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ISBN : 9791092622133
Éditeur : Éditions Le Bateau Ivre (27/05/2015)

Note moyenne : 4/5 (sur 4 notes)
Résumé :
Ne lisez pas Tess et Raoul. Jamais. Ça vous ferait trop mal. C'est un poison violent. Parce que, forcément, vous vous diriez : « C'est comme ça que je veux être aimé ! » Et ça vous rendrait fou. À hurler. À la lune. Née de l'oreille de Rabelais, des suites de la rencontre fortuite sur une table de dissection de Kafka avec Lautréamont, fiancée d'un pirate nommé Boris Vian, Cécile Delalandre vous enroulera dans sa langue aussi sûrement qu'une lame de fonds, qui charri... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Zefirine
22 juillet 2016
On est, face à certains textes comme une poule devant un couteau – mais pas n'importe quel eustache : le beau canif à manche de nacre et à la lame aussi futée qu'affûtée, sans, ciselé dessus, le gros sabot, mais plutôt la fine mouche – et qu'on présume à miel. Il est là devant vous, le fleuron de la coutellerie de noble origine, qui brille de mille éclats (de rire, s'il faut le préciser), ouvert au grand soleil, et on est là, soi, qui se demande comment on pourrait bien l'attraper par la queue pour le montrer, devenu tout à coup souris verte, à ces messieurs et dames – difficulté de la critique, face à l'atypicité de certains beaux livres.
Tess et Raoul précédé de Breuilles, de la chère Cécile Delalandre, c'est un peu le précieux canif égaré sur la pelouse des mornes plaines estampillées littérature contemporaine, et toi, lecteur, tu fais la poule ‒ forcément de luxe, un certain faste se révélant contagieux dès qu'il est stylistique.
C'est que, placé sous les auspices d'Henri Michaux, le livre s'ouvre par un paragraphe de cet acabit, qui n'est pas, on en conviendra, l'incipit de n'importe quel ouvrage :
C'est en Octobre, mois choyé des sorciers et des anges gardiens, que je parcourus le long tunnel de la muqueuse avant que ne se déchire l'isthme qui jusqu'alors me reliait à sa chair. C'est là que naquit l'ombilic, seul comme une cicatrice. (p. 15)
Pour une naissance, c'est une sacrée naissance : celle d'une voix ‒ je ne dis pas d'une narratrice : ça raconte certes, mais là n'est pas l'intérêt principal du texte, plus poème en prose (mettons narratif) que roman ou nouvelle(s) ‒, voix qui ne va cesser, tout au long d'une centaine de pages, d'y aller de ses métaphores et comparaisons de haute saveur et de couleur non moindre :
Les poings du ciel, rouges comme un babybel (p. 20) ; Ces feux follets bleutés déculottent mon attention (p. 23) ; l'eau brune où mes yeux sans bouées vont noyer leur regard (p. 24) ; etc.
et de tirer les feux d'artifices de ses jeux verbaux, plus proches du toro de fuego que de la petite fusée pétaradant dans le ciel noir ‒ un des principes de cette écriture jubilatoire étant de prendre le mot au mot :
Derrière ma nuque, un vieux chêne agitait ses chatons en miaulant une saudade (p. 27) ; Les chiens et les loups s[e] léchaient sur un tapis de ciel dont l'exquise veloutine venait frôler la peau de notre promenade (p. 35) ; J'aime le crépuscule et ses promesses de couchant qui me laissent courbée sur le livre de mes heures. Je passe mes nuits à peindre les enluminures de mes insomnies sous les draps de ma retirance… […] Et puis quand vient l'aurore, mon verbe devenu miniature se fond sous les paupières de mon sommeil gras (p. 55)
Je dis bien jubilation verbale : Cécile Delalandre a ce talent d'écrire comme personne, me semble-t-il, n'écrit aujourd'hui, de créer par les mots ‒ matière, non pas outils, de son écriture ‒ un univers d'une irréalité toute poétique. Ses procédés vivants rappellent un peu ceux d'un Max Jacob, d'un Michaux sans doute, voire d'un Jean-Pierre Verheggen : rien de naïf, en tout cas, ni de spontané, ni d'artificiel pour autant, dans cette rhétorique (au sens d'art d'écrire) délectable où se révèle en sourdine une belle érudition littéraire, nourrie de lectures ‒ Ponge, Rimbaud, Céline… ‒ rappelées en clin d'oeil, voire convoquées et allègrement pastichées (cf. Voyage au bout de la sève, p. 29) tout au long d'une prose truffée d'alexandrins (magnifiques) de facture rigoureusement classique :
mon aube azur d'outrème aux écorces de bleu, mon phénix au corps feu qui rue dans mon sang fauve (p. 53)
ou parfois volontairement plus approximatifs (abandon des « e » muets, mais respect marqué d'un rythme aisément reconnaissable) avec recours à un système de rimes qui vient théâtraliser cette splendide prose à dire :
Soudain sur mon pavé, on cogne à ma croisée. C'est la main d'une femme qui a heurté la mienne en brisant tout à coup mon voile de cérumen et mon idée a fui entre les barbelés (p. 55)
On rit, on sourit, on s'émerveille devant cette aptitude, comme le dit peu ou prou Guillevic dans un de ses poèmes les plus célèbres, à « tirer parti des mots », à écrire une littérature qui ne résulte pas d'une simple activité de rédaction mais d'écriture : preuve, s'il en fallait, qu'une oeuvre belle peut être drôle, et que l'humour, dès qu'il est fin, n'est pas l'ennemi de l'esthétique – et encore moins de la poésie. Tess et Raoul, «monstre étrange » s'il en est dans le concert actuel (pas mal cacophonique) de la littérature, nous rappelle qu'il existe un plaisir de et à la langue : la tirer dévoile mieux ses papilles gustatives, croyez bien que Cécile Delalandre ne se prive pas de lui faire prendre l'air. »
Lionel-Edouard Martin, Ecrivain
Lien : https://lionel-edouard-marti..
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JeanPierreDalies
20 juillet 2016
Cécile Delalandre est un cas. Contrairement à nombre d'apprentis écrivains besogneux qui pullulent comme autant de candidats à la FB academy et qui s'échinent péniblement à singer la coqueluche du moment généralement américaine, tous ces Céline au petit pied, ces Buko en Chantelle, ces Maurras de pacotille, la Delalandre, elle, continue son chemin, droit devant elle, avec son sourire espiègle d'amuseur public qui se moque de tout à commencer par elle, mais jamais des autres, tant elle est gourmande avide des autres et de la vie, autant que des arts, en quête permanente d'un texte, d'un tableau d'une musique qu'elle nous offre en partage. Et lorsqu'elle s'est gavée à satiété de cette pâte humaine dont elle est si friande, elle retrouve son goût profond de la solitude, se retire dans son monde, sa forêt, et elle écrit. Des textes, qui lui ressemblent. Et comme la Delalandre ne ressemble à personne, ses textes ne ressemblent à rien de connu. Bien sûr on peut tenter de lui trouver des affinités. Comme Lewis Carrol ou encore Boris Vian, elle nous fait d'emblée pénétrer dans son univers, un monde étrange, peuplé de créatures très réelles ou bien imaginaires. Et puis il y a le style, incomparable. par son vocabulaire 3 ou 4 fois plus riche que celui de n'importe qui d'un peu cultivé mais surtout par la manière dont elle joue avec les mots, avec leur sens et avec leur sons, avec les images, les odeurs, le toucher qu'ils évoquent, sollicitant non seulement notre cerveau par leur télescopage, mais tous nos sens dans une fête paysanne, sensuelle et parodique, somme toute baroque. C'est du Brueghel du Bosch ; il ya du surréalisme mais un surréalisme qui a pris de la chair et des tripes et qui pourtant peut traverser des paysages que balaient un vent glacial (Hopper, De Staël). Et elle nous sert cela en vaste louchée de tripes, qu'il faut déguster lentement, parce qu'en trois mots elle nous campe tout un univers.
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MichelGrosDumaine
29 juin 2016
C'est un beau cadeau qu'offrent à la littérature les Editions le bateau ivre en publiant Tess et Raoul précédé de Breuilles. Faire le pari de la langue et de la déroute qu'elle porte en elle comme le projet même, perpétuel, de la littérature, c'est bien ce à quoi convoque l'écriture viscérale et féconde de Cécile Delalandre.
Une écriture qui ne masque pas sa source primale, originaire, là où "Ma première défense fut un cri, un cri comme un morceau sorti de mes entrailles et dont le son me plut" et dont le texte dans son corps de patchwork éclaté cherche inlassablement dans les sonorités multiples de notre humanité l'unité fuyante de notre condition d'Être. Les mots, ici, se saisissent de l'être-là obscur et brutal des choses et participent d'une littérature de leur torsion, de leur dévoilement. Tel un "mercremanche" peut-être où "Entre chiens et loups je me fais chat pour dérober à la nuit la lueur de ses ombres."
Il y a là nichée dans l'écriture une phénoménologie réinventée qui adoucit et brutalise d'une même lucidité la conceptualité où nous tenait jusque-là dans une réclusion pantoise la discipline philosophique. Déroutement, donc, où la pensée littéraire de Cécile Delalandre me convoque pour mon plus grand bien et je l'espère celui de ses nombreux lecteurs.
"Pour le reste on ne sait rien."
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Josiette
06 octobre 2016
« Un livre à lire à chair ouverte et en pleine conscience.
Un livre qu'il est nécessaire de relire pour identifier le goût de certaines mignardises qu'une première approche, trop rapide, n'aurait pas permis de savourer.
Une étrange lecture qui, sous une note de tête jubilatoire cache une note de fond dramatique.
J'ai lu Tess et Raoul précédé de Breuilles cet été et - alors que cette lecture m'a enchantée – j'ai reporté depuis, de jour en jour, l'écriture de mes impressions de lectrice.
Comment mettre des mots sur un texte qui nous offre un tel feu d'artifice de sensations ?
Mes mots ne risquent-ils pas de desservir un univers dans lequel on entre par la lecture d'un poème d'Henri Michaux, suivi par un premier chapitre intitulé Lemme – un accès en littérature par une porte qui promet au verbe un beau déploiement.
« Ma première défense fut un cri, un cri comme un morphème sorti de mes entrailles et dont le son me plut. Sa désinence en si primal, n'en finissait pas de chanter dans ma bouche… » Ce livre provoque un électrochoc, il bouscule, tant la beauté et l'horreur (mais peut-être n'est-ce pas le mot juste) se disputent le premier rôle. On croit s'aventurer dans un chapitre bucolique et la réalité devenue loup, tapie derrière le buisson d'un paragraphe, nous surprend au détour de notre chemin de lecture.
« Tess a le coeur jaune depuis qu'à sa fenêtre elle a vu des coquelicots avaler goulûment le pré de son carré. C'est un Mardredi gris. Elle s'en fout, son herbe est rouge ; elle exhale comme des notes bleutées d'un instrument à Vian… » (extrait de Tess peint)
Il y a de la couleur, de la musique, de la poésie, de la Commedia dell'arte et de la tragédie grecque dans cette écriture et un tempo fou tenu par des percussions de grande portée où se mêlent les sonorités du Symphonic Metal au rythme du Jazz.
Vous l'aurez compris cette lecture rend les synapses joyeuses et ce malgré un final en apothéose qui donne raison, en toute logique, au réalisme d'une force pénétrante, à la manière d' Egon Schiele.
Pour finir un extrait d'Accroc :
« le gilet de laine noire de Tess a un gros trou juste sous son sein gauche par-dessus son coeur ploum. Des courants d'air glacial s'y plantent comme des morsures de rats. Ils s'infiltrent dans ses tripes pour y larguer des crampes qui s'agrippent méchamment aux parois de son vide. Ça lui fait des spasmes à l'âme et ça déchire la toile de son intime gouache. Elle a mal. »
Carmen Pen Ar Run

Lien : http://parmotsetparcouleurs...
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Bezote
27 juillet 2016
 « Il est des livres qu'il faut savoir aborder en renonçant à soi. Des livres de l'autre côté.
Des textes littéraires qu'on ne saurait pas écrire. Qui résistent. Qui ne se donnent pas comme ça. 
Tess et Raoul, précédé de Breuilles de Cécile Delalandre est un de ces livres qui ne semblent pas avoir été écrits pour vous. Pourtant vous insistez, vous vous y reprenez à plusieurs fois. Cécile Delalambre ne racolle pas. C'est comme ça. Elle a sa langue. Ses mots. Tenez : breuilles. J'ai été voir ce que c'était : Viscères trouvés à l'intérieur des poissons, qui doivent être enlevés pendant la préparation culinaire avant la cuisson. Et le lemme donc ! le lemme, ou lexie ou item lexical, est l'unité autonome constituante du lexique d'une langue. Et ces jours de la semaine : vous connaissiez le mercremanche ? C'est le jour où Tess « prend son short, sa calame, un tonneau de vin et une casquette de capitaine...
D'un monde l'autre... Au passage on croiserait Prévert, Vian, et Zazie qui en aurait marre du métro et préférerait le bateau. Vivre est un village où l'on ne rêve jamais assez. Mais on y vit d'attentes et d'ardeur. Voilà un livre où la littérature est au rendez-vous. Ce n'est pas si fréquent. »
 Dominique-Emmanuel Blanchard :
Lien : http://www.deb33.com/
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Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
LeBateauIvreLeBateauIvre27 mai 2015
L'inéluctable arriva. Forcément, on s'est croisé. Il était beau comme un dieu noir américain avec des poils gris partout qui font le charme, et un accent qui fait le reste, mais moi, ça m'faisait rien... rien de rien ! Il m'a dit :
- Ah ! Bonjour mon amoooour, comment tu vas, tu sais, un souaaaar, j'aimerais bien venir te couper les ongles des doigts de pieds !
Il m'a dit ça au deuxième, avec son accent grave, celui des Bahamas du mec qui s' croit si fort qu'il va te séduire direct avec son truc vaudou et un sourire large comme une bouche d'égout.
Même pas ri ! lui ai jeté un non sec avec mon œil noir agacé de jour de rien. Il a continué à sourire. Je l'ai laissé là, sur le palier, délié. En descendant, lui ai balancé :
- Et puis mon amant est pédicure, bye !
Il a ri, mais d'un gros rire de diable qui m'a fait des frissons jusqu'aux bouts de mes ongles de doigts de pieds.
(Breuilles, extrait de Pain perdu)
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LeBateauIvreLeBateauIvre27 mai 2015
Le jour n'est pas ma glaise, je m'y sens étrangère. Je feins d'y demeurer mais ma loge est ailleurs. En trouverai-je la clef dans la luisance du crépuscule ? Je pars à sa conquête, belle et bête affamée de lumière, de celle qui me fera entière comme une trinité.
Gorgée de cette félinité jusqu'au bout de la griffe, je grave mon empreinte sur les folios de la nuit. Je rampe, je frôle, je rase, je rode, je bondis, je détale et glisse sur des pavés qu'une mouscaille recouvre sur une pierre qui feint de n'être que granite. Je sais son imposture. Je me tais, je cours.
(Breuilles, extrait d'Argos)
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LeBateauIvreLeBateauIvre27 mai 2015
Et si par hasard, tu es là sur le bord de ma route, je t'embarque avec moi au pays des brumailles. Alors nous serons deux à jouir de l'instant, à devenir amour l'un dans l'autre toujours. Nos corps nus sur la terre abreuveront nos chairs pour ne laisser jaillir que le suc de nos cœurs. Nous serons fous de nous. Nos lèvres scellées par nos langues mouillées boiront le temps pour le figer dans notre éternité. Nous nous caresserons de mots et de baisers qui nous feront pitance à l'orée de nos sexes. Et l'infinie jouissance inondera nos âmes. Il n'y aura plus de route juste un lit de plaisir qui flottera dans l'air au-delà de nos vies, au-delà des envies.
Et si par hasard, tu n'es pas là sur le bord de ma route, je foncerai encore et laisserai la voix de Bruce Springsteen se mêler à mes cheveux en dansant dans le noir au pays des brumailles.
(Breuilles, extrait de Brumailles)
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LeBateauIvreLeBateauIvre27 mai 2015
Tess a son Achille et son talon d’amour, et tout ça, ça dépose comme des troublures de vie qui lui font se confondre des hoquets de désirs avec des signes d’amour.
Sous le trou de son pull, sa chair parfois frémit. Elle se veut tant donneuse qu’à force de se mouiller, elle assèche le mâle. A chaque fois, Tess se trompe, et comme une éléphante, s'en va mourir un peu en s’effaçant du vit trop pressé de l'aimer sans voir l'entaille qui bée dans son cœur ploum.
L'accroc ne saigne pas. Il est sage. Tess a su le dompter même si toujours il ronge le tréfonds de sa marne.
Hier, en marchant dans un parc, Tess a croisé le regard de Raoul.
(Tess et Raoul, extrait de Accroc)
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LeBateauIvreLeBateauIvre27 mai 2015
Rien n'y faisait pourtant, mes houseaux trop pleins me faisaient le corps chaud et l’âme froide comme un placide glaçon de lave. Ça figeait sur mes lèvres un sourire pétrifié qu’on aurait dit rictus. Ma grange s’effondrait, mon blé avait été haché, je n’étais plus que marbre, mais un marbre vent de mer où poussait déjà une vague nouvelle.
Bientôt la grange fut cendres. Alors, nue, au-dessus de la margelle, j’ai vidé mes houseaux dans le puits et suis partie légère vers l’aurore. Son index me fit des signes auxquels jamais encore je n'avais répondu. Sous la plante de mes pieds la rosée fraîche de l'herbe vint inonder mon âme comme un nouveau baptême.
(Breuilles, extrait de Lune grosse)
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