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Jeanne Peyras (Traducteur)
EAN : 9782020541756
145 pages
Seuil (17/04/2002)
3.64/5   383 notes
Résumé :
Un professionnel ne mélange jamais le travail et les sentiments.
Il exécute des contrats pour un chèque à six zéros, net d'impôts sans s'interroger sur les raisons de son commanditaire. Mais comment peut réagir un tueur qu'une belle Française laisse tomber?
Six journées d'une course mouvementée d'aéroport en aéroport, de la Turquie au Mexique, à la poursuite d'une cible étrange et fuyante, ou bien poursuivi par un amour tout aussi insaisissable.
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Critiques, Analyses et Avis (71) Voir plus Ajouter une critique
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Quel bon moment passé en compagnie de ce tueur à gages amoureux en diable de sa petite Française et qui se découvre cocu! Cela marque le début de la chute pour ce professionnel du crime dont la déontologie et les habitudes de travail prennent un sérieux coup de cette trahison. Même quand il y a à la clé un chèque à six zéros, net d'impôts.

Luis Sepulveda nous entraîne à la suite de ce personnage hors norme d'une Madrid caniculaire à Istanbul, de Francfort à Paris puis direction Mexico. On voit du pays pour remplir ce fichu dernier contrat où ses réflexes pros le lâchent et où tout part en eau de boudin. Déjà, contrairement à ses principes, il cherche à savoir pourquoi il doit assassiner ce type de 36 ans, un des rares personnages dont le nom nous est révélé d'ailleurs.

L'auteur se joue de nombreux clichés dans ce très court roman. Les chauffeurs de taxi de tous pays en prennent notamment pour leur grade. Raconté directement par le tueur, dont on ignore le nom (professionnalisme oblige), le récit est bourré d'humour au second degré et de remarques où le cynisme se partage la donne avec la mélancolie amoureuse de notre anti-héros. Les affres de l'amour n'épargne décidément personne!

Si la fin de l'intrigue est prévisible, cette histoire offre paradoxalement une bouffée plus légère après plusieurs lectures au ton nettement plus dramatique. J'avais déjà apprécié son vieil homme qui lisait des romans d'amour, ce tueur sentimental confirme mon envie de poursuivre la découverte de l'oeuvre de Luis Sepulveda. Et quels titres à chaque fois! L'enchantement commence par ça.
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Le narrateur est un tueur à gages professionnel et expérimenté sans états d'âme (pléonasme). Sauf que la belle Française dont il ne se croyait pas amoureux vient de le larguer et qu'il en est tout perturbé. Au même moment, un nouveau contrat lui est confié, et le voilà qui, pour la première fois de sa longue carrière sans accrocs, s'interroge sur les raisons pour lesquelles sa cible doit être abattue.
Il ne se reconnaît plus. Serait-il en train d'éprouver ce que le commun des mortels appelle communément des sentiments ?
Dans ce très court roman, notre tueur sentimental s'engage dans un dernier contrat rocambolesque après lequel, c'est juré, on ne l'y reprendra plus.
Humour, cynisme et schizophrénie sont au rendez-vous. C'est noir mais c'est léger et ça fait du bien aux zygomatiques.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Le grand Sépulveda, Luis pour les intimes, s'accorde une sympathique récréation avec ce « journal d'un tueur … ». La trame est toute simplette un tueur en bout de course commence à ce triturer les méninges et comme dit le dicton (inventé par moi !!! ) tueur qui réfléchit est en partie fini. L'auteur chilien nous embarque, c'est le cas de le dire, dans les méandres du cerveau de notre tueur rigolo, amoureux, torturé. Et là-haut c'est un sacré merdier.
Au final, une histoire qui m'a amusé autant que Luis (on est intime maintenant) qu'on ferme en se disant que même avec peu de chose, le plaisir est au rendez-vous. Hasta la vista, Ombre.
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Avide de nouvelles expériences de lecture et sur les conseils de mon nouveau guide ès littérature contemporaine, je me suis aventuré, le temps d'une simple nouvelle, au creux des mots de Luis Sepulveda, auteur chilien dont le nom me disait vaguement quelque chose. Ce Journal d'un tueur sentimental nous emmène sur les traces d'un tueur à gages qui commence doucement, mais sûrement, à glisser sur la mauvaise pente. Il réfléchit au pourquoi de tuer ses victimes désignées ! Mais alors, quelle aberration, mes pauvres amis !
Luis Sepulveda, que je ne connais donc que par ce court roman, utilise là des rythmes hachés et des tournures de phrase simples pour augmenter la vitesse de l'action. L'expérience de lecture est d'ailleurs un petit peu détériorée par des oublis de ponctuation ou des tournures qu'on peut justement juger trop simples ; toutefois c'est écrit tambour battant et c'est le souffle court qu'on finit cette histoire charmante et, au fond, amusante. Des détails d'un goût douteux, un cynisme assumé et un sérieux penchant pour la schizophrénie ont terminé de me convaincre sur cette ambiance pimentée à souhait ! Dur bonheur meurtrier en très peu de pages, en somme.

Finalement, voilà une intrigue qui se dénoue facilement et donne peu d'indices sur le style de l'auteur, mais permet de passer un bon moment. C'est là l'essentiel !

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Trois nouvelles, trois atmosphères très différentes, mais le même humour incisif qui allie tendresse et dénonciation sociale.

La première nouvelle est celle du titre, quelques jours dans la vie d'un tueur professionnel qui, faisant fi des règles de son métier, est tombé amoureux d'une jeune française. C'est aussi l'histoire d'un homme qui se regarde dans le miroir à un moment de sa vie…

La seconde nouvelle se passe au Chili, avec un inspecteur d'origine Mapuche qui est muté dans la capitale pour avoir porté atteinte au siège de celui qu'il ne fallait pas. Affecté à une brigade des moeurs, qu'arrivera de la franchise du policier face aux magouilles du pouvoir ?

C'est en Italie que se déroule la troisième, un assureur suisse délègue un enquêteur pour constater le décès d'un riche maroquinier italien. Contrebande et maléfices, des ramifications écologiques internationales.

C'est un petit recueil de moins de 150 pages, un intermède agréable que j'ai parcouru avec grand plaisir.
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critiques presse (1)
Actualitte
21 février 2019
Avec un humour parfois grinçant, toujours là comme pour essayer de nous dire qu’il n’entend pas, par cette incursion dans ce domaine littéraire, s’y prendre au sérieux, Luis Sepulveda déroule trois histoires superbement écrites avec des scénarios aux antipodes les uns des autres.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (59) Voir plus Ajouter une citation
Mais bon Dieu d’où sortent les taxis ? Celui qui m’a amené de l’hôtel au centre des congrès était un Turc avec des moustaches longues comme un guidon de bicyclette, et dès que j’ai posé mon cul sur le siège protégé par un plastique il m’a pris pour cible de son ardeur prosélyte. Il a maudit toutes les femmes en jupe courte qui se promenaient dans la rue, toutes les publicités de rhum Bacardi, de cigarettes et finalement, en me demandant de ne pas m’offenser, il s’en est pris aux étrangers qui amenaient des mœurs pernicieuses. Quand nous sommes arrivés au centre des congrès il chiait sur la mère de Kemal Atatürk. En le payant je me suis promis d’honorer les professionnelles de l’amour et de ne plus jamais traiter de fils de pute ceux qui ne le mériteraient pas. Fils d’Allah me semblait une insulte beaucoup plus forte.

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" Tu crois réellement que le sexe prête à confusion? demanda Anita en lui passant la râpe sur les cals.
- Des fois. Je me souviens d'une histoire que m'ont racontée des muletiers en Patagonie. Il y a deux ans, un front de mauvais temps a interrompu les manœuvres d'un régiment d'infanterie à la frontière avec l'Argentine. Il avait plu trente jours et trente nuits sans interruption et un lieutenant est venu demander à un groupe de muletiers comment ils faisaient, eux, pour soulager leurs problèmes de braguette. Ils ont répondu: de la façon la plus connue, et si ça le travaillait beaucoup ils pouvaient lui amener une mule près de la rivière. Le lieutenant refuse, et d'un air dégoûté les traite de vicieux. Un autre mois passe, la neige s'ajoute à la pluie, et le lieutenant revient voir les muletiers. Mort de bonté il leur demande de lui amener une mule près de la rivière. Sans comprendre les raisons de cette pudeur, les muletiers lui disent que le lendemain la mule l'attendrait près de la rivière qui continuait à monter. Le lieutenant est là, ponctuel, et après avoir ordonné aux muletiers de se tourner, il baisse ses pantalons et commence à forniquer avec la bête. Alors un des muletiers tourne la tête et lui dit: "Mon lieutenant, la mule c'est pour traverser la rivière. Le bordel est de l'autre côté." "
Hot line ~ Quatre. Le prix du plaisir
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La journée avait mal commencé et tard, j'avais atterri à Madrid à 6h30, il faisait très chaud et sur le chemin de l'hôtel Palace le taxi s'était obstiné à me faire une conférence sur la Coupe d'Europe de football. J'avais eu envie de lui poser le canon d'un 45 sur la nuque pour qu'il ferme sa gueule, mais je n'avais pas ça sur moi et un professionnel ne fait pas d'histoires avec un crétin, même un taxi.
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Règle numéro un : être seul et se soulager avec une pute. J’ai demandé qu’on me monte un journal du jour et j’ai cherché la rubrique « relaxation » dans les petites annonces. Demi-heure après on a sonné, j’ai ouvert et fait entrer une métisse qui traînait derrière elle tous les vents chauds des Caraïbes.

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La journée avait mal commencé et tard, j'avais atterri à Madrid à 6h30, il faisait très chaud et sur le chemin de l'hôtel Palace le taxi s'était obstiné à me faire une conférence sur la Coupe d'Europe de football. J'avais eu envie de lui poser le canon d'un .45 sur la nuque pour qu'il ferme sa gueule, mais je n'avais pas ça sur moi et un professionnel ne fait pas d'histoires avec un crétin, même un taxi.
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Le Café Littéraire accueille le public pour la 34è année au premier étage du Palais du Grand Large. Animé par Maëtte Chantrel, co-fondatrice du festival, et Pascal Jourdana, il donne à voir l'actualité littéraire d'un grand nombre d'auteurs et suscite l'envie de poursuivre cette rencontre de manière intime en tête-à-tête avec le livre.
Les archives du festival Étonnants Voyageurs vous permettent de revoir ces Cafés littéraires, enregistrés depuis 1991. L'occasion de voir et d'entendre des grands noms de la littérature du monde entier qui nous ont accompagnés des années durant : Nicolas Bouvier, Jacques Lacarrière, Alvaro Mutis, Hugo Pratt, Théodore Monod, James Crumley, Tony Hillerman, James Welch, Luis Sepulveda… Jim Harrison, pour ne citer qu'eux.
Pas de débats à thèmes au Café Littéraire, juste des rencontres chaleureuses avec les auteurs, leurs récits et leurs personnages, réels ou sortis de leur imagination.
Une captation vidéo réalisée par TVR35, à retrouver sur notre site et tout l'été sur la chaîne. www.etonnants-voyageurs.com
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