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ISBN : 2330109652
Éditeur : Actes Sud (03/10/2018)

Note moyenne : 4.47/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Quand Salina meurt, il revient à son fils, qui a grandi seul avec elle dans le désert, de raconter son histoire, celle d'une femme de larmes, de vengeance et de flamme. Laurent Gaudé réinvente les mythes pour écrire le geste d'une héroïne lumineuse et sauvage.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
TerrainsVagues
  07 octobre 2018
Salina les trois exils ou les bienfaits du recyclage.
Le théâtre ayant probablement encore moins d'adeptes que la poésie chez les visiteurs de librairies, Laurent Gaudé et Actes Sud ont fait de cette pièce un roman. Excellente idée, comme si souvent chez l'auteur et l'éditeur.
Je n'ai jamais aimé qu'on me raconte des histoires. Tout petit déjà, pour m'endormir, ce n'était pas mon truc. Ca ne s'est pas arrangé avec l'âge bien que… si on y met quelques formes…
Bon, Laurent Gaudé a cette écriture qui me parle associée aux indignations qui me chatouillent. Je pense qu'il pourrait me lire ou me réécrire les pages jaunes de la Creuse en réussissant à me captiver. Mon objectivité est donc mise à rude épreuve, c'est vrai. Bref, Gaudé, c'est top.
Ai-je besoin de préciser que j'ai adoré ce bouquin ? Ai-je besoin de préciser que j'aime que Laurent Gaudé me raconte une histoire ?
J'ai aimé avoir cette impression d'être au coin du feu à écouter l'ancien, d'avoir la sensation que le temps s'est arrêté pour laisser à la nuit, le temps qu'il faut à une vie pour se répandre. Et puis ce sentiment que chaque virgule est une apnée, chaque point un sursis, quel pied !!!
En fait d'ancien, dans Salina c'est plutôt un ancien depuis moins longtemps que d'autres qui raconte mais le résultat est le même. L'Afrique, ce continent qui m'a toujours attiré, m'a happé dès la première page. Entre conte et légende, l'envoutement a été total. Je me suis vu sur une barque de pêcheur, écoutant parmi les autres, l'histoire de Salina racontée par Malaka. Malaka, lui « fils de l'énigme » en route pour porter sa mère vers sa dernière demeure sur l'île cimetière.
« Moi, Malaka, fils élevé dans le désert par une mère qui parlait aux pierres, je vais raconter Salina, la femme aux trois exils. Je vais dire ma mère qui gît là au fond de la barque, et le monde qui apparaîtra sera fait de poussière et de cris. »
« Moi, Malaka, venu de si loin pour vous porter ma mère, je dois raconter maintenant le temps qui passe, inutile. Les heures de désoeuvrement et d'errance. Salina n'est plus rien pour personne. C'est de ce jour qu'elle commence à parler aux pierres, à haranguer les serpents. C'est de ce jour l'éclipse de son esprit, parfois, qui lui fait maudire les étoiles. »
Entre ces deux citations, une vie, la condition féminine, des traditions, une vengeance, le tout porté par une écriture qui correspond à mes attentes. le sujet est dur, violent mais rien n'est gratuit. Chaque mot est nécessaire, chaque mot est à sa place. Ce texte est empreint de poésie, comme un baume apaisant la rage de Salina.
Trois exils, trois ex ils… encore une perle.
S'il te plait Malaka, dessine-moi encore Salina.
S'il te plait m'sieur Gaudé, dessine-moi d'autres lettres sur d'autres pages.
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jeunejane
  19 octobre 2018
Le conte commence par un bébé-malheur venu de loin, arraché à sa mère et déposé par un cavalier dans le village des Djimba. le bébé pleure, crie. personne ne bronche.
Approchent les hyènes...vont-elles manger l'enfant? Elles reculent.
C'est à ce moment que Mamambala s'approche et offre son sein à l'enfant, une petite fille à qui elle donne le prénom de Salina en raison des larmes innombrables qu'elle a versées dans un soleil brûlant et la poussière.
Nous retrouvons Salina à la fin de sa vie. Son fils Malaka va l'emmener au-delà du grand mont Tadma. Elle meurt en route.
Pour pouvoir accéder aux portes du cimetière situé sur une île, il va devoir raconter la vie de sa mère à Darzagar et à d'autres accompagnants sur des barques.
Une vie douloureuse dans les cris, la poussière, la violence, l'amour d'une mère qui a eu trois enfants.
Laurent Gaudé nous raconte l'histoire de Salina avec des mots magnifiques qu'on a tendance à relire plusieurs fois.
Cependant, certaines scènes sont cruelles envers les femmes et pas seulement mais certaines régions d'Afrique vivent encore dans cet état. L'auteur ne situe pas géographiquement son récit.
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AudreyT
  19 octobre 2018
*****
Salina... La femme aux 3 exils. La femme aux 3 fils. Celle qui vient de nulle part, épargnée par les hyènes, recueillie par Mamandala dans un village perdu au milieu du désert et des pierres. Salina qui grandit, tombe amoureuse de Kano, et devient femme. C'est alors qu'on lui vole sa vie, sa liberté, sa joie de vivre. En épousant Sano, le fils du chef de clan, elle perd tout... Bannie quelques années plus tard, elle va devenir colère et vengeance...
Le dernier roman de Laurent Gaudé est un bijou à l'état brut, pur et sans défaut. J'en vois déjà sourire, et ce dire qu'une fois encore je ne suis pas objective... Parce que Laurent Gaudé est un auteur dont les mots résonnent, sonnent et envoûtent...
Il est question ici d'une femme, Salina, que les hommes salissent, bannissent et écrasent. Mais c'est une femme au courage et à la force exemplaire. Elle ne courbera pas le dos, ne baissera pas la tête et se relèvera.
Les mots et l'écriture de Laurent Gaudé ne servent qu'à lui rendre hommage et faire entendre sa voix par delà les dunes et le temps.
C'est au fond d'une barque que nous écoutons Malaka, son fils, nous conter son histoire et pleurer sur sa vie de solitude et de souffrance...
Laurent Gaudé est bien plus qu'un conteur, bien plus qu'un écrivain... Ses mots sont une caresse sur nos âmes de lecteurs... et je l'en remercie intensément !
Lien : https://lire-et-vous.fr/2018..
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Pachy
  06 octobre 2018

Il y a eu la pièce, voilà le roman
J'ai utilisé moult qualificatif dans les critiques que j'ai laissées au fil de mes lectures. Cette fois je vais aller plus et dire que ce roman m'a secoué. ‘Eldorado' m'avait remué les sens mais celui-ci m'a secoué, ému, passionné, envoûté.
Les dix à quinze dernières pages de la fin m'ont anéanti. J'ai eu la vision de cette histoire de Salina portée à l'écran avec une fin grandiose et tellement émouvante. Même vous en parler, je ne trouve pas les mots. J'ai regretté, à la 148e page de n'être pas réalisateur de film.
Les trois exils de Salina que Malaka nous conte. On ne sait pas et il n'y a pas besoin de le savoir. Ce que l'on sait c'est que c'est un coin de la planète où vivre se mérite. le désert, la chaîne de sommets enneigée et le bord de l'océan. En Afrique ? La couverture du livre ne cadre pas du tout avec l'image que je me fais de Salina et encore moins de là où je pourrais la placer.
C'est un récit de village, de clan avec ses croyances et se traditions. le roi et la reine du village, les enfants mâles qui succéderont s'ils ne sont pas tués lors d'une guerre de clans. Les mariages forcés décidés par le roi. L'exil prononcé d'une façon irrévocable que tout le monde acceptera par craint. Tout cela, Salina le portera comme un fardeau qui la rendra de plus en plus forte.
Laurent Gaudé est un magicien mais il ne fera croire à personne qu'il a tout inventé. Il utilise, le malin, tout ce qu'il a amassé de ses voyages, de ses lectures. Il nous les ressert avec une telle habileté et beauté d'écriture que l'on est persuadé que Salina a existé, les villages ont existés, les coutumes rudes et passées d'âge ont existées. Eh bien restons persuadés que oui, tout cela a un fond de réalisme, de vérité
Quel beau roman. S'il ne ramasse pas un ou plusieurs prix littéraire, je ne comprendrai pas.
Je vais longtemps garder ces noms dans ma mémoire ; Salina, Malaka, Sissoko, Darzagal, Kano……Alika.
Laurent Gaudé, au fil de ses roman gagne en poésie.
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lau2201
  21 août 2018
Tout le monde le sait, j'aime beaucoup beaucoup Laurent Gaudé, c'est mon écrivain français vivant préféré. Mais ici, j'ai été déçue, essentiellement par le thème abordé. Il s'agit de l'histoire intemporelle, dans une Afrique fantasmée, d'une femme victime de sa condition et des événements. Débarquée dans une tribu venant d'on ne sait où, mariée de force à un homme qu'elle n'aime pas et qui la brise, mère d'un enfant qu'elle renie, elle finira en exil. Elle ruminera sa colère et sa vengeance… A sa mort, son troisième fils se charge de lui trouver une sépulture, mais il doit conter son histoire pour savoir si le cimetière l'accepte ou pas.
L'histoire ne m'a pas vraiment intéressée, ces combats entre hommes, ces luttes entre femmes, dans un décor de légende. Les personnages de Gaudé ont d'habitude plus d'humanité, à moins qu'il n'ait voulu démontrer par l'absurde la folie de l'adage : ce qui ne te tue pas te rend plus fort. Car à chaque coup qu'elle reçoit, Salina s'effrite, s'assèche, jusqu'à ne plus être qu'une boule de colère et de haine, sans aucune possibilité de rachat.
Heureusement, il y a la langue de Laurent Gaudé, sa puissance d'évocation (d'invocation), notamment sonore, et tout son savoir-faire de conteur. Toutefois, j'aurais vraiment attendu un livre plus ancré dans le réel et dans l'actualité. (Je préfère d'ailleurs sa veine plus moderne, Eldorado, Ouragan ou Danser les ombres.) Rendez-vous manqué pour moi, et j'en suis bien triste.
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critiques presse (1)
Lexpress   18 octobre 2018
Le dixième roman de Laurent Gaudé a la pureté toute simple des tragédies antiques, surchauffées par la hargne incendiaire d'une pétroleuse. En pointillé, il rappelle que les défunts ne continuent d'exister que si l'on s'en souvient.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
jeunejanejeunejane   19 octobre 2018
" Moi, Malaka, reprend-il, fils des longues veillées du désert, je le dis devant vous : je ne sais pas qui était cet enfant. J'y ai souvent pensé. Lorsque j'étais jeune, sur les marchés des caravansérails, j'ai entendu parler des "enfants-malheur" Dans le royaume des lacs, il y a , paraît-il cette tradition pour calmer la voracité du mauvais destin : choisir des enfants du clan et les perdre.
Commenter  J’apprécie          150
SbllySblly   18 octobre 2018
Le corps a été descendu avec précaution. Il est
rendu aux bras de la famille. Il y aura une histoire
de cette mort que l’on se racontera – accident ou
combat. Il y aura des questions, des récits répétés
mille fois, pour répondre à la soif inextinguible des
proches, qui veulent connaître chaque détail. Il y aura
des veillées pour célébrer celui dont la vie a été prise
dans les dunes mais elle ne les connaîtra pas. Ce sera
plus tard, lorsqu’elle sera déjà partie.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
SbllySblly   18 octobre 2018
Au tout début de sa vie, dans ces jours d’origine où
la matière est encore indistincte, où tout n’est que
chair, bruits sourds, pulsations, veines qui battent
et souffle qui cherche son chemin, dans ces heures
où la vie n’est pas encore sûre, où tout peut renoncer
et s’éteindre, il y a ce cri, si lointain, si étrange
que l’on pourrait croire que la montagne gémit,
lassée de sa propre immobilité. Les femmes lèvent
la tête et se figent, inquiètes. Elles hésitent, ne sont
pas certaines d’avoir bien entendu, et pourtant cela
recommence : au loin, vers la montagne Tadma que
l’on ne franchit pas, un bébé pleure. Est-ce qu’elles
sentent, les femmes du clan Djimba, à cet instant,
tout ce que contient ce cri ? Le sang qu’il porte en
lui ? Les convulsions, les corps meurtris, les bannissements
et la rage ? Est-ce qu’elles sentent que
quelque chose commence avec ce tout petit cri à
peine identifiable, quelque chose qui ne va pas cesser
de grandir jusqu’à tout renverser ?
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PiatkaPiatka   15 octobre 2018
Il écoutait tout, avec avidité, sidéré qu’il puisse y avoir tant de mots dans cette femme. Que sa mère qui ne vivait rien d’autre que ces journées longues passées à ses côtés, ces journées de marche, de campement, de survie, ait pu avoir une vie si pleine de blessures et de fracas. Il a cru parfois qu’elle inventait, mais ce sentiment a vite disparu. Elle avait dans la voix des fêlures qui ne mentent pas, quelque chose en elle se brisait parfois.
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jeunejanejeunejane   19 octobre 2018
" Par le sel de ces larmes dont tu as couvert la terre, je t'appelle Salina." Et seulement alors comme si elles avaient attendu de connaître son nom, les hyènes repartent, laissent ce petit bout de chair aux hommes...
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