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EAN : 9782501129114
256 pages
Marabout (28/03/2018)
3.9/5   62 notes
Résumé :
« Les weirdos ne sont pas ceux qu'on croit ! »
Dans une passionnante enquête, ce livre nous fait partager la démarche d'une jeune universitaire qui part à la rencontre de personnes autistes afin de leur donner la parole.
Loin des clichés ordinairement véhiculés, cet ouvrage retrace les parcours de vie et de résilience hors normes d'autistes invisibles qui s'adaptent, se cachent, s'assument, se battent.
En alternant récits de vie et savoir... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
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Julie, je viens de terminer ton livre, comme toi, il est atypique, ce n'est pas un roman, ce n'est pas un documentaire, c'est, toi, ce que tu es ,ressens et vit.

J'avais lu ta BD, que j'ai adorée, et que j'ai acheté en plusieurs exemplaires, car elle montre exactement ce qu'est une jeune femme aspie, ce qu'elle vit, ce qu'elle endure et ce à quoi elle est est confrontée au quotidien. Tu t'en doutes, l'autisme sous sa forme asperger au féminin est un sujet qui me tient à coeur. Ma fille, qui aura 28 ans sous peu, fait partie de ta "caste". J'écris ce mot en souriant, car si tu revendiques ta différence, tu refuses les clichés concernant l'autisme, et tu as bien raison.

Ton livre alterne ta recherche, car quand même, tu es docteure en psychologie sociale, et c'est admirable, et tes idées, ton désir pour notre société. Tu écris très bien, la lecture est fluide, et remue notre matière grise. Merci pour ce livre, merci de dire ce que les autistes pensent tout bas. J'ai vu ma fille pleurer en lisant tes mots, je crois qu'elle pleurait de frustration, car c'est tellement difficile de se faire une place ici quand on est autrement, quand on est cash, quand tout ce qu'on doit déployer en énergie pour s'adapter prend sur la santé et la sérénité. Tu vois quand même, Julie, s'il y a autant d'autismes qu'il y a d'autistes, il y a aussi autant de neurotypiques qu'il y a de "normalité"....et c'est difficile, quand on est neurotypique, de se trouver une "caste" adéquate. Continue tes recherches, et continue de faire avancer la différence et merci pour cela.

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Bon je vais essayer d'être claire, mais ça va être difficile vu comment je suis en colère.

Alors Julie, tu me tutoies, je vais faire pareil. Ton livre commençait bien, bon j'ai été très étonné de voir une préface de Josef Schovanec vu les propos qu'il a tenu l'année d'avant la sortie de ton livre dans cette interview : https://lautismevaincra.org/2020/03/josef-schovanec-autisme-adulte-trop-de-diagnostics-abusifs/, absolument abjecte où il arrive à être à la fois transphobe, sexiste, psychophobe et validiste, faut le faire quand même ! du coup bon, je comprends pas comment on peut accepter la préface de quelqu'un qui tient des propos pareils quand, d'après ce que j'ai compris, tu milites aussi pour les droits des femmes, mais bref….

Donc, comme je le disais, ton propos commençait bien, sur le handicap etc. Et puis vers la fin de l'intro, ça a totalement dérapé, me provoquant une magnifique insomnie soutenue par une terrible rage. Tu nous dis en gros qu'il y a d'un côté les neurtypiques et les autistes. Tu le dis toi-même, tu n'emploieras dans ton livre le mot neuroAtypique que pour désigner les autistes, même si, vu la référence que tu as mise, tu sais qu'aujourd'hui ce terme est employé beaucoup plus largement.

Et là tu nous dis tout tranquillement, que bah, une personne autiste est stigmatisée, et qu'une personne neurotypique, ne l'est jamais, va forcément être parfaitement intégré au monde de l'entreprise, va forcément adhérer à sa culture et à l'idéologie capitaliste ( je ne savais pas que l'autisme était aussi une philosophie en fait…). Bon, il s'avère qu'en fait tu fais plus ou moins du second degré, ( je croyais que les autistes ne le pouvaient pas ? ) alors je ne reviendrais pas sur la caricature que tu fais sur des personnes valides que tu appelles « neurotypique » ) et du portrait angélique que tu fais des Asperger ( parce que soyons clair, tu parles des « autistes » mais en fait tu emploies ce mot pour ne parler que des autistes légers, les autres autistes non verbaux, tu n'en as rien à faire, tu le dis limite toi-même ).

Bref, je répète tout de même la logique, il y a d'un côté les personnes autistes et de l'autre toutes les personnes non-autiste dites « neurotypique » qui n'ont aucun problème d'intégration ou de stigmatisation. Tout le monde suit bien ? Donc Julie, tu nous dis qu'une personne qui est par exemple, schizophrène, qui n'est pas autiste donc, peut parfaitement s'intégrer dans notre société et n'est jamais victime de stigmatisation ? SÉRIEUSEMENT ???????

On pourrait parler de toutes les formes de discriminations qui existent, et du coup, je pourrais écrire des pages et des pages de tout cela, mais pour rester simplement dans le domaine du handicap, comment on peut affirmer que seul les autistes subissent de la stigmatisation et mettre tous les autres personnes dans le même panier ?????? On invisibilise déjà totalement les troubles psy, et TOI qui est pourtant neuroAtypique, qui sait ce que c'est d'avoir un handicap qui est invisibilisé et nié par la société, tu nous fais le même coup ???? SÉRIEUSEMENT ?????

Je n'ai pas de mot pour dire à quel point je suis choquée et blessée. Je pensais lire un livre qui parlait de neurodiversité, tout ce que j'ai trouvé c'est une personne atteinte d'autisme qui invisibilise totalement tout autre forme de neuroatypicité ou de handicap. C'est juste immonde.

Bref, je me suis arrêté là parce que je n'avais pas envie de me faire torturer un peu plus émotionnellement, j'ai déjà bien assez à faire dans la réalité. On pourrait passer des heures à décrire toutes les personnes et toutes les pathologies que tu as ainsi, rayées de la carte en faisant comme si elles n'existaient pas et qu'il n'y avait que l'autisme et la « normalité ». Il suffit d'ouvrir un DSM et d'en voir l'épaisseur pour comprendre que tu es passé à côté de beaucoup, vraiment beaucoup de monde ( et encore dans le DSM, il n'y a pas tout.).

Du coup, je te conseille de sortir de ta bulle, toi qui a tout de même était capable de travailler en entreprise et de reprendre des études, ce qui est parfaitement impossible pour de très nombreuses personnes que tu qualifies pourtant de « neurotypiques » à cause de leur handicap psy ou même physique. Tu fais des études de sociologie d'après ce que j'ai compris, donc tu devrais bien savoir pourtant que le handicap est multiple tout comme la neuroatypicité.

Bref j'ai juste eu l'impression que tu me crachais dessus, sur moi et toutes les personnes neuroatypiques non autiste.

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J'ai pris ce livre parce que Julie Dachez me semblait être la grande manitou de la vulgarisation de l'autisme après du grand public - notamment grâce à "La différence invisible", mais aussi son blog et ses vidéos. de plus, sa connaissance intime du sujet, couplé à son bagage universitaire et son jeune âge (la trentaine), me semblait très prometteur.

Au final, j'ai été très déçue de ma lecture : la construction m'a semblé chaotique (quelques explications, un témoignage qui n'est pas en lien, et des thèmes qui finalement ne sont pas illustrés). Je n'ai pas l'impression d'être plus avancée sur le sujet...

Si je rejoins son appel à la tolérance vis à vis des autistes, ou aspie, ou neuro-atypiques (comme on voudra les nommer), car il me semble aberrant de discriminer des individus selon leurs supposés différences (je n'ai jamais d'ailleurs compris cette notion de "normal/anormal", on est tout de même tous des êtres vivants sensibles quoiqu'il arrive !), cet appel est toutefois gâché par une véritable violence à l'égard de ceux qui ne sont pas "comme elles" ou "comme eux" - et boum, revoilà cette notion de différence qui revient, et qui divise au lieu d'unir ! Cela m'a semblé contre-productif, et même blessant (car a priori, les lecteurs seront des gens ouverts et plus ou moins déjà convaincus, alors quel intérêt de déverser son fiel ?).

Bref, j'ai terminé le livre avec un sentiment mitigé, peut-être l'impression de ne pas être le coeur de cible, ou alors de n'avoir pas saisi le propos. Mais en tout cas, Julie Dachez ne m'a pas semblé être une personne très sympathique, et ne m'a pas donné envie de découvrir le reste de son travail : je continuerai ma découverte de la neuro-atypie via d'autres sources.

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Pour celles et ceux qui ne le savent pas encore, l'autisme me touche de très près puisque mon petit dernier est autiste. D'ailleurs tu peux me suivre à ce sujet et si cela t'intéresse sur mon autre compte Instagram @toi.et.moi.lautisme.

Après la découverte de la bande dessinée illustrée par Mademoiselle Caroline et écrite par Julie Dachez « LA DIFFÉRENCE INVISIBLE », lire cet essai était une évidence.

Julie Dachez expose tout au long de ces quelques 240 pages la réalité ostentatoire de ces milliers (carrément millions) de vies qui se déroulent sous vos yeux souvent indiscrets, parfois narquois et quelque peu méchants. Cet essai n'est pas là pour vous rappeler que l'autisme n'est pas une maladie et de surcroit contagieuse. C'est un état neuro-développemental qui exprime différemment des acquis sociaux qui vous sont innés.

Julie Dachez entre exposé scientifique, psychologique et récit intimiste, relate avec un certain humour que j'ai grandement apprécié ces réalités. le féminin est toutefois mis en avant, genre (encore une fois) mis à l'écart et totalement sous-diagnostiqué. Elle parle de normopathie, de validisme, de normalité sociétale induits d'un part par le patriarcat et surtout par cette normalité rigidifiée, ancrée et qui ne prend absolument pas en compte la neurodiversité sous toutes ses formes, genres.

Je ne veux pas rentrer dans les détails scientifiques qui sont accessibles à tout le monde et qui ne demande pas d'avoir fait un bac+10.

Détails entrecoupés par la mise en avant de 4 témoignages qui relatent les expériences vécues de l'enfance à l'âge adulte. L'autisme invisible est le sujet que l'auteur développe avec force et conviction.

Un essai percutant qui ouvre au débat et interroge le lecteur.

Un essai qui ne délivre pas de réponse miracle mais qui incite le lectorat à s'ouvrir à ce monde jugé et méconnu, qui invite tous les autistes à être eux-mêmes avec leurs défauts et leurs immenses qualités et qui partage avec bienveillance une vision du monde unique et si merveilleuse.

Un déclic pour moi et peut être le début d'un grand soulagement.


Lien : https://lesmisschocolatinebo..
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Diagnostiquée autiste Asperger à 27 ans, Julie Dachez enseigne la sociologie à l'université et termine sa thèse au moment où elle écrit cet ouvrage. En s'appuyant sur son cas personnel et sur les expériences d'autres personnes autistes qu'elle a interrogées, elle présente sa vision de l'autisme et de la place des autistes dans notre société.

On distingue traditionnellement autisme lourd, non verbal, avec déficit intellectuel et autisme léger, Asperger, sans déficit intellectuel. Julie Dachez préfère parler d'autisme visible ou invisible. Pour elle les tests de QI actuels ne sont pas adaptés pour mesurer les particularités cognitives des autistes. Etre autiste c'est avoir une façon différente de penser. L'absence de déficience intellectuelle serait le cas général chez les autistes mais en les enfermant dans des institutions médicalisées on les empêche de développer leur intelligence. La réalité est moins binaire et plus complexe, il est plus juste de parler de troubles du spectre autistique et les personnes peuvent évoluer et se positionner différemment sur un continuum en fonction de leur environnement et des périodes de leur vie. Julie Dachez déplore que notre société soit trop normative et n'accepte pas des différences qui pourraient être un enrichissement. Elle fait le parallèle avec les sourds dont on a cru jusqu'au 18° siècle qu'ils étaient des débiles. En leur donnant un langage, l'abbé de l'Epée a prouvé qu'il n'en était rien. On peut faire un autre parallèle entre le fait que les autorités françaises ont longtemps tenté d'empêcher les sourds d'utiliser la langue des signes de même que la France est un des pays développé qui scolarise le moins les autistes.

Les autistes n'étant pas les seuls à être traités comme différents dans notre société, Julie Dachez fait aussi le lien avec d'autres discriminations : sexisme, homophobie, racisme ; montre les points communs qu'on y trouve et plaide pour la non-mixité comme outil de lutte crucial. En parallèle il est question aussi du capitalisme qui opprime et du travail qui aliène. En somme, nous dit Julie Dachez, autiste ou non autiste, il faut militer pour changer la société.

J'ai apprécié cet ouvrage, écrit dans un style vivant et très accessible. L'autrice s'adresse directement à son lecteur, l'interpelle en le tutoyant. Elle raconte des histoires de vie mais s'appuie aussi sur des sources scientifiques qui sont citées (sans nous encombrer non plus de références inutiles).


Lien : http://monbiblioblog.revolub..
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Citations et extraits (23) Voir plus Ajouter une citation
Nous marchons côte à côte, perdues dans nos pensées. J'aime cette confiance qui s'installe entre deux personnes et qui les autorise à ne pas se sentir gênées par le silence. Ces moments ne sont pas perçus comme un vide à combler et simplement accueillis pour ce qu'ils sont : un instant suspendu, pendant lequel les pensées s'autorisent à vagabonder. D'aucuns trouvent que les couples qui ne s'adressent pas la parole lors qu'un dîner en tête-à-tête sont horriblement glauques et illustrent une relation amoureuse sur le déclin.Je ne vois pas du tout les choses ainsi. Ce que je trouve glauque, c'est de parler pour ne rien dire. Le véritable vide, c'est le vide conversationnel, où chacun, en s'adonnant à ce babillage futile, brille finalement par son absence.
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Je pleure mes angoisses, mes échecs, mes coups de déprime, mes doutes. Je pleure les injustices à répétition, les humiliations, les agressions, les insultes. Je pleure les traumas qui ont jalonné notre passé et les dérives eugénistes qui menacent notre avenir. Je pleure pour tous mes camarades enfermés en hôpital psychiatrique. Pour tous ceux qui ont préféré une mort digne à une vie indécente. Et je continuerai à mettre cette douleur au service de notre lutte commune. Pour que ces larmes deviennent un jour des larmes de joie.
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"Tu l'auras compris, cher lecteur, la psychiatrie n'est pas neutre, elle est influencé par la culture, l'économie et la politique. Les frontières normales et du pathologique sont subjectives et mouvantes, et sont dessinées différemment en fonction des époques et des sociétés. Il me semblent important de recontextualiser la psychiatrie et de comprendre qu'elle n'est pas déconnectée du système dans lequel elle baigne.
Ce qui figurait hier comme une pathologie ou une pratique perverse au sein du DSM n'y apparait plus aujourd'hui (je peux citer pêle-mêle le cunnilingus, la fellation, la masturbation, l'homosexualité, la névrose hystérique, etc.), et il est évident que ce qui y figure aujourd'hui va évoluer dans les décennies à venir. La psychiatrie n'est pas un Dieu tout puissant, le DSM n'est pas une bible dont nous serions obligés d'être les fervents disciples.
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L'actrice Emmanuelle Laborit, qui a reçu un Molière pour son interprétation dans Les enfants du silence, dit ceci sur l'implant: "Aucun médecin qui prétend au miracle avec cet engin ne parle la langue des signes. Ce qu'il veut, c'est que le sourd entende comme lui. Parle comme lui. Ce qu'il prétend, c'est que nous hurlons au loup. Il nous taxe de "poignée de militants manipulés" qui craignent que disparaisse le "pouvoir" de la langue des signes. Pas "pouvoir", monsieur le chirurgien, "culture".
En effet, les sourds partagent un ensemble de valeurs, de revendications sociales, une histoire, une langue, une identité, un humour. Tout ce qui constitue une culture, et qui se voit menacé par les approches médicales.
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Considérer que tel comportement est un symptôme suppose de savoir ce qui, à l'inverse, est sain et a valeur de référence. Il s'agit d'un acte subjectif -et arbitraire- qui se base sur un certain nombre de croyances. Steeves Demazeux, dans Qu'est-ce que le DSM? , évoque les apports d'un autre chercheur, Thomas Scheff, au courant de l'antipsychiatrie, apports qui me semblent, dans le cas présent, particulièrement intéressants: "Selon [Scheff], l'étiquette de "maladie mentale", dans l'ensemble des sociétés occidentales, renvoie à des déviances qui ont ceci de spécifique qu'elles se caractérisent par des infractions aux normes sociales les plus fondamentales (comme le fait de ne pas répondre de manière cohérente à son interlocuteur ou de ne pas directement s'adresser à lui pour répondre,etc.)." Ce que l'on appelle "maladie mentale" serait en fait la psychiatrisation et la stigmatisation de comportements sociaux déviants.
(Pages 176-177)
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Vidéo de Julie Dachez
A partir du roman "Nous les filles de nulle part" d'Amy Reed, je vous invite à découvrir un sujet peu présent dans la littérature : l'autisme au féminin ! Et plus spécifiquement du syndrome d'Asperger. Pourquoi, d'ailleurs, y aurait-il un "autisme au féminin" ? Je vous explique tout ça, à partir du travail et de l’œuvre de Julie Dachez ! C'est parti ?
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