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ISBN : 2369141190
Éditeur : Libretto (05/05/2014)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 31 notes)
Résumé :
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  27 mai 2018
Le vent fouette le visage des marins affairés sur le pont à relever l'ancre. Des gueules burinées par le soleil du profond sud et le froid des grandeurs extrêmes. A son bord, un vieux capitaine, la barbe grisonnante, le regard toujours perdu dans ses souvenirs d'antan. Tel un vieux loup de mer, je l'imagine me racontant des histoires de pêches et de pirateries. Un regard qui se lit comme un livre ouvert, des chapitres de vie et de mort. Il m'a accepté à son bord pour que je témoigne de son histoire, l'histoire de la fougue de l'Océan qui n'a rien de Pacifique et de la Patagonie. Pendant ce temps-là, la mer se déchaine contre la coquille métallique qui me sert d'abri sommaire et presque éphémère, déverse toute son impétueuse haine, une écume blanche au bord de ses lèvres comme la bave d'un chien enragé, contre ma misérable existence.
Quand les bateaux quittent vers le large, ils laissent dans leur sillage un fracas de vagues – d'émotions fortes ou douces - houle dansante sur les falaises rongées par la mer. Des mille tempêtes au sommet du Cap Horn, des rafales de vent et de glace déséquilibrent le vol des caranchos. L'homme est l'animal le plus redoutable, de l'amour à la haine il n'y a parfois qu'une tempête qui sépare ces deux sentiments contradictoires, ou un naufrage. Trente-cinq jours sans voir la terre, pull rayé, mal rasé, cargo de nuit, la violence des âmes débarquent, assoiffées, avinées, pour se vider, change de port poupée.
Après trois jours et trois nuits, les déferlantes s'assagissent, l'horizon s'aplanit, le soleil refait surface d'outre-tombe. La mer change ses couleurs. du noir profond, elle se projette bleu azur avant de virer au rouge carmin. du rouge et du sang. Une nappe de sang et d'entrailles s'invite autour des bateaux. La chasse à la baleine est un honneur. Massacre à la tronçonneuse. Et aux harpons. L'odeur de chair et de graisse devient écoeurante, je ne sens même plus le parfum iodé de la brise. J'ai envie de gerber, pas le roulis, pas la bouteille de whisky, juste cette vision d'horreur et de massacre. Sang rouge, sang bleu, la mer devient un océan rouge profond, d'un sombre aussi noir que l'âme de ces marins.
Quand les bateaux quittent vers le large, ils laissent dans leur sillage non seulement un fracas de vagues, mais la mémoire de milliers d'innocents qui se heurte à ne sombrer sur les récifs de l'oubli. Et de ces écueils, tu pourras entendre le cri solitaire des âmes emportées vers le large.
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araucaria
  02 juillet 2019
Recueil comportant 18 nouvelles parues en 1945, puis revues par l'auteur et rééditées en 1995 au Chili.
Les histoires se déroulent indifféremment sur terre ou sur mer et évoquent indiens, marins, chasseurs de phoques ou de baleines... Tous ces travailleurs ou aventuriers qui se rencontrent dans Le Grand Sud jusqu'au continent Antarctique. Beaucoup d'actions et des récits qui parlent de la vie d'hommes qui affrontent la nature et les éléments.
J'ai apprécié dans l'ensemble ces différents textes, mais cependant je préfère les romans de Coloane à ses nouvelles qui parfois mériteraient d'être un peu plus développées.
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MissSherlock
  21 juillet 2015
Les premiers livres de Francisco Coloane que j'ai lu m'ont tellement émue que j'ai eu envie de retourner en Terre de Feu pour retrouver les chasseurs de phoques, les peons et la nature sauvage.
Ces récits ne m'ont pas autant transportée que ceux de TIERRA DEL FUEGO mais j'ai tout de même pris beaucoup de plaisir pendant cette lecture. L'écriture de Francisco Coloane est superbe, fluide et rythmée. L'auteur a le soucis du détail, on a vraiment l'impression d'être à bord d'un baleinier ou de chevaucher sur les pitons rocheux du sud du Chili.
Si j'ai un peu moins accroché, c'est sans doute car beaucoup de ces récits sont très courts. Certains font moins de dix pages, je n'ai pas eu le temps de m'attacher aux personnages ou de vivre pleinement les situations. Les nouvelles que j'ai le plus aimé sont les plus longues, les plus fouillées et aussi les plus terribles.
L'auteur nous entraîne dans un monde sauvage où une tribu est capable d'abandonner l'un des siens à la mort parce qu'il était trop pédant et sûr de lui. Il nous fait assister au procès d'une enfant victime de viols et d'inceste qui n'aura pas justice. Ou il nous embarque sur un baleinier pour une chasse sanglante et terrifiante.
Francisco Coloane ne fait pas dans la demi-mesure : les mots sont forts pour parler de la rudesse des hommes et de la terre. C'est un grand auteur dont je ne peux que vous recommander la lecture de ses oeuvres.
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cedratier
  05 mai 2015
« le Golfe des Peines » Francisco Coloane (Libretto, 150 pages)
18 petites nouvelles, à peine des nouvelles, souvent rudimentaires, parfois de brefs récits oniriques, parfois de courtes anecdotes tirées de la vie aventureuse de l'auteur (on le suppose du moins, au vu de sa biographie et du « Je » utilisé ici ou là). C'est souvent très anecdotique, à peine un micro-événement narré sur quelques pages. Mais ça se passe dans le Sud du continent, alors on se laisse prendre par ce monde qui a disparu ou presque, celui des chasseurs de baleines quasi à l'ancienne, des orpailleurs, des derniers indiens…Ça n'a pas plus d'épaisseur qu'un fil de vent, qu'une bourrasque, mais ça vaut par la nostalgie et l'humanité qui s'en dégagent, même si ça n'a pas la densité de "le dernier mousse" par exemple. Cette écriture fait bien sûr penser à Sepulveda, mais je pense qu'ici ce dernier dépasse son « maître ». Mais pas de regret d'avoir lu ce "Golfe des peines", j'ai voyagé.
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ElTristero
  14 avril 2012
Dernier des trois recueils de nouvelles du chilien Coloane, c'est l'apex de l'art de la nouvelle chez le baroudeur chilien.
Avec ces nouvelles nous sommes loin des premières nouvelles de l'écrivain : l'écriture a été repensée, retravaillée ; il y a de la poésie, l'écriture est ciselée, fine, précise mais toujours percutante. L'on ne s'étonnera pas de retrouver des personnages qui auront marqué le lecteur dans Tierra del Fuego (le roumain Popper).
Dans ce volume nous retrouvons ce qui a fait la force de Coloane dans ses précédentes nouvelles : ce côté conteur de l'âpreté, de la noirceur, dépeignant la violence de l'homme, la violence de la nature. Il y a de la morale chez Coloane mais qui n'est pas lénifiante. Non, elle est brutale, sans atours. Dans ce voyage voyage sur les terres et les mers fuégiennes, le lecteur sentira les vents, l'odeur du sang, le désespoir, la violence... Coloane n'élude rien, il écrit : c'est une bourrasque textuelle emplie de tension.
On y retrouve Giono, Hemingway et Steinbeck en ses écrits. Parfois, Coloane joue à la limite du merveilleux : jouant avec les dieux et les mythes des indiens.
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
araucariaaraucaria   02 juillet 2019
Entre Valparaiso et le petit port de Quintay, le Cerro Curauma culmine à 500 mètres et plonge dans les vagues comme un gigantesque mufle de baleine. Montagnes grandioses au flanc desquelles les sentiers andins serpentent jusqu'à la mer. La plate-forme de Quintay se prolonge par une presqu'île escarpée qui protège l'anse des vents de sud-ouest.
En avril 1953, j'arrivai à ce port par voie de terre afin de participer à une chasse à la baleine à bord d'un bateau de la Compagnie Indus.
(Baleiniers de Quintay)
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araucariaaraucaria   02 juillet 2019
Un verre de pisco apaise l'estomac mis à mal par les creux de la mer de Bellingshausen. L'alcool a réveillé chez Lengerich des réminiscences poétiques. Ce n'est pas la première fois que nous rencontrons l'art en pleine mer; l'art qui est paix et vie, angoisse et mort. Je me souviens d'un navire baleinier de Porto Refugio, au nord du Golfe des Peines. Son capitaine, un nordique, possédait un piano à bord. Une nuit de tempête, alors que nous sirotions du whisky, nous l'entendîmes arracher de beaux accords à son clavier, une musique exécutée par de gros doigts de harponneur, capables de tuer une baleine, mais qui n'auraient pas fait de mal à une mouche.
(De la fameuse région Antarctique)
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araucariaaraucaria   02 juillet 2019
Il est en Antarctique une mer désolée, plus désolée encore et plus tempétueuse que la mer de Drake ou que le Pacifique : la mer de Bellingshausen, du nom du navigateur russe qui commanda une des premières expéditions en terres australes.
(De la fameuse région Antarctique)
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le_Bisonle_Bison   27 avril 2018
Nous aperçûmes d’abord les condors qui tournoyaient au-dessus d’un ravin ; puis des caranchos avec leurs yeux rougis et repus nous guidèrent jusqu’au lieu où avait péri le troupeau de bovins que nous recherchions. On remarquait certains charognards qui ne pouvaient même plus s’envoler à notre approche tant ils étaient gavés. Le festin avait commencé depuis fort longtemps à en juger par de nombreux squelettes récurés. Mais en contrebas, au milieu des arbres, nous trouvâmes quelques cadavres dont la peau encore intacte fut tout ce que nous pûmes sauver de ce troupeau égaré.
La catastrophe s’était produite à la fonte des glaces. Les animaux avaient continué à brouter des feuilles de hêtre qui émergeaient de la neige, croyant qu’elles appartenaient à des arbustes alors qu’il s’agissait de la cime de grands arbres. Au printemps, la plaque de neige et de glace soutenue par les troncs formait une véritable voûte, qui avait commencé de fondre, et s’était brusquement rompue, entraînant les animaux dans la chute. Ils étaient restés accrochés dans les branchages, certains par les cornes, d’autres embrochés ou éventrés, mais tous se trouvaient dans la posture d’un galop figé, grotesque et macabre, et les charognards les avaient transformés en troupeau de squelettes. Le vent d’ouest sifflait dans ces os blancs, éveillant dans le feuillage un hululement plaintif que je n’avais jamais entendu auparavant.
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araucariaaraucaria   01 janvier 2018
Avant d'appareiller sur sa goélette l'Orfelinda, le capitaine Anibal Pescetto traça son itinéraire entre les îles Calbuco, Ipun et Guamblin, bien qu'il dût prévoir d'autres escales où livrer les marchandises et embarquer les fourrures que lui confiaient des chasseurs isolés dans les fjords et les îles.
Le capitaine Pescetto était un homme serviable et estimé de tous. A terre, son grand plaisir était d'écouter Rosa Coleman chanter La buena pesca, et bien des gens qu'il avait secourus en pleine tempête lui auraient volontiers chanté, s'ils avaient pu rivaliser avec les vieux poètes de Chiloé, La cancion del buen hombre de mar.
Il avait équipé sa goélette sur le modèle des vieux gréements, et les deux petits huniers qu'il avait fixés aux vergues du grand mât et du mât de misaine donnaient fière allure à ce modeste bâtiment de cinquante tonneaux qui pouvait filer ses douze noeuds sous la poussée des bons vents de travers soufflant des quarts ouest sur les golfes d'Ancud et de Corcovado.
Périples
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