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Claude Durand (Traducteur)Carmen Durand (Traducteur)
ISBN : 2253053546
Éditeur : Le Livre de Poche (30/11/-1)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 265 notes)
Résumé :
Isabel Allende renoue avec sa jubilation de "raconteuse" qu'on avait vue à l’œuvre dans son premier roman, La Maison aux esprits. (...) Eva, c'est l'énergie de vivre faite femme. Comédie, tragédie, l'univers d'Eva est un théâtre cocasse et cruel peuplé de paumés, de vieux fous, de mères maquerelles, de guérilleros, de généraux sentimentaux (...). Superbe roman provocant et baroque. Isabel Allende est une de ces rares bienfaitrices qui joignent un humour d'enfer à un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
AlexLiernais
  17 avril 2012
Et voilà donc le petit troisième. J'ai donc lu ce mois "Eva Luna" de Isabel Allende. Première remarque : je l'ai mal lu ; par morceaux, sans véritable suivi, surtout au milieu, parfois quelque peu gris. de nouveau, chouette roman, mais qui ne peut atteindre "La maison aux esprits" et donc mes remarques devraient rejoindre "D'amour et d'ombre". Quelques mots sur l'histoire... Et puis non, je vais me laisser aller à la fainéantise de recopier la quatrième de couverture qui «excite» plus à la lecture qu'elle ne résume.
«Elle s'appelle Eva, qui veut dire vie, sa mère ayant voulu qu'elle y morde à belles dents ; Eva Luna, parce qu'elle fut conçue par un Indien de la tribu des Fils de la Lune piqué par un aspic, que sa mère arracha à l'agonie en lui faisant l'amour.» (Scène qui fait penser à la création du Garp d'Irving.) «Petite bonniche rebelle et émerveillée, écoutant aux portes et abreuvée de feuilletons radiophoniques, elle a le don d'inventer des histoires rocambolesques, improbables, renversantes, drôles et dramatiques comme la vie même, ce qui lui vaudra plus tard de sortir de la misère, de la servitude et de l'anonymat.
«Entre-temps, son destin aura croisé celui de dizaines de personnages plus hauts en couleur les uns que les autres -sa marraine, qui donnera le jour à un monstre à deux têtes, l'une blanche et l'autre noire ; grand-mère Elvira, qui couche dans son cercueil et sera sauvée par cette arche de fortune lors d'une inondation catastrophique ; la Madame, puissante maquerelle de la capitale, et Mimi, travesti promu star de la télévision nationale ; Huberto Naranjo, gosse de la rue qui grandira dans les maquis de la guérilla ; oncle Rupert et tante Burgel, aubergistes et fabricants de pendules à coucous dans un village danubien au coeur des montagnes tropicales ; leurs filles dodues à ravir et voluptueuses à souhait ; et un dictateur, un tortionnaire au gardénia à la boutonnière, un commerçant moyen-oriental au coeur tendre et aux caresses savantes, sa femme Zulema, vaincue par la fatigue de vivre, un gros journaliste sagace et épicurien, un ministre déféquant sur une chaise percée tendue de velours épiscopal...-, sans oublier Rolf en qui Eva reconnaîtra l'homme de sa vie, puisqu'à en vivre une, il faut bien concevoir que certaines histoires finissent bien.»
À noter qu'un des ressorts principaux de la narration consiste à raconter en parallèle (non systématique) la vie d'Eva et de Rolf, le lecteur se demandant : «Mais quand vont-ils bien pouvoir se rencontrer ?» L'énumération ci-dessus est quelque peu décevante dans la mesure où certains personnages y sont bien croqués du fait de leur brève apparition, tandis que d'autres, plus nuancés, se voient réduits à une caricature alors qu'ils apparaissent plus riches. Je pense notamment au marchand turc Riad Halabi et à son bec de lièvre, qui recueillera Eva.
Par ailleurs, si la dictature se trouve toujours là bien présente en arrière-plan, mais moins que dans le livre précédent, apparaît de nouveau une figure de militaire ambivalent, le général Tolomeo Rodriguez, qui tente de séduire Eva dans un restaurant chic (Eva à qui il plaît, mais auquel elle ne désirera pas céder), qui utilisera les persuasions de l'appareil de la dictature pour la contraindre, et qui l'avertira du danger que court le commandant Rogelio (Huberto Naranjo), lui proposant même de la faire incorporer dans l'armée. Voici comment se déroule leur dernier entretien, tout à la fin du livre (p.414) :

- Je me suis trompé sur vous, Eva. Pendant des mois, à bout de patience, j'ai espéré votre appel, mais je suis quelqu'un de très orgueilleux, et je tiens toujours parole. Je vous avais dit que je n'exercerais aucune pression sur vous, et je ne l'ai pas fait. Mais, aujourd'hui, je m'en mords les doigts.
- Vous faites allusion à Rolf Carlé ?
- Je suppose que c'est quelque chose qui ne durera pas ?
- Et moi, j'espère bien que c'est pour toujours.
- Rien n'est pour toujours, ma fille. Sauf la mort.
- J'essaie aussi de vivre la vie comme j'aimerais qu'elle soit... comme un roman.
- Vous ne me laissez donc aucun espoir ?
- Je crains bien que non. Ce qui ne m'empêche pas de vous dire merci pour votre galanterie, général Rodriguez.
Et, me haussant sur la pointe des pieds pour arriver au niveau de son visage martial, je lui plaquai un rapide baiser sur la joue.
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Claraz68
  29 septembre 2017
Lecture initiée grâce à mon amie italienne, qui me l'a prêtée; on peut dire que l'immersion qu'Eva Luna m'a procurée a fait table rase de mes appréhensions.
En effet, le début est assez déroutant sur plusieurs points: les 100 premières pages environ se concentrent sur la mère d'Eva, Consuelo. le changement de personnage après cette longue introduction demande une certaine gymnastique des esprits. Mais ce n'est que pour rajouter de la profondeur au personnage d'Eva, et l'on vient à se demander plus tard: à quoi tiendraient la vie et les mystères d'Eva sans passer par ceux de sa mère ?
Un autre point m'ayant perturbée au départ était l'absence d'action dans les 200 premières pages, de ce fait, j'ai mis trois jours à me démener dans ce bourbier de quotidien, oscillant entre l'émerveillement de la découverte et des jolies images projetées dans ma tête et l'ennui de faire du surplace à n'en plus finir.
Une fois passée cette épreuve harassante mais nécessaire à la profondeur d'Eva, dès sa rencontre avec Huberto Naranjo, le mouvement se fait, les sables mouvants s'effacent et nous voilà pris dans une vie mouvementée où la routine n'existera presque plus. Ses rencontres et ses relations, hautes en couleurs et pleines d'humanité, nous émeuvent au delà du raisonnable.
Et j'ajouterais que c'est là un des talent de l'auteure que de retranscrire les ambiances et les sentiments de manière très vivante. On en vient à se demander par quelle magie l'auteur arrive à faire cohabiter ses personnages sur le même plan d'existence. ^^
Au final les seuls points m'ayant fait grimacer sont les quelques longueurs préliminaires et surtout l'histoire d'amour finale, qui même si elle clôt ce spectacle avec bonheur, me paraît trop surfaite. J'aurais aimé voir plus du cheminement émotionnel qui conduit Eva à Rolf et c'est bien dommage.
Mais bon ce ne sont que de menus détails comparés au bonheur et à l'émerveillement en face duquel nous place Isabel Allende. Je recommande vivement aux lecteurs voulant se faire une escapade littéraire en Amérique latine. ;-)
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nekomusume
  02 décembre 2018
Un véritable coup de coeur que cet ouvrage que j'avais envie de finir sans vouloir véritablement le terminer... Une écriture douce, fantasque et en même temps ancrée dans la réalité.
Dans un pays d'Amérique du Sud indéterminé, à une époque imprécise, Consuelo est recueillie par des moines, grandi, aime un indien et donne naissance à Eva Luna. C'est elle qui nous raconte sa vie, dès avant sa conception, son enfance, son adolescence puis sa vie de femme au hasard des rencontres et des facéties du destin. Chaque homme ou femme qui croiseront sa vie apporteront une pierre à l'édifice: les histoires d'Eva, dans lesquelles elle mêle les légendes que lui racontait sa mère et celles glanées au fil de ses pérégrinations, le tout avec un réel talent de conteuse.
Une vie complète faite de rencontres toutes plus improbables les unes que les autres, des mères maquerelles à l'instinct maternel développé, des ministres aux lubies scatologiques, des gamins des rues révoltés et romantiques, des guérilleros exaltés, des travestis au grand coeur... le tout dans des décors somptueux, de la jungle sud-américaine à la capitale cosmopolite en passant par un village typique de Bavière perdu dans les Andes. Une fresque gigantesque avec son lot de drames mais qui ne vire jamais au mélo, prenant ses racines dans la réalité des régimes politiques autoritaires, rapportant leurs exactions avec une neutralité imperturbable et un fatalisme accommodant tels que vu par un peuple peu éduqué qui ne connait pas d'autre façon de fonctionner. Savoureux.
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BlueGrey
  25 mars 2010
Entre comédie et tragédie, l'univers d'Eva Luna est un théâtre cocasse et cruel, peuplé de personnages inquiétants et loufoques : sa mère qui arrache son père de l'agonie en lui faisant l'amour, sa marraine qui engendre un monstre à deux têtes, l'une blanche et l'autre noire, grand-mère Elvira qui dort dans son cercueil, Huberto Naranjo, gosse des rues qui deviendra guérilleros, la Madame, puissante maquerelle de la capitale, Mimi, travesti promu star de la télévision nationale, Riad Halabi, commerçant moyen-oriental au coeur tendre et aux caresses savantes... Et Eva elle-même, née bonniche rebelle, rêveuse et émerveillée, dont le talent de raconteuse d'histoires lui permettra de sortir de la misère et de la servitude.
Dans ce roman pseudo-autobiographique très coloré et burlesque, on ne sait pas toujours si Eva raconte sa vie ou si elle l'invente, mais qu'importe ! Les histoires d'Eva s'avèrent plus puissantes que la réalité car plus drôles et plus belles. Elle réarrange la réalité dans un joyeux mélange de souvenirs, de mysticisme et d'imagination, navigant entre les faits et la fantaisie. Elle a le don d'inventer des histoires jubilatoires, rocambolesques, improbables, renversantes, pathétiques, drôles et dramatiques, comme la vie même. Des histoires qui parlent de liberté dans un contexte historique et politique difficile, celui de l'Amérique latine sous dictature. Car Eva apporte désinvolture et gaieté là où les autres plient et se lamentent, elle met sa fierté à se moquer de l'oppression.
Le récit est allègre et baroque (un peu décousu aussi), le rythme est infernal, le style est sensible et plein de charme, avec parfois une pointe d'ironie bienvenue et une touche de magie. Bref, un roman remarquable entrelaçant une cascade d'histoires vivantes, passionnées et terriblement humaines, un roman qui a la qualité des contes des Milles et Une Nuits.
Lien : http://descaillouxpleinleven..
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sylvie2
  19 avril 2015
Superbe! Un roman comme je les aime. Chaque fois, après la lecture d'un chapitre, je dormais réconciliée avec la vie et bien souvent des personnes qui avaient marqué ma vie revenaient me saluer dans mes rêves.
Eva Luna croque la vie. Elle suit son chemin avec un optimisme incroyable. Les mots et les histoires lui permettent de tout supporter.
Isabel Allende profite de ce livre pour nous raconter toutes les contradictions de son pays à travers les pérégrinations de son héroïne qui malgré son manque de chance arrive toujours à sourire. J'ai simplement adoré ce livre.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Phebe14Phebe14   04 février 2014
Je ne porte ni crochets ni écailles d'ophidien, du moins rien qui ne soit visible à l'œil nu. Les conditions un peu bizarres qui entourèrent ma conception ont eu des conséquences plutôt bénéfiques : elles m'ont doté d'une santé inaltérable et de ce tempérament frondeur qui tarda quelque peu à se manifester mais qui finalement, me épargna la vie d'humiliations à laquelle j'étais sans doute destinée. De mon père, j'héritais le sang à toute épreuve, car cet Indien avait du être d'une constitution peu commune pour tenir tête autant de jours au venin du serpent et en pleine agonie, donner du plaisir à une femme. De tout le reste, je suis redevable à ma mère.
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sylvie2sylvie2   19 avril 2015
Elle sema dans mon esprit l'idée que la réalité n'est pas seulement telle qu'on la perçoit en surface, mais qu'elle a également une dimension magique, et que s'il nous en prend la fantaisie, il vous est tout à fait loisible de l'accaparer, et de la colorier afin que votre passage ici-bas ne soit plus aussi terne.
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Claraz68Claraz68   27 septembre 2017
Et j'avais parfois l'impression que cet univers fabriqué grâce aux pouvoirs de l'imagination avait des contours plus solides et durables que la zone floue où vaquaient les êtres de chair et de sang qui m'entouraient.
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Claraz68Claraz68   26 septembre 2017
Je ne concevais pas que ces cabrioles eussent quelque chose à voir avec l'amour, elles m'apparaissaient seulement comme une façon de gagner sa vie, à l'instar de la couture ou de la mécanographie. L'amour était celui des chansons et des feuilletons radiophoniques, fait de profonds soupirs , de baisers, de déclarations enflammées.
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catoukcatouk   04 février 2018
... Ou peut-etre bien qu'il n'en a pas été ainsi.
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Videos de Isabel Allende (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Isabel Allende
La Maison aux esprits (The House of the Spirits), un film dramatique de Bille August réalisé en 1993, adapté du roman homonyme d'Isabel Allende, publié en 1982. Avec Meryl Streep, Glenn Close, Jeremy Irons. Bande-annonce.
>Littérature (Belles-lettres)>Littérature espagnole et portugaise>Romans, contes, nouvelles (822)
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