consolatrice d'une radiation professionnelle. Et la cause d'accès de violence.
Ce livre ne se raconte pas; il faut le lire, se laisser séduire par cet homme aimé, haï, émouvant. Ingérable mais libre et fier de ses origines "terrone".

Les romans de Rossana Campo s'appuient sur son vécu de façon masquée. Là, elle a voulu écrire le réel, sans filtre, sans se dissimuler. Elle livre ses réflexions sur le sens de la vie, sur comment savoir où se trouve la réalité.
Elle confie : "Ce livre est l'histoire de moi enfant et de lui Renato, mon père. Un homme qui a été le meilleur et le pire qui pouvait m'arriver,réunis ensemble.
Avoir des parents difficiles, non conventionnels, un peu fous, est sûrement douloureux mais ouvre de nombreuses possibilités. "
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Quelle belle rencontre que celle de Rossana et son père! Ce roman m'a beaucoup touché.Il pose des questions essentielles comme: qu'est-ce qu'un bon parent? Qu'est ce qui reste de la transmission, de l'éducation?Comment assumer le fait d'aimer plus que tout celui qui est aussi celui qui fait souffrir ? Rien cependant de professoral dans le discours, aucune leçon de morale. A travers les souvenirs de Rossana c'est la parcours d'une enfant vers l'âge adulte avec la difficulté de trouver sa place entre le monde d'un père "hors norme" qui la fascine et l'angoisse et celui "des gens normaux" auquel elle aimerait appartenir tout en sachant qu'elle ne s'y reconnaît pas du tout.C'est la honte mélée à la fierté d'être une rebelle comme son père.
Ce roman pose avec force la question de ce qui constitue "l'héritage", du rapport à la norme et du décalage inévitable qui existe entre ce qu'un enfant peut vivre et ressentir au delà du jugement qui est porté par l'entourage sur ce vécu.C'est alors la question de l'impact du discours qui lui est tenu .Est-ce l'évenement ou l'analyse qui lui en est donnée qui va le marquer,voire le traumatiser? La honte qui colle à Rossana me semble édifiante à ce sujet.
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Citations et extraits (29) Voir plus Ajouter une citation
Je passe tout en revue et le voilà, accompagné d'un serrement de ventre : un signe de mon père. Son écriture. Je reconnais immédiatement la calligraphie aux traits nerveux, larges et serrés, qui ressemble à la mienne. (...) Ce sont ses poésies. Renato a souvent eu ce geste de me léguer une partie de sa production poétique. (...)
Je prenais ces feuilles avec une tempête dans le coeur, je sentais à quel point ce geste était intime. Peut-être le plus intime qui pouvait exister entre lui et moi; c'était une tentative , une demande d'écoute, d'aide, de partage de ses sentiments, de sa vie, de ses souvenirs. (p. 36-37)
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Je crois que je me suis mise à écrire, dans mon enfance, pour exprimer la vérité des choses, dans un espace rien qu'à moi. Je me suis mise à écrire pour trouver un lieu où faire le point, où mettre noir sur blanc ce que je sentais et voyais, mais que tout le monde autour de moi niait invariablement. (p. 12)
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« Je me sens bizarre, je sens qu’aucun autre enfant n’est comme moi, je n’aime pas les autres enfants, je n’aime pas leurs mères et leurs pères et je n’aime pas les voisins. Quand Renato est là, je suis contente. Parce que je vois que lui non plus, il ne ressemble pas aux autres. Mon père est différent. »
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(...) même si je ne suis plus une fillette solitaire en colère contre le monde, la vie me rappelle toujours qui je suis, d'où je viens et ce que je porte en moi.
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Parfois je me suis repassé dans la tête le film de mon enfance, j'ai ressenti tout ce qu'a signifié pour moi avoir mon père pour père. La joie, l'ouverture, l'anarchie, la tendresse, la force d'être différents, et en même temps l'autre côté de la médaille; la peur, l'angoisse profonde d'être ce que nous étions, différents des autres, de ne pas être du côté des -normaux-(p. 151)
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