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ISBN : 9791094295168
Éditeur : La Thébaïde (01/01/2019)

Note moyenne : 5/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Dans ce texte divisé en soixante-trois chapitres, soit le nombre de cases d’un jeu de l’oie dont il s’inspire, l’auteur jongle avec le temps en voyageant entre le Vercors et Turin.

Dans un double cheminement littéraire et historique, la prose subtile et limpide sert une structure audacieuse. Un ensemble de récits enchâssés transporte dans le passé le protagoniste pour des (en)quêtes sur des personnages emblématiques : Mireille Provence, dite l’Espionn... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ClementChavant
  12 juin 2019
L'Oca nera est le premier roman d'un auteur, Gérard Cartier, qui a publié une quinzaine de recueils de poésies et obtenu plusieurs prix.
Ce livre est conçu comme un jeu de l'oie, et mêle plusieurs récits qui se répondent. le chroniqueur, ingénieur responsable du chantier du TGV Lyon Turin, rencontre les opposants aux projets. Lorsque ceux-ci décident d'instaurer la république libre de la Maddanela, il se rappelle que les résistants du Vercors avaient déclaré la république libre du Vercors en juillet 1944. Les récits s'entrelacent et se répondent. On suit dans leur fuite un couple de collaborateurs défait et pathétique ; entre deux séances de travail l'auteur cherche à comprendre le sens des images d'un jeu de l'oie acheté à prix d'or dans une boutique poussiéreuse de Turin, ce qui l'amènera à retrouver de vieux résistants communistes italiens. Cette quête, aussi indispensable qu'inutile, structure le livre et tous les évènements et récits s'y raccrochent, les amours italiennes du chroniqueur, ses recherches sur la mystérieuse espionne du Vercors, Mireille Provence qu'il soupçonne d'être responsable de l'arrestation et exécution de son oncle en 1944. Et derrière tout cela l'image du père, prisonnier en Allemagne mais qui n'en a jamais parlé ou si peu…
Ce livre est un parcours de souvenirs personnels, une réflexion sur le sens de la vie, sur ses grandeurs et ses dérisions. Si la fiction et le rêve sont dans toutes les pages, les circonstances et déroulements des récits sont étayés par des études très fines et pertinentes qui fournissent de nombreux détails aux histoires évoquées, celles des collaborateurs comme des résistants.
On admire le travail de recherche de l'auteur, les connaissances qu'il a acquises et qu'il nous transmet. On y trouve l'anecdote –véridique– des brodequins volés à Roman par les maquisards du Vercors, au cours d'une expédition spécialement montée à cet effet et qui, à la fin, ont trahi ceux qui les portaient. On se remémore cet épisode tragi-comique de l'exil de Pétain et sa clique à Sigmaringen (dont Céline parle dans « d'un château l'autre »), on retrouve la biographie d'un célèbre normalien collaborateur et on se demande comment des intellectuels qui avaient tous les outils pour comprendre ont pu sombrer dans cette fange ? (C'est exactement pour cette raison que De Gaulle a refusé de gracier Brasillach). Mais on retrouve aussi le canard de Vaucanson, extraordinaire automate capable de digérer et déféquer des aliments, et l'auteur nous décrit même par le détail le code de Beltham utilisé pour crypter les messages pendant le dernière guerre. SI l'on ajoute que l'auteur est un amoureux de l'Italie dont il nous fait découvrir la géographie alpine, les oeuvres d'art et jusqu'à la gastronomie, on comprendra toute la richesse de ce livre et les surprises qu'il nous réserve.
La construction de ce livre est savante, et si les histoires se croisent, l'auteur donne les clés pour suivre chacune et la reconstituer chronologiquement. Chaque phrase de ce livre est travaillée comme chaque ver d'un poème, avec le souci constant d'être beau à lire et d'évoquer le plus précisément possible ce qui est décrit. Dans l‘extrait ci dessous, le collaborateur en fuite se souvient des horreurs de la guerre de 14-18, qui le marquèrent au point de le rendre pacifiste, et, de façon très contradictoire, l'orientèrent peut-être dans ses choix et firent de lui un épouvantable collaborateur.
« Parmi tant de morts, il revoit ce camarade du 16ème RI découvert sur un arpent de terrain regagné après des semaines de cauchemar, étendu près de son fusil planté en terre, la crosse vers le ciel, béquille instable sur laquelle, la nuit venue, il avait tenté de regagner la tranchée, se traînant entre les lignes jusqu'à s'effondrer là, à trente mètres du salut, trouvant seulement la force de se retourner pour faire face au ciel et regarder une dernière fois glisser les étoiles. La nuit restait prise dans ses yeux, deux petites flaques sombres qui clapotèrent quand on voulut l'arracher à la boue solidifiée pour lui donner une sépulture décente, l'eau coulant de ses orbites vides, le cadavre se mettant à pleurer, toutes les larmes accumulées pendant trois ans, dont rien n'avait pu le délivrer, ni l'épuisement, ni l'effroi, ni les camarades déchiquetés agonisant entre ses bras, s'échappant d'un coup »
Je trouve ce passage, comme tout le livre, très beau, on dirait du Genevoix. L'horreur de la guerre qu'il évoque est tout à fait plausible avec le personnage réel du collaborateur (dont on découvre le nom à la fin du livre)
L'ora nera est un très beau texte, que l'on lit avec plaisir à lire, dans lequel on apprend beaucoup.
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