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Isabelle Delord-Philippe (Traducteur)
ISBN : 2221108795
Éditeur : Robert Laffont (08/01/2009)

Note moyenne : 3.18/5 (sur 151 notes)
Résumé :
Le district de Sitka, en Alaska, est le nouvel Israël. Y vivent deux millions de Juifs parlant le yiddish. L inspecteur Meyer Landsman, de la brigade des homicides, est chargé de faire régner la paix dans cette communauté désobéissante et encline aux mystères. Ainsi, dans un hôtel minable, Landsman découvre un junkie assassiné qui s avère être le fils du plus puissant rabbin de Sitka, le chef des verbovers, des Juifs ultra-orthodoxes. Des ordres venant de l étranger... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (28) Voir plus Ajouter une critique
loreleirocks
  30 mai 2014
Après une petite conversation littéraire un peu alcoolisée, un compère canadien me conseillait un auteur qui joue avec diverses conventions littéraires, entre autre dans un recueil d'essais sur des livres de "genres" littéraires pas nécessairement considérés comme de la "vraie" littérature, par exemple polar, fantasy, etc. Il se trouve que l'un des ouvrages de fiction de cet auteur se trouvait dans ma looooongue liste de livres à lire.
Une belle entrée dans l'oeuvre de Michael Chabon! Un bon polar dans le genre classique "hard-boiled" qui s'ouvre avec des dialogues et une atmosphère digne du Grand Sommeil de Chandler, et un grain de SF qui ne rend le livre que plus intéressant.
Une uchronie géniale basée sur une proposition obscure d'accueil de réfugiés européens persécutés par le régime nazi, proposition qui n'a jamais vu le jour, étouffée dans l'oeuf par le sectarisme et l'intolérance des politiques de l'époque.
La base géographique choisie me motive toujours à la lecture des bouquins les plus surréalistes. Oui, l'Alaska me fait rêver, pour des raisons que j'ai moi-même bien du mal à comprendre. Ajoutez à ceci un fond culturel et religieux qui m'est inconnu, outre les guerres israélo-palestiniennes, non par mauvaise volonté mais simplement par manque de suggestions ou quatrièmes de couv' accrocheurs. le texte est pavé d'expressions et termes yiddish ajoutant non seulement à la crédibilité de l'auteur et du texte, l'intrigue, mais une richesses ahurissante qui va de pair avec la découverte, du moins pour moi, d'une culture surprenante et bourrée de contradiction.
Des héros fascinants, que ce soit Landsman ou son cousin John Bear alias "Berko", des morts qui deviennent les héros ou plutôt les anti-héros tragiques d'un complot surréaliste effrayant et tellement fou qu'on peut presque s'attendre à le voir demain à la une des journaux internationaux.
Le négatif, pour moi, ne tient qu'à mon inculture: je regrette (pour la énième fois) de n'y connaître rien aux échecs. Toujours l'impression de manquer quelque chose, bien que la simple métaphore des échecs donne suffisamment de sens à chaque repli de l'intrigue.
En somme, un polar génial et audacieux, fin et qui vous pousse irrémédiablement à tourner les pages en vous étonnant et vous émerveillant de chaque nouvelle épaisseur d'un monde complexe où rien n'est finalement ce qu'il semble.
Un bon livre qui va rejoindre ma liste de bouquins à offrir, liste qui s'allonge, et c'est bien !
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Miss_November
  31 octobre 2018
Sitka est un district de l'Alaska qui, dans l'imagination de Michael Chabon, a été cédé à la population juive dans le contexte de la Seconde Guerre Mondiale. Lorsque l'histoire démarre, nous sommes quelques semaines seulement avant que ledit district ne soit rétrocéder aux Etats-Unis, ne garantissant au passage à aucun de ses habitants le droit d'y demeurer à l'avenir et forçant la plupart d'entre eux à changer de pays… et de vie.
Dans cette atmosphère de « fin de cycle », l'inspecteur Landsman n'est lui non plus sûr de rien quant à l'avenir de sa place dans la police et n'a pas encore vraiment pris de dispositions pour la suite ; une situation déjà délicate, ébranlée encore par le retour de son ex-femme qui, en plus de lui rappeler le douloureux souvenir du fils qu'ils n'ont pas eu, devient sa supérieure hiérarchique. Et lui demande de boucler au plus vite les affaires non élucidées laissées en suspens par le binôme de choc que Landsman forme avec Berko, son énorme cousin à la fois juif et tlingit (l'ethnie indigène). Premier problème. le second étant que l'unique affaire tenant au coeur de l'inspecteur est celle, toute récente, du mystérieux joueur d'échec assassiné dans sa chambre d'hôtel, le même hôtel, bien sûr, que celui où Landsman lui-même habite. Ici, le problème réside dans le fait qu'il s'agit bien de la seule affaire qu'on semble s'efforcer à lui faire abandonner. Classée. Sans importance. Plus le droit d'enquêter. Et quand Landsman et Berko apprendront la véritable identité de ce joueur d'échec, il ne sera plus question de lâcher l'enquête.
Un inspecteur talentueux avec un vrai instinct de flic, ultra cynique, porté sur la bouteille et dissimulant les cicatrices encore douloureuses de son passé : pour moi, il n'y a pas plus cliché. C'est exactement ce qu'est Landsman et pourtant, Landsman est unique, Landsman ne ressemble à personne. Landsman est absolument génial. J'ai adoré ce personnage franchement torturé, avec une légère tendance à s'apitoyer sur son sort et à vouloir tout laisser tomber avant de trouver au fond de lui la force de s'y remettre, puisqu'après tout, il ne vit que pour ça. Et il ne constitue d'ailleurs pas une exception car tous les personnages sont finement travaillés, complexes, intéressants, ainsi que les liens qui les unissent les uns aux autres. On trouve là un véritable travail d'écrivain, magnifiquement bien réalisé.
J'ai aussi énormément aimé le ton employé, à la fois cynique et tendre, cru mais désopilant. L'humour s'insinue l'air de rien entre les lignes et les dialogues font mouche à tous les coups. Je dirais que l'écriture est nerveuse, rythmée, elle sait tenir en haleine et donner envie de continuer.
L'argot yiddish utilisé plonge immédiatement le lecteur dans l'ambiance et le décor, parfaitement planté, instaure d'emblée le cadre glacial et dépaysant de Sitka, mêlé de traditions juives tenaces – on s'y croirait.
Alors oui, il y a quelques petits défauts, c'est inévitable. le style m'a parfois paru un peu ardu, surtout en début de lecture (j'imagine qu'on s'y habitue) où il faut parfois s'accrocher pour suivre des phrases à rallonges, ponctuées de dizaines de virgules, qui perdent finalement un peu le sens du texte. Dans ce cas, il faut relire le passage pour être certain d'avoir bien compris qui s'adresse à qui ou qui fait quoi. On y trouve également quelques enchaînements un peu faciles, des événements qui surviennent trop opportunément et des personnages qui déboulent toujours à point nommé, comme par hasard, pour sauver la peau du héros. Mais je ne suis pas forcément impartiale et autant ce genre de petits défauts est capable de me pourrir une lecture, autant je m'en rends à peine compte s'ils ponctuent un livre que j'ai déjà décidé d'adorer.
Et puis il y a le fait, mais ceci transparait surtout vers la fin, que tous les éléments ne nous sont pas toujours donnés. Il peut arriver à Landsman de comprendre certaines choses (untel se cache chez untel, par exemple) sans que l'auteur juge bon de nous expliquer d'où lui vient cette fine intuition… Parfois, on nous décrit une scène et, en y revenant quelques dizaines ou centaines de pages plus loin, on nous parle soudain d'individus qui étaient visiblement déjà présents sans que, sur le moment, cela ait été explicité. Disons, d'une manière générale, que Chabon a une légère tendance à nous prendre pour des lecteurs absolument omniscients. Voilà pourquoi j'ai tout de même trouvé la dernière partie du livre un peu déroutante.
Sur fond de jeu d'échecs, de pseudo-miracles, de traquenards politiques et à travers l'attente désespérée de la venue du Messie, le Club des policiers yiddish est un excellent roman policier, costaud, solide et aussi savoureux qu'un lokshen kugel. C'était mon premier Chabon, mais certainement pas le dernier !
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Bilonico
  06 novembre 2013
Une belle uchronie qui emprunte tant à Chandler qu'aux écrivains de l'absurde.
L'histoire se situe dans un comté d'Alaska qui a été attribué en gestion aux juifs par les américains suite à la défaite de 1947. Cette défaite a obligé le peuple juif à quitter Israël et à trouver un lieu d'accueil. L'histoire se passe quelques semaines avant la rétrocession du comté aux Etats-Unis avec toutes les incertitudes quant au devenir des habitants non américains.
Le contexte uchronique posé, nous suivons un enquêteur de la police yiddish chargé d'élucider le meurtre d'un toxicomane dans un hôtel de troisème ordre. En complément de cette enquête qui se révèlera liée à un complot plus vaste, notre policier à la dérive doit gérer son passé qui réapparaît et ses propres démons.
Un roman bien mené, sombre et drôle à la fois qui permet de mieux connaître le fonctionnement des sectes du judaïsme orthodoxe.
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Malahide75
  24 août 2015
Franklin Roosevelt l'avait imaginé en 1939, Michael Chabon lui donne réalité dans son roman uchronique : la province de Sitka, coincée entre le golfe de l'Alaska et le Canada est un nouveau territoire juif.
Qui dit territoire juif, dit police juive, enquêtant sur des affaires juives… Et dans les affaires juives, il est souvent question de religion…et de mères…
C'est donc une drôle de journée qui débute pour Meyer Landsman lorsqu'on l'informe qu'un junkie a été trouvé mort dans une chambre d'hôtel, assassiné d'une balle dans la nuque. Un junkie mystérieux, qui utilisait le nom d'un célèbre joueur d'échecs, et dont l'annonce de la mort à tendance à attrister plus que de raison les personnes interrogées.
Il apparaît très vite à Landsman et à Berko, son coéquipier, que les raisons et les ramifications de cet assassinat sont plus complexes que prévues. Mais le temps presse ! Dans quelques semaines, la région de Sitka sera rétrocédée aux États-Unis et les policiers perdront toutes leurs prérogatives.
Cela sera-t-il suffisant à Landsman pour tirer au clair cette histoire, faire le deuil de sa soeur décédée accidentellement, arrêter de boire et, peut-être, regagner le coeur de son ex-femme ?
« Le club des policiers yiddish » ne m'a pas passionnée ni convaincue. En voulant mélanger plusieurs genres littéraires, uchronie, policier; thriller politico-religieux, l'auteur a tout survolé, mais rien approfondi. Même l'humour juif, pourtant redoutable, tombe ici à plat.
La narration m'a paru confuse, la communication silencieuse entre les personnages trop présente, ce qui m'a perdue de nombreuses fois, à moins que les références à la religion ne soient trop pointues pour la lectrice goy que je suis ?…
Un roman qui ne restera pas dans mes annales, même si le noeud de l'intrigue, ce complot secret et dévoilé par le policier, est proprement génial.
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bina
  12 octobre 2016
Bilan mitigé pour ce pavé qui m'a résisté une bonne semaine.
Lieu Alaska, à Sitka. Epoque ? Pas très précise. Mais par contre, dans un contexte très particulier. Un morceau du territoire a servi a établir une colonie juive échappée ou survivante du nazisme. Un territoire juif, une police juive, le club des policiers yiddish. le territoire serait sur le point de changer de statut.
Que vient faire le meurtre d'un héroïnomane joueur d'échec planqué dans un minable hôtel ?
Cela aurait pu être pas grand-chose, sauf que dans cet hôtel habite également depuis quelques temps en policier en perdition, alcoolique, divorcé, borderline. Alors, quand on lui dit qu'une enquête d'envergure n'a pas lieu d'être, il va y mettre son nez, rien que pour montrer qu'il est têtu et qu'il existe toujours. Mais ça peut mener loin, très loin dans la magouille. Et ce petit monde censé respecter La Loi est loin d'agir en accord avec la justice des hommes, surtout quand il s'agit d'Israël, et du retour du Messie !
Ce postulat de départ (une colonie juive résultante de la seconde guerre mondiale) aurait pu exister. L'idée a été soulevée avec Roosevelt (je crois) mais n'a pas aboutit. Cette projection historique dans un événement qui n'a pas eu lieu s'appelle une Uchronie, mot barbare désignant un genre littéraire, ici adapté en roman policier.
Un peu longuet par moment, intéressant mais pas un coup de coeur.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Coccinelle2Coccinelle2   10 janvier 2011
La Terre promise n'a jamais paru plus lointaine ou inaccessible à un Juif de Sitka. Elle se trouve à l'autre bout de la planète, un lieu misérable dirigé par des hommes unis seulement dans leur résolution à ne laisser entrer que le menu fretin d'une poignée de Juifs las. Depuis un demi-siècle, Arabes irréductibles et partisans de l'islam, Perses et Égyptiens, socialistes, nationalistes et monarchistes, panarabistes et panislamistes, fondamentalistes et parti d'Ali mordent à belles dents dans Eretz Yisroël et le rongent jusqu'à l'os. Jérusalem est une cité de murs couverts de sang et de slogans, de têtes fichées sur des poteaux téléphoniques. Les Juifs pratiquants du monde entier n'ont pas abandonné l'espoir de vivre un jour sur la terre de Sion. (pages 31-32)
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line70line70   19 mars 2011
[...] Je me suis assise dix minutes avec lui pour regarder. C'était cette émission de dessins animés, le loup qui pourchasse le coq bleu...
Landsman affirme la connaître.
- Alors vous savez, poursuit-elle, que le loup en question peut courir dans les airs. Il sait voler, mais seulement tant qu'il croit toucher le sol. Dès qu'il regarde en bas et voit où il est, comprend ce qui lui arrive, alors il tombe et s'écrase par terre.
- J'ai déjà vu ce truc, acquiesce Landsman.
- C'est pareil dans un mariage réussi, dit la femme du rabbi.
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OlivOliv   13 octobre 2018
Un messie qui vient réellement n'est bon pour personne. Un espoir comblé est déjà une demi-déception.
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Coccinelle2Coccinelle2   10 janvier 2011
[...] si votre fils était le Messie, je pense que nous sommes tous dans la mouise. Parce que, à l'heure qu'il est, il repose dans un tiroir de la morgue au sous-sol de l'hôpital de Sitka. (page 170)
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Miss_NovemberMiss_November   31 octobre 2018
Il a la mémoire d’un détenu, les couilles d’un pompier et l’œil d’un cambrioleur. Quand il s’agit de combattre le crime, Landsman file dans Sitka comme un gars qui a sa jambe de pantalon accrochée à un missile. On dirait qu’une musique de film joue derrière lui, shootée aux castagnettes. (p.15)
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Videos de Michael Chabon (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michael Chabon
Les grands débats - F... comme Filiation : Une question d'héritage dimanche 23 septembre 2018 de 16h00 à 17h00 Michael Chabon - Vivian Gornick - Jean-Pierre Miquel Chaque être humain porte en lui la complexité de sa filiation. Qu?hérite-t-on au juste de ses parents ? Peut-on échapper à sa lignée ? Quel est le poids de ses ancêtres ? Qu?arrive-t-il lorsque le lien est brisé ? Qu?est-ce qui nous pousse à rechercher des liens de parenté perdus ? Autant de questions auxquelles la littérature s?efforce de répondre.
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