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Hugues Jallon (Traducteur)Marc Saint-Upéry (Traducteur)
EAN : 9782350960111
87 pages
Éditeur : Les Prairies Ordinaires (05/10/2007)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 9 notes)
Résumé :

Village de pêcheurs devenu métropole mondiale en moins de vingt ans, lieu de tous les superlatifs (plus haut gratte-ciel, plus vaste centre commercial, plus grandes îles artificielles, hôtel le plus étoilé...), Dubaï pourrait bien signaler l'émergence d'un stade nouveau du capitalisme, encore inconnu sous nos cieux : un système à la fois plus ludique, par la généralisation du loisir touristique e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
MarianneL
  20 mai 2014
Dans ce passionnant et très court essai de 2006 (traduit en 2007 par Hugues Jallon et Marc Saint-Upéry), l'analyse de l'historien, ethnologue et sociologue urbain Mike Davis, suivie d'un texte de François Cusset, sur ce que représente Dubaï, comme apogée de la folie du capitalisme, rejoint les fictions les plus extrêmes, de Philip K. Dick ou du même Hugues Jallon.
La construction du premier édifice en béton à Dubaï date de 1956, et l'abolition de l'esclavage de 1963. le béton a depuis envahi la ville-État, avec le développement de cette cité spectaculaire et monstrueuse, emblématique de la consommation de masse, du divertissement et de la destruction des ressources naturelles, mais l'esclavage, lui, n'a pas disparu.
On sait en général que Dubaï est devenu une destination touristique, centre commercial et parc à thème pharaonique où l'on peut skier sous cloche alors qu'il fait plus de 45 degrés dehors, mais Dubaï est aussi depuis trente ans un grand centre commercial et financier, une zone de blanchiment d'argent, le centre financier des islamistes radicaux, en même temps que le partenaire des Etats-Unis dans leur «Guerre contre le terrorisme» et la tête de pont dans la région des entreprises nord-américaines, ainsi qu'une plaque tournante de la prostitution avec des milliers de prostituées provenant, entre autres, de Russie, d'Inde ou d'Iran.
Les facteurs de cette « réussite » sont nombreux et en majorité peu avouables, la situation géographique de Dubaï, la taille de son port artificiel achevé au milieu des années 1970, l'argent des iraniens qui utilisent Dubaï comme plateforme commerciale, «l'attractivité fiscale» avec la création de zones franches, le laxisme d'un régime peu soucieux de connaître la provenance de l'argent qui atterrit ici, et surtout la réorientation des flux internationaux de pétrodollars qui ont cessé après septembre 2001 de considérer les États-Unis comme le refuge le plus fiable, et une main d'oeuvre extrêmement «bon marché», dans leur immense majorité des étrangers privés de leur passeport et de tous leurs droits, qui travaillent pour un salaire de misère, entassés dans des foyers insalubres loin des yeux des touristes et expulsables ad nutum.
«Grâce à la fatale addiction d'une planète désespérément assoiffée de pétrole arabe, cet ancien village de pêcheurs et de contrebandiers est bien placé pour devenir l'une des capitales mondiales du XXIe siècle. Parce qu'elle préfère les vrais diamants au strass, Dubaï a déjà surpassé Las Vegas, cette autre vitrine désertique du désert capitaliste, dans la débauche spectaculaire et la surconsommation d'eau et d'électricité.»
La transition directe à Dubaï du féodalisme à l'hypercapitalisme, en sautant toutes les étapes intermédiaires du développement, pour construire une cite idéale du capitalisme, répond de fait aux aspirations de nouvelles élites cosmopolites, dont la vision du monde est essentiellement celle d'un consommateur et d'un touriste, et dont le sens de la continuité historique et des responsabilités a été dissous dans un mode de vie itinérant et coupé des autres classes, ainsi que le décrit très bien Christopher Lasch, notamment dans «La révolte des élites» (1995)
«Dubaï est l'incarnation du rêve des réactionnaires américains – une oasis de libre-entreprise sans impôts, sans syndicats et sans partis d'opposition (ni élections d'ailleurs). Comme il se doit dans un paradis de la consommation, sa fête nationale – non officielle -, qui définit aussi son image planétaire, est le fameux Festival du Shopping, parrainé par les 25 centres commerciaux de la ville. Ce grand moment de folie consumériste démarre tous les 12 janvier et attire pendant un mois quatre millions de consommateurs haut de gamme.»
Une lecture courte et indispensable.
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paulotlet
  22 juin 2012
Dubai est la ville de tous les superlatifs. Plus grande tour, plus grand centre commercial, plus grand parc d'attraction, débauche de luxe, tout y flatte les instincts les plus avides de spectacle et de consommation de l'homme moderne. Grandissant au fur et à mesure que la demande en pétrole s'accroît, la cité est construite à coup de pétrodollars qui seraient bien plus utiles pour bâtir la société de l'après or noir. L'auteur propose une analyse marxiste assez fine et tout à fait effrayante du phénomène. Comme disait Mathieu Kassovitz dans La Haine, jusqu'à maintenant tout va bien"!
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AntigoneStrange
  15 juillet 2016
A mi-chemin entre l'article scientifique et la tribune journalistique, cet essai est facile à lire et ouvre à la réflexion d'une part sur la notion, l'image, l'essence de la ville telle qu'elle est appliquée à Dubaï ; d'autre part sur le système capitaliste poussé à son paroxysme où l'exploitation, la consommation et le mélange des sphères politique et économiques sont clairement démontré. Toutefois l'essai donne un peu l'impression d'être un rouleau compresseur d'assertion qui si elle apparaissent justes et fondées ne sont jamais prouvées par des faits, des chiffres vérifiables.
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Shyankar
  24 janvier 2009
Pour certains, Dubaï est un symbole de réussite et de prospérité. Pour d'autres, il est l'exemple type de la décadence à l'occidentale. A Dubaï, tout est plus grand, plus clinquant et plus tape à l'oeil que dans le reste du monde : les grattes-ciels, les centres commerciaux ou encore les hôtels. Car à Dubaï, le pétrole coule à flots ; du moins pour quelques années encore. [...]
Lien : http://shyankar.blogs.courri..
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
paulotletpaulotlet   23 juin 2012
A l'époque moderne, le gigantisme architectural est généralement le symptôme pervers d'une économie en état de surchauffe spéculative. Dans toute leur arrogance verticale, l'Empire State Building ou feu le World Trade Center sont les pierres tombales de ces époques de croissance accélérée. Les esprit cyniques soulignent à juste titre que les marchés immobiliers hypertrophiés de Dubaï et des métropoles chinoises jouent le rôle de déversoirs pour les surprofits pétroliers et industriels de l'économie mondiale. Une suraccumulation due à l'incapacité des pays riches à réduire leur consommation de pétrole et, dans le cas des Etats-Unis, à équilibrer leur balance des comptes courants; si l'on en croit la leçon des cycles économiques antérieurs, tout cela pourrait très mal finir, et ce dans un délai assez rapproché.
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paulotletpaulotlet   23 juin 2012
Du point de vue d'un promoteur immobilier, cette monstrueuse caricature futuriste est simplement un argument de vente à l'adresse du marché mondial. L'un d'entre eux confiait ainsi au "Financial Times": "Sans Burj Dubai, le Palmier ou l'Île Monde, franchement qui parlerait de Dubaï aujourd'hui? Il ne s'agit pas simplement de projets extravagants, à prendre isolément. Tous ensemble, ils contribuent à construire une marque."
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