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François Gaudry (Traducteur)
ISBN : 2752900813
Éditeur : Phébus (15/04/2005)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 118 notes)
Résumé :
Ce recueil de nouvelles semble avoir été composé par Francisco Coloane dans la foulée de Tierra del Fuego. On y retrouve sa muse, la sculpturale Patagonie chilienne, avec ses reliefs abrupts, la désolation de ses grands espaces balayés par un vent infernal terminant son souffle au terrible cap Horn, que l’on dirait directement sorti de l’imagination du diable. C’est dans ce paysage que se déroulent ces histoires que nous conte Francisco Coloane. Elles permettront au... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
pdemweb1
  13 juin 2015
En plagiant Sacha Guitry pour qui « Lorsqu'on vient d'entendre un morceau de Mozart, le silence qui lui succède est encore de lui »,, je peux écrire « Lorsqu'on vient de lire une nouvelle de Francisco Coloane , les lignes blanches qui succèdent sont encore de lui ». Dans Cap Horn, quatorze nouvelles sont des histoires évoquées par des conteurs imaginaires sur la vie rude des hommes de la Terre de Feu, ces hommes sont chasseurs, bergers, marins, gardiens de phares, contremaîtres. Les nouvelles sont courtes, les vies sont violentes et la fin des histoires est abrupte. Francisco Coloane nous abandonne les conséquences des événements, qu'il a mis en scène, c'est par ce procédé qu'il nous faut compléter les lignes blanches qui suivent les nouvelles.
Les conteurs des nouvelles ont participé aux événements qu'ils racontent, ce qui donne de la force et de la vérité aux récits.
Malgré cette belle journée, je reste éprouvé par les tempêtes racontées par Francisco Coloane ….
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andman
  20 octobre 2013
Après un piètre voyage bouddhique dans l'au-delà la semaine dernière, quel soulagement de revenir aux confins du monde : les terres australes de Francisco Coloane.
Lorsqu'il écrit « Cap Horn » en 1941, à seulement 30 ans, Coloane est au plus mal. Fiévreux et sans le sou, il suit les conseils d'un ami et envoie cette nouvelle au journal Mercurio. Publiée, elle rapporte à son auteur 150 pesos grâce auxquels il peut s'acheter des médicaments.
Celui qui deviendra plus tard l'écrivain le plus apprécié de la jeunesse chilienne, a déjà derrière lui une décennie peuplée d'aventures et de rencontres insolites, une décennie entre terre et mer fouettée par tous les mauvais vents du sud.
« Cap Horn » est un recueil de quatorze nouvelles dont la plupart ont pour cadre les vastes étendues arides de Patagonie où Coloane a travaillé comme contremaître d'estancia.
Dans une interview au journal le Monde en novembre 1995, Coloane décrivait avec réalisme ses expériences en la matière : « Je suis monté à cheval sans étrier – très pénible pour les testicules -, j'ai châtré des moutons avec les dents – très douloureux pour les gencives -, et j'ai égorgé des brebis, mais avec délicatesse, car j'avais appris à leur couper l'aorte pour que les pauvres bêtes ne souffrent pas ».
Deux nouvelles captivantes ont pour acteur principal un animal :
« Flamenco » est le nom d'un magnifique alezan de trois ans.
Entre les piquets de son enclos il contemple la centaine de poulains poignardés par le féroce Jackie pour décongestionner les champs et ne pas laisser se propager une race inférieure.
Assez curieusement, lors de sa première séance de dressage, Flamenco ne se laisse monter que par ce péon sanguinaire qui d'un air fanfaron se l'approprie. Quelques temps plus tard, Jackie part en tournée sur son cheval ; Flamenco prépare sa vengeance…
« Cururo » est un chien de troupeau. Trouvé chiot dans la pampa, son maître Subiabre lui avait donné le nom d'un petit rat sans queue auquel il ressemblait beaucoup.
Subiabre aime ce chien plus que les autres, il n'a pas son pareil pour rassembler et conduire d'un point à un autre les milliers de moutons dispersés dans la pampa.
Un jour d'hiver pour sauver ces derniers pris en fâcheuse posture sous la neige, le brave Cururo va se sacrifier…
Francisco Coloane a perdu son père à l'âge de neuf ans, ce dernier était capitaine de baleinier. Comme lui, Francisco a navigué jeune adulte sur ces mers du sud si redoutables.
Dans la nouvelle « Cap Horn » dont le recueil porte le nom, trois hommes à bord d'une barque pénètrent dans une immense grotte située à l'extrémité de l'archipel chilien de la Terre de Feu et entourée de brisants.
L'un deux, évadé du bagne d'Ushuaia, est seul à connaître ce lieu de parturition des femelles phoques seulement accessible par la mer et dissimulé par un épais rideau de végétation. Les deux autres lui ont laissé la vie sauve lorsqu'il a échoué sur leur île et les voilà maintenant tous les trois fracassant à coups de gourdins le crâne des bébés phoques venant de naître.
Au moment de repartir avec leur sinistre butin, Dame Nature n'aura pitié d'aucun d'eux…
Vous croiserez dans « Cap Horn » des hommes rudes au coeur coriace, des animaux bien singuliers, des paysages comme nulle part ailleurs, des atmosphères mystérieuses et sauvages.
Ces quatorze nouvelles du bout du monde empreintes de vécu et de magie s'adressent à un large public. Comment ne pas tomber sous le charme du style à la fois direct et poétique du génial Francisco Coloane ?
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Sachenka
  22 mars 2019
« Les marins prétendent qu'à un mille de ce tragique promontoire, témoin de l'incessant duel que se livrent au Cap Horn les deux plus grands océans, le Diable veille au fond des eaux, harnaché de chaînes et de fers qui grincent épouvantablement les nuits de tempête, quand les flots montent à l'assaut des ombres. » (p. 167)
Avec de pareils débuts, les nouvelles qui composent ce recueil, Cap Horn, ne pouvaient que me tenir captif. J'ai dévoré ce bouquin en deux jours. Et encore, c'est parce que je voulais étirer le plaisir ! C'est là le pouvoir d'évocation de la plume de Francisco Coloane : j'ai toujours l'impression d'entrer dans un univers magique où la nature envoutante et terrible fait des siennes et où les superstitions tenaces prennent vie.
Pourtant, pas de grands gestes héroïques ni de fines analyses psychologiques. C'est que ce bout du monde abrite de pauvres fermiers qui peinent à produire quelque chose de leur lopin de terre, des bergers, des pêcheurs et une poignée d'autochtones. Des déshérités, quoi ! Non, il y a aussi tous ces aventuriers, qu'ils viennent du Chili, bien sûr, mais aussi de l'Australie, de l'Écosse ou même de la Yougoslavie ! Sans oublier les brigands…
Bref, des gens qui vivent de peu et, surtout, qui parlent peu. Avares de paroles comme de tout. Et ils ont appris à vivre en harmonie avec la nature ingrate et hostile, à la mercie des éléments dans le silence des terribles nuits solitaires. Sinon ils l'apprennent à leurs dépens car « la terre est trop cruelle et l'homme trop dur. » (p. 75) Un destin où l'on se sent en vie à chaque instant mais où chaque geste compte.
Ainsi donc, ils vaquent à leurs occupations. Des gauchos tentent de dresser des étalons farouches, des bergers tentent de sauver leurs moutons d'une avalanche de neige, un gardien de phare rompt sa solitude avec une poule qui pond des oeufs d'or, des marins se racontent des histoires à dormir debout, des fugitifs s'évadent du bagne à travers une mer hérissée d'écueils, etc. Et il y a bien une ou deux histoires d'amour.
Et parfois, je me prenais à m'imaginer à leur suite, comme ce jeune homme qui « galopait sur son alezan à travers le paysage vallonné. » (p. 81) Seulement je poursuivrais ma route dans des endroits encore plus isolés, sauvage, déchiquetés, entre mer et montagne. Mais bon, ce n'est qu'un rêve. La Patagonie, l'infini pampa, le détroit de Magellan, l'Antarctique tout près, peut-être qu'un jour je vous visiterai…
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Walktapus
  20 octobre 2014
Marins, bergers, gauchos, contrebandiers, pêcheurs, gardiens de phare, chasseurs de phoques, mais aussi chiens et chevaux, tels sont les héros de ces nouvelles. Ils évoluent dans des paysages magnifiques et désolés, une mer impitoyable, un climat extrême. Des hommes aux origines très diverses, au passé tu, qui affrontent les éléments, la solitude, la folie, l'abandon, l'oubli.
Portrait conjoint d'une nature grandiose et d'hommes rudes. Des histoires de folie, de vengeance, d'amitié, de solitude, de cruauté, de fidélité, dont la fin est rarement optimiste. Avec un style évocateur, à la fois simple et imagé.
(C du ABC. Merci à Chardonette pour la suggestion.)
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MissSherlock
  04 août 2014
CAP HORN est un recueil de quatorze nouvelles écrites par l'écrivain Chilien Francisco Coloane en 1941 alors qu'il n'avait que trente ans. Pourtant, à la lecture de ces récits, on a le sentiment que c'est un homme qui a déjà beaucoup vécu qui les a écrits. Et pour cause : Francisco Coloane, ayant perdu ses parents à 17 ans, est contraint de travailler pour subvenir à ses besoins. Il devient éleveur de moutons, dresseur de chevaux, ouvrier agricole, baleinier... Autant de métiers rudes et pénibles exercés en terres australes.
Ce sont ses expériences qu'il retranscrit dans ces récits d'aventures où il conte la vie austère et pénible des hommes vivant en Terre de Feu. Une terre balayée par les vents, aux sols arides et caillouteux où les hommes vivent entre eux, leurs chiens fidèles leur permettant de supporter la solitude.
Les histoires que nous raconte Francisco Coloane sont dures, tristes et pleine de magie. Les hommes qui peuplent ces récits sont aussi sauvages que la terre qui les abrite. La solitude, l'isolement, le difficile labeur et l'alcool font ressortir leur bestialité et leur font commettre des actes d'une rare cruauté. Pourtant l'écrivain semble aimer cette terre et ces hommes, on le ressent à chaque page.
Je ne suis habituellement pas amatrice de récits d'aventures mais Francisco Coloane a réussi à m'embarquer avec lui. J'ai ressenti la morsure du froid, la faim, le désespoir, la chaleur des chevaux et j'ai partagé la solitude de ces hommes courageux.
Toutes les nouvelles n'ont pas eu le même intérêt pour moi, certaines sont à mes yeux meilleures que les autres (La voix du vent, Flamenco, Cururo, La vengeance de la mer, La poule aux oeufs de lumière et Cap Horn).
Les amateurs de livres d'aventures ne pourront qu'être comblés par le style percutant de l'auteur. Les autres pourraient bien tomber sous le charme !
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Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
pdemweb1pdemweb1   13 juin 2015
Les côtes occidentales de la Terre de Feu s’égrènent en une multitude d’îles, entre lesquelles serpentent de mystérieux canaux qui vont se perdre au bout du monde, là-bas, à la Sépulture du Diable.
Les marins prétendent qu’à un mille de ce promontoire tragique, témoin de l’incessant duel que se livrent au Cap Horn les deux plus grands océans, le Diable veille au fond des eaux, harnaché de chaînes et de fers qui grincent épouvantablement les nuits de tempête, quand les flots montent à l’assaut des ombres.
Il y a encore peu d’années encore, seuls d’audacieux chasseurs de loutres et de phoques s’aventuraient dans ces parages, gens de tous horizons, hommes rudes au cœur coriace comme un poing fermé.
page 163
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andmanandman   18 octobre 2013
Parfois, à notre insu, nous contemplons les animaux, comme si nous leur posions une question, et même s’ils ne nous répondent que par un regard inexpressif, il s’établit néanmoins une sorte de courant qui touche notre âme ; une faible lueur tremble et nous découvrons ce que nous cherchions, peut-être un simple apaisement.
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andmanandman   10 septembre 2013
Nous étions à la mi-décembre et la nuit, sous ces latitudes, est presque inexistante ; les jours se mordent la queue, car, à peine le crépuscule commence-t-il à étendre ses ombres que la clarté laiteuse de l'aurore les efface.
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andmanandman   12 septembre 2013
De même que parmi les hommes surgit parfois un génie, de même parmi les animaux apparaît de temps en temps un individu extraordinaire, dont l'existence nous fait approcher les mystères de la nature, les rendant plus insondables encore.
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MissSherlockMissSherlock   02 août 2014
Dans la journée, notre sensation d'être sur terre est quelque chose de sommaire. Mais la nuit, sous un ciel brillant où l'on distingue clairement les astres, nous avons l'impression d'habiter une île perdue dans l'espace ; la terre s'estompe, nous cheminons les yeux fixés sur la Voie lactée, et le cœur et l'esprit s'élèvent vers le cosmos, puis redescendent pour, un jour, disparaître sous quatre pelletées de terre.
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