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EAN : 9782226242334
40 pages
Albin Michel (03/10/2012)
4.17/5   20 notes
Résumé :
Jan Breughel a dix ans quand il devient orphelin. Sa grand-mère le console en lui offrant la peinture rouge « sang-dragon » de son père. Mais quand Jan l’ouvre, c’est une ribambelle de petits farfadets et lutins cramoisis qui s’en échappent et se déchaînent. Effrayé, il les renferme dans le pot. Plus tard il devient peintre à son tour : ses bouquets et ses paradis sont si doux qu’on le surnomme « Jan de Velours ».
Mais à chacun de ses anniversaires, la petite... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Comme un modeste papillon égaré sur un pétale, je me mêle discrètement au raffinement ondulatoire de vos délicieux tableaux , Frédéric, et vous transmets enfin mes impressions de lectrice, de curieuse éveillée, de peintre ému(e)........

Un jeune artiste dont l'intimité s'accointe avec le mystère, piège la beauté dans les frêles membranes de somptueux bouquets, leur accordant un supplément magique et ineffable. Les fleurs semblent porter en elle un message secret, emprunté au langage des pinceaux.
Et ces pinceaux voient rouge...
Jan entend battre le coeur d'un coquelicot, celui d'une pivoine, et, espionnées de près ses fleurs parlent et s'empourprent comme la chair d'étoffes embrasées.

Si le rouge est associé depuis le fond des âges au sang et au feu, à la vie, à la vigueur, au diable, à l'esprit, à la beauté, Lubie, cette merveilleuse petite empoisonneuse ensorcèle les pigments, chuchote au peintre ce que la beauté semble taire.
"Lubie" n'est pas un livre qui s'ouvre mais un paysage qui éclôt.
Alors commence une traversée passionnée dans un atelier, où l'ombre et la lumière se disputent les pages d'une merveilleuse histoire...
Comme une lave mouvante, elle nous coule dans un bain de couleurs éperdues.
La densité des tonalités magnifiées par la lumière, la richesse des nuances...carmin, cinabre, alizarine, vermillon, écarlate, garance, pourpre, (jusqu'aux limites du champ sémantique), parfois plus sombres, violacées, vineuses ou tirant sur le brun, plomb brûlé et bois de braise, sont des éclats de foudre attisés par la lune.
Teintes dérobées aux officines d'un magicien, d'un ciel empourpré de fin du monde, ou d'un premier matin, on se balance sur une gamme aux charmes élaborés, touche par touche, dans un laboratoire de pensées esquissées, soufflées par des flammes échevelées, dont l'incandescence ravive le feu de l'imagination.
Sensation de vertige dans la couleur !

Rouge comme sang, rouge-feu, rouge de colère, vert de rage...mais dans l'atelier du peintre, ce n'est pas de sang et de feu ou de colère dont la palette est habillée mais de pigments fous et de mots laqués, comme déroulés sur un manuscrit, dissimulé sous les ailes flamboyantes d'une âme prête à s'envoler.

J'ai posé Lubie sur mon chevalet. Et en refermant, le bel ouvrage, j'entendais encore s'ébattre les personnages de Monsieur Breughel, lilliputiens acrobatiques, petits fantômes espiègles, j'entendais encore le frou-frou des ailes cramoisies de la petite démone, je respirais encore l'odeur si familière de l'essence de térébenthine, j'imaginais encore les collines ocres dispersées dans un jadis ressuscité.

Merci cher Frédéric Clément pour ce délice pictural, ces pages enchanteresses exprimées sous les paupières des rêves.

Anne Bolenne
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On parle bien volontiers du foisonnement des tableaux de Breughel l'Ancien ou des incendies infernaux de Breughel d'Enfer. On oublie souvent le doux Jan de Velours, aux bouquets affleurant une sensibilité lumineuse. Elevé par une grand-mère miniaturiste et aquarelliste, il peinera à accéder à la reconnaissance publique.

Frédéric Clément offre à ce timide peintre de natures vives une parenthèse légendaire, sous la forme d'une petite démone, la délicieuse Lubie aux ailes d'incarnat et à la voix de crécelle, qui apparaît, à chaque anniversaire, pour tancer Jan : pourquoi diantre n'utilise-t-il pas son pot de rouge sang-dragon, pour peindre ses coccinelles, ses pivoines, ses fraises & rouge-gorge, plutôt que de se perdre dans des rouges fades ?

Et Jan de Paradis de prendre conseil, à chaque réprimande, auprès de la petite marchande de couleurs abritée dans les Jeux d'enfants de son père, jusqu'à la révélation finale…

Lire Lubie, c'est découvrir par quel travail de persévérance, de coulisses, l'on devient peintre ; c'est voir un imaginaire prendre corps, peu à peu, modelant ses imprégnations filiales (cette ombre du père Breughel qui encadre l'oeuvre façonnée par Clément, qui se ravive dans les creux du texte et dans la silhouette délicate de la petite marchande de couleurs), tentant de s'en dégager pour créer du nouveau, et finissant par en tirer racines.

La suite, c'est par ici : http://www.delitteris.com/au-fil-des-pages/lubie/
Lien : http://www.delitteris.com/au..
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Ni le rouge d'une pomme empoisonnée, ni celui d'une lame d'un Barbe Bleue sanguinaire, ni celui d'un chaperon rouge dévoré par le loup, aucun rouge ne trouve grâce auprès de la Lubie, cette petite muse obsessionnelle et minuscule lovée derrière le tympan du jeune Jan.

Essayant de se montrer à la hauteur de son père et de son frère, dissimulant des petites malices et diableries dont les amateurs d'art se montrent friands à leur époque, Jan Brueguel, doux et réservé, se refuse à utiliser la sulfureuse couleur enfermé dans le pot de Sang de Dragon, légué par son père.

Echappée du pot, la petite créature magique Lubie se moque de la peinture trop fade du jeune peintre timoré, rôdé à l'aquarelle mais à la passion point. Lui cédant une de ses ailes par compassion pour ce Jan « de Velours » persévérant, Lubie libérera l'âme du peintre et le talent.

Un album surprenant, poétique et d'une inspiration tout aussi passionnée que celle qui est évoquée dans l'histoire revisitée de Jan Brueguel.

En plus de présenter l'inspiration créatrice difficile à obtenir pour qui ne s'abandonne pas librement et complètement à son art, Lubie représentant la tentation permanente vers une passion dévorante parfois, Fréderic Clément nous raconte la difficulté de se montrer digne d'un héritage familial voire paternel dans une famille de « talents ». Ne cédant pas d'un pouce au début, Jan trouvera la maturité pour aller de l'avant et faire face à ses « démons », ceux de la peinture et l'absence des parents dont il aimerait se montrer digne un jour.

Les illustrations riches, mêlant les supports photographiques, peints et objets réels font de l'album un bel objet de créations artistiques. Les rouges se succèdent sur des fonds mordorés rendant hommage aux natures mortes de la peinture Flamande du XVII ème siècle et nous découvrons ou redécouvrons un genre irrévérencieux qui eut son succès pendant que le pouvoir de l'église déclinait à son époque. L'église, principal commanditaire, n'avait plus son emprise sur l'inspiration, les sujets et les peintres et cette liberté d'action était célébrée à sa façon. Brueguel le père adorait raconter des histoires qui faisait peur selon les sources, cette malice pris un sens contestataire d'une certaine manière et indiqua un tournant des mentalités. La célèbre peinture des « Jeux d'Enfants » placées en début et fin de l'album en témoigne. Les pieds de nez et les bêtises dissimulés parmi l'innocence.

Un très bel album initiatique aux allures de conte rappelant le mythe du docteur Faust, histoires à mi chemin du frisson et du merveilleux, qui donnera envie d'observer les peintures de la famille Brueguel avec plaisir et attention. Qui c'est, Peut-être que le démon des couleurs et de la peinture vous ensorcelera à votre tour pour le joli prix d'un instant créatif et récréatif.
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Allez-savoir pourquoi, je ne pousse jamais mon panier à tentation au rayon jeunesse de mes librairies. Certes, je ne suis plus de première jeunesse, mais rien ne m'en empêchait….
Alors le hasard des rencontres, des amies qui partagent et vous donnent envie tout simplement de s'enfoncer un peu plus loin dans ce lieu de perdition, et d'infini plaisir qu'est une librairie. L'enthousiasme de la libraire fera le reste. « Frédéric Clément ? Ah oui, j'adore !!! Regardez, son dernier album…. »
Lubie, est donc son dernier album, une oeuvre d'art à lui tout seul.
Sur une histoire librement inspirée de Jan Breughel, Frédéric Clément déploie tout son talent de peintre, et de maîtrise de la couleur, et parvient à donner du relief à ses planches. Dans des tons à dominante automnale, bouquets, parchemins, fruits, champignons, coquillages, personnages dignes de l'âge d'or hollandais peuplent ce magnifique ouvrage qui ne plaira pas uniquement à la jeunesse, mais à celles et ceux qui aiment le beau, tout simplement.

Lien : http://leblogdemimipinson.bl..
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Frédéric Clément est un auteur et illustrateur assez réputé dans le milieu de la littérature jeunesse, et qui a notamment illustré plus d'une cinquantaine de livres pour la jeunesse, depuis maintenant une bonne trentaine d'années. Mais Clément, qui a un site internet extrement bien fait réalise également des livres autour de sa passion, la peinture et les grands artistes peintres.

Car Frédéric Clément est aussi un peintre très doué, et aime mélanger son gout pour la peinture et ses talents d'illustrateur jeunesse . Ainsi, dans son dernier ouvrage, Lubie, j'ai eu enfin l'occasion de découvrir son univers à la fois poétique, fantasque et littéraire .

Dans Lubie, Frédéric Clément s'inspire ici librement du parcours et des errances créatives d'un peintre reconnu, Jan Breughel, sa relation avec son fils, peintre lui aussi, et les assaisonne à sa façon, pour créer une histoire envoûtante.

En renouant avec une fibre plus narrative, mais toujours en disposant sur ses peintures des objets et petits éléments épars (pinceaux, pigments de couleurs, fleurs séchées…), Frédéric Clément ouvre véritablement au lecteur les portes de l'atelier de celui qu'on appellé "Jan de Velours"…

Fichier:Bouquet (Jan Brueghel the Elder).jpeg

On peut voir ainsi, à travers l'histoire de cette fameuse Lubie, cette petite démone qui va pousser l'artiste à réveler son coté sombre, et à sortir ses rouges les moins éclatants, l'imaginaire d'un artiste prendre corps, et plonger dans le lent travail de façonnement d'une oeuvre et découvrir comment l'on donne texture et carnation à ses chimères.

Lubie est un ouvrage à l'esthétisme et à la beauté renversante, dont l'histoire, sur les affres de la création, est certes quelque peu compliquée à suivre pour mon fils de 6 ans ( je le conseillerai plutot aux grands à partir de 9 ans), mais qui ravira forcément les parents avide de beauté et de puissance créatrice.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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critiques presse (1)
Ricochet
28 mars 2013
Fable élégante sur l’artiste qu’on voudrait être et celui qu’on est, mais aussi marque de la destinée humaine, comme dans les « vanités », Frédéric Clément met côte à côte les pommes de rêve, idéalisées et une vieille pomme toute ridée, pourrissante. Un album remarquable propice à de nombreuses lectures et rêveries !
Lire la critique sur le site : Ricochet
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
Chaque année, aux premiers coquelicots, Jan se rendait devant le tableau de son père Jeux d'enfants, son préféré, celui qui montre des ribambelles de gamins, jouant, riant, galopant sur la place.
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" Je te donne une de mes ailes cramoisies,garantie pu sang dragon.Tu la plies menue.Tu la mêles à deux gouttes d'huile d'oeillette et sept de térébenthine.Tu l'étales sur ta palette.Cueille ensuite un bouquet de coquelicots.Peins-le vite,vite,avant que les pétales ne tombent...
Puis..."
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Vidéo de Frédéric Clément
BEL OEiL - roman - LECTURE n°4 "BEL ŒIL, confessions argentiques d'un gardien de phare" - roman de Frédéric Clément publié aux Editions Albin Michel L'auteur en fait une lecture-concert mêlant voix, sons et musique... Le projet du spectacle sera prêt courant 2020 pour bibliothèques, médiathèques et autres structures culturelles. Pour toutes informations et demandes : www.fredericlement.net/contact
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