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EAN : 9782203099975
152 pages
Casterman (11/04/2018)
3.66/5   202 notes
Résumé :
Max est un homme tellement insignifiant qu'il finit par devenir vraiment invisible. Léo est une femme peureuse qui vit dans ses rêves. Max s'installe chez Léo et observe sa vie.
Une comédie romantique et fantastique par l'auteur de la BD à succès : Betty Boob
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Critiques, Analyses et Avis (54) Voir plus Ajouter une critique
3,66

sur 202 notes
Un gros bouquet de fleurs artificielles dans les bras, Max tente tant bien que mal de se faufiler à travers la foule qui semble l'ignorer. Arrivé en haut de chez lui, quelle n'est pas sa surprise de découvrir sa petite amie dans les bras d'un autre. Apparemment, elle aurait oublié qu'elle vivait avec lui depuis 4 ans. Cela ira de mal en pis. Son nouveau colocataire, Nabil, ira jusqu'à oublier qu'il vivait avec lui, sa psychologue, à qui il se confie, ne le reconnaîtra pas.. Max se rend compte qu'il devient de plus en plus transparent aux yeux des autres...
Léo, après avoir bu quelques verres, se fait raccompagner chez elle par un jeune homme. le couple fait l'amour mais dès le lendemain matin, la jeune femme feint l'amnésie et le somme de s'en aller. Son amie et voisine, Jasmine, qui passe la saluer en coup de vent, n'est pas étonnée de la voir refaire le coup de l'amnésique. Une fois seule, Léo est confrontée à des spectres qu'elle chasse dans tout l'appartement. le lendemain, dans l'escalier, elle croise Max qui vient juste de s'installer...


Véro Cazot nous plonge dans un récit intimiste où, peu à peu, Max devient invisible. D'abord insignifiant aux yeux de son entourage, il finit par disparaitre totalement. Libre de tout geste, il s'immisce dans la vie de Léo jusqu'à partager son quotidien. Une étrange relation fantastique s'établit alors, évidemment à sens unique. le personnage de Max, bien que transparent, est attachant, sincère dans ses sentiments et ses gestes, voulant protéger Léo de ses fantômes qui la hantent. L'auteure aborde différents sujets tels que la timidité, la difficulté des relations amoureuses, l'amitié, la solitude, l'enfance... Une comédie sentimentale douce-amère, fantastique et attendrissante. Graphiquement, Camille Benyamina nous offre de magnifiques planches empreintes de douceur et de mélancolie, des pleines pages sensuelles. Son trait se révèle juste et tout en finesse, sa palette de couleurs délicate.
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Les petites distances, c'est un roman graphique qui allie le texte de Véro Cazot et les dessins de Camille Benyamina.
Max est discret ou plutôt c'est peut-être sa vie qui apparaît insignifiante. On ne fait pas attention à lui lorsqu'on le croise dans la rue. La première scène très cocasse m'a fait penser à un film de Charlot, on le voit tenter de traverser une rue et se faire refouler, par une foule compacte et indifférente, jusqu'au trottoir d'où il venait... Il retrouve sa petite amie avec laquelle il vit depuis quatre ans et la découvre au lit avec un autre homme et celle-ci semble avoir oublié qu'elle partageait sa vie et son appartement avec Max...
Même sa psy semble lui accorder peu d'importance. Il finit par s'effacer peu à peu du réel, devenir transparent, invisible, disparaître du paysage. Au début du récit, c'est au sens figuré, mais peu à peu il disparaît complètement aux yeux des autres personnages et c'est toute la grâce et la magie du graphisme qui permettent d'introduire cette touche à la fois fantastique et poétique au récit.
Invisible, il s'emmourache de sa voisine Léonie, dite Léo et s'installe alors chez elle, bien sûr à son insu. Léo est une femme célibataire, imaginative et angoissée, sujette aux hallucinations et aux cauchemars. Invisible, Max observe la vie de Léo se dérouler sous ses yeux, assiste impuissant à ses histoires amoureuses et malheureuses, empêtrée parmi ses démons.
Peu à peu il y a quelque chose à fois de touchant et de burlesque dans cette cohabitation saugrenue. Max trouve peu à peu sa place et c'est comme si une harmonie s'installait peu à peu entre ces deux êtres qui ne peuvent pas communiquer, comme si Léo ressentait peu à peu la présence diaphane de Max, une présence apaisante, comme s'ils étaient parvenus à quelques effleurements l'un de l'autre. Ici le dessin et le texte oscillent avec grâce entre la réalité et l'imaginaire.
Dans ce roman graphique où s'invite le mythe éternel de l'homme invisible, des sujets sont abordés avec beaucoup de sensibilité et d'intelligence tels que l'amour, la solitude, la sexualité, la difficulté de communiquer, l'enfance.
J'ai beaucoup aimé cette bande dessinée, cette fable sociale et intimiste, empreinte de poésie, de douceur et de mélancolie. Le sentiment de devenir invisible dans nos mondes bruyants et éphémères, est sans doute palpable, plus que jamais.
Les personnages sont attachants, fragiles, désemparés, nous offrent tantôt des tranches de vie émouvantes pour décrire cette très belle histoire d'amour et d'autres fois des scènes croquignolesques, rabelaisiennes, pleine d'espièglerie et de légèreté, même si la fin m'a un peu déçu...
Le dessin sert merveilleusement le propos d'un scénario qui vient mettre en lumière celles et ceux qui sont touchés dans leur existence par le sentiment d'effacement.
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Ce tome comprend une histoire complète indépendante de toute autre. Il est paru en avril 2018. le scénario a été écrit par Véro Cazot, les dessins et la mise en couleurs ont été réalisés par Camille Benyamina. Cazot est également la scénariste de l'excellente BD Betty Boob, dessins de Julie Rocheleau. Cette histoire comporte 146 pages de bandes dessinées. Il est découpé en 4 chapitres : (1) le parfum imaginaire des fleurs artificielles, (2) à la croisée des ondes, (3) la théorie des cordes sensibles, (4) la fin des illusions.

Max est en train de ramener une plante en pot artificielle chez lui, à pied. Alors qu'il traverse une rue, il se retrouve repoussé par le flot de piétons venant en sens inverse, au point de se retrouver à son trottoir de départ, tellement personne ne prête attention à lui. Il rentre chez lui et découvre sa copine Ana au lit en train de se faire déshabiller par un autre homme. Ce dernier s'étonne, sans être plus gêné que ça ; Ana se rend compte qu'elle avait oublié l'existence de Max, alors que ça fait 4 ans qu'ils sont ensemble. Léo (diminutif de Léonie) est en train de prendre un verre de Sancerre au comptoir, un peu ennuyée. Elle répond à un autre client qu'elle n'arrive pas à retrouver son appartement. Il lui propose de l'accompagner jusqu'à son adresse. Elle lui propose de monter avec lui et ils font l'amour. Au matin, elle joue les amnésiques effarouchées pour que le coup d'un soir déguerpisse au plus vite. Sa copine Jasmine (psychologue) arrive pour lui rendre visite et comprend immédiatement le subterfuge de Léo. Cette dernière prépare des repas fait maison qu'elle livre à des clients.

Le même jour, Max se rend en consultation chez Jasmine, souffrant d'être insignifiant aux yeux des autres, au point que sa présence soit inconsistante, et que les autres ne le voient littéralement pas. Après quoi, il retourne dans l'appartement d'Ana, récupère ses affaires, et s'en va passer un nuit à l'hôtel. À chaque fois qu'elle rentre chez elle, Léo tient sa bombe lacrymogène à la main afin de se défendre contre les spectres présents dans son appartement. Elle récite une prière en forme de mantra avant de s'endormir, mais elle cauchemarde en pensant aux spectres imaginaires. le lendemain, Max prend une autre colocation, avec un dénommé Nabil, dans le même immeuble que celui de Jasmine et Léo. Il sort prendre l'air sur le balcon et aperçoit Jasmine sur le balcon voisin. Il la salue, mais elle ne le voit pas, et salue Nabil qui se tient derrière lui. Max insiste ; elle finit par le remarquer mais ne le reconnaît pas alors qu'il est son patient. Alors que Max ramène ses affaires dans l'immeuble (y compris sa plante artificielle en pot), il croise Léo qui lui dit que sa plante sent bon. Ils font connaissance, et Max lui tend la main pour une poignée de main, mais elle a un geste de recul en constatant qu'il lui manque 2 phalanges à l'index de la main droite.

Après l'extraordinaire BD Betty Boobs, le lecteur guette la production suivante de ses auteures. Il découvre l'épais roman graphique de Véro Cazot, s'étant associée à une autre artiste dont les brèves notes en fin de volume indique qu'elle est tombée en amour pour le scénario. La scénariste a développé une histoire d'amour faite de petits rien sur une longue pagination, avec l'intervention d'un élément surnaturel : l'existence corporelle de Max s'éloigne de la réalité physique de l'humanité. Concrètement, il devient une sorte de fantôme, vivant dans un monde fantomatique qui est le reflet du monde réel, qui s'y superpose, mais il n'est plus perceptible que sous forme de discrètes sensations, et que par un nombre très restreint d'individus, essentiellement Léo. Sur la base de ce postulat, cette histoire d'amour revêt une forme des plus étranges, mais aussi inédite, dans laquelle Max peut observer tous les faits et gestes de Léo dans son intimité, alors que celle ne ressent que vaguement une poignée d'effets de sa présence. Camille Benyamina représente alors Max de la même manière que les autres personnages, mais avec des traits de contour moins appuyés, ou des couleurs translucides, laissant apparaître une partie de ce qui se trouve derrière lui, décors ou personnages.

Il ne faut pas longtemps au lecteur pour saisir le concept de la nature fantomatique de Max, et les auteurs facilitent ce glissement vers la dématérialisation en tirant avantage de la pagination, montrant que le passage vers l'intangibilité s'effectue progressivement. le lecteur et le personnage (Max) s'habituent ainsi en douceur à cet état sortant de l'ordinaire. Les dessins et le comportement de Max montrent un individu gentil, attentionné, ne cherchant pas à se mettre en avant, éprouvant de l'empathie pour les autres, apportant une forme de soutien ou de réconfort discret, sans chercher de récompense, sans attendre de remerciement. D'une certaine manière son comportement le rend aussi falot qu'attendrissant. Sa banalité le rend littéralement transparent aux yeux des autres, alors même que sa présence produit un effet réconfortant. le lecteur ressent toute la qualité de l'écriture et de la narration des auteures en prenant conscience que Max n'est pas fade ou inexistant. Bien au contraire, il s'attache tout de suite à cet individu discret et prévenant, gentil et attentionné, tout en conservant un caractère qui n'est ni celui d'un sycophante, ni celui d'un individu qui n'existerait qu'à travers les autres. Plus Max devient inexistant aux yeux des autres, plus il prend de la consistance pour le lecteur.

Dans le même temps, le lecteur s'attache immédiatement à Léo, jeune femme pleine d'entrain, semblant facile à vivre souvent d'humeur enjouée, décidée et sachant ce qu'elle veut, sociable. Camille Benyamina la représente avec une silhouette élancée, dans des postures naturalistes, sans velléité de la transformer en modèle de beauté, en mannequin de présentation de vêtements de mode ou de produits de beauté. Elle présente une forte identité visuelle du fait de sa chevelure rousse un peu sauvage (ce n'est pas non plus une publicité ambulante pour shampoing), et des taches de rousseur sur son visage. du fait de la pagination et des situations évoquées, le lecteur pénètre dans son intimité, que ce soit pour des moments solitaires comme le rituel du coucher, ou pour des interactions sociales, avec une belle crise de fou-rire qui amène immédiatement une sourire sur le visage du lecteur. L'artiste sait capter les gestes machinaux et les postures féminines, sensibilité visible dans les petits détails, comme la manière de retirer son débardeur en page 43. Il pénètre également dans son intimité physique que ce soit lors de sa toilette ou des ébats sexuels. À chaque page, il ressent une sensibilité féminine qui s'exprime, à l'opposé d'une mise en scène dans la performance physique, et sans sensiblerie, un équilibre délicat et épatant.

Au travers des scènes de la vie de tous les jours, le lecteur découvre en Léo, une jeune femme charmante, irrésistible même, car ses faits et gestes sont présentés comme naturels, comme allant de soi, les auteures lui laissant la possibilité de justifier un comportement sortant de l'ordinaire (sa simulation d'amnésie) en parlant à un autre personnage. Elle emporte l'amitié du lecteur par son refus de se résigner à la solitude, de subir les fantômes de ses angoisses, de faire au mieux avec ce qu'elle a (le choix de concubin), et son goût pour le sancerre et le chablis. En vis-à-vis d'elle, les différences de caractère d'avec Max ressortent avec force. Son langage corporel et ses postures font apparaître un individu plus effacé et plus prévenant. Utilisant toujours la copieuse pagination du récit, Véro Cazot préfère montrer l'état de Max plutôt que de l'expliquer. le lecteur cartésien peut être un peu rebuté par ce procédé, mais il se rend compte que son attachement pour le personnage va grandissant et qu'il consent bien volontiers le petit supplément de suspension d'incrédulité nécessaire pour rester dans l'histoire. Or Max ne reste pas juste condamné à l'état de voyeur passif. Il bénéficie même d'une séquence constituant une variation sur le thème de l'origine secrète.

Alors qu'il s'est confortablement installé dans la relation univoque entre Léo et Max, le lecteur a la surprise d'accompagner Max rendant visite à ses parents. Il est encore plus surpris de constater qu'il a aussi disparu pour eux, quasiment remplacé par un chien. Les dessins montrent des adultes d'une cinquantaine ou peut-être soixantaine d'années, sereins et confortablement installés dans leur vie, apaisés et entièrement satisfaits du plaisir que leur apporte leur chien. La séquence est d'autant plus déchirante que Max ne se résigne pas à la situation, mais l'accepte comme une forme de fatalité contre laquelle il n'est pas utile de lutter. Il analyse son histoire personnelle plutôt que de subir et de se lamenter Son inexistence atteint un summum : ce n'est pas simplement qu'il ne représente rien pour tous ceux qu'ils croisent, c'est aussi qu'il n'a plus d'importance pour ses parents, qu'il n'en a jamais eu. Il s'agit d'une séquence d'une rare cruauté, rendue plus insupportable par sa douceur et son naturel. le lecteur découvre par la suite que ce comportement découle d'une circonstance liée à l'histoire personnelle de Max, relatée page 106 & 128, susceptible d'induire un tel refoulement. Cet effacement total de l'existence de Max est de nature à fendre le coeur de n'importe quel lecteur, et pour autant le récit ne verse pas dans le misérabilisme. le comportement de Max relève plus de l'acceptation que de la résignation dans la mesure où il se rend compte que son état spectral lui permet de se livrer à des activités interdites aux gens en chair et en os. C'est ainsi qu'il prend un bain de soleil version naturiste (page 71) au milieu de des autres usagers du parc public, pour un dessin en pleine page des plus libérateurs.

Ce n'est pas la seule scène de nudité, car la sexualité et elle occupent une place importante dans le récit, apparaissant dans une quinzaine de pages, soit environ 10% du récit. À chaque fois, il s'agit d'un comportement naturel s'intégrant de manière organique dans le récit. Les dessins de Camille Benyamina ne peuvent pas être qualifiés de pornographiques, même lors de la représentation de l'acte sexuel, mais plutôt de sensuels, y compris lorsqu'il y a nudité frontale, voir pénétration lors de la page 81, entièrement dévolue à des accouplements entre adultes consentants. L'artiste ne se concentre pas sur les détails (pas de représentation des tétons, uniquement des auréoles), et ne place pas ses personnages dans des postures pornographiques ou de magazine de charme. La relation sexuelle est dépeinte comme une chose allant de soi, débarrassé de toute névrose ou de rapport de domination. Cela n'empêche pas les auteures de placer le lecteur dans une position de voyeur passif pour des scènes de positions banales, de masturbation, de triolisme, et même de lecture de manga pornographique.

L'activité sexuelle fait donc partie de la vie des personnages, sans fausse pudeur, mais sans que cela n'en devienne leur activité essentielle. Non seulement le lecteur se retrouve en position de voyeur, mais Max également car il a choisi de s'installer dans l'appartement de Léo, en tant que fantôme invisible. Il partage donc tous les moments de son intimité. Cazot & Benyamina utilisent le dispositif surnaturel du fantôme amoureux pour mettre en lumière des facettes de la relation amoureuse. Max a décidé de vivre avec Léo, même si celle-ci ignore tout de sa présence. Il a ainsi l'occasion extraordinaire de vivre avec elle à chaque instant de sa vie. Dans un premier temps, le lecteur constate que cette relation déséquilibrée ne profite qu'à Léo : Max se montre attentionné envers Léo en essayant de la rasséréner, alors que Léo ignore jusqu'à son existence. le langage corporel de Léo évolue, indiquant qu'elle a regagné confiance en elle, qu'elle n'est plus minée par les fantômes du soir, les doutes et les angoisses qui l'assaillent. Max se détend également dans cette quasi absence de d'interaction avec le monde physique, acceptant l'état qui est le sien quasiment depuis sa naissance (il paraît que sa mère avait oublié qu'elle était enceinte jusqu'à ce qu'elle accouche). le lecteur peut voir cette détente dans son comportement moins inquiet.

Bien évidemment la tentation est forte pour le lecteur de se lancer dans des considérations psychanalytiques. Max consulte Jasmine une psychologue. Il est question de traumatisme d'enfance, entre la mort de la petite voisine de Max, et les douches de Léo dans l'enfance, ou encore de Max étant enfant de personne (page 105). À plusieurs reprises, des remarques anodines font émerger des névroses légères : Léo se rendant compte qu'elle n'arrive pas à supporter la vue d'un doigt auquel il manque des phalanges, un homme obnubilé par le risque d'un poil de nez qui dépasse, une problématique de mauvaise odeur corporelle. Dans ces occasions, le lecteur apprécie à sa juste valeur l'osmose entre scénariste et dessinatrice, comme si le récit était raconté par une unique personne. Mais le lecteur peut aussi se passionner pour la dynamique de la relation qui se développe entre Léo et Max. Leur qualité de vie se trouve dégradée, celle de l'un comme celle de l'autre quand ils ne partagent pas leur vie. Il se développe ainsi une forme de codépendance pour pouvoir accéder au bonheur. L'un agit comme un exhausteur de goût pour l'autre, et dans l'autre sens l'autre fait littéralement exister le premier. À plusieurs reprises, le lecteur ressent la forte impression que c'est le vécu de la scénariste qui fait exister ces sentiments, comme si certains passages relevaient d'une autofiction honnête et sans fard.

Le lecteur referme le tome, totalement sous le charme d'une relation à laquelle il a presque participé de l'intérieur. La pagination laisse le temps aux personnages d'exister, et aux auteures de faire exister des moments fugaces, des sensations ténues qui sont l'essence même de la relation entre Léo et Max, qui lui donnent son unicité et sa qualité. Alors même qu'il s'agit d'une comédie sentimentale des plus intimes, le surnaturel est utilisé avec ingéniosité pour montrer le caractère et les difficultés psychologiques des 2 personnages principaux. Pourtant le récit reste léger d'un bout à l'autre, à la fois grâce aux dessins d'un grand naturel et d'une grande justesse pour le jeu des acteurs, à la fois grâce à l'écriture discrètement sophistiquée de Véro Cazot. S'il y est sensible, le lecteur apprécie la finesse d'observation qui s'exprime dans certaines phrases, ainsi que la saveur cocasse de certaines métaphores comme celle de la douche froide que subit Max, ou de son attachement à une plante en plastique, aussi factice que sa vie sociale.
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En ce moment, je dévore les bandes dessinées. A la bibliothèque numérique, j'ai emprunté : Les petites distances de Véronique Cazot.
Max est un homme tellement insignifiant qu'il finit par devenir vraiment invisible.
Léo est une femme peureuse qui vit dans ses rêves. Ils se croisent, avant que le jeune homme ne disparaisse..
Max s'installe chez Léo et observe sa vie.
Les petites distances est une bande dessinée très originale. Léo est un homme comme les autres toutefois il a l'impression que personne ne s'occupe de lui. Il a l'air invisible. Cela commence quand sa copine s'envoie en l'air avec un autre alors qu'ils devaient fêter leur anniversaire de rencontre. Il va voir une psy mais à l'impression qu'elle ne l'écoute pas.. Tout est ainsi jusqu'au jour où Max devient réellement invisible.
Léo est une jeune femme plutôt jolie, assez lunaire. Elle voit des choses, des esprits.. Elle est peureuse jusqu'au jour où... Max s'installe chez elle. Un fantôme en chasse d'autres..
Max est là, il vit avec Léo sans que celle-ci ne le voit. Un couple comme tant d'autres, dans un sens..
Il y a beaucoup de pudeur dans cette bande dessinée. C'est joliment écrit et j'ai beaucoup apprécié les dessins. J'ai été charmée par cette lecture. Je l'ai emprunté par hasard.. comme quoi le hasard fait bien les choses :)
J'ai adoré le dénouement, ça ne pouvait que finir ainsi.
C'est avec plaisir que je mets quatre étoiles.
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J'ai beaucoup aimé cette bande-dessinée, autant pour son histoire très touchante que pour les dessins doux et chaleureux, les deux s'harmonisant parfaitement pour nous immerger dans l'atmosphère intimiste de ce récit qui sort des sentiers battus. En effet, Max, devenu invisible à force d'indifférence, emménage chez Léo, jeune femme hantée par des terreur nocturnes et seule personne capable de percevoir ne serait-ce que vaguement la présence du jeune homme. Au fil de la cohabitation, une étrange relation se noue entre Léo et Max...
J'ai trouvé que le dénouement arrivait un peu rapidement, surprenant le lecteur et changeant complètement la perspective qu'on avait de l'histoire de Léo et Max, mais cela ne m'a pas empêcher d'adorer Les petites distances.
Lien : http://lecturesdestephanie.b..
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critiques presse (4)
LActualite
06 août 2018
Tout est fin et sensible dans ce roman graphique brillamment créé avec humanité.
Lire la critique sur le site : LActualite
BDGest
01 juin 2018
Une bande dessinée qui devrait sourire aux amateurs de Philippe Dupuy, Charles Berbérian, Grégory Mardon et tous ces bédéistes qui décrivent avec finesse et humour la jeunesse parisienne.
Lire la critique sur le site : BDGest
Bedeo
04 mai 2018
Histoire touchante sans être glaçante, dessin sensible sans être larmoyant, Les petites distances a semble-t-il trouvé le bon équilibre pour être une œuvre à laquelle on peut s’identifier, à laquelle on peut croire au bout d’un moment, et à laquelle on veut absolument connaître la fin.
Lire la critique sur le site : Bedeo
Actualitte
30 mars 2018
Avec Véro Cazot au scénario et Camille Benyamina au dessin, Casterman livre au lecteur un récit intimiste et sentimental empreint de mélancolie et de douceur. Laissez-vous séduire par l’histoire de Max et Léonie qui infuse le quotidien de fantastique presque tangible.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
Les amis nous oublient si vite quand vous partez. Ils se détachent de vous à une vitesse vertigineuse. Au début, vous vous appelez, vous leur manquez et ils vous manquent, mais très vite, la vie s'organise sans vous, sans eux, les appels s'espacent, les nouvelles deviennent trop longues à raconter et, de résumé en résumé, l'amitié ne se ressent plus qu'au passé.
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Je suis complètement invisible. C'est de pire en pire, mais c'est comme ça depuis ma naissance. Quand ma mère m'a mis au monde, elle ne savait même pas qu'elle m'attendait. Il y a des jours où je me sens complètement inconsistant.
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Tu as vu l'homme idéal dans les parages, toi ? Non ? Eh bien moi, j'en ai marre d'attendre. Vlad n'ait pas parfait, mais je crois que je serais perdue sans lui. Tant pis pour le prince charmant, il n'avait qu'à se pointer avant.
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Ah oui, le poil. Un soir, y a je sais pas trois mois, voilà que je la croise dans les escaliers et qu'elle me met le grappin dessus comme si j'étais le messier. Je la suis chez elle, on commence à se chauffer et là tout d'un coup, elle se raidit en bloquant sur mon nez. Elle finit par me dire que j'ai un poil qui dépasse. Moi, conciliant, je pars l'épiler direct dans la salle de bains. Quand je suis revenu, elle dormait sur le canapé. J'ai bien vu qu'elle faisait semblant, mais bon, toute façon c'est pas mon genre. Beaucoup trop compliquée pour moi.
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Je viens d'entendre les voisins du dessous s'envoyer en l'air. Il y en a qui ont de la chance. C'est très nouveau pour moi. Je comprends pour la première fois le concept de faire l'amour. […] Moi, jusque-là, mes orgasmes, je les ai toujours eu toute seule. Alors, je ne voyais pas vraiment l'intérêt de partager cela.
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Videos de Véronique Cazot (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Véronique Cazot
Dans le 170e épisode du podcast Le bulleur, on vous présente le parcours de Missak Manouchian, récemment entré au Panthéon, à travers deux bandes dessinées sorties récemment chez Les Arènes BD et Dupuis. Cette semaine aussi, on revient sur l’actualité de la bande dessinée et des sorties avec : - La sortie de l’album Copenhague que l’on doit au duo Anne-Caroline Pandolfo et Terkel Rijsberg, publié aux éditions Dargaud - La sortie de l’album Le champ des possibles que l’on doit au scénario de Véro Cazot, au dessin d’Anaïs Bernabé et c’est édité chez Dupuis - La sortie de l’album L’homme miroir que l’on doit à Simon Lamouret et aux éditions Sarbacane - La sortie de l’album The Velvet underground, dans l’effervescence de la Warhol factory que l’on doit à Koren Shadmi et aux éditions La boite à bulles - La sortie de l’album Sept vies à vivre que l’on doit à Charles Masson et aux éditions Delcourt dans la collection Mirages - La réédition de l’album Mauvaises herbes que l’on doit à Keum Suk Gendry-Kim et aux éditions Futuropolis
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