AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253071498
Éditeur : Le Livre de Poche (02/11/2017)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 17 notes)
Résumé :
« Bloomsbury m’enchante, il est la vie même. »
Dans un récit inédit, vivant et abondamment illustré, Carole d’Yvoire raconte les premières années et la rencontre de deux êtres fascinants : Virginia Stephen et Leonard Woolf, dont l’union sera symbolisée en 1917 par la naissance de la maison d’édition Hogarth Press.
Sont ainsi célébrés dans ce texte émouvant une période activité artistique foisonnante et ceux qui, face au tragique, choisissent l’affi... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr
Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Jooh
  11 avril 2018
Si on me demandait de choisir dans quelle catégorie classer "Je te dois tout le bonheur de ma vie", mon coeur balancerait. Essai ? Biographie ? Témoignage ? Je dirai qu'il s'agit d'un mélange réussi de tout cela !
J'ai trouvé vraiment très pertinent de la part de l'auteure le fait de mettre en lumière la relation de Virginia et Léonard Woolf - son balbutiement puis son évolution au fur et à mesure des épreuves vécues - car, s'il est vrai que l'on connaît leurs travaux communs - je pense notamment à la fondation de la Hogarth Press - et respectifs, les circonstances de leur rencontre, la naissance de leur amour en même temps que de leur intimité est peu souvent abordée, et m'étaient, personnellement, inconnues. C'est avec grand plaisir que j'ai fait cette découverte en compagnie de Carole d'Yvoire.
En même temps, je trouve que l'auteure nous permet de mieux les découvrir chacun individuellement. Pour ce qui est de Virginia, elle m'impressionne et m'inspire depuis longtemps. J'admire sa soif de connaissances et de liberté que l'on ressent avec force à travers certains extraits de sa correspondance retranscrits dans cette oeuvre : "je dois dénicher dans les livres, péniblement et toute seule, ce que tu obtiens chaque soir, assis au coin du feu, en fumant ta pipe avec Stachey, etc. Pas étonnant que mes connaissances soient si insuffisantes. Il n'y a rien de mieux que la conversation pour vous éduquer, j'en suis sûre." écrit-elle d'ailleurs à son frère Toby, qui profite de l'émulation intellectuelle de son groupe d'amis de l'université (dont fait parti Léonard Woolf), tandis qu'elle est confinée au domicile familial.
Mais même si les portes des prestigieuses universités lui sont fermées en raison de son sexe, Virginia se forme à l'écriture et à la lecture en autodidacte, en se servant dans la bibliothèque familiale et sur les conseils de son père Leslie Stephen.
"Centrée sur elle-même, elle se sert de ce qui l'entoure, s'en détache, pour mieux le décrire" explique d'ailleurs Carole d'Yvoire.
En outre, on ne peut qu'admirer toute la détermination et l'abnégation dont fait preuve Virginia, et ce malgré toutes les épreuves que lui fait subir la vie.
J'en ai beaucoup appris également sur Léonard, un homme pragmatique mais tout aussi passionné et ambitieux que Virginia, qui me semblait être un homme réservé et effacé en comparaison de la femme indépendante et brillante qu'est Virginia, mais il n'en est rien, et Léonard est une personnalité tout aussi complexe et intéressante que sa compagne de vie.
Virginia et Léonard font donc merveilleusement la paire, et forment sans conteste un couple fascinant qui, tel un aimant, s'attire, se sépare, puis se rejoint à nouveau dans une attraction folle.
Le contexte social, culturel (avec le groupe d'intellectuels de Bloosmbery qui réunit Virginia et Léonard, entre autres) mais aussi politique de l'époque est également bien dépeint, ce qui est un autre aspect intéressant de cette oeuvre.

Pour ne rien gâcher au plaisir de cette lecture, le livre de poche nous offre une forme qui fait honneur au fond, avec un véritable livre objet à l'esthétique recherchée, et dont la nostalgie de chaque page tournée s'atténue par les promesses que nous font les suivantes.
Le tout est agrémenté de correspondances, tableaux, photographies d'époque, reproduction de télégramme, acte de mariage etc...
En bonus, j'ai beaucoup apprécié la lecture des 2 nouvelles qui furent réunies au sein du même recueil, le premier publié par la Hogart Press ! Celle de Léonard est d'ailleurs totalement inédite ! "La marque sur le mur" de Virginia Woolf est tout à fait passionnante et originale, avec une chute pleine d'humour, à son image.
La plume est très agréable et sert admirablement le propos qui est intéressant du début à la fin, avec un véritable travail de recherche qui a dû être passionnant pour Carole d'Yvoire, et dont la lecture le devient tout autant pour nous. Il s'agit vraiment d'un livre que j'aurais pris plaisir à écrire, et dont j'aurais été très fière si j'en avais été l'auteure !
Un livre tout simplement lumineux et instructif à découvrir !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          452
torpedo
  01 août 2018
Ce livre, c'est tout d'abord un bel objet : un poche relié, la tranche rouge, la couverture très belle, un joli papier blanc, des polices de caractères agréables à lire. Il nous emmène sur les pas de Virginia Stephen et Leonard Woolf - de leur naissance à 1917 (date à laquelle ils achètent une presse à imprimer et lancent leur maison d'édition). Pour les passionnés de Virginia Woolf, rien de bien neuf dans cet ouvrage. J'ai plus 'révisé' (si on peut dire) grâce aux parties consacrées à Leonard, généralement laissé dans l'ombre de son épouse. Son passé personnel, sa vie professionnelle (notamment son séjour à Ceylan), la rencontre avec la famille Stephen (alors qu'ils venaient de deux mondes si différents qu'ils n'auraient jamais dû se rencontrer), et finalement comment il arriva à épouser Virginia - une femme émancipée et indépendante pour l'époque et qui ne s'en laissait pas conter. L'ouvrage se clôt par 'Trois Juifs' (nouvelle écrite par Leonard Woolf) et 'La Marque sur le Mur' (nouvelle écrite par Virginia Woolf).
Cet ouvrage inclut une partie iconographique très intéressante et c'est le plus de ce livre : des photos, des reproductions de tableaux de Vanessa Bell - et également des textes, notamment une très belle lettre d'amour écrite par Leonard pour Virginia.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          302
Colchik
  19 décembre 2017
Carole d'Yvoire apporte un éclairage intéressant sur la rencontre de Virginia Stephen et Leonard Woolf ainsi que sur les tout débuts de leur mariage. Si l'on connaît assez bien la vie de Virginia Woolf au travers de ses récits autobiographiques, de sa correspondance et des confidences de celles et ceux qui furent ses proches, la personnalité de Leonard Woolf et ses occupations précédant la création de la maison d'édition Hogarth Press sont assez peu souvent évoquées.
L'auteure nous resitue chacun dans son milieu et dans son groupe familial. Nous sentons combien il était peu probable au départ que ces deux-là se rencontrent. Virginia est issue d'une longue lignée d'intellectuels et appartient à la bonne société anglaise. Quant à Leonard, il est le fils d'un tailleur juif qui doit à sa réussite commerciale une certaine aisance avant que sa mort prématurée ne plonge la famille dans une soudaine précarité matérielle.
Les jeunes gens qui se croisent, puis se perdent de vue, avant de se redécouvrir au travers des recommandations enthousiastes de leur entourage, ont cependant plus d'un point commun et des ambitions partagées. L'épreuve de la solitude née du sentiment de ne jamais être tout à fait leur place leur est familière. Mais, surtout, ils éprouvent une soif de connaissances et le besoin d'échapper au déterminisme qu'impose leur milieu social pour se réaliser complètement.
Carole d'Yvoire sait éveiller notre intérêt dans ce petit volume habilement composé : extraits de lettres et photographies habillent ses propos qui ressuscitent le couple mais aussi leurs proches et amis, ce fameux groupe de Bloomsbury qui allait révolutionner la vie intellectuelle anglaise jusqu'à la seconde guerre mondiale. Enfin, deux nouvelles complètent l'ouvrage comme pour témoigner de la naissance de deux talents qui se nourriront mutuellement au cours de leur union.
Ce livre est à savourer : il est joli, intelligent et original.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
ivredelivres
  08 septembre 2018
Carole d'Yvoire revient sur le mariage de Virginia Woolf, longtemps montré du doigt ou soupçonné de je ne sais quel turpitude, Leonard Woolf est un homme pour qui j'éprouve du respect car vivre à côté d'un grand écrivain n'a pas du être simple et prendre soin d'une femme à la santé mentale fragile, encore moins facile.
J'ai aimé son livre paru récemment, ici l'auteur retrace la rencontre de Virginia et Leonard mais surtout brosse leur tableau généalogique à tous deux.
Premières rencontres, le départ de Leonard pour Ceylan, leur fréquentation du groupe de Bloomsbury et du milieu littéraire.
Elle le fait de façon très vivantes et en ajoutant beaucoup de photos très peu connues voire pas connues du tout.
J'ai beaucoup aimé également qu'elle parsème son récit d'extraits de lettres et des peintures de sa soeur Vanessa par exemple.
Bien sûr elle nous conte la naissance de leur seule enfant : la Hogarth Press
Attention ce n'est pas une bio, le livre est vraiment centré sur la rencontre et les relations entre Virginia et Leonard, pas de traces des amours sulfureuses de Virginia ni de sa maladie.
C'est bien documenté en particulier sur Leonard, c'est plaisant à lire.
Les deux petites nouvelles ajoutées n'apportent pas grand-chose au livre me semble-t-il.
Un très joli petit livre au format poche à un prix doux, certes si vous êtes amateurs forcenés de Virginia Woolf ce livre ne vous apprendra pas grand-chose de nouveau, mais vous aurez plaisir à le feuilleter en lisant par exemple une biographie de Virginia ou le livre que lui a consacré Leonard.
Lien : http://asautsetagambades.hau..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
mathie36
  06 décembre 2017
Je vais être honnête avec vous, c'est très très rare que je lise des biographies… genre j'en lisais quand j'étais étudiante et que j'y étais forcée.
Mais là, non seulement j'ai choisi ce livre, j'ai osé, mais en plus je ne savais rien de Virginia Stephen et Léonard Woolf… un risque énorme et pourtant ce fut une bonne surprise.
La lecture est très fluide et on rentre assez vite dans cette histoire sur la rencontre entre Virginia Stephen et Léonard Woolf, l'auteur nous relate leur jeunesse, leur rencontre jusqu'aux premières années de leur mariage et la création de leur maison d'édition, la Hogarth Press. le récit est ponctué de documents et photographies qui donnent un réalisme à l'aspect historique tout en allégeant notre lecture.
Carole d'Yvoire alterne entre les récits de l'un et l'autre pour chaque étape de leur jeunesse, en nous donnant leur point de vue sur ce qu'ils vivent comme des extraits du journal de Léonard.
J'ai été surprise par la relation, la tendresse qu'ils avaient l'un pour l'autre sans pour autant que cela n'aille plus loin, plus des meilleurs amis que des amants.
Au final, non seulement je l'ai fini sans m'être forcée, j'ai appris à connaître deux personnages qui ont laissé leur trace dans l'histoire et en plus je suis sortie de ma zone de confort ! Bref, contente de moi :)

A noter : l'édition peu classique hardback de ce livre de poche.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
JoohJooh   21 mars 2018
"L'écriture est un art violent. Qu'on pense seulement quelle activité vigoureuse sinon violente il fallait déployer, autrefois, par exemple dans les scriptoriums médiévaux, pour marquer cette surface physique qu'est la peau d'un animal." La violence du geste se double de la violence que l'on doit exercer envers soi-même pour extraire les mots de leur gangue, laisser remonter les souvenirs, faire revivre les morts, céder à son imagination, lui accorder libre cours. C'est précisément parce que, dans cette activité si ordonnée que représente l'imprimerie manuelle, les mots sont comme domptés, maîtrisés, qu'elle possède un attrait indéniable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          360
JoohJooh   23 mars 2018
À vrai dire, si l'on veut se représenter son existence, on doit imaginer que l'on se trouve soufflée à cent à l'heure dans un tunnel du métro pour se retrouver à la sortie nue comme un ver. Précipitée toute nue aux pieds de Dieu ! Culbutée dans les champs d'asphodèles comme un colis dans le toboggan du bureau de poste ! Échevelée comme la queue d'un cheval de course. Oui, voilà ce qui traduirait la rapidité de la vie, cette succession de pertes et de récupérations ; tout cela dans le désordre et au hasard...

[Extrait de "La Marque sur le mur", Virginia Woolf]
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          350
JoohJooh   03 mars 2018
Ton destin est clairement tracé mais lui permettras-tu de s'accomplir ? Tu dois épouser Virginia. Elle est là, à t'attendre, je ne vois pas ce qui te retient ! Elle est la seule femme au monde suffisamment intelligente. Sa seule existence est un miracle. Mais fais attention, tu pourrais rater le coche. À tout moment, elle peut partir avec Dieu sait qui. Duncan ? C'est tout à fait possible. Elle est jeune, sauvage, curieuse, insatisfaite et désireuse d'être amoureuse...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          411
JoohJooh   05 mars 2018
Je dois dénicher dans les livres, péniblement et toute seule, ce que tu obtiens chaque soir, assis au coin du feu, en fumant ta pipe avec Stachey, etc. Pas étonnant que mes connaissances soient si insuffisantes. Il n'y a rien de mieux que la conversation pour vous éduquer, j'en suis sûre.
Commenter  J’apprécie          381
JoohJooh   22 mars 2018
L'acte d'écrire se double et s'enrichit de l'acte d'imprimer et de publier.
Commenter  J’apprécie          370
Videos de Carole D'Yvoire (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Carole D'Yvoire
Gérard part en live #5
autres livres classés : biographieVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonCulturaMomoxLeslibraires.fr




Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
695 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre