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Claudio Rugafiori (Préfacier, etc.)
ISBN : 2070300838
Éditeur : Gallimard (23/10/1970)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 31 notes)
Résumé :
Pas de quatrième de couverture
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
saphoo
  27 mars 2019
Daumal poète ardennais, dont certains pensaient que sa gloire viendrait au-delà de sa mort comme son homologue Arthur, je doute fort que Daumal parvienne à dépasser le maître.
Je n'ai pas adhéré à sa poésie, que c'est sombre, lugubre, il parle de poésie noire et poésie blanche, et bien je pense qu'il a fait que de la noire.
Je ne retiens rien de ce recueil, hormis les dernières paroles du poète que j'avais déjà croisé dans des temps anciens.
Autant des poètes classiques j'aime à les relire, lui, c'est certain il retournera à la bibliothèque et je ne lui accorderai pas une deuxième chance.
Malgré tout j'ai apprécié la forme non conventionnelle de ses textes.
Passons à autre chose...
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Feejee
  31 janvier 2016
Daumal n'est pas aussi bon quand il tente avec tout le sérieux du monde une manière de métaphysique — malgré des intuitions souvent frappantes mais obscurément retranscrites — que dans ces poèmes surréalistes où les allusions et les associations sont toujours précises et puissantes, invoquant dans certaines séquences la présence discrète de Lautréamont, avec son bestiaire et ses nuances de sombre et d'humide.
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LucienRaphmaj
  28 novembre 2012
"L'être humain est une superposition de cercles vicieux"
Je crois que Contre-Ciel est en lui-même un titre parfait. C'est cela qui m'a décidé à le lire (la lecture tient à peu de choses...)
Entrer dans cette poésie est assez vertigineux, puis l'on a quelques repères. de la fureur du néant on passe à la théologie indienne. La pensée de la mort, amoureusement déployée, se révèle expérience de vie s'éprouvant dans "l'acte négateur". Cela a le mérite d'une obsession, qui en vient par exemple à ce poème "la seule" qui ressemble tant à un poème d'amour, mais dans lequel en effet il faut se rappeler que le poète s'adresse à sa propre mort. Intéressant :
"...
J'ai dormi depuis les déluges, j'ai dormi
Au fond de toi, sur ton épaule, j'ai dormi sans nom
- ta poitrine n'a pas changé
l'air de la vie n'a plus le nerf de m'éveiller -
ne me nomme jamais, ne me réveille pas,
tes poumons immobiles ont désappris aux miens
à respirer le souffle faible de ce monde.
..."
Il n'y a pas à dire il y a de vraies belles fulgurances fuligineuses dans ce recueil (j'entends le recueil remanié, car la version originale de 1936 comprend beaucoup de pièces plus faibles ). C'est un peu lassant, bien sûr, ce nihilisme, et la grande résolution dans l'hindouisme ne m'a pas vraiment convaincu. Mais cette voix fluette a en elle de vrais trésors.
Quant à tout ce qui est plus tardif, sur les traductions poétiques du sanskrit, je n'ai pas vraiment compris ni adhéré, mais... pourquoi pas.

Lien : http://www.senscritique.com/..
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Palimpseste
  24 septembre 2012
Recueil de poèmes en vers et en prose, "Le Contre-Ciel" de René Daumal, présenté par Claudio Rugafiori. Suivi de "Les Dernières paroles du poète" comprenant tous les textes poétiques en prose écrits à partir de 1935, certaines traductions de textes poétiques sanskrits en vers et "Poésie noire et poésie blanche".
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Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
patrick75patrick75   08 mars 2016
JOUR, Ô SCANDALE !

Un siècle s'est-il écoulé
depuis ce dernier sourire
qui flotta devant mes yeux,
depuis ce soupir
qui me noya dans un vertige creux ?

Ô brume et boule et nuit femelle,
le temps que j'ouvre la bouche,
disparue...Ô soleil vide,
lumière imbécile, non, tu n'éclaires rien;
où se cache-t-elle,
où rôde l'ombre de ses mains ?

Ciel menteur, avec tes pierres aériennes,
tu me dis :" C'est impossible",
tu ne sais dire que cela,
ô ciel, robe des suicidés.

Mais où flottent les mains d'ombre ?
N'est-ce pas, n'est-ce pas que le jour est menteur ?
Ah ! vous ne croyez pas , vous non plus, au soleil ?

Hélas ! bleu et blanc et vert sur les collines,
l'espace crie et rit de ma solitude.
La véritable nuit est dans le cœur des fleurs,
des grandes fleurs noires qui ne s'ouvrent pas.

Assassin d'or et de verre bleu,
tu me l'as dérobée le temps que je m'éveille,
il n"y a rien de plus que des couleurs,
des formes et des sons, un monde sans détours.

Mais mon œil en s'ouvrant est devenu aveugle,
d'un coup de paupière, ô mon océan,
toi qui noyais les rires du soleil,
adieu; oh ! pourquoi ce ciel inutile ?

Je ne crois plus à la lumière,
il ne reste rien, des îles éparpillées
s'en vont mourir dans les gouffres,
mais je ne sais plus me perdre,
et je pleure dans le faux jour.

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coco4649coco4649   09 août 2014
NÉNIE

Ne parlez plus des plaines avec cette tendresse
ne parlez plus des neiges, ne parlez plus du cœur
laissez s'échauffer les vins vénéneux
entre les paumes de la vie,
ne parlez plus des mers en remuant le cœur,
ne parlez plus des fleuves, laissez sécher vos lèvres
et laissez se glacer le sang des vieux désirs
entre vos mâchoires de mort,
ne parlez plus du ciel en palpitant des lèvres,
ne parlez plus du vent, laissez la nuit grossir,
laissez la nuit s'engraisser de vos souffles
auprès des trous de vos narines,
ne parlez plus du feu de votre voix d'esclave,
ne parlez plus de votre roi, l'ancien soleil,
laissez-le se coucher et s'éteindre en boue noire,
dans la vie courbe de vos crânes.

Ne parlez plus du cœur!
Votre langue est pourrie et votre souffle froid,
vos regards vides regardent la nuit,
des mondes morts accouplés emplissent vos yeux,
ne parlez plus dans l'air des hommes.
Essayez seulement de sourire,
vous entendrez gémir tous vos os calcinés,
le rire ondulera dans un ciel rapiécé,
et la toile du monde aura des sanglots sourds.
La musique des morts hoquette dans vos dents
— essayez de sourire aux fleurs ! —
vos pieds froids sont soudés à la terre sans yeux,
vous regardez partout de vos mille prunelles
mais nul ne voit vos yeux et vos yeux ne voient rien.

Le rire éclatera dans vos têtes sonores
— essayez de sourire aux oiseaux ! —
vos mains s'écailleront dans une odeur de plâtre,
riez à la poubelle et riez au balai.
L'espace même meurt avec les étincelles
que vous jetiez au vent de vie, et le temps meurt
en arrêtant vos vains sourires,
en figeant vos sanglots,
et vous gelez tout doucement dans les tourbières.

Un soleil inconnu brille dans la poussière
qui vole tout autour de vos cheveux séchés,
les vents de la folie portent à vos oreilles
une musique amère à vous briser les dents.
Des fleuves remontant à leurs sources jaillissent
de vos mains disloquées, de vos tempes trouées,
et le sol qui vous porte a des lueurs de soufre,
se creuse sous vos pieds et vous mord aux chevilles.
Votre rire a créé des étoiles nouvelles
que nous ne verrons pas,
et vous pouvez sourire à de nouveaux oiseaux
à des fleurs impossibles,
mais vous vivez derrière un mur de houille
et nos yeux saignent, nos prunelles se fendent
quand nous voulons vous voir
quand nous voulons vous voir avec des regards vides,
quand nous ne voulons plus sourire
ni sangloter dans le ventre céleste,
nos bras tournent grinçants dans les chambres de plomb.

La nuit de vérité nous coupe la parole.

p.65-66-67
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coco4649coco4649   05 octobre 2015
LA GUERRE SAINTE


Je vais faire un poème sur la guerre. Ce ne sera peut-
être pas un vrai poème, mais ce sera sur une vraie
guerre.

Ce ne sera pas un vrai poème, parce que le vrai poète,
s'il était ici, et si le bruit se répandait parmi la foule
qu'il allât parler —
alors un grand silence se ferait, un lourd silence
d'abord se gonflerait, un silence gros de mille tonnerres.

Visible, nous le verrions, le poète ; voyant, il nous
verrait ; et nous pâlirions dans nos pauvres ombres,
nous lui en voudrions d'être si réel, nous les malingres,
nous les gênés, nous les tout-chose.

Il serait ici, plein à craquer des mille tonnerres de la
multitude des ennemis qu'il contient — car il les contient,
et les contente quand il veut —
incandescent de douleur et de sacrée colère, et pourtant
tranquille comme un artificier,
dans le grand silence il ouvrirait un petit robinet,
le tout petit robinet du moulin à paroles,
et par là nous lâcherait un poème, un tel poème qu'on
en deviendrait vert.

Ce que je vais faire ne sera pas un vrai poème poétique
de poète, car si le mot « guerre » était dit dans un vrai
poème —
alors la guerre, la vraie guerre dont parlerait le vrai
poète, la guerre sans merci, la guerre sans compromis
s'allumerait définitivement dans le dedans de nos
cœurs.

Car dans un vrai poème les mots portent leurs choses….

p.204-205
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   06 juillet 2019
Le grand jour des morts


Extrait 6

Voici, j'ai arraché le manteau de chair saignante
et de colère et je marche nu
— non pas encore ! mais je me vois lointain
et j'ai pour me guider et remplacer mon cœur,
très loin, ces mains, ces mains d'aveugle,
l'aveugle morte plus voyante que vos yeux de bêtes,
vous opaques vivants lourds, très loin l'aveugle
et ses prunelles, cercles de tout savoir,
enclosant l'eau limpide et noire des lacs souterrains —
je dirais comme elles sont belles, ces mains,
comme elle est belle, non, comme elle parle la beauté,
la morte aveugle, mais qui voit toute ma nuit,
je parlerais, j'inventerais des mots-sanglots
— à ses pieds il faudrait pleurer —
je sangloterais sa beauté,
si je pouvais pleurer,
si je n'étais pas mort de n'avoir su pleurer.
+ Lire la suite
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coco4649coco4649   20 avril 2015
TOUJOURS EN VAIN


Celui-ci qui me parle, c'est un oiseau sans tête,
cette flamme et cet oiseau,
ces trois cris sur la tempête,
le cri qui tombe en déchirant le ciel,
le cri qui s'envole en soulevant la mer,
et le cri des cris qui se heurtent,
c'est le chant d'une tête coupée,
et mes poings sont des pierres
que le feu lèche.

Sourire de foudre, mains d'océan noir,
je suis votre absurde victime,
je file sur la soie cruelle,
ah ! mon œil ne gouverne plus,
le voilà fou, courant à la côte,
mais il sait que c'est absurde,
mais il crie au scandale de l'éclair.
Il peut crier, il peut crever, il peut savoir,
un oiseau noir éclate de rire,
mon sang a beau bouillir, c'est ça.

p.140
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Videos de René Daumal (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de René Daumal
Performance qui s'est déroulée le mercredi 12 juin à 20h à la Maison de la Poésie de Paris. Pacôme Thiellement & Olivier Mellano « Dans le labyrinthe »
Pacôme Thiellement et Olivier Mellano confrontent leurs disciplines pour inventer "la conférence improvisée", une expérience où, dans un aller-retour constant, la pensée sera mise en mouvement par le son et la musique sera mûe par le sens. Partant des thèmes de prédilection de Pacôme Thiellement, ces chemins bifurqueront vers des espaces encore inexplorés... « En 1945 à Nag Hammadi, des paysans découvrent une jarre contenant des codex gnostiques : évangiles, poèmes, descriptions métaphysiques, propositions éthiques. (...) Ces pensées et visions entrent en résonance avec ce que les poètes ont apportés entre la fin du XVIIIe siècle et le milieu du XXe, de William Blake à André Breton, de Gérard de Nerval à René Daumal. Tout cela s?apparente à une révolution, à la fois spirituelle et politique, qui n?a pas encore été décrite et qui, pourtant, est déjà là. » Pacôme Thiellement
+ Lire la suite
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