AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782848053301
Éditeur : Sabine Wespieser (12/09/2019)

Note moyenne : 3.67/5 (sur 244 notes)
Résumé :
Le nouveau roman d’Edna O’Brien laisse pantois. S’inspirant de l’histoire des lycéennes enlevées par Boko Haram en 2014, l’auteure irlandaise se glisse dans la peau d’une adolescente nigériane.
Depuis l’irruption d’hommes en armes dans l’enceinte de l’école, on vit avec elle, comme en apnée, le rapt, la traversée de la jungle en camion, l’arrivée dans le camp, les mauvais traitements, et son mariage forcé à un djihadiste – avec pour corollaires le désarroi, ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (101) Voir plus Ajouter une critique
Sebthocal
  28 mars 2020
C'est un camion qui l'emmènera sur les routes tortueuses d'une jungle épaisse. C‘est dans un camp qu'on la retiendra prisonnière, sur le sol boueux d'un enfer qu'elle ne soupçonne pas. Comme 275 autres de ses camarades soumises à la folie des hommes.
Boko Haram, souvenir brûlant d'une actualité terrible, est resté dans les mémoires pour un de ses actes odieux le plus retentissant : l'enlèvement de 276 lycéennes âgées de 12 à 16 ans, dans la nuit du 14 au 15 avril 2014. Avec l'horreur comme mot d'ordre, ce mouvement sectaire d'obédience islamiste enchaînera durant des mois les exactions d'une violence extrême : rapts, massacres ou viols terrorisent les habitants du Nigéria ou du Mali, dont ils font leurs victimes. Dans une volonté djihadiste d'instaurer l'État islamique d'Afrique de l'Ouest, ce groupuscule mortifère signifie « l'éducation occidentale est un péché ». Les établissements scolaires qui n'appliquent pas la charia font donc partie de leurs cibles favorites. C'est celui de Chibok qui créera un émoi international, rassemblé sous la bannière #Bringbackourgirls, « Rendez-nous nos filles ».
Cinq plus tard, alors qu'une centaine d'entre elles sont toujours portées disparues, c'est la célèbre autrice irlandaise Edna O'Brien qui s'empare du sujet, enquêtant sur place pour récolter des témoignages directs et disséquer le calvaire de ces jeunes filles. "Girl" est l'une d'entre elles, personnifiée par le personnage de Maryam.
« Des hommes s'affairaient, la racaille en treillis, des armes partout, des couteaux à la ceinture et leurs braguettes ouvertes. »
De son supplice, rien ne nous sera épargné : violée, violentée, exploitée, "Girl" supporte son corps brisé et son ventre arrondi par les méfaits de ses tortionnaires. Son bébé sera sa boussole de l'espoir, celle qui lui indiquera le chemin vers la liberté. Mais Maryam, adolescente martyrisée, ne connaît pas encore les intégrismes familiaux qui régissent les traditions de son village. Girl est le roman de toutes les oppressions des femmes.
« J'étais une fille autrefois, c'est fini. Je pue. Couverte de croûtes de sang, mon pagne en lambeaux. Mes entrailles, un bourbier. »
Un roman coup de poing, au rythme haletant, tout aussi terrible que splendide, qu'on lit le souffle coupé.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1096
Kirzy
  23 décembre 2019
« J'étais une fille autrefois, c'est fini. Je pue. Couverte de croûtes de sang, mon pagne en lambeaux. Mes entrailles, un bourbier. Emmenée en trombe à travers cette forêt que j'ai vue, cette première nuit d'effroi, quand mes amies et moi avons été arrachées à l'école. »
C'est à cela que l'on reconnaît les grands écrivains : leur capacité à embrasser une vie qui n'est pas la leur, une souffrance qui n'est pas inscrite dans leur chair, sans perdre en acuité ou véracité. Ce que fait là Edna O'Brien est un tour de force : raconter le calvaire d'une lycéenne nigériane enlevée par Boko Haram, son enlèvement, ses viols répétés, son accouchement, sa fuite puis son retour chez elle avec le poids du déshonneur et de la honte, sans que jamais le lecteur ne se sente voyeur ou n'y voit qu'une supercherie littéraire factice.
Edna O'Brien ne prétend pas raconter le drame des lycéennes nigérianes en mode journalistique ( survenu 2014 – médiatisée avec le hashtag #bringbackourgirls ), bien qu'elle ait enquêté sur place, recueillant des dizaines de témoignages. Non, elle se glisse dans la peau d'une rescapée, ses mots en bandoulière pour nous proposer un roman comme un hurlement dans la jungle, un roman furieux, suffoquant. le simple témoignage d'une personne ayant vécu le drame est transcendée par la forme. Récemment, je m'étais plongée dans 19 femmes, les Syriennes racontent, de Samar Yazbeck, tout aussi terrible, mais trop répétitif, trop sec pour aller au-delà de la simple compassion. Avec Girl, on est dans de la littérature dans ce qu'elle a de plus universel et de plus nécessaire.
Je n'avais jamais lu cette auteure et j'ai été très impressionnée par son écriture, notamment lorsque Mariam fuit dans la forêt : le monologue se fait hallucinée avec des envolées quasi fantastiques. C'est très puissant. Tellement sonnée par la magnifique style que, parfois, je suis passée à côté des émotions. La fin m'a cependant cueillie. Les vingt dernières ligne sont sublimes et j'ai pleuré sous cette lumière inattendue dans un récit glaçant qui étreint l'horreur jusqu'à l'os.
Un roman impressionnant sur la résilience et la force des femmes à se relever de l'oppression pour accéder à leur propre liberté. le roman d'une guerrière de 88 ans.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10310
Cannetille
  20 octobre 2019
Maryam fait partie des lycéennes nigérianes enlevées par Boko Haram en 2014. Emmenée dans un camp loin de son village, elle devient esclave sexuelle avant d'être mariée à un combattant de l'organisation et de tomber enceinte. Lorsqu'elle parvient enfin à s'enfuir, son retour, après un périple dont elle réchappe par miracle, ne se passe pas du tout comme elle s'y attendait : son village a été détruit, nombre de ses proches ont été tués, les survivants la suspectent elle-même de radicalisation, craignent des représailles liées à son évasion, et traitent en paria cette fille désormais objet de honte.

Si Maryam est un personnage fictif, tout est véridique dans ce roman construit sur une longue et sérieuse documentation, à partir de multiples rencontres et témoignages. Le récit, éprouvant, n'épargne rien du calvaire de ces filles. L'indicible est dans chaque page et c'est les dents serrées et le coeur bien accroché qu'il faut traverser l'enfer à leurs côtés.

Aucune n'a pu jusqu'ici s'exprimer. Ce livre leur donne la parole, exposant au grand jour la barbarie terrifiante dont elles sont les victimes, mais aussi, les difficultés de leur reconstruction dans une société où elles n'ont plus leur place : un livre courageux, porté par la belle écriture d'Edna O'Brien, dont l'oeuvre a prouvé son engagement pour la cause des femmes en général. Coup de coeur.

Lien : https://leslecturesdecanneti..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          702
oiseaulire
  16 octobre 2019
Je ne note pas ce livre à sa valeur, mais par rapport à mon ressenti.
Il m'a été conseillé par mon libraire et mon amie bibliothécaire.
Il a été encensé par la presse et par les lecteurs de Babelio.
Il est de grands sujets forçant un respect inconditionnel qui s'étend aux romanciers qui les élisent pour thèmes : ce sont ceux qui traitent du viol systématique de toutes les valeurs relatives à la dignité humaine.
L'auteure, âgée aujourd'hui de 89 ans, a pourtant consacré plusieurs années de sa vie, avec honnêteté et persévérance, à l'histoire cruelle et sordide de ces lycéennes nigérianes enlevées par les troupes de Boko Haram afin de servir d'esclaves sexuelles aux soldats combattant pour le djihad.
On peut voir son travail comme un hommage aux souffrances et au courage des victimes. Il y a du vrai dans cette vision des choses.
Mais quelque chose en moi se rebiffait à l'idée de cette lecture universellement recommandée : je n'avais pas envie de m'immerger dans un univers que j'avais déjà l'impression de ne connaître que trop par de nombreux articles et témoignages qui m'avaient considérablement affectée (je ne sais même pas si les hauts faits des hommes me révoltent encore, tant ils sont universaux, récurrents, sortes de potlachs qu'ils s'offrent à eux-mêmes avec les vies et la dignité d'autrui dans la liesse de leurs fêtes exterminatrices, comme s'ils étaient au maximum de leur être dans le sang, la violence ou le sacrifice : non, je ne suis plus qu'atterrée.)
A tel point que je me demande parfois si l'injonction de se tenir informé(e) comme relevant d'une obligation citoyenne et morale est bonne pour la santé et ne contribue pas essentiellement à accentuer la mainmise des médias sur nos vies, nos humeurs, nos comportements, à nous rendre tous sensibles aux mêmes choses au même moment, créant une uniformité morose et triste.
Car tous nous subissons ce flot continuel d'images mortifères de l'agonie de notre prochain, et nous indignons en permanence, mais peu d'entre nous, et c'est bien compréhensible, avons la trempe, comme mère Teresa ou soeur Emmanuelle, de tout laisser là et de courir au secours de nos frères. Nous en sommes donc réduits à remâcher notre impuissance dans un conformisme délétère. Nous courons le risque de peu à peu nous endurcir. Le malheur des autres devient notre pain quotidien, nous vivons avec lui dans une grisaille permanente mais jusqu'ici préservés du pire.
Non que je prône l'ignorance comme souverain bien et cataplasme pour nos nuits tranquilles. Ce serait absurde et tout aussi consternant.
La solution ne consisterait-elle pas en une information moins intrusive, non continue, permettant une implication plus active de chacun ?
Mais je reviens à "Girl".
Je n'avais pas l'envie de lire sous une forme romancée cette affreuse épopée, de me soumettre à l'obligation d'approbation systématique de l'opus dénonçant l'abomination sous sa forme la plus bestiale : car comment avoir le front de ne pas aimer les oeuvres qui ont choisi le camp du Bien ou de les critiquer ?
Je suis comme la mule qui refuse d'avancer ; le chameau qui blatère et conteste (est-ce qu'un chameau conteste ?)
Pourtant j'ai quelques arguments :
Je pense (ou plutôt ressens) par une sorte de respect devant l'horreur vécue, que cette barbarie, cette atteinte à l'humanité, ne se prêtent pas au roman, ou pas encore. Oui, c'est trop tôt pour qu'on s'en empare comme d'un vulgaire fait divers, qu'on l'utilise comme le sujet d'un livre. D'autant qu'il s'agit là d'une récidive et que l'auteur a déjà traité le sujet des crimes contre l'humanité à travers son livre "Les petites chaises rouges" ( Crimes de Sarajevo et Srebenica).
Je pense (ou plutôt ressens) que le malheur avec un M aussi majuscule que possible, est un sujet trop commode : les manifestation de l'horreur ne manquent pas dans l'actualité et il suffit de se baisser pour se servir. Et l'on est presque assuré(e) du consensus autour de l'oeuvre : qui aura le front de critiquer celui, celle qui s'est placé(e) d'office du côté du bien ?
J'attends pour l'évocation des crimes contre l'humanité des témoignages comparables à ceux de Primo Levi ou de Charlotte Delbo qui seuls, en tant que victimes, possèdent la légitimité de narrer l'inénarrable des camps avec les moyens qu'ils ont choisis : sobriété, réserve pudique pour Primo Levi ; sidérant chant poétique célébrant subtilement la vie au milieu de la machine de mort broyeuse d'êtres, pour Charlotte Delbo.
Ce droit à l'expression romancée, Scholastique Mukasonga entre autres, bien que résidant en France au moment du massacre perpétré au Rwanda, le possède aussi, elle dont 37 membres de sa famille furent assassinés en 1994 durant le génocide des Tutsis.
J'attends que des écrivaines, des poétesses nigérianes surgissent, qui expriment ce qu'elles ont vécu avec leurs mots, la fibre unique de leur être : quelques jeunes filles ont déjà témoigné. J'espère que d'autres suivront.
Ce livre ne m'a apporté aucun élément factuel que je ne connaissais déjà. Maryam, l'héroïne fictive imaginée par Edna O'Brien pour représenter toutes les captives de cette secte sanguinaire, est une "femme puissante" selon l'acception de Marie NDiaye , une femme au destin hors du commun et qui résiste, et qui survit. Mais son récit, matériellement irréprochable puisque élaboré par une auteure qui a longuement investigué, et donc véridique , est justement trop accaparé par la description de l'enchaînement inéluctable et prévisible des évènements ; il ne contient pas, précisément parce que Maryam est une héroïne-type, la voix singulière de chacune de ces femmes. L'angle de la narration ne retrace que l'épopée collective. S'il s'agit bien là d'un génocide, chacune eut son propre vécu de la nuit noire en plein jour : il mérite d' être restitué par leur chant personnel, dans toute l'horreur de la solitude intérieure. Le reste appartient à l'histoire.
La folie des hommes, leur barbarie, on en a eu tant de compte-rendus que l'imagination supplée sans peine aux intervalles restés disponibles, et l'imagination ne se trompe guère.
Je dis là ce que je ressens, que nul ne s'en offusque. Ce roman ne m'a pas plu, il était comme une relecture d'une barbarie sans cesse recommencée et déjà connue.
Est-il possible qu'un jour une nigériane nous offre un chant de douleur atroce et de beauté rédemptrice ? Je le souhaite de tout coeur.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          4622
Litteraflure
  25 septembre 2019
Il faut une empathie extraordinaire pour se glisser dans la peau de ces filles incarcérées par Boko Haram. Edna O'Brien est loin de son Irlande natale et rien, si ce n'est sa curiosité, sa sensibilité et son humanité de grande écrivaine, ne la prédispose à raconter cette histoire de survie. Son récit est glaçant. Dans les camps des djihadistes, le sourire est une invitation au viol et le mariage, même au plus infâme des tortionnaires, peut se révéler salvateur. On suit ses mésaventures avec angoisse et l'impression d'assister à un interminable chute de Charybde en Scylla. Puis viendra le salut, des nomades, des autorités puis des religieuses, qui lui apportent la seule chose dont elle et son bébé ont vitalement besoin : la sécurité. On ressent la pudeur de l'auteure, son humilité devant les vies déviées de ces filles que rien ne préparait à l'horreur. Plus que le martyre des camps, c'est l'épreuve du retour qui est la plus cruelle. le risque, pour O'brien, eut été de juger les faits abominables avec son regard d'européenne. Un écueil qu'elle évite grâce à ses trois ans d'investigation et sa soif de comprendre (si tous les écrivains pouvaient se donner ce mal…). Les référents culturels changent, et nos regards s'en trouvent bouleversés. Quoi, la jeune fille abusée est considérée par sa famille comme souillée ? On la rejette, on la répudie, on songe à tuer son enfant illégitime ? C'est l'intolérable vérité décrite par l'écrivaine. Les exactions des djihadistes surviennent comme une loterie perverse ; bienheureuse celle qui s'en sortira indemne. Si le livre d'O'Brien sonne parfois comme une leçon bien apprise, et qu'il pâtit un peu de son académisme, il n'en reste pas moins un témoignage juste et poignant sur cet épisode sombre de l'histoire du Nigéria.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          453


critiques presse (6)
LeJournaldeQuebec   02 décembre 2019
Un livre qui nous fait tomber les écailles des yeux et qui nous oblige à regarder en face la réalité de quelques jeunes Nigérianes.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Telerama   23 septembre 2019
La lecture de Girl est une marche chancelante au bord d’un précipice, agitée par deux élans contradictoires. Si éprouvante qu’elle exige des haltes précipitées, pour pouvoir respirer. Si terrifiante qu’elle appelle une course effrénée, pour sortir du cauchemar.
Lire la critique sur le site : Telerama
Bibliobs   20 septembre 2019
Avec « Girl », la doyenne du roman irlandais livre un puissant requiem pour une enfance assassinée.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse   13 septembre 2019
Girl, son 19e roman, est un véritable tour de force : l’écrivaine de 88 ans nous fait vivre la captivité des otages de Boko Haram de l’intérieur. [...] Girl reste un livre très dur qu’on lit le souffle coupé, les larmes aux yeux. L’écriture est efficace, puissante.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeMonde   12 septembre 2019
Un long hurlement dans les ténèbres. Un cri qui vous glace et vous poursuit. Ce cri, c’est celui d’Edna O’Brien – ou plus exactement de son héroïne – dans Girl, bouleversant récit à la fois atroce et magnifique.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix   12 septembre 2019
L’auteure irlandaise Edna O’Brien raconte la vie brisée d’une jeune Nigériane enlevée par Boko Haram et sa lente reconstruction. Superbe et terrifiant.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
ZephirineZephirine   29 mai 2020
Il ouvre un battant des doubles portes. Je vois un monde d'hommes, tant d'hommes, à vélo, conduisant des chèvres, portant des marchandises sur la tête, tous absorbés par une corvée ou une autre et ne me prêtant aucune attention. Oui, j'ai peur d'eux. J'ai peur de ce qu'ils pourraient me faire. J'ai peur d'aller au-delà des confins de ce grand mur.
Commenter  J’apprécie          80
ZephirineZephirine   30 mai 2020
On m'a demandé de sortir. Il commençait à faire jour, le soleil s'était levé comme chaque matin, mais il ne s'aventurait jamais dans notre enclave maudite. Je la serre contre moi, très fort . Je lui parle. Je me demande où nous poserons nos têtes cette nuit.
Commenter  J’apprécie          90
AllilyAllily   17 mai 2020
Un matin une soldate a gravi la colline au pas de course. La rumeur avait couru que des filles complotaient de s'enfuir. Elle était chargée de nous mettre en garde. De longues années plus tôt, elle aussi avait été enlevée, avec quatre enfants, et un groupe de mères, elles aussi avec des enfants. Elles avaient été enlevées à leur village en l'absence des hommes. Elles avaient dû marcher à travers la forêt épaisse, sans rien manger que des feuilles et à boire que l'eau des fossés. Chaque nuit, quand leurs ravisseurs dormaient, elles priaient, puis elles ont essayé de s'éclipser, sauf qu'elles ont été vite reprises. Allah avait décrété leur destin. Elles ne pouvaient pas savoir à l'époque à quel point elles s’énamoureraient de leur nouvelle vie, comment la vraie lumière les transformerait.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
lafilledepassagelafilledepassage   05 décembre 2019
Comme le bétail dans son enclos. On nous a regroupées sous le grand arbre, frissonnantes, en silence. On nous avait séparées dès notre arrivée. J’étais dans une cabane avec la femme d’un chef, une mégère, qui me réveillait plusieurs fois dans la nuit et me faisait répéter les prières et les versets qu’elle m’avait appris dans la journée.
Commenter  J’apprécie          60
OgrimoireOgrimoire   18 novembre 2019
– Je rentre à la maison, Rebeka, ai-je lâché, il le fallait.

– Ils te rejetteront… Ils te flanqueront dehors, dit-elle d’une voix laide et méchante.
Commenter  J’apprécie          130

Videos de Edna O’Brien (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edna O’Brien
Edna O'Brien, guerrière de l’écriture
autres livres classés : nigeriaVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox






.. ..