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EAN : 9782372410496
440 pages
Éditeur : Hozhoni Editions (24/10/2019)

Note moyenne : 4.79/5 (sur 7 notes)
Résumé :
L'immense épopée indienne en BD.

Après la pièce de Peter Brook, "le plus grand poème du monde" raconté par Jean-Claude Carrière devient un extraordinaire et fascinant récit graphique.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Presence
  28 juin 2020
Ce tome constitue une adaptation du roman du Mahâbhârata effectuée par Jean-Claude Carrière et paru en 1989. Il peut donc se lire indépendamment de tout autre histoire, sans connaissance préalable. L'adaptation en bande dessinée a été réalisée par Jean-Marie Michaud, bédéaste, auteur entre autres de la saison de la Couloeuvre, sur un scénario de Serge Lehman. le tome commence avec une introduction d'une page évoquant quelques caractéristiques du Mahâbhârata (poème épique composé en sanskrit au quatrième siècle avant notre ère, quinze fois plus long que la Bible), du Chant du Bienheureux (la Bâghavad Gîta), et le roman de Jean-Claude Carrière.
La bande dessinée commence avec un trombinoscope des personnages. Ils sont au nombre d'une quarantaine, dont les Fondateurs, les 5 Pandavas les dieux, les 100 Kauravas. Elle comporte 6 chapitres : (1) le brouillard des origines, (2) de l'enfance des princes au royaumes en héritage, (3) L'exil, (4) le choix des armes, (5) Amère victoire, (6) Épilogue. Trois mille ans avant notre ère, Vyasa, un vieil homme en pagne et à la longue chevelure blanche, arrive dans une clairière et s'approche d'un jeune garçon assis au bord du fleuve. Il lui demande s'il sait écrire, car il a composé un poème et il lui faut quelqu'un pour l'écrire. Vyasa explique que ce poème parle de l'histoire de la race du garçon, et d'une vaste guerre. Ils entendent quelqu'un siffloter, et Ganesha arrive dans la clairière en portant un livre vierge car il a entendu que quelqu'un cherche un scribe. Il s'installe en tailleur, s'arrache une défense et la trempe dans un pot d'encre de Chine. En réponse à la demande de Krishna, Vyasa commence par raconter sa naissance : comment sa mère est née du sperme d'un roi tombé dans le ventre d'un poisson, et sa rencontre avec un pêcheur. le règne du roi Santanu avait installé un âge d'or. Un jour qu'il se baigne dans le fleuve, la divinité Ganga lui offre un fils : Bhishma. Vingt ans plus tard, Santanu retourne au fleuve et il voit Satyavati (la mère de Vyasa) en train de se baigner. Il lui fait une demande en mariage, et elle lui indique qu'il doit la faire devant son père le pêcheur. Ce dernier n'accepte de donner la main de sa fille qu'à la condition que le fils né de cette union ne devienne roi. Santanu oppose le fait qu'il a déjà un fils. le pêcheur est inflexible.
Bhishma lui-même (le fils de Santanu) va à son tour trouver le pêcheur pour lui demander de changer d'avis. Devant son insistance, Bhishma promet de renoncer à la royauté, et, suprême assurance, il promet également de renoncer à connaître l'amour d'une femme, pour assurer l'absence de risque de conflit entre descendants. Des voix célestes s'élèvent alors pour répéter le voeu de Bishma : Jamais l'amour d'une femme. En récompense de son voeu, il reçoit le pouvoir de mourir le jour de son choix, c'est-à-dire de devenir immortel s'il le souhaite. Santanu et Satyavati ont un fils qui grandit chétif. Bhishma se charge de lui trouver trois épouses, mais Amba (l'une des trois) demande à retourner chez le roi qui s'apprêtait à l'épouser. Quand elle arrive chez lui, il la renvoie estimant qu'elle est souillée. Bhishma refuse de la prendre comme épouse, pour honorer son voeu. Amba promet de se venger et de trouver quelqu'un qui tuera Bhishma. Santanu finit par décéder, mais son fils meurt enfant le jour de ses noces. Vyasa, le jeune garçon et Krishna constatent que le récit s'arrête là. Vyasa propose que ce soit lui-même qui féconde les princesses afin que la lignée royale se perpétue. Les enfants de ces unions sont Dhritarashtra et Pandu.
L'introduction explicite que le Mahâbhârata est quinze fois plus long que la Bible : une bande dessinée de 438 pages ne peut donc pas reprendre l'intégralité de son contenu. Elle indique également que cette version du Mahâbhârata correspond à une version épurée et reprise pour en faire un roman avec une forme plus facile d'accès pour le lecteur européen, celle de Jean-Claude Carrière. L'objectif des auteurs est donc de présenter l'intrigue principale du poème épique, sans les digressions, avec quelques transitions pour rendre la narration plus fluide. Toutefois, le lecteur sait qu'il ne s'apprête pas à plonger dans un récit comme les autres. Sa motivation pour se plonger dans cette bande dessinée relève vraisemblablement de l'intention de découvrir cet ouvrage essentiel de la culture indienne, par un biais accessible. Il se doute donc qu'il va se trouver dans des histoires où les divinités interviennent, avec des événements semblants arbitraires, et des lois d'une autre époque, et dans le cas présent d'une autre culture.
Premier constat : la lecture de cette bande dessinée s'avère facile et agréable. Jean-Marie Michaud crée une personnalité visuelle distincte pour chacun des nombreux personnages, le rendant identifiable au premier coup d'oeil, sans effort pour le lecteur. Karna se reconnait facilement grâce à sa chevelure rousse, caractéristique flagrante. Pour les autres personnages, l'artiste joue sur les formes du visage, sur la morphologie, sur la coupe de cheveux, les tenues vestimentaires, etc. Il n'use pas de caricature, restant dans un registre naturaliste (sauf pour les divinités), sans exagérer les traits distinctifs des êtres humains de cette région du monde. Sa direction d'acteurs s'inscrit également dans un registre naturaliste, sauf quand un personnage se lance dans un soliloque emphatique, ou se trouve sous le coup d'une émotion intense, auquel cas son visage et ses gestes sont plus marqués. En près de 440 pages, l'auteur doit délivrer un volume conséquent d'informations : il a opté pour des scènes de dialogue régulières sans être lourdes et des passages espacés portés par des cellules de texte brèves. Dans le premier cas, il a régulièrement recours à des plans poitrine ou des gros plans, mais sans en abuser, sans se limiter à des alternances de champ et contre-champ en guise de seule mise en scène. Il en découle une lecture fluide et légère, sans impression de devoir subir un gavage d'informations. L'artiste sait ménager des pages silencieuses (dès la première page en fait), des dessins en pleine page et une séquence inoubliable en double page quand Dushassana enlève sa robe à Daupana. Il s'amuse également à introduire une ou deux références d'art, comme une construction impossible (pages 108 & 109) empruntée à Maurits Cornelis Escher (1898-1972).
En termes de narration graphique, Jean-Marie Michaud a fort à faire : il doit montrer les tenues vestimentaires d'époque, ainsi que les constructions d'époque à commencer par les palais. le lecteur peut voir qu'il s'est inspiré de représentations anciennes pour concevoir une palette de garde-robes qui aille du pagne le plus simple, à la robe ouvragée de cérémonie, en passant par les tenues de combat. Pour un lecteur néophyte, il réussit très bien à créer une impression hindoue., à la fois pour les étoffes, pour les motifs des tissus et leur coupe. le lecteur garde à l'esprit qu'il s'agit plus d'un conte que d'un reportage, et que le dessinateur est tout à fait légitime à faire usage de licence artistique dans un récit où apparaissent des divinités à l'allure baroque pour un européen. Krishna est vraiment représenté comme un individu avec un corps de jeune enfant et une tête d'éléphant. Là encore, Michaud adopte un compromis visuel entre des représentations hindoues traditionnelles, et une représentation plus européenne, par exemple pour les portraits en pleine page de Brahmâ, Shiva et Vishnu (pages 90, 91, 92). Il agit de même en ce qui concerne les bâtiments, entre palais dont il reste possible de voir les vestiges et licence artistique. Il réalise des dessins descriptifs parfois très détaillés, pour un palais, pour des bas-reliefs, des sculptures, des trônes. Au fil des séquences, le lecteur fait le constat de villes cités isolés les unes des autres, avec une forte importance des paysages naturels. Il s'interroge sur l'endroit où peuvent se trouver les fermes, les champs et les élevages. Mais il est vrai que le récit ne s'attarde pas sur ces éléments. Il constate que l'artiste fait un effort pour montrer une végétation plausible, mais sans qu'il soit possible de pouvoir identifier les essences, et pour les peupler avec une faune cohérente.
En fonction des séquences, Jean-Marie Michaud gère la densité d'informations visuelles. La longue séquence de bataille (de la page 263 à la page 420) se déroule sur une plaine désolée, sans beaucoup de relief si ce n'est trois touffes d'herbe. Dans d'autres séquences au contraire, l'artiste investit beaucoup de temps pour réaliser des cases pleines de détails. En particulier dans cette même séquence, le lecteur croit pouvoir entendre le fracas des armes dans un dessin en double page (264 & 265) alors que se produit le choc des deux armées gigantesques. Régulièrement, il tombe en arrêt devant un spectacle impressionnant : Kunti sur le toit du monde invoquant Dharma, puis Vayu et enfin Indra, l'immolation de Madri, une vue du ciel des préparatifs du grand tournoi organisé à Hastinapura, les différentes vues du palais d'Hastinapura, le moment de folie de Duryodhana, la naissance des 100, l'assassinat du général Kitchaka, l'utilisation du disque de guerre (page 294), etc. Il remarque en souriant que Michaud se montre facétieux en intégrant des anachronismes, avec parcimonie, pour un effet souvent réussi, qui ne neutralise pas la tension dramatique. Enfin s'il connaît un ou deux événements marquants du Mahâbhârata, le lecteur apprécie mieux de voir la reine Gandhari se bander les yeux, Karna viser un oiseau en se guidant sur son reflet dans une pièce d'eau, l'instigation et le déroulement de la partie de dé, l'irruption des créatures infernales (les Rakshashas), la naissance de Ghatotkatcha, etc.
À la fin de l'ouvrage, le lecteur s'est fait une idée claire de l'intrigue principale du Mahâbhârata : l'adaptateur Jean-Marie Michaud a atteint son objectif de présenter l'oeuvre en bande dessinée, pour une lecture agréable et facile d'accès. Il a même consacré 4 pages à la Bhagavad-Vitâ, signalant ainsi son existence, même si c'est un peu court. En fonction de son degré de curiosité, le lecteur peut ensuite se diriger vers le Mahabharata (1989) par Jean-Claude Carrière, le Mahâbârata (2 tomes, traduit du sanskrit et condensé par Jean Michel Péterfalvi), ou encore le Mahâbhârata: Conté selon la tradition orale (2006, Serge Demetrian), ou des traductions en ligne. Il est possible également de trouver des traductions complète du Chant du bienheureux : La Bhagavadgita. En revanche, il ne s'agit en aucun cas d'un ouvrage critique, ce qui fait que le néophyte n'est pas en mesure de distinguer les principaux thèmes, ou la portée spirituelle et culturelle de l'oeuvre.
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Atasi
  14 novembre 2019
Cette bande-dessinée permet à tous de découvrir "Le Mahâbhârata", le pilier de l'hindouisme et de la philosophie indienne.
Cette version du Mahâbhârata est le fruit de la collaboration entre Jean-Claude Carrière & Jean-Marie Michaud, transcrire les grandes lignes de cette épopée sur près de 440 pages ne devait pas être chose facile mais c'est très bien réussi. Les illustrations sont sublimes et l'on apprécie cette petite touche personnelle apportée au récit.
Cette version du Mahâbhârata permet à tous d'avoir accéder à cette épopée et d'en découvrir les grandes lignes.
Lien : http://atasi.over-blog.com/2..
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critiques presse (1)
Bedeo   06 novembre 2019
Le Mahâbhârata, si vous n’avez pas encore lu les quelques deux cent cinquante mille vers du poème original, est une œuvre à dévorer. Un pas dans la mythologie indienne, avec ses dieux, ses tragédies, ses vengeances, sa magie, ses malédictions, ses amours. Un régal à lire et à relire sans modération !
Lire la critique sur le site : Bedeo
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
PresencePresence   04 juillet 2020
Victoire et défaite, plaisir et douleur, tous ces buts de l'action humaine doivent t'être indifférents. Il te faut agir sans réfléchir aux fruits de ton acte, agir dans le détachement.
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PresencePresence   02 juillet 2020
On connaissait dans le royaume voisin, une princesse d'un incomparable beauté. Fille du roi Droupada, elle se nommait Draupadi. La légende voulait qu'elle fût née dans un brasier où elle apparut avec son frère tout armé. Pareilles entrées dans le monde présageaient une vie de bataille et de sang. On disait aussi que le frère et la sœur portaient la mort d'un personnage redoutable. Qui ? Personne ne le savait. Quand Draupadi fut en âge de se marier, un tournoi fut organisé. Draupadi déclara alors qu'elle choisirait elle-même le vainqueur et qu'elle n'accepterait en aucun cas le fils d'un cocher, claire allusion à Karna dont la réputation s'étendait de jour en jour. En l'absence de cet unique concurrent, Arjuna l'emporta. Draupadi le choisit. Ils partirent ensemble. À cette époque, les cinq frères et Kunti leur mère vivaient à l'écart du palais, dans un assez modeste pavillon. Duryodhana exerçait de fait le pouvoir, étant donné la cécité de son père. Il tenait à l'écart ses cousins Pandavas, qui vivaient presque dépourvus de ressources.
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PresencePresence   03 juillet 2020
Laisse-moi m'habiller. Ma robe est tâchée de sang, je suis dans le jour de mes règles.
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PresencePresence   03 juillet 2020
Draupadi unissait les cinq frères comme un ciment. Elle leur donna un fils à chacun.
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PresencePresence   02 juillet 2020
L'union de Draupadi avec Arjuna et ses quatre frères - Le jour même, l'étonnante cérémonie de mariage fut célébrée. On l'annonça comme une volonté des dieux, ce qui fit taire les langues imprudentes.
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Vidéo de Jean-Claude Carrière
Cela fait soixante ans qu'il vit de sa plume, et rien que de sa plume. Romancier, scenariste, essayiste, dramaturge, mais avant tout conteur, Jean-Claude Carriere se demultiplie en de brillants avatars. de l'enfance a la ferme, sans un livre ni une image sur les murs, mais avec sous les yeux les magnifiques paysages du Languedoc, a son cher 9e arrondissement de Paris, la route a ete parsemee de rencontres exceptionnelles, desquelles decoulent de fructueuses collaborations. Luis Buñuel, avec qui il ecrit le Journal d'une femme de chambre, Belle de jour et le Charme discret de la bourgeoisie. le cher ami Peter Brook, avec qui il se lance dans l'aventure du Mahabharata, et qu'il voit encore deux fois par semaine. Mais aussi Pierre Étaix, Milos Forman, Jacques Deray… Jean-Claude Carriere est avant tout un merveilleux « passeur », et c'est bien pour cela que Jack Lang l'avait choisi pour creer la Femis. L'ecouter se raconter avec modestie, gentillesse et drolerie, c'est toujours la promesse de nouvelles histoires.
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