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EAN : 9782756035734
160 pages
Delcourt (28/08/2019)
4.41/5   1411 notes
Résumé :
Fripouille sympathique, Don Pablos de Ségovie fait le récit de ses aventures picaresques dans cette Amérique qu'on appelait encore les Indes au siècle d'or.

Tour à tour misérable et richissime, adoré et conspué, ses tribulations le mèneront des bas-fonds aux palais, des pics de la Cordillère aux méandres de l'Amazone, jusqu'à ce lieu mythique du Nouveau Monde : l'Eldorado !
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Critiques, Analyses et Avis (259) Voir plus Ajouter une critique
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BD ABSOLUMENT GE-NIALE
Quelle prouesse! Bon sang quelle oeuvre magistrale! Quel tour de force graphique et littéraire !
Je ne suis pas férue de BD, c'est après avoir lu maintes critiques
dithyrambiques que j'ai acheté ce bijou du 9ème art et bien m'en a pris! Cette oeuvre parue en 2019, d'ores et déjà bardée de prix, m'a totalement bluffée.
Cette suite imaginaire d'un roman picaresque publié au 17e siècle est le récit autobiographie sous forme de roman d'aventures aux allures de polar d'un gueux des plus retors, Pablos de Ségovie, désirant s'élever dans la société et qui met tout en oeuvre pour y parvenir, usant de moyens peu orthodoxes.
Cette fripouille attachante, à la grande capacité d'adaptation, s'embarque avec une carte pour seule boussole en direction des Indes (actuelle Amérique latine) à la recherche de l'Eldorado et ses promesses d'or.
Cet anti-héros sournois, pourchassé, exilé et torturé, a plus d'un tour dans son sac! Il a fait sienne la devise paternelle « tu ne travailleras point ».
On suit ses pérégrinations entre mendiants et grands de ce monde, brigands et chefs de peuplade, de terres promises en terres oubliées, d'endroits sinistres et miséreux en forêts et palais luxuriants.
Le rythme et les situations sont dignes des plus grands films ou romans d'aventures avec une arnaque à l'horlogerie très complexe. Trompeuses apparences, énigmatique limite entre le faux et le vrai.
Raconté sous forme de flash-back le récit nous balade habilement entre présent et passé avec une excellente maîtrise des allers-retours.
Les auteurs ont fait le choix d'une histoire complète (one shot) dans un grand format de 160 pages découpées en trois parties.La première est assez classique, la seconde addictive et truculente commence à dévoiler certains secrets et le troisième acte est hallucinant.Les personnages sont très expressifs le dessinateur a le souci du détail, ses aquarelles sont magnifiques et le texte très bien écrit.
Cette BD prodigieuse parsemée d'humour enchaîne les retournements de situation jusqu'au sensationnel twist final.Un très beau visuel, un scénario complexe et ingénieux, une brillante synergie texte/image bref un chef d'oeuvre.
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Faites comme moi une petite place dans vos bibliothèques surchargées, aux étagères menaçant ruine, pour cet album qui ne dépareillera pas entre Defoe ou Stevenson.

Si la mode est à l'adaptation des grands classiques en bande dessinée avec plus ou moins de réussite, le projet ici me parait plus ambitieux puisqu'il invente une seconde partie à un grand roman picaresque, « La vie de l'aventurier don Pablos de Ségovie », écrit par Francisco de Quevedo, auteur majeur de la littérature espagnole durant le Siècle d'or.
Contemporain de Cervantes, De Quevedo invente un héros, truculent vaurien, mendiant les mauvais jours, riche certains lendemains, escroc pour toujours. A la fin de ce roman, don Pablos embarque pour l'Amérique, les Indes de l'époque.
Notre héros ne partage que la particule avec Don Quichotte. Chez Don Pablos, les rêves se transforment en ambition, son coeur bat plus pour l'or que pour une dulcinée et la noblesse ne l'intéresse que parce qu'elle rime avec richesse. Il laisse l'esprit chevaleresque aux doux rêveurs suicidaires.
Guarnido, le dessinateur de « Blacksad » et Ayroles, le scénariste de « de Cape et de Crocs » réalisent un album qui fera date car il allie un dessin parfaitement adapté au récit d'aventures (traits expressifs, couleurs vives et paysages luxuriants), un scénario imprévisible qui recèle plus de rebondissements qu'un match de basket, et surtout une qualité d'écriture inédite pour le genre.
Je pense que même les plus réfractaires aux BD peuvent trouver leur dose de prose dans ces bulles. de la littérature crayonnée et colorisée à l'ancienne.
L'Histoire, me direz-vous. Don Pablos ne débarque pas en Amérique. Il y échoue après être passé par-dessus de bord du galion qui le transportait, incapable de toucher un jeu de cartes sans tricher.
Une fois à terre, il part à la recherche d'un lieu mythique qui enchante les rêves de tous les aventuriers du nouveau Monde : l'Eldorado !
Dopé par un fort instinct de survie, le vaurien est un farouche activiste du moindre effort. Il suit en cela un des commandements de son père : « Tu ne travailleras point ». Il consacre toute son énergie à ses manipulations qui le conduisent à s'aventurer à la frise des Cordillères, dans la jungle amazonienne, à fréquenter des tribus sauvages, des esclaves, des inquisiteurs et de riches négociants.
Il n'y a de la chance que pour la canaille. Don Pablos n'en manque pas. Ce n'est pas une étoile qui veille sur lui, c'est toute une constellation qui éclaire son chemin jusqu'au sommet du royaume.
Don Pablos n'a donc rien du gendre idéal mais son culot et sa bonhomie le rendent sympathique et drôle. Comme dans toute oeuvre picaresque, c'est le filou qui raconte son histoire et tel le Scapin de Molière, on lui pardonne tout, le lecteur devenant un complice amusé de ses fourberies.

Sur une île déserte, comme je m'ennuie dès que je reste allongé plus de vingt minutes sur une plage, je n'emporterai que des pavés de plus de 600 pages.
Du moins, c'était ce que je croyais jusqu'à la découverte de cet extraordinaire album de 160 pages que j'enregistrerai en supplément de bagages.
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Picaresque, jubilatoire, atroce, drôle, sinistre, d'une immoralité sans nom, méchant, caustique, flamboyant… Faut-il préciser que cette BD fleuve m'en a mis plein les yeux.
L'histoire pourrait se résumer en ces quelques mots, prononcés d'un ton las et surpris par son héros, passé maître en matière de filouterie, de fabulation et de menterie : « Cupidité des uns, orgueil des autres… Les plus éhontés mensonges peuvent être crus. Il suffit de les accorder au vice de sa dupe. » Un précepte intemporel qui permet aux aigrefins, avec un tant soit peu de détermination et d'imagination, de se hisser vers les sommets.
Notre faisan en question vit dans ce XVIIème siècle enflammé et survolté. Pour sortir des bas-fonds où il croupit, il va tenter sa chance dans cette Amérique qu'on appelait encore les Indes. Malheureuse contrée saignée à blanc par des aventuriers sans foi ni loi, par des rapaces, des loups avides de pouvoir. Un pays de cocagne où tout est possible quand on est du côté du manche.
Je ne vous raconterai pas les infernales tribulations de notre héros à qui rien ne sera épargné. En réponse à ces mauvais coups du sort, il commettra les pires vilénies. Il touchera du doigt le rêve fou de Lope de Aguirre qui continue, dans la mémoire des hommes, à chercher son Eldorado.
Suite imaginaire de « La vie de l'aventurier Don Pablos de Ségovie », écrit au XVIIème siècle par le sulfureux et burlesque Francisco de Quevedo, cette BD est un petit chef d'oeuvre d'inconvenance, d'horreur et de drôlerie. Les planches sont magnifiques, les dialogues savoureux. Au milieu du récit, on se surprend même à être pris dans les filets de notre bonimenteur en chef.
Un autre, s'il vous plait !
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Don Pablos de Ségovie grandit en Castille, au coeur d'une famille de gueux, adeptes des arnaques, des coups bas, des entourloupes, fourbes et peu scrupuleux. Lui qui rêve de gloire et d'argent, le voilà bien mal né ! Partant du précepte maintes fois seriné par son père, "Tu ne travailleras point", le jeune homme ne manque ni d'audace ni de sang-froid pour embobiner à qui mieux-mieux. Espérant améliorer son sort, il embarque, à bord d'un galion, vers le Nouveau-Monde. Mais, après s'être fait prendre à tricher aux cartes, il se fait jeter manu-milatari par dessus bord. Dérivant au gré des vagues, il finit par accoster sur une petite île, peuplée d'hommes noirs, les Cimarrones, esclaves rescapés d'un naufrage qui, visiblement, ne le portent pas dans leur coeur. Ils le laissent finalement en vie, amusés de ses pitreries et pas mécontents d'avoir deux bras en plus pour les aider dans la construction de leur nouvelle communauté. Mais, Pablo a d'autres ambitions et d'autres rêves et s'enfuit, en pleine nuit, vers un autre Eldorado...

Alain Ayroles et Juanjo Guarnido nous offrent un roman graphique d'une incroyable richesse, aussi bien sur le fond que sur la forme ! Sur 160 pages, l'auteur nous plonge au coeur d'une épopée riche en rebondissements. L'on suit les tribulations de Pablos, de sa Castille natale à l'Eldorado en passant par le Pérou. Né gueux, Pablos n'a d'autre projet que de s'élever. Et pour ce faire, l'homme ne manque ni d'audace ni de ruse ni de perversité. L'auteur, lui non plus, ne manque pas de filouterie, brouillant les pistes, effectuant des revirements, le tout ponctué de flashbacks mettant en lumière un récit foisonnant. Tout est minutieusement et parfaitement orchestré. Les dialogues sont d'une incroyable verve, les personnages atypiques et grandioses. Graphiquement, le travail de Juanjo Guarnido est de toute beauté. le trait est précis et détaillé, les couleurs riches, les paysages magnifiques (notamment cette jungle chatoyante et cette double page de l'Eldorado), les décors cossus.
Une fresque historique incroyable...
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Avec deux ou trois lectures tous les dix ans on peut affirmer que ne suis pas un grand lecteur de bandes dessinées, j'ai eu ma période "Comic's" pendant l'adolescence puis les classiques ensuite avec Gaston Lagaffe et Astérix mais depuis rien ou presque.
Il a fallu l'engouement des lecteurs de Babelio pour attirer mon attention sur "Les Indes fourbes" et ma foi je ne le regrette pas tant j'ai pris du plaisir à plonger dans cet univers plein de vie et de couleurs.
Mon manque de références va me faire aller à l'essentiel. J'ai, pour commencer, apprécié "l'objet" et cette belle couverture cartonnée, la qualité des planches et des dessins, les couleurs, en bref c'est sublime.
J'ai aimé le scénario qui est un hymne à la filouterie et à l'immoralité assumée, j'ai aimé le personnage principal, Pablos qui est l'archétype de l'anti héros, looser né et pourtant si attachant dans sa persévérance.
Je suis admiratif également pour le soin apporté aux détails de l'intrigue en trois parties, une "BD" peut donc être un modèle d'intensité et d'ingéniosité scénaristique, bluffant !
Voilà, pour résumer c'est un bel objet, une belle découverte et une belle idée de cadeau accessoirement, un must à mettre dans toutes les mains.
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critiques presse (10)
LePoint
04 décembre 2019
Mélange d'érudition et de canular, Les Indes fourbes s'inscrit dans la lointaine lignée du Nom de la rose ou du Pendule de Foucault, l'une des difficultés confessées par Ayroles ayant été de construire une intrigue complexe, fourmillant de références culturelles diverses, sans affecter le plaisir de lecture.
Lire la critique sur le site : LePoint
ActuaBD
14 novembre 2019
Il faut être bien retord pour trouver quelques défauts dans ce récit captivant à l’intrigue ultra-construite. Et même si la perfection est inatteignable par essence, soyons honnêtes, Les Indes fourbes s’en approchent de très près. Plus qu’un coup de cœur de l’année, cette réussite marquera sans aucun doute le neuvième art de son empreinte.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Bedeo
23 octobre 2019
Album géant et travail de titan, les comparaisons manquent pour qualifier ce travail finalement plus proche de l’épopée BD que du roman picaresque, tant son souffle est fort et sa matière, d’essence mythique.
Lire la critique sur le site : Bedeo
LaCroix
04 octobre 2019
Alain Ayroles et Juanjo Guarnido ont imaginé la suite d’un grand roman espagnol baroque. Sous forme de bande dessinée ils narrent avec brio les frasques d’une fripouille à la recherche de l’Eldorado en Amérique du Sud.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Telerama
25 septembre 2019
En imaginant la suite d’El Buscon, le roman picaresque écrit au XVIIIe siècle par Francisco de Quevedo (1580-1645) le tandem a réalisé une authentique superproduction, un projet hors normes, tant sur le fond que dans la forme.
Lire la critique sur le site : Telerama
LaLibreBelgique
23 septembre 2019
Le scénariste de “De cape et de crocs” et le dessinateur de “Blacksad” ont uni leurs talents, pour le meilleur. “Les Indes fourbes” est un conte amoral jouissif, au scénario et au dessin bluffants.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Sceneario
10 septembre 2019
C'est très bien écrit, bien mené et la mise en scène est excellente. Les auteurs se jouent par moment de nous. [...] Juanjo Guarnido nous a déjà estomaqué par son talent sur Blacksad. Avec Les Indes fourbes, il frappe encore un grand coup. C'est beau, lumineux… C'est fort, tout simplement.
Lire la critique sur le site : Sceneario
BoDoi
30 août 2019
Les Indes fourbes est un immense plaisir de lecture grand public, comme bien rarement en bande dessinée. Et qui se laissera lire et relire à l’envi avec, sans aucun doute, le même bonheur.
Lire la critique sur le site : BoDoi
BDZoom
27 août 2019
Ouvrage imposant et très dense (145 pages tout en couleurs), ce qui ne l’empêche pas d’être continuellement flamboyant et truculent, « Les Indes fourbes » est le savoureux fruit de la rencontre de deux artistes aussi rares que talentueux : Juanjo Guarnido et Alain Ayroles.
Lire la critique sur le site : BDZoom
BDGest
20 août 2019
Dans cette entreprise, les images de Juanjo Guarnido servent le texte d’Alain Ayroles, à moins que ce ne soit l’inverse. Pour tout dire, l’osmose est parfaite et les amateurs de De cape et de crocs ne devraient pas être déçus.
Lire la critique sur le site : BDGest
Citations et extraits (109) Voir plus Ajouter une citation
Sois endurant mon fils. Garde toujours à l'esprit que nos mésaventures les plus cuisantes... Peuvent se muer, sous la patine des ans, en de savoureuses anecdotes !
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Seigneur, je suis de Ségovie. Je vous épargnerais le récit de mes premières années et de la vie que je menais en Castille. Sachez simplement qu'elles furent placées sous le sceau de l'indigence, de la fourbe et de la friponnerie. En dépit de mes constants efforts, malgré des trésors d'astuce et des joyaux d'imagination, je ne parvins jamais à m'élever au-dessus de ma misérable condition. Gueux j'étais, gueux je resterai. C'est pourquoi je résolus de partir pour les Indes pour voir si mon sort s'améliorerait en changeant de monde et de pays. C'est ainsi que par un beau matin, le cœur tout gonflé d'espérance, j'embarquai pour le Nouveau Monde.
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"J'ai ouï dire que cette créature qu'on appelle la Fortune est une femme capricieuse, fantasque, toujours ivre, et aveugle par-dessus le marché. Aussi ne voit-elle pas ce qu'elle fait et ne sait-elle pas ni qui elle abat, ni qui elle élève."

Pierre Ménard – L'Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche
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Devant tant de courbettes, mon menton se relevait de lui-même.
Je devenais tout naturellement hautain, péremptoire, dur aux faibles et content de moi.
Bref, je m'anoblissais.
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Sois endurant, mon fils. Garde toujours à l’esprit que nos mésaventures les plus cuisantes peuvent se muer, sous la patine des ans, en de savoureuses anecdotes !
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