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EAN : 9782378560836
128 pages
Éditeur : Verdier (10/09/2020)
3.5/5   11 notes
Résumé :
« Le hasard m’avait fait naître sur un morceau de territoire dont l’histoire pouvait s’inscrire entre deux dates : 1830-1962. Tel un corps, l’Algérie française était née, avait vécu, était morte. Le hasard m’avait fait naître sur les hauteurs de la Ville Blanche, dans une rue au joli nom : rue des Bananiers. Dans la douceur de sa lumière, j’avais appris les jeux et les rires, j’avais appris les différences, j’avais aimé l’école Au Soleil et le cinéma en matinée, j’a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Myriam3
  18 octobre 2020
Ca commence un peu comme une ballade nostalgique, la bibliothèque du père qui vient de mourir, les photos et les premiers souvenirs d'enfance... Béatrice Commengé se remémore cette maison à Alger, rue des bananiers, dont ses parents et elle occupaient le rez-de-chaussée, les trois arbres du petit jardin, et la rue à laquelle on accédait par un escalier, cette rue qui se trouvait donc à l'horizon et qui promettait tant de découvertes et d'aventures... Béatrice Commengé est née en 1950, après la seconde guerre mondiale, la dernière disait-on, à l'époque où les premiers troubles ont commencé en Algérie. Son enfance, c'était d'abord ses amies, ses vacances dans le sud-ouest de la France et les voyages en bateau qu'elle adorait, le cinéma, les promenades, la famille, cette famille dont elle reconstitue le passé colonial, les ancêtres venus de la campagne française cherchant du travail, de l'aventure, une autre identité.
Elle entend, au loin, les rumeurs d'attentats, de révoltes mais sa vie continue tranquillement.
Puis, peu à peu, ces rumeurs se font plus proches, et puis Béatrice grandit, aussi, et sa vie commence à se mêler à l'Histoire de l'Algérie avec un grand H et le rythme du livre se fait plus soutenu, jusqu'à ne plus penser qu'à ça, l'Histoire de cette Algérie colonisée, transformée, dépossédée, malmenée.
L'autrice nous raconte cette histoire personnelle avec douceur, calme, mais l'émotion sourd dans les mots, ainsi qu'un questionnement, une culpabilité en filigrane, celle de cette famille dépassée par les événements et par cette Histoire qu'ils n'ont pas vu venir, à tort ou à raison.
Un très beau roman, sobre, authentique et touchant, merci à Babelio et aux éditions Verdier, basées dans l'Aude.
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mollymon
  24 décembre 2020
Entre manuel d'histoire, album de famille, guide touristique et recueil littéraire, ce livre fait le portrait du pays qui a nourri l'enfance de Béatrice Commengé. Ce pays c'est "l'autre France", celle de l'autre côté de la mer, l'Algérie qu'elle a quittée à l'âge de douze ans.
Guidé par par une écriture sobre et classique , on suit le fil rouge de l'histoire familiale pour traverser l'histoire politique du pays, de sa conquête par l'armée française à son indépendance. L'ouvrage balaie ainsi cent trente ans, depuis l'arrivée de l'arrière grand-mère de l'auteure sur le sol algérien jusqu'à son propre départ en 1962.
Riche d'informations variées mais un peu sec de ton, l'historique l'emportant sur l'intime, le texte aurait gagné à être agrémenté de quelques unes des photos auxquelles l'auteure fait allusion afin de compenser le manque de chaleur et donner plus de substance aux lieux et personnages évoqués.
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Velours26
  08 novembre 2020
"La rue des Bananiers n'est pas une rue où l'on s'amuse,c'est une rue où l'on est heureux" Albert Camus.
Et c'est cela que l'auteure,Béatrice Commengé a vécu,elle était profondément heureuse dans cette rue proche du centre ville d'Alger et de ses cinémas qu'elle affectionnait.Dans cette rue,elle a découvert l'amitié,et vivait avec ses amies issues des trois communautés
"nous passons des heures,assises par terre à manger des olives vertes et noires et boire de la limonade blanche".Tous ses souvenirs reviennent lorsqu'au décès de son père,Louis,ancien instituteur en Kabylie,puis enseignant à Boufarik ,elle redécouvre "la bibliothéque d'Algérie"qui a envahit toute la maison."Elle n'héritait pas seulement d'un amoncellement de livres,mais d'une oeuvre".Elle,qui a douze ans"pensait l'avoir quittée sans regrets,cette terre de l'enfance" se retrouve plongée dans ses souvenirs,dans son histoire familiale et sa généalogie.Nous découvrons dans ce livre émouvant l'histoire de l'Algérie française,mélange d'aventure,de conquête et de progrés,à travers la vie de ses ancêtres qui ont débarqué sur le sol algérien vers 1860 pour des motifs différents. A partir de recherche dans la bibliothéque de son père,les albums photos de sa mère et sur internet,l'auteure arrive à retracer son histoire familiale qui s'entrelace avec l'histoire de l'Algérie française.Si,ses arrières grands-parents ont vécu la conquête de l'Algérie et le début de la colonisation,Béatrice Commengé a vécu la fin de cette Algérie et sa jeunesse est mêlée à celle-ci.L'écriture est subtile et touchante,l'auteure nous conte son histoire par petites touches tel un peintre.
Je remercie Masse Crique pour la découverte de ce roman que j'ai aimé.
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bleuchocolat
  31 octobre 2020
Merci tout d'abord à Babelio et aux éditions Verdier, grâce à qui j'ai pu lire ce livre à l'occasion de la dernière Masse critique. J'avais choisi de mettre "Alger, rue des Bananiers" dans ma sélection, car, ma mère ayant quitté l'Algérie en 1962 à l'âge de 10 ans, c'est un sujet qui me tient particulièrement à coeur.
Béatrice Commengé reconstitue son histoire familiale, depuis ses aïeux arrivant d'Ariège pour débarquer dans cette Algérie française, jusqu'à ses souvenirs de petite fille, au moment où commencent les "événements", mot en vigueur alors pour désigner ce qui n'est ni plus ni moins qu'une guerre.
Moi qui ai entendu parler de Kouba, d'Hussein Dey, du jardin d'essai, par différents membres de ma famille (beaucoup aujourd'hui disparus), j'ai retrouvé tous ces noms de lieux dans le livre. Dans un style plutôt austère, les images surgissent cependant, la couleur blanche des bâtiments, les néfliers, la mer qu'on aperçoit depuis les hauteurs du quartier.
J'ai cependant regretté de ne pas m'attacher outre mesure aux personnages : les ancêtres de l'auteur sont présentés par touches, de façon émaillée à travers le récit mais sans vraiment prendre l'épaisseur de héros romanesques. En revanche, les différentes phases de la guerre et l'engrenage de la vengeance entre les deux camps menant au départ définitif de la famille sont particulièrement bien évoquées. Plus que jamais et avant qu'il ne soit trop tard, ce livre m'a redonné envie d'interviewer des personnes de ma famille sur leur quotidien à Alger.
Enfin, je sais qu'un autre livre sur l'Algérie française est sorti en septembre, "le tailleur de Relizane", ce sera une de mes prochaines lectures.
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jpryf
  17 octobre 2020
Vient de paraître aux Editions Verdier ce récit de Beatrice Commengé : Alger, Rue des Bananiers. Je viens d'en terminer la lecture et il ne pouvait que m'intéresser puisque dans ce récit, Béatrice Commengé qui est né en Algérie très peu d'années après moi ,revient sur l'histoire de sa famille et de son implantation en Algérie avec les débuts de la présence française. L'intérêt véritable est qu'elle réussit à mêler son histoire familiale évidement complexe comme le sont beaucoup d'histoires familiales et la grande histoire de la colonisation sur laquelle elle porte , avec le recul ,un regard juste en n'occultant aucune des fautes et des crimes commis par la France dans cette opération.
Cette analyse c'est ce qu'elle fait maintenant, arrivée dans l'âge adulte, mais le recit est aussi le rappel de ce dont elle se souvient alors qu'elle n'était dans ce quartier d'Alger sur les hauteurs qu'une petite fille de huit a onze ans: les odeurs, les jeux de l'enfance dans ces rues alors si tranquilles, les escapades en ville, dans les cinémas , sur les plages des alentours, les amitiés d'enfance sans distinction dans ce quartier entre les différentes composantes de la population, l'école puis le lycée Fromentin. On la suit des années tranquilles et heureuses jusqu'au jours plus sombre et au départ définitif. Je retrouve dans ce qu'elle écrit tellement de mes propres souvenirs! Je suis heureux aussi d'y retrouver Albert Camus, cité plusieurs fois et notamment par le rappel de son séjour des années auparavant dans le même quartier dans la fameuse :"Maison devant le monde" , la maison Fichu qui fut pour Camus la maison du bonheur et que j'ai longtemps cherché à situer et qui est, ici, très bien décrite et située.
Les amoureux d'Alger reconnaîtront beaucoup d'endroits et seront heureux d'y voir évoquer la vie d'alors qui, pour beaucoup, fut pour beaucoup une vie heureuse.
Il y a donc de la nostalgie mais sans pathos et sans s'appesantir avec une forme de légèreté
Lien : http://jpryf-actualitsvoyage..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Myriam3Myriam3   18 octobre 2020
Et si jamais les révoltes se multipliaient? Si tous ces hommes, là-haut, dans les montagnes, avaient envie de vivre leur vie d'avant les cloches des églises et le kiosque à musique sur la place du village? S'ils avaient envie, comme leurs pères et leurs grands-pères, de cultiver leurs terres confisquées? S'ils avaient envie de se contenter de regarder paître leurs troupeaux, au coeur du paysage?
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mollymonmollymon   24 décembre 2020
Un jour, la bibliothèque de mon père s’est mise à déborder: elle ne couvrait plus seulement les murs du séjour, du couloir et de l’escalier, mais envahissait les chambres et même le garage. Devant tant d’abondance, j’aimais à me répéter que les livres n’étaient pas là pour être lus, mais pour ne pas être oubliés.
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YANCOUYANCOU   29 septembre 2020
À partir de ce matin-là, le mardi 2 novembre 1954, la vie sous ce ciel devint quelque chose à défendre, ce qui la rendait plus belle encore, et plus précieuse. Je me demande si mon père à pensé, comme l'a écrit le journaliste dont je lis l'article aujourd'hui, que "plus rien ne serait comme avant". Rien n'est jamais "comme avant".
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OlivierMaldentOlivierMaldent   06 juin 2021
Sous ce même ciel de Fort-de-L'eau, cent ans, ou presque, séparent ces deux images que je ne peux m'empêcher de superposer : celle d'une jeune femme, Jeanne, qui s'apprête à fonder une famille sur cette terre de conquête au parfum de terre promise, et celle d'une enfant qui se prépare à grandir à l'aube d'une longue guerre de reconquête qui ne veut pas dire son nom. Un siècle, un peu plus, un peu moins, le temps de modifier un paysage, d'y tracer des rues et des boulevards, d'y planter des arbres et des rêves, des églises et des cabanons au bord des plages, des écoles et des parcs, des kiosques à musique et des cinémas, des cimetières et des bidonvilles, des rails et des routes, le temps d'oublier d'où sont venus ses arrière-arrière-arrière-grands-parents, le temps de voir grandir au soleil des enfants et des petits-enfants, le temps d'aimer sa terre et sa maison, le temps d'aimer 'la mer, allée avec le soleil', et de la confondre avec l'éternité.
Le temps d'oublier l'Histoire.
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Videos de Béatrice Commengé (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Béatrice Commengé
Maison de la poésie (4 juin 2019) - Texte et Lecture de Alban Lefranc, extrait du Dictionnaire des mots parfaits (dirigé par Belinda Cannone et Christian Doumet, éd. Thierry Marchaisse, parution mai 2019).
Le Dictionnaire des mots parfaits :
Pourquoi certains mots nous plaisent-ils tant ? S?adressant à notre sensibilité, à notre mémoire ou à notre intelligence du monde, ils nous semblent? parfaits. Bien sûr, parfait, aucun mot ne l?est ? ou alors tous le sont. Pourtant, chacun de nous transporte un lexique intime, composé de quelques vocables particulièrement aimés. Après ceux consacrés aux mots manquants et aux mots en trop, ce troisième dictionnaire iconoclaste invite une cinquantaine d?écrivains à partager leurs mots préférés. Il vient parachever une grande aventure collective où la littérature d?aujourd?hui nous ouvre ses ateliers secrets.
Auteurs : Nathalie Azoulai, Dominique Barbéris, Marcel Bénabou, Jean-Marie Blas de Roblès, François Bordes, Lucile Bordes, Geneviève Brisac, Belinda Cannone, Béatrice Commengé, Pascal Commère, Seyhmus Dagtekin, Jacques Damade, François Debluë, Frédérique Deghelt, Jean-Michel Delacomptée, Jean-Philippe Domecq, Suzanne Doppelt, Max Dorra, Christian Doumet, Renaud Ego, Pierrette Fleutiaux, Hélène Frappat, Philippe Garnier, Simonetta Greggio, Jacques Jouet, Pierre Jourde, Cécile Ladjali, Marie-Hélène Lafon, Frank Lanot, Bertrand Leclair, Alban Lefranc, Sylvie Lemonnier, Arrigo Lessana, Alain Leygonie, Jean-Pierre Martin, Nicolas Mathieu, Jérôme Meizoz, Gilles Ortlieb, Véronique Ovaldé, Guillaume Poix, Didier Pourquery, Christophe Pradeau, Henri Raynal, Philippe Renonçay, Pascale Roze, Jean-Baptiste de Seynes, François Taillandier, Yoann Thommerel, Laurence Werner David, Julie Wolkenstein, Valérie Zenatti
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