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Isabelle Delord-Philippe (Traducteur)
ISBN : 226403873X
Éditeur : 10-18 (07/10/2004)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 72 notes)
Résumé :
New York, 1939: Josef, jeune Juif ayant fui Prague occupée par les nazis, et son cousin de Brooklyn, Sammy, unissent leurs talents pour inventer un héros de bande dessinée: l'Artiste de l'évasion. Pourfendeur des forces du mal, spécialiste des évasions, celui-ci combat le nazisme sous toutes ses formes. Il incarne ainsi la tentative désespérée de Joe de libérer sa famille restée à Prague, en même temps qu'une dérisoire volonté de réveiller la conscience des jeunes A... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
Archie
  10 janvier 2016
J'ai en mémoire des romans épais et "difficiles", dont la lecture m'avait demandé du temps, de la lenteur, de la concentration, parce que le parti littéraire de l'auteur avait été d'en complexifier la construction ou la langue. Malgré les efforts qu'ils m'avaient imposés, ces ouvrages m'avaient parfois procuré un tel bonheur de lecture, qu'en les terminant, j'avais éprouvé un sentiment de vide, de frustration ; j'aurais voulu que cela continue... Ce n'est pas le cas de Les Extraordinaires Aventures de Kavalier et Clay. J'en ai trouvé les huit cents pages interminables.
J'avais pourtant trouvé séduisant le synopsis de ce roman primé en 2001 par un prix Pulitzer.
New York, 1939. Joe Kavalier vient de débarquer en provenance de Prague, désormais occupée par l'Allemagne nazie. Il est hébergé par son cousin Sammy Clay, natif de New York. Tous deux sont juifs, de milieu modeste ; Ils ont vingt ans, leur parcours scolaire est des plus limités, mais ils ont de grandes qualités. Sammy est imaginatif et bonimenteur ; il a un talent fou pour inventer des histoires et transmettre son enthousiasme. Joe, d'un caractère réservé, est observateur et perfectionniste, des qualités essentielles pour l'illustration et la prestidigitation.

Les deux cousins, très complémentaires dans leurs aptitudes, vont se lancer dans la bande dessinée et participer à l'éclosion de cette forme d'expression qui va rencontrer un énorme succès commercial en Amérique. Leur héros est un vengeur masqué, disposant de moyens surnaturels pour voler au secours des opprimés, à l'instar d'un Superman ou d'un Batman dont il est le concurrent direct.
Le roman raconte les heurs et malheurs des deux cousins sur une quinzaine d'années. La fiction est très ancrée dans la réalité historique : la vie quotidienne à New York, le petit monde des auteurs de "comics" et des éditeurs sans scrupules, les rapports de la bande dessinée avec d'autres formes d'expression littéraire et picturale, ainsi, curieusement, qu'avec l'illusionnisme. Présence forte, aussi, de la guerre en Europe, vue de loin par Sammy et les Américains, mais ressentie avec souffrance et violence par Joe, dont la famille reste bloquée à Prague.
Mais cet ancrage réaliste amène l'auteur à citer moult rédacteurs, illustrateurs, éditeurs et titres de "comics" américains ayant réellement existé, avec renvois à des notes de fin de chapitre sans intérêt, ce qui finit par alourdir la lecture pour ceux qui comme moi, ne sont pas des passionnés de l'histoire de la BD.
La construction des phrases est très alambiquée et sans charme. L'auteur multiplie l'emploi de parenthèses et de tirets pour inclure des références, des observations annexes ou des détails complémentaires ; il s'acharne aussi à éclairer propos ou descriptions par des exemples en forme d'énumérations longues et fastidieuses.
Quant aux extraordinaires aventures des deux compères, elles consistent en une longue suite de péripéties et de rebondissements, dans lesquels, malgré la participation exceptionnelle du Golem de Prague, apparait trop peu l'humour juif ashkénaze que j'espérais trouver.
Des illustrations valant mieux que de longs discours, peut-être le roman aurait-il mérité d'être édité sous forme de feuilleton en BD.
Lien : http://cavamieuxenlecrivant...
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Chouchane
  26 septembre 2013
Une nuit de fin octobre 1939, Sammy un jeune juif new-yorkais doit faire une place dans son lit à son cousin Joseph Kavalier qui arrive de Prague. Les Kavalier sont des juifs intellectuels menant la vie sociale qui va avec, jusqu'à ce que les nazis envahissent la Bohême dans ce qui fut l'ancienne Tchécoslovaquie. Ils vont alors mettre investir toutes leurs économies pour faire partir leur fils aîné, Joseph, vers les Etats Unis.
Malgré des papiers en règle, Joseph devra s'enfuir de son pays dans le cercueil du … Golem de Prague. Ca commence bien ! Faut dire que l'adolescent ne craint pas les boîtes, féru de prestidigitations il prend des cours avec un maître Bernard Kornblum grand admirateur d'Harry Houdini qui le formera (efficacement) à décrocheter des serrures au fond d'un sac, lui même au fond d'une eau froide.
Mais outre sa passion pour la magie, Joseph fut également étudiant aux Beaux Arts de Prague et se révèle être un dessinateur de talent. C'est cette facilité pour le dessin qui sera son passeport pour la célébrité.
On plonge, ainsi, dans l'histoire des comics américain. C'est fascinant de découvrir comment l'histoire tragique des juifs d'Europe a influencé les personnages de justiciers se battant contre l'armée nazi. Joseph ivre de haine contre Hitler se défoulera en humiliant par BD interposée le troisième Reich. On se retrouve au coeur du processus de création et de toutes les inventions et innovations qui ont fait le succès du Comics : super héros de plus en plus musclés, anonymat, masques et tenues extravagantes, graphisme, scénarios, bulles, vignettes, onomatopées, etc…
Ce déchaînement créatif - qui a pour toile de fond, la guerre de 40 et l'anéantissement des juifs d'Europe - explore l'histoire de ces bandes dessinées et celle des hommes qui l'ont écrite. S'inspirant de créateurs réels comme Jack Kirby, Will Eisner, Stan Lee ou Gil Kane, Mickael Chabon n'omets pourtant pas de nous livrer une fiction captivante où la psychologie des personnages est explorée avec justesse. On suit avec tristesse le premier départ de Prague d'un adolescent agacé du trouble de ses parents au moment des adieux, on lit avec émotion l'histoire du petit Thomas qui regarde partir son frère adoré. On retrouve un Joseph plein d'espoir à New York qui va tenterl'impossible pour faire venir sa famille et enfin on lit le désespoir de celui qui comprends ce qui se passe de l'autre côté de l'Atlantique, qui découvre avec effroi a disparition des siens.
Ceci dit, ce roman n'est pas seulement le récit de la vie de Joseph Kavalier, c'est aussi celle de Clay, Sammy Clay, le cousin américain, le scénographe, le petit malin plein de débrouillardise qui va trouver le moyen d'éditer leurs histoires de papier. L'époque ne le servira pas autant qu'il le mérite. Ses péripéties donnent une vision un peu dure de l'Amérique : profits honteux des hommes d'affaire au dépend des créatifs, procès, contrôle des moeurs, dictats rigides de la psychologie, solitude… Sammy malgré un second rôle n'est pas le faire-valoir de Joseph c'est un personnage à part entière qui apporte avec lui les revendications futures d'une catégorie d'américain.
Au final, une oeuvre imposante sur les comics de l'après-guerre mais pas que… sur une époque aussi, sur la matière qui compose les hommes et les femmes, sur la boue du fleuve Moldau avec laquelle fut fabriqué le Golem de Prague qui permis à Joseph de fuir la mort.
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Aline1102
  13 novembre 2017
Voilà un roman qui, au début, m'a donné un peu de mal.
En effet, quand on commence la lecture de ce pavé, on ne comprend pas trop où l'auteur souhaite nous emmener. On passe de l'arrivée de Joe à New York à son enfance à Prague avant de revenir à New York. Pas très clair tout ça... Il faut donc attendre une bonne centaine de pages (voire même un peu plus) avant que Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay commencent à réellement prendre forme et à se dérouler sous nos yeux.
Passé ce début légèrement déconcertant, ce récit est très agréable à suivre. On y découvre une histoire romancée du début des comic books et des super-héros, mais aussi les conditions de travail des premiers dessinateurs et scénaristes de ce genre littéraire. Autant le dire tout de suite : si Michael Chabon est bien documenté (et je pense qu'il l'est, vu le style de son récit), ces auteurs se sont fait bien arnaquer par leurs éditeurs. Kavalier et Clay, les deux cousins, rapportent des millions de dollars à leur patron mais eux-mêmes n'ont droit qu'à un minuscule pourcentage sur leurs créations.
Le style de l'auteur est extrêmement intéressant. On a, plus d'une fois, l'impression de lire une histoire vraie, puisque les personnages de fiction côtoient des personnages réels (Salvador Dalí, notamment
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Shan_Ze
  05 mars 2013
Ces aventures commencent en 1939 avec le début de la Seconde Guerre Mondiale et l'arrivée de Josef Kavalier chez sa tante et son cousin Sammy Clay qui va l'initier aux comics. Elles se terminent en 1954 avec un procès.... Mais c'est en vérité une grande fresque historique des deux cousins dans le monde des comics. Et aussi une grande histoire d'amour, d'humanité, de magie, d'évasion !
J'ai beaucoup aimé découvrir le long des pages, ces deux personnages entourés d'autres, réels et fictifs, étonnamment bien décrits. J'ai été un peu moins attirée par les descriptions du monde des comics mais il est si facile de se laisser prendre par le style de Chabon ! Même si parfois, il était un peu dur, à chaque chapitre de se rattacher au fil principal. C'est tout de même un roman magnifique sur la dure réalité de la vie… et le moyen de s'en échapper.
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peneloppe277
  28 mars 2010
New York, 1939 : Josef, jeune Juif ayant fui Prague occupée par les nazis, et son cousin de Brooklyn, Sammy, unissent leur talent pour inventer un héros de bande dessinée : l'Artiste de l'évasion.
Pourfendeur des forces du mal, spécialiste des évasions, celui-ci combat le nazisme sous toutes ses formes. Il incarne ainsi la tentative désespérée de Joe de libérer sa famille restée à Prague, en même temps qu'une dérisoire volonté de réveiller la conscience des jeunes Américains.
Chabon allie avec délectation fiction et réalité, romanesque pur et documentaire sur les années 1940-1950, sur la naissance d'un nouvel art qui fit fureur auprès des jeunes générations : les Comics.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
OlivOliv   19 avril 2012
Bien que tout le monde — même Sammy Clay, qui avait pourtant passé le plus clair de sa vie adulte à en produire et à en vendre — les considérât comme de la camelote, Joe adorait ses comics : pour leur séparation chromatique de qualité inférieure, leur stock de papier médiocrement massicoté, leurs réclames pour les fusils à air comprimé, les cours de danse et les crèmes contre l'acné, pour l'odeur de moisi indissociable des plus anciens, ceux qui étaient restés stockés quelque part pendant les tribulations de Joe. Avant tout, il les aimait pour les images et les histoires qu'ils contenaient, l'inspiration et les élucubrations de cinq cents gars vieillissants qui rêvaient le plus fort possible depuis quinze ans, sublimant leurs angoisses et leurs fantasmes, leurs souhaits et leurs doutes, leurs études officielles et leurs perversions sexuelles pour les transformer en quelque chose à quoi seule la plus aveugle des sociétés eût refusé le statut d'art.
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ChouchaneChouchane   26 septembre 2013
C'était absurde, mais sous-jacent à son expérience du monde, à un niveau profond, précambrien, subsistait l'espoir qu'un jour - mais quand ? - il reviendrait aux chapitres premiers de son existence. Tout était là, quelque part et l'attendait. (...) Au fond de son cœur, où que soit caressé et nourri ce type d'erreurs, il croyait toujours que quelqu'un - sa mère, son grand-père, Bernard Kornblum... -pourrait encore, malgré tout, remontrer son nez. Ce genre d'événement arrivait tout le temps : ceux dont on disait qu'ils avaient été fusillés dans le ghetto de Lodz ou emportés par le typhus au camp de déportation de Zehlendorf reparaissaient épiciers à Sao Paulo ou frappaient à la porte d'un beau-frère, à Détroit, pour lui demander une aide - plus âgés, plus frêles, méconnaissables ou immuables au point d'en être désarmants - mais bien vivants.
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archervertarchervert   19 avril 2017
Pour lui, le faconnage d'un golem était un geste d'espoir contre tout espoir dans une situation desepérée. C'était l'expression du désir qu'une formule magique et d'une main adroite pouvaient produire quelque chose -une pauvre créature muette vigoureuse- qui soit exempt des limitations humiliantes, des misères, des cruautés et des inévitables ratés de la Création du monde. En allant au fond des choses, c'était la formulation du vain souhait de s'évader. De se libérer, à l'instar de l'Artiste de l'évasion, du boulet de la réalité et de la camisole de force des lois physiques. Harry Houdini avait écumé les Palladium et les hippodromes du monde entier, chargé de toute une cargaison de caisses et de coffres bourrés de chaînes, de ferblanterie, de gros effets et de décors peints éclatants, animé tout le temps par un seul et même désir, jamais satisfait: vraiment s'évader, ne serait-ce qu'un instant, pointer la tête de l'autre coté ds frontières de ce monde-çi, avec sa physique cruelle, dans le mystérieux monde spirituel qui s'étendait au-delà. Les articles de presse que Joe avait lus sur l'enquête imminente du Sénat dans les milieux de la bande dessinée citaient toujours le "désir d'évasion" parmi la litanie des conséquences néfastes de cette lecture et s'attardaient sur l'effet pernicieux, sur de jeunes esprits, qu'il y avait à satisfaire ce désir de s'évader du réel. Comme s'il pouvait y avoir service plus noble et plus nécessaire dans la vie !
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archervertarchervert   19 avril 2017
Au cours de sa vie, il s'était déjà échappé de cordes, de chaînes, de caisses, de sacs et de cageots, de menottes et de fers, de pays et de régimes, des bras d'une femme qui l'aimait, d'accidents d'avion, d'une opiomanie et de tout un continent gelé bien décidé à provoquer sa mort. La fuite de la réalité était un noble défi, estimait-il, surtout juste après la guerre.
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ChouchaneChouchane   26 septembre 2013
Ses pensées oscillaient entre l'irritation contre la frivolité, l'indécence même, de la soudaine prospérité d'Anapol (...) Ce n'était pas la prospérité en elle-même qui le heurtait, car c'était là une preuve de son succès et de celui de Sammy, mais bien plutôt la part disproportionnée qui revenait à Anapol et à Ashkenazy, alors que c'était les deux cousins qui avaient inventé l'Artiste de l'évasion (...). Non ce n'était même pas cela. C'était l'incapacité de l'argent, et de tous les fantasmes guerriers refoulés qui avaient permis de le gagner, à faire autre chose qu'enrichir la garde-robe et grossir les portefeuilles financiers des propriétaires d'Empire Comics qui le révoltait ainsi et provoquait sa fureur.
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Vidéo de Michael Chabon
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