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EAN : 9782211211284
208 pages
L'Ecole des loisirs (04/10/2012)
3.86/5   110 notes
Résumé :
Dans la nuit tropicale, un jeune garçon s’enfuit. Il s’appelle Edmond, mais n’a pas de nom de famille. C’est un garçon étrange, passionné, d’une intelligence hors du commun. Il n’a jamais appris à lire, pourtant il connaît le grec ancien. Il n’est jamais allé à l’école, mais ses connaissances en botanique égalent celles des meilleurs savants. Edmond est noir, il est né esclave. Il est orphelin, mais n’a pas connu le même sort que ses parents. À sa naissance, un homm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (57) Voir plus Ajouter une critique
3,86

sur 110 notes

Moan
  01 février 2015
Sur l'île Bourbon, qui deviendra quelques années plus tard l'île de la Réunion, Ferréol Bellier Beaumont est responsable de la plantation familiale de canne à sucre à Sainte Suzanne pas loin de la capitale. Il régnait sur quelques dizaines d'esclaves. N'ayant jamais voulu se marier, se sentant seul, il décide de s'occuper d'un jeune esclave dont la mère vient de mourir. Il le nomme Edmond.
Féru de botanique,Ferréol partage avec Edmond sa passion. Il lui enseigne la classification des plantes, lui fait mémoriser leur nom grec, lui montre la manière de les féconder. Si bien qu'à l'âge de douze ans, Edmond fait une découverte extraordinaire, comment féconder cette fleur de la famille des orchidées: la vanille.
"C'est un petit garçon qui avait tout découvert. Il avait du génie...
Edmond Albius. Mais il était noir, esclave et enfant, aussi on lui a volé sa découverte, on lui a dénié son génie et on l'a spolié de ses bénéfices".
Ecriture pleine de poésie, qui donne envie d'apprendre le grec quand elle parle de la classification des plantes. Et je n'ai pas résisté à me faire un chocolat, à la vanille et au miel comme (?) celui offert à Cortez par Moctezuma qu'elle évoque.
Je n'ai pas pu m'empêcher de dévorer ce livre et je l'ai trouvé délicieux.
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ladesiderienne
  28 septembre 2017
Comme l'auteure le dit elle-même à propos de "La vraie couleur de la vanille" : " La trame historique se tissait patiemment. Mais c'était un roman que je voulais écrire. Le plus authentique, le plus plausible, mais aussi le plus romanesque possible. Écrire un roman, c'est accumuler des pierres et des poutres éparses de réalité. Tâcher de les assembler avec un ciment d'imagination, d'intuitions. Et aérer le tout par des questions qui sont des ouvertures, des portes battantes, des vasistas." Pari réussi avec ce livre où Sophie Chérer mêle avec brio réalité et romance tout en jouant avec nos émotions.
Sur l'Ile Bourbon, en cette première moitié de 19ième siècle, Ferréol Bellier Beaumont, riche planteur de canne à sucre va défier ses compatriotes. Pour tromper sa solitude, il décide de prendre sous son aile le nouveau-né d'une de ses esclaves morte en couches. Au fil des années, ce passionné de botanique va transmettre à celui qu'il a appelé Edmond ses connaissances de la flore, sans pour autant lui apprendre à lire, ni l'affranchir. Un jour, par hasard, le jeune garçon découvre le secret de la vanille, secret qui pourrait apporter la richesse à l'île. Mais les notables et les planteurs blancs ne sont pas prêts à accepter que ce qu'ils cherchent depuis longtemps ait pu être trouvé par un esclave.
Inutile de vous dire que j'ai pris beaucoup de plaisir à retrouver à travers cette lecture, ce petit bout de caillou qui allait devenir La Réunion, île que j'ai eu le bonheur de parcourir il y a quelques années. Son histoire passée a fait d'elle ce qu'elle est actuellement : une terre de mixité culturelle, originelle, religieuse.
Sophie Chérer déploie son talent en jouant sur deux tableaux : d'une part la violence en étalant sous nos yeux le quotidien des esclaves et d'autre part la poésie à travers ses nombreuses descriptions de la flore locale.
Elle joue aussi sur l'ambivalence du maître des lieux. Par ses idées sur l'esclavage, il semble en avance sur son temps par rapport à ses compatriotes. Pourtant, il n'est pas prêt à les mettre en pratique, notamment vis à vis d'Edmond. Une mention particulière pour le chapitre qui porte sur l'importance de l'identité chez l'être humain. Identité que l'on refuse à l'esclave qui n'a pas de nom et souvent un prénom ridicule donné par le propriétaire.
Classé dans la catégorie jeunesse, mon seul regret est que ce roman ne soit pas plus long. Il est temps de rendre à Edmond ce qui lui appartient : si la fleur est blanche, le fruit de la vanille, lui, est bien noir. Un magnifique hommage à ce petit garçon qui mérite un 20/20.
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tristantristan
  06 septembre 2021
Lecture très agréable (à la plage) de cette biographie romancée bien écrite, bien documentée où l'imagination de l'auteur ne va que dans le bon sens: nous faire saisir que le jeune Edmond Albius, inventeur de la technique de fécondation de la fleur de vanille était bien né au bon moment, au bon endroit et à la bonne époque. Mais, qu'il n'avait pas la bonne couleur de peau.
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ogmios
  10 décembre 2016
J'ai lu dans une interview que Sophie Cherrer avait porté ce roman en elle pendant 15 ans avant de l'écrire, et bien cette maturation lui a permis de donner naissance à un très beau roman. J'ai été sensible à l'écriture même si j'imagine qu'elle pourra présenter quelques difficultés pour des jeunes lecteurs, cela fait partie des textes que l'on a envie de leur donner à lire pour les confronter à de beaux textes littéraires. La langue est surtout au service d'une formidable histoire, celle d'Edmond Albius, jeune esclave sur l'île Bourbon (l'actuelle Réunion), qui au début du XIXe siècle découvre le secret de la polinisation de la fleur de vanille. Spolié de sa découverte par les blancs, lui dont le geste permis l'enrichissement de l'île qui va devenir le premier producteur de vanille, tombe dans l'oubli. le roman lui offre cette reconnaissance. Si le personnage a bien existé et qu'il est avéré qu'il est "l'inventeur" de la polinisation artificielle de la vanille, il restait à lui réinventer son histoire. C'est en racontant la vie d'Edmond et celle de son maître, Ferréol que S. Cherrer parvient à donner chair à son personnage principal. Tout débute pour lui en effet avec sa rencontre avec Ferréol, un propriétaire terrien pas comme les autres dans cette île ou en 1793, il est normal de posséder des esclaves pour exploiter la canne à sucre. Mais le maître d'Edmond est d'abord botaniste, féru de lectures des textes des grands philosophes grecs et mal à l'aise avec l'exploitation de l'homme par l'homme. Il est surtout veuf et ce bébé qui vient de naître orphelin, il décide de le prendre sous son aile. Il lui apprend sa science de la botanique sans jamais lui donner par contre accès à la lecture. Edmond est intelligent, il absorbe tout, les noms latins et grecs des plantes comme les gestes de bouturage ou de greffe. Mais cela n'était pas suffisant pour expliquer pourquoi un jeune esclave avait réussi là où les plus éminents botanistes avaient échoués. Sophie Cherrer imagine alors que Edmond a vécu un événement fondateur qui conditionne son geste créateur.
J'ai adoré ce roman, l'auteur a su rendre au mieux les émotions du personnage principal et accorder l'écriture au sujet du roman. Nombre de comparaisons entre les plantes et les hommes sont parfaitement utilisées pour signifier en toute subtilité ce que vit Edmond, même le plus traumatisant. On comprend tout de la violence de la condition d'esclave ou des tourments des personnages grâce à cette belle langue. On ne peut plus prendre entre ses doigts une gousse de vanille sans penser à Edmond Albius après avoir lu ce livre, le noir de ces graines est la plus belle des couleurs grâce à Sophie Cherrer.
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Lencreuse
  22 janvier 2016
Au milieu du XIXème siècle, alors que l'île de la Réunion s'appelle encore l'île Bourbon, le propriétaire terrien et féru de botanique Ferréol Bellier Beaumont décide de prendre sous son aile un de ses jeunes esclaves. Il le prénomme Edmond et le forme à sa passion, la botanique. L'enfant se révèle intelligent, curieux et véritablement amoureux de cette nature foisonnante qui l'entoure. le jeune prodige découvre, alors qu'il a à peine douze ans, la fécondation de la vanille. Il sera même envoyé auprès des différents propriétaires pour leur révéler le geste nécessaire qui ouvrira de nouvelles voies au commerce de la vanille et en fera une des richesses de l'île.
Mais cette découverte décisive ne fera pas de lui, l'enfant noir né esclave, l'égal des Blancs. Loin s'en faut. Vexés même, les riches blancs qui tireront fortune de la vanille, vont tenter d'écarter son nom et sa trace pour mieux se gausser de leur découverte. Si aujourd'hui à La Réunion, on connaît le nom d'Edmond Albius, l'industrie l'ayant repris pour nommer sa vanille locale, son histoire l'est peu.
Avec La vraie couleur de la vanille, Sophie Chérer, suite à un travail de recherche minutieux, réhabilite l'homme aux doigts précieux. Et le roman (il s'agit bien d'un roman car les documents sont rares pour pouvoir en dresser une biographie complète) ouvre plus largement sur la vie à la Réunion pendant la période de colonisation et de l'esclavage, sur la difficulté à trouver sa place en naissant Noir parmi les Blancs quand la domination de ces derniers paraissait si naturelle qu'elle n'était (quasiment) pas discutable. Une page d'histoire joliment menée par Sophie Chérer qui a forcément intéressé mon coeur de Réunionnaise mais reste un récit à la portée universelle.
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critiques presse (1)
Ricochet   07 décembre 2012
Un très beau roman sur l’esclavage, ses horreurs et les fausses bonnes consciences que les Européens pouvaient se donner.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
ladesiderienneladesiderienne   27 septembre 2017
D'abord on ne voit rien. On ne note aucun changement. Le premier signe, c'est l'odeur. Comme quand une femme s'apprête à entrer dans la pièce et que les mouvements de ses jupes envoient des bouffées de son parfum au-devant d'elle. Ça sent la vie. Ensuite, on aperçoit, au ras du sol, et puis à hauteur d'yeux, au bout des rameaux, des pousses fraîches, des bourgeons. Les Grecs appelaient ce mois, le huitième mois de leur année, le mois d'Anthestérion, ce qui veut dire la fabrique des fleurs. Tout devient peu à peu vert tendre et orangé, couleur de miel, et rose, et blanc. Les jours rallongent, le soleil se lève de plus en plus tôt, se couche de plus en plus tard. Un matin, avant l'aube, c'est une fanfare. Une explosion. Un concert de milliers d'oiseaux. Ils sont revenus. Les plantes elles-mêmes deviennent animales. Les fleurs de noisetiers s'appellent des chatons, d'ailleurs. Les peupliers se mettent à mousser, comme des toisons d'agneaux nouveau-nés. On a envie de les flatter. Les fleurs surgissent, comme des cadeaux. Celles des iris ! l'air d'être emballées dans du papier de soie. Celles des coquelicots ! pliées comme des gants de peau souple dans des coquilles de noix. On a envie de les garder. Mais le printemps ne peut pas s'enfermer. Il passe...
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ladesiderienneladesiderienne   25 septembre 2017
Il allait élever un enfant noir. Parfaitement ! Passionnément. Partager avec lui son savoir. Il allait damer le pion à tous ces incultes abrutis par leurs richesses, qui voulaient des ceintures toujours plus dorées, des calèches toujours plus armoriées, des robes toujours plus brodées, des colliers toujours plus emperlés, des mets toujours plus gras, qui venaient faire craquer leurs articulations et leurs bottes dans les génuflexions, dimanche après dimanche, et sans rien écouter, rien comprendre de ce qui se disait sous la nef. Qui s'apprêtaient à fêter un Noël de plus, et une Épiphanie, en faisant mine de croire qu'un Noir avait pu être mage, qu'un Noir avait pu être l'un des premiers du monde à saluer leur Dieu et à le vénérer, et qui, à peine sortis de la célébration, s'en iraient recommencer à traite les nègres comme avant, comme des rats, comme des chiens.
Il allait leur montrer qu'ils avaient tort, qu'ils se trompaient.
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ladesiderienneladesiderienne   27 septembre 2017
Car là où les botanistes baptisaient les fleurs, les arbres et les buissons de noms sonores comme des bijoux, qui pour honorer une épouse, une fille ou une maîtresse, qui pour décorer un collègue et qui pour se flatter soi-même, les maîtres donnaient aux Noirs des noms comme des coups.
Certains pratiquaient l'ironie. Ils les affublaient de noms de dieux, d'empereurs ou de héros, Jupiter, Zéphir, Adonis, Pompée, Charlemagne, pour mieux les traiter en sous-hommes. De noms de vertus, Minutie, Généreux, Franchin, pour mieux leur infliger leurs propres vices. De noms de villes lointaines, Coblence, Bayonne, pour mieux les clouer là, les empêcher de fuir. De noms de mois de l'année ou de jours de la semaine, Janvier, Avril, Mardi, Jeudi, pour mieux leur interdire de jouir du temps, des saisons et des heures.
D'autres étaient plus directs. Ils les affligeaient de noms grecs dont le sens leur échappait, Philogène, Scholasique, Euphrasie, Polycarpe, ou de calembours idiots, Groné, Pacape, Monchéry, pour amuser, pour s'amuser. Pour tenir à distance, Ferréol était sûr que, si certains de ses pairs avaient pris un malin plaisir à baptiser ainsi les esclaves, c'était paradoxalement, pour ne pas être tentés de les appeler vraiment. Les interpeller, c'était les considérer. Leur parler normalement, c'était faire d'eux des humains à part entière. Plus grave : dire leur nom, c'était s'attendre à les aimer.
Il y a des phrases, il y a des mots qu'on ne dit pas à quelqu'un qui porte un sobriquet.
Tout commençait par un prénom. Et d'ailleurs, chez les esclaves, tout s'arrêtait avec lui. Pas de nom de famille. Pas de famille. Pas d'ancêtres. Pas de place sur une branche quelconque d'un arbre généalogique. Ils étaient des fruits tombés. Aussitôt nés, aussitôt niés. L'habitude était prise.
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ladesiderienneladesiderienne   26 septembre 2017
Il repense à ses amis, à ses pareils, à ses confrères planteurs de l'île. A ceux de sa race, de son rang, de sa couleur, de sa classe. Il réentend leurs réflexions. Il connait leurs peurs, leurs incohérences. Les Noirs les fascinent. Ils leur prêtent des puissances inconnues. Les Noirs les terrorisent, c'est pourquoi ils tiennent tant à les dominer. Ils se voient mangés par eux, dévorés crus, ou bouillis dans leurs chaudrons de sorciers. Ils se croient maudits par eux, ensorcelé par leurs magiciens, persécutés par leurs divinités flamboyantes. Ils s'imaginent violés par eux, traversés par leurs sexes démesurés. Il revoit les gestes furtifs des dames et des jeunes filles, quand elles longent les plantations, pour se coller un mouchoir de batiste ou de dentelle sous le nez, pour ne pas sentir l'esclave, le Noir, le nègre, comme on se bouche les narines devant l'ordure ou la charogne, ou comme on cherche à éventer le parfum de l'interdit.
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MoanMoan   01 février 2015
Nommer, c'est faire exister. C'est donner la vie. On n'a pas le droit de négliger cela. On ne peut rien faire d'une fleur si on ne commence pas par prononcer correctement son nom. Ce manque d'attention est un manque de savoir-vivre. Ne deviens jamais comme eux, Edmond. La plupart des êtres humains ne font que passer à travers la Nature. Toi, connais-là. Sens-la. Sers-la. Aime-la?. Edmond!
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Videos de Sophie Chérer (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sophie Chérer
Alex, 13 ans, a lu Tuer van Gogh de Sophie Chérer, aux éditions L'école des loisirs. Qu'en a-t-il pensé ? A-t-il dévoré ou détesté ce roman ? Il vous dit tout en 1 minute 30 ! ------------------------------------------ Abonnez-vous à notre chaîne Youtube : https://tinyurl.com/ya2scuvg
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