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EAN : 9782267014181
205 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (20/05/1997)

Note moyenne : 3.06/5 (sur 8 notes)
Résumé :
Écrit en 1969, Love est un roman trouble et bouleversant où le féminisme radical, mais nuancé, de l'auteur se présente sous les dehors les plus pervers et les plus violents. Love raconte une étouffante histoire d'amour à trois où les émotions les plus subtiles côtoient les pulsions sexuelles les plus grossières et les névroses sentimentales les plus cruelles. Le tout sanctionné par l'acte de violence et d'amour le plus définitif. Illuminé par la présence d'une héroï... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Tinuviel33
  02 mars 2019
L'ouvrage Love ne parle d'Amour que dans son titre. D'ailleurs, j'ai trouvé que la quatrième de couverture était en total décalage avec l'oeuvre et que cela lui portait vraiment préjudice.
Love est l'histoire de deux frères un peu machos, très liés car ayant vécu une enfance difficile : lorsqu'ils étaient enfants, leur mère a décompensé et est devenue psychotique.
Adulte, l'ainé est devenu enseignant, socialement bien sous tous rapports et le second, un artiste torturé, ne vivant qu'à travers son appareil photo. L'ainé rencontre lors d'une soirée une jeune femme un peu perdue, vivant surtout dans son univers qu'elle crée : le dessin. Leur relation de couple naissante, basée sur le besoin et la pitié plus que sur la tendresse, devient progressivement un trio, car son frère s'immisce de plus en plus dans leur relation. Les personnages se déchirent, s'enfonçant progressivement dans la souffrance, la violence, faisant ressortir ce qu'il y a de pire en eux. La jeune femme plonge dans la psychose et le lecteur, jusqu'à la fin, est obsédé par comment va se terminer cette macabre histoire, d'un réalisme perturbant.
L'autrice écrit incroyablement bien et les rêveries des personnages, leurs souvenirs et leurs délires s'entremêlent et se nourrissent de façon troublante.
C'est un petit roman, glaçant, extrêmement dérangeant qui m'a laissé à la fin de ma lecture prisonnière d'un profond mal être, à la fois fascinée et répugnée.
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batlamb
  02 septembre 2019
Dans ce roman, les tropismes baroques d'Angela Carter la poussent à dépeindre des psychologies tortueuses, maladives.
Sans cesse comparée à l'Ophélie de Millet, l'héroïne (répondant au nom d'Annabel) dessine des plantes empoisonnées sur ses murs, et se noie dans un narcissisme confinant au solipsisme : les autres existent uniquement comme des entités soumises à ses fantaisies détachées des réalités crues de l'amour. C'est pourquoi le premier présage qu'elle a de cette réalité, dans un parc au symbolisme capiteux (entre soleil et lune, classique et gothique, Apollon et Dionysos), la terrifie. Comme pour l'acte amoureux, on pénètre dans ce parc par un portail « amoral »…
Amoraux, les deux héros masculins le sont plus ou moins, malgré une éducation ayant tenté de leur inculquer des valeurs dont ils ne savent que faire. « Agis bien parce que c'est bien… mais qu'est-ce-qui est bien ? ». Avec Annabel, ils choisissent mal leur référentiel pour mesurer les mouvements d'un monde matériel où ils se sont perdus. Car cette dernière vit uniquement dans le monde des idées : vouloir prendre appui sur elle est donc un non-sens tragique. Ils se condamnent à suivre le sillage d'Ophélie, vers des profondeurs irrespirables.
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critiques presse (1)
Bibliobs   13 août 2018
Ce qui pourrait être un banal triangle amoureux dans le Londres hippie de la fin des années 1960 devient, par le sortilège d'une écriture luxuriante, un conte symboliste d'une ténébreuse perversité. Ecrit en 1969, «Love» est le cinquième roman de l'Anglaise Angela Carter, incarnation d'un réalisme magique féministe.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
Citations et extraits (1) Ajouter une citation
batlambbatlamb   02 septembre 2019
Annabel went through the park in a season of high winds and lurid weather, early one winter’s evening, and happened to look up at the sky.

On her right, she saw the sun shining down on the district of terraces and crescents where she lived while, on her left, above the spires and skyscrapers of the city itself, the rising moon hung motionless in a rift of absolute night. Though one was setting while the other rose, both sun and moon gave forth an equal brilliance so the heavens contained two contrary states at once. Annabel gazed upwards, appalled to see such a dreadful rebellion of the familiar. There was nothing in her mythology to help her resolve this conflict and, all at once, she felt herself the helpless pivot of the entire universe as if sun, moon, stars and all the hosts of the sky span round upon herself, their volitionless axle.

At that, she bolted from the path through the long grass, seeking cover from the sky. Wholly at the mercy of the elements, she lurched and zig-zagged and her movements were so erratic, apparently at the whim of the roaring winds, and her colours so ill-defined, blurred by the approaching dusk, that she might herself have been no more than an emanation of the place or time of year.
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