AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782757881880
320 pages
Éditeur : Points (15/10/2020)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 10 notes)
Résumé :
Cela se passe à Neptune Avenue, au bord de l’océan, à côté de Coney Island, au bout de Brooklyn. L’atmosphère est étrange, le soleil brille derrière une drôle de lumière laiteuse, il fait très chaud, il n’y a plus d’électricité. Le monde semble s’être arrêté.
Les ascenseurs sont en panne. Tout est en panne. Dans son appartement du 21e étage, le narrateur est freiné par une mobilité de plus en plus réduite et se déplace avec peine.
Il a l’âge d’une retr... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
lucia-lilas
  16 août 2019
Étrange période que celle des vacances où on lit sans écrire et où l'on écrit sans lire, où les paysages que l'on traverse et les gens que l'on rencontre viennent brouiller les lignes qui se mélangent, se confondent et se perdent au fil des jours.
J'ai presque oublié un bon nombre de livres lus cet été : tant pis pour eux. Les journées bien pleines m'ont finalement aidée à y voir clair et à faire le tri…
Il y a tout de même deux livres dont je voudrais vous parler : Neptune Avenue de Bernard Comment et Poésies d'Émile Nelligan. J'ai lu le premier courant juillet et je sens que je le porte encore en moi. Quant au second, c'est un coup de foudre absolu pour les textes d'une très grande beauté d'un auteur québécois (je suis d'ailleurs très étonnée de constater qu'il ne soit pas plus connu… mais c'est comme ça!)
Commençons par Neptune Avenue : un homme à la retraite vit au vingt-et-unième étage d'un immeuble de Brooklyn sur Neptune Avenue. Visiblement assez seul, sans amis, sans famille, il écoute ses voisins se plaindre de la chaleur excessive : 41 degrés sont annoncés pour l'après-midi même. le narrateur, fatigué et handicapé par la maladie, ne peut sortir. Plus d'électricité. Une panne géante paralyse toute la ville, peut-être même le pays. Les ascenseurs sont tombés en panne. Que s'est-il passé ? Une guerre, une fin du monde ? Les épiceries sont prises d'assaut, l'eau va bientôt manquer, plus d'internet, plus de contact avec l'extérieur. Seule une jeune fille, Bijou, vient s'occuper de lui. Qui est-elle ? Que cherche-t-elle ?
Dans la touffeur de cet été sans air climatisé, l'homme va bientôt se tourner vers son passé qui lui revient par bribes : sa jeunesse en Suisse, sa famille, ses amis, une vie consacrée à l'argent, au désir d'en amasser toujours plus, d'acheter encore et encore pour combler un vide, impossible à remplir autrement que par du vide… Mais aussi un amour fou pour une femme, une rencontre au fond si fugace qu'elle a à peine eu lieu… Et la tristesse infinie qui découle de tout cela…
De ce texte émergent à la fois une grande mélancolie et une grande nostalgie qui m'ont beaucoup touchée. le narrateur repense à ce qu'il a vécu, ces années soixante-dix/quatre-vingt, une époque heureuse, des moments inoubliables au bord de la mer puis de mauvais choix. En existait-il d'autres ? Peut-être, sûrement même. Ou peut-être pas.
Ce roman ouvre aussi une réflexion sur le monde d'hier et d'aujourd'hui, nos modes de vie, nos choix politiques, économiques, écologiques. Et toute l'inquiétude que l'on peut ressentir devant les grands de ce monde qui semblent parfois diriger sur des coups de tête, comme des gamins immatures, gâtés, capricieux et un peu fous.
« On croyait être débarrassés de la débâcle du vingtième siècle, et ça revient, partout, de la même manière, avec le même culot, la même effronterie, la même brutalité. Et ça finira probablement tout aussi mal. »
« Je devine au loin, à travers le voile de brume, la découpe de la skyline de Manhattan, celle de Downtown, sur la gauche, portée vers le ciel par la tour One, la plus haute de toutes, et à droite celle de Midtown et Uptown… J'adore regarder cet horizon et réfléchir à la ville, à sa folie des grandeurs, à sa rage ascensionnelle, à toute cette condensation de gens, d'argent, de pouvoir. Bijou a raison, il y a trop de tout dans notre monde, on aurait pu faire avec beaucoup moins depuis deux siècles. C'est l'électricité qui a donné l'énergie nouvelle de consommation éperdue, et d'un coup le monde s'écroule, plus de jus, plus de courant, le silence et l'obscurité. Je devine les arbres, çà et là, tous ces squares et parcs qui irriguent Brooklyn dans son étendue infinie, eux n'ont besoin de rien d'autre que l'alternance de la pluie et du soleil pour traverser les siècles. Ils nous survivront. »
On suit le cours des pensées du narrateur qui revient sur sa vie, celle qu'il a vécue, celle qu'il aurait voulu vivre.
Sensible, touchant, troublant parfois et d'une très grande humanité, Neptune Avenue laisse entendre la voix mélancolique d'un homme qui regarde sa vie tout en observant Bijou, une jeune femme, elle, tournée vers l'avenir, vers un monde où l'on sait que l'argent et les biens ne sont plus tout à fait les clefs du bonheur… le narrateur aimerait en faire son héritière en lui transmettant ce qu'il possède mais Bijou refuse cet argent, elle a d'autres valeurs, d'autres aspirations. Les mouvements incessants de la jeune femme s'opposent à l'immobilité de l'homme, coincé dans un passé qu'il n'a pas su (pu?) vivre et un présent dont il ne peut rien faire
Un livre sur le temps, la transmission (possible ou impossible), la maternité et la mort. Un très beau texte.
Je voulais aussi vous dire quelques mots sur les poèmes d'Émile Nelligan. L'auteur, né à Montréal en 1879, a souffert toute sa vie de troubles schizophréniques. Il a donc très tôt été interné. Lors de mon voyage au Canada, j'ai eu l'occasion d'entendre, par hasard, un de ses poèmes. Je vous le livre ici.
Un soir d'hiver
Ah ! comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! comme la neige a neigé !
Qu'est-ce que le spasme de vivre 
À la douleur que j'ai, que j'ai !
Tous les étangs gisent gelés,
Mon âme est noire : où vis-je ? où vais-je ?
Tous ces espoirs gisent gelés :
Je suis la nouvelle Norvège
D'où les blonds ciels s'en sont allés.
Pleurez, oiseaux de février,
Au sinistre frisson des choses,
Pleurez oiseaux de février,
Pleurez mes pleurs, pleurez mes roses,
Aux branches du genévrier.
Ah ! Comme la neige a neigé !
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! Comme la neige a neigé !
Qu'est-ce que le spasme de vivre 
À tout l'ennui que j'ai, que j'ai !...
On retrouve dans tout le recueil cette même beauté aux notes verlainiennes et baudelairiennes. Allez y jeter un petit coup d'oeil et dites-moi ce que vous en pensez !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Delphine-Olympe
  26 janvier 2020
New York... la ville qui ne dort jamais. Bruissant le jour de l'activité incessante de ses habitants, brillant la nuit de l'éclat ininterrompu de ses enseignes lumineuses.
Imaginez pourtant un instant que plus un son ne s'y fasse entendre, et que la cité sombre dans la plus parfaite obscurité dès le coucher du soleil. Imaginez-la gagnée par une atmosphère pré-apocalyptique, nimbée au petit matin d'une clarté laiteuse avant d'être écrasée par une touffeur que plus aucun système de climatisation ne viendrait combattre...
Reclus dans son appartement du vingt et unième étage d'un gratte-ciel de Brooklyn, un homme est à l'affût des mouvements et paroles de ses voisins. Eux sont encore là. Mais pour combien de temps encore ? Depuis la gigantesque panne d'électricité qui s'est abattue sur la ville, les habitants désertent progressivement les lieux. S'approvisionner en eau, en nourriture, voire en médicaments, quand on est comme lui affligé de terribles douleurs articulaires, est de plus en plus hasardeux. Sans ascenseur, la moindre sortie s'apparente à une expédition sans merci...
Une question lancinante le taraude : Bijou, sa jeune voisine, absente depuis plusieurs jours, reviendra-t-telle ? Ce ne serait pas la première fois qu'elle s'absente ainsi. Privé d'informations - même les prises de parole du président bouffon, qui n'en est pourtant pas avare, ne parviennent plus à la population dont les portables, ordinateurs et autres postes de radio ne sont plus alimentés, il en est réduit à faire des suppositions et à convoquer ses souvenirs. Au gré de ceux-ci, le narrateur nous livre son histoire. Venu s'établir à New York pour approcher Bijou dont il a été jadis en Europe un ami proche de la mère, il est à la fois séduit et déconcerté par cette jeune femme, dont les traits se dessinent peu à peu.
Attaché à elle par un lien dont il ne peut qu'entrevoir la nature, et se sachant condamné par la maladie, il souhaiterait lui léguer les biens qu'il a acquis au cours d'une carrière dans la banque, la mettre à l'abri. Mais elle refuse toute forme d'attachement à la richesse et aux biens de consommation, et prône la décroissance. Il s'efforce d'envisager l'avenir, tandis qu'elle ne veut vivre qu'au jour le jour. Il pense sécurité quand seule la liberté l'intéresse.
A travers ces deux personnages, Bernard Comment révèle avec délicatesse ce moment très particulier que nous traversons. Ce passage incertain entre deux mondes que peu d'années séparent - une génération peut-être -, mais que tout semble opposer. Un monde qui a changé si vite que tout ce qui pouvait en constituer hier les repères familiers semble aujourd'hui relégué au statut de vieillerie antique. Un monde dont les valeurs se sont profondément transformées. Hier encore, nous consommions jusqu'à l'écoeurement, nous repaissant de tout ce que nous croyions être notre dû sans imaginer que nous hypothéquions l'avenir. Aujourd'hui, nous voici pris entre fuite en avant, angoisse, déni et optimisme forcené... Pour quelle issue ?
Un texte comme un songe, entre rêve halluciné, nostalgie et interrogation.

Lien : https://delphine-olympe.blog..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
delgaudinnesarah
  14 septembre 2019
Ça se passe à Neptune Avenue, le narrateur y raconte son quotidien perturbé par une coupure d électricité et son passé, sa mère, son amour pour Nina....
C est l histoire du temps qui passe, de l amour, de la société contemporaine, et des femmes, celles qui ont remplis la vie du narrateur, Nina, sa mère et Bijou.
On se laisse porter à Neptune Avenue.
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
CombrayCombray   07 avril 2019
Je devine au loin, à travers le voile de brume, la découpe de la skyline de Manhattan, celle de Downtown, sur la gauche, portée vers le ciel par la tour One, la plus haute de toutes, et à droite celle de Midtown et Uptown, plus importante mais moins élevée. J'adore regarder cet horizon, et réfléchir à la ville, à sa folie des grandeurs, à sa rage ascencionnelle, à toute cette condensation de gens, d'argent, de pouvoir. Bijou a raison, il y a trop de tout dans notre monde, on aurait pu faire avec beaucoup moins, depuis deux siècles. C'est l'électricité qui a donné l'énergie nouvelle de consommation éperdue, et d'un coup le monde s'écroule, plus de jus, plus de courant, le silence et l'obscurité. Je devine les arbres, çà et là, tous ces squares et parcs qui irriguent Brooklyn dans son étendue infinie, eux n'ont besoin de rien d'autre que l'alternance de la pluie et du soleil pour traverser les siècles. Ils nous survivront.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00

Videos de Bernard Comment (7) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Bernard Comment
Sous la direction scientifique de Jean-Michel Devésa.
Table Ronde autour de Roland Barthes avec Chantal Thomas, Aurélia Gaillard, Thomas Clerc, Bernard Comment et Claude Coste.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2394351/roland-barthes-fragments-d-un-discours-amoureux
Notes de musique : Youtube Audio Library
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : passionVoir plus
Notre sélection Littérature française Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Famille je vous [h]aime

Complétez le titre du roman de Roy Lewis : Pourquoi j'ai mangé mon _ _ _

chien
père
papy
bébé

10 questions
1158 lecteurs ont répondu
Thèmes : enfants , familles , familleCréer un quiz sur ce livre