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ISBN : 2330109652
Éditeur : Actes Sud (03/10/2018)

Note moyenne : 4.45/5 (sur 88 notes)
Résumé :
Qui dira l’histoire de Salina, la mère aux trois fils, la femme aux trois exils, l’enfant abandonnée aux larmes de sel ? Elle fut recueillie par Mamambala et élevée comme sa fille dans un clan qui jamais ne la vit autrement qu’étrangère et qui voulut la soumettre. Au soir de son existence, c’est son dernier fils qui raconte ce qu’elle a été, afin que la mort lui offre le repos que la vie lui a défendu, afin que le récit devienne l... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
TerrainsVagues
  07 octobre 2018
Salina les trois exils ou les bienfaits du recyclage.
Le théâtre ayant probablement encore moins d'adeptes que la poésie chez les visiteurs de librairies, Laurent Gaudé et Actes Sud ont fait de cette pièce un roman. Excellente idée, comme si souvent chez l'auteur et l'éditeur.
Je n'ai jamais aimé qu'on me raconte des histoires. Tout petit déjà, pour m'endormir, ce n'était pas mon truc. Ca ne s'est pas arrangé avec l'âge bien que… si on y met quelques formes…
Bon, Laurent Gaudé a cette écriture qui me parle associée aux indignations qui me chatouillent. Je pense qu'il pourrait me lire ou me réécrire les pages jaunes de la Creuse en réussissant à me captiver. Mon objectivité est donc mise à rude épreuve, c'est vrai. Bref, Gaudé, c'est top.
Ai-je besoin de préciser que j'ai adoré ce bouquin ? Ai-je besoin de préciser que j'aime que Laurent Gaudé me raconte une histoire ?
J'ai aimé avoir cette impression d'être au coin du feu à écouter l'ancien, d'avoir la sensation que le temps s'est arrêté pour laisser à la nuit, le temps qu'il faut à une vie pour se répandre. Et puis ce sentiment que chaque virgule est une apnée, chaque point un sursis, quel pied !!!
En fait d'ancien, dans Salina c'est plutôt un ancien depuis moins longtemps que d'autres qui raconte mais le résultat est le même. L'Afrique, ce continent qui m'a toujours attiré, m'a happé dès la première page. Entre conte et légende, l'envoutement a été total. Je me suis vu sur une barque de pêcheur, écoutant parmi les autres, l'histoire de Salina racontée par Malaka. Malaka, lui « fils de l'énigme » en route pour porter sa mère vers sa dernière demeure sur l'île cimetière.
« Moi, Malaka, fils élevé dans le désert par une mère qui parlait aux pierres, je vais raconter Salina, la femme aux trois exils. Je vais dire ma mère qui gît là au fond de la barque, et le monde qui apparaîtra sera fait de poussière et de cris. »
« Moi, Malaka, venu de si loin pour vous porter ma mère, je dois raconter maintenant le temps qui passe, inutile. Les heures de désoeuvrement et d'errance. Salina n'est plus rien pour personne. C'est de ce jour qu'elle commence à parler aux pierres, à haranguer les serpents. C'est de ce jour l'éclipse de son esprit, parfois, qui lui fait maudire les étoiles. »
Entre ces deux citations, une vie, la condition féminine, des traditions, une vengeance, le tout porté par une écriture qui correspond à mes attentes. le sujet est dur, violent mais rien n'est gratuit. Chaque mot est nécessaire, chaque mot est à sa place. Ce texte est empreint de poésie, comme un baume apaisant la rage de Salina.
Trois exils, trois ex ils… encore une perle.
S'il te plait Malaka, dessine-moi encore Salina.
S'il te plait m'sieur Gaudé, dessine-moi d'autres lettres sur d'autres pages.
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Merik
  21 octobre 2018
Un début avec un cavalier qui surgit de nulle part et arrive dans un village, ça vous rappelle pas quelque chose ? « Le soleil des Scorta » de Laurent Gaudé bien sûr. Mais la comparaison s'arrête là avec son roman culte, il faut plutôt voir du côté de « La mort du roi Tsongor » pour les comparaisons, et le genre surtout. Un conte moderne, une fable mythique, peu importe le qualificatif, on est embarqué dans la maîtrise de l'écrivain conteur.
Un bébé empli de cris du désert est donc déposé par ce cavalier mystérieux devant des villageois médusés, circonspects et dubitatifs.Sissoko Djimba ordonne de laisser faire le cours des choses sans devenir acteur, la chaleur accablante finira bien par faire taire cet avorton de chairs hystérique. Ou les hyènes une fois le soleil vaincu. C'est finalement Mamambala qui défiera les ordres, nommera Salina et l'allaitera. le début d'une intégration défaillante, d'une vie de souffrance et de violence, d'une épopée de vengeance. Tout cela est conté bien plus tard par un de ses fils pour trouver un endroit décent à la dépouille de Salina.
Pas grand chose à dire, c'est admirable comme souvent avec Laurent Gaudé. Captivant, parfait, académique presque. Juste un peu court peut-être, on est à peine entré dans cette histoire fabuleuse que c'est déjà fini.
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gouelan
  03 décembre 2018
Ce roman nous plonge dans un récit de poussières et de cris. Malaka se fait conteur, lui le dernier fils de Salina, celui qui fera de sa mère une légende.
Salina, bébé abandonné aux larmes de sel à l'entrée du village, trouvera pour seul réconfort les hyènes et les bras de Mamambala. Elle sera toute sa vie l'étrangère, celle qui résiste à la soumission, à la cruauté du clan.
Brisée, condamnée à l'exil, elle continuera d'avancer, avec la colère et la vengeance comme guides. Elle sera comme une tempête de sable, un rocher du désert, sauvage et forte.
Cette chaîne de voix qui conte à travers Malaka, porte tous les cris qui habitaient Salina, ses trois exils, et aussi l'amour qui sauve de tout, apaise les esprits, met fin à la guerre.
Le récit de Salina est emporté par la mémoire des auditeurs, dans le vent, dans la poussière du désert, dans les vagues. Il devient un chant de résistance et d'espoir, pour toutes les femmes brisées, soumises, piétinées.

Malaka, le dernier fils, poursuivra sa route après avoir fait éclore la légende de Salina. « Tout s'achève et tout commence en même temps. »
Un récit envoûtant, déchirant, à la voix de sable du désert, de sang et de sel. On marche dans les pas du conteur.
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spleen
  05 décembre 2018
Trois exils ,comme une trinité évoquant d'abord pour moi, la naissance, la maternité et la mort , même si pour les deux premières ce ne sont pas toujours les événements biologiques qui sont fondateurs ...
Un fils raconte l'histoire de sa mère , Salina , pour qu'elle repose dans un cimetière qui évoque à la fois celui de l'ile de San Michele dans la lagune de Venise et le passage du Styx dans la barque de Charon ...
Un magnifique récit sous forme de conte comme Laurent Gaudé sait si bien le faire , dans une contrée aride avec des femmes souvent plus puissantes par leurs actes , leur bravoure et leur sagesse que les guerriers qui n'agissent que par la violence aveugle et le pouvoir .
J'ai été envoutée par la magie des mots .
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AudreyT
  19 octobre 2018
*****
Salina... La femme aux 3 exils. La femme aux 3 fils. Celle qui vient de nulle part, épargnée par les hyènes, recueillie par Mamandala dans un village perdu au milieu du désert et des pierres. Salina qui grandit, tombe amoureuse de Kano, et devient femme. C'est alors qu'on lui vole sa vie, sa liberté, sa joie de vivre. En épousant Sano, le fils du chef de clan, elle perd tout... Bannie quelques années plus tard, elle va devenir colère et vengeance...
Le dernier roman de Laurent Gaudé est un bijou à l'état brut, pur et sans défaut. J'en vois déjà sourire, et ce dire qu'une fois encore je ne suis pas objective... Parce que Laurent Gaudé est un auteur dont les mots résonnent, sonnent et envoûtent...
Il est question ici d'une femme, Salina, que les hommes salissent, bannissent et écrasent. Mais c'est une femme au courage et à la force exemplaire. Elle ne courbera pas le dos, ne baissera pas la tête et se relèvera.
Les mots et l'écriture de Laurent Gaudé ne servent qu'à lui rendre hommage et faire entendre sa voix par delà les dunes et le temps.
C'est au fond d'une barque que nous écoutons Malaka, son fils, nous conter son histoire et pleurer sur sa vie de solitude et de souffrance...
Laurent Gaudé est bien plus qu'un conteur, bien plus qu'un écrivain... Ses mots sont une caresse sur nos âmes de lecteurs... et je l'en remercie intensément !
Lien : https://lire-et-vous.fr/2018..
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critiques presse (2)
LaCroix   30 novembre 2018
À travers le récit de la vengeance d’une femme blessée, l’écrivain Laurent Gaudé célèbre la puissance du verbe.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Lexpress   18 octobre 2018
Le dixième roman de Laurent Gaudé a la pureté toute simple des tragédies antiques, surchauffées par la hargne incendiaire d'une pétroleuse. En pointillé, il rappelle que les défunts ne continuent d'exister que si l'on s'en souvient.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
siouxiesiouxie   10 décembre 2018
Quelque chose prend vie dans ces jours de solitude. Elle va et vient et son ventre grossit encore. Il ne lui faut pas neuf mois pour accoucher de ce qu'elle porte, mais neuf jours. Et au terme du neuvième jour d'exil, elle s'assoit à la renverse sur une dune de sable, et ce qui croissait en elle peut enfin sortir.Elle crie comme une femme qui accouche, les jambes ouvertes dégoulinante de sueur. Elle pousse de toutes ses forces et donne vie à son enfant colère.
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gouelangouelan   03 décembre 2018
Elle sait, elle, que la vie se soucie peu de la volonté des hommes, qu'elle décide à leur place, impose, écarte les chemins qu'on aurait voulu explorer et affaiblit ce qu'on croyait éternel.
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gouelangouelan   03 décembre 2018
"Tu m'enterreras sous cette dune et pour l'éternité je sentirai le roulement doux du sable. Les dunes avancent, tu sais, comme des navires lents et elles m’emmèneront avec elles..."

p.114
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gouelangouelan   03 décembre 2018
Moi, Malaka, fils d'une longue chaîne de voix, je reprends les récits d'avant ma vie et de bouche en bouche, de veillée en veillée, je vous fait parvenir ce que fut cette journée. Ne vous fiez pas à ma solitude, nous sommes nombreux dans cette barque : tout un monde se présente à vous par ma voix."
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letilleulletilleul   02 décembre 2018
Elle s’était juré de le faire lorsqu’il était encore un nouveau-né. Malgré sa peur et ses réticences de mère, elle s’était juré de l’arracher régulièrement à ses propres bras. C’est ce qu’elle a toujours appelé “le serment d’Alika”. Aujourd’hui, elle sent qu’il n’a plus besoin d’autres voyages. Il est prêt. Il sait ce qu’il doit savoir. Alors, lorsqu’il se tait, lorsque la nuit est tombée et que les chèvres se sont regroupées, serrées les unes contre les autres en prévision du froid qui va descendre des montagnes, elle le regarde et lui dit simplement : “Demain, nous partirons.” Elle le dit avec une voix qui ne laisse aucun doute. Il n’est pas besoin de préciser ni où ni pourquoi. Il comprend que ce qu’ils vont quitter demain, ce ne sont pas seulement ces terres de cailloux, cette vieille hutte où s’entassent des objets d’exil et les montagnes alentour, c’est leur vie même.
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Videos de Laurent Gaudé (67) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Laurent Gaudé
Entretien animé par Maya Michalon Lecture par Ariane Ascaride.
D?Alexandre le Grand aux migrants de Lampedusa, de l?Afrique mythique au tremblement de terre d?Haïti, d?Hannibal le Carthaginois au terrorisme islamique, Laurent Gaudé entremêle dans son ?uvre les siècles et les continents, les guerres et les catastrophes, pour mieux révéler les convulsions et les possibles de notre temps. Cet écrivain n?a de cesse, au fil de ses récits, de mettre ses idées humanistes à l?épreuve de la fiction et de plonger avec douceur dans l?horreur du réel.
Dramaturge, romancier, nouvelliste, poète, il s?empare de l?écriture sous toutes ses formes afin d?explorer le vaste territoire de l?imaginaire. Prix Goncourt des lycéens et Prix des libraires pour La Mort du roi Tsongor en 2002, prix Goncourt en 2004 pour le Soleil des Scorta (traduit dans 34 pays), Laurent Gaudé est aujourd?hui l?un des plus grands écrivains français qui figure dans les programmes scolaires et enchaîne les succès en librairie.
Sur la scène de la Criée, avec la générosité qui le caractérise, il convie la comédienne Ariane Ascaride à lire ses textes, et le photographe Gaël Turine à projeter une série d?images réalisées en Haïti au cours d?un voyage commun qui l?a profondément marqué. Il évoquera sa passion pour le théâtre, son goût pour les voyages, mais aussi ses convictions et ses engagements, en premier lieu pour SOS Méditerranée et la question des migrants qu?il avait abordée dans son roman Eldorado, une ?uvre visionnaire, écrite il y a plus de dix ans. Un grand entretien tourné vers l?ailleurs et vers cet Autre que Laurent Gaudé sait si bien décrire en jonglant avec le pouvoir narratif de l?Histoire et la sonorité poétique d?une langue qui lui est propre. _
En savoir plus : ohlesbeauxjours.fr
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