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ISBN : 2021342786
Éditeur : Seuil (04/01/2017)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 50 notes)
Résumé :
Est-on sûr de la bienveillance apparente qui entoure la traditionnelle question de fin d'été : " Et... vous avez eu beau temps ? " Surtout quand notre teint pâlichon trahit sans nul doute quinze jours de pluie à Gérardmer...

Aux malotrus qui nous prennent de court avec leur " On peut peut-être se tutoyer ? ", qu'est-il permis de répondre vraiment ?

À la ville comme au village, Philippe Delerm écoute et regarde la comédie humaine, pour g... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
Nastie92
  11 février 2018
J'ai eu la chance de participer en janvier à la rencontre avec Philippe Delerm organisée par Babelio, que je remercie chaleureusement. Je remercie également les éditions du Seuil pour l'envoi de ce livre.
Philippe Delerm est un homme calme, posé, apaisant. L'écouter fait du bien, et la rencontre fut très agréable.
Le "recueil de textes courts" comme il l'appelle, est un genre que Philippe Delerm affectionne et explore depuis de nombreuses années.
Personnellement, j'ai découvert cet auteur avec sa première gorgée de bière, et j'ai lu depuis un certain nombre de ses recueils. Toujours avec plaisir.
J'aime sa façon de décortiquer un mot, un petit bout d'expression, pour en tirer la substantifique moelle et nous faire découvrir la langue que nous utilisons sous un jour nouveau. J'aime sa façon de mettre le doigt (pardon, la plume !) juste là où il faut. J'aime sa façon de souligner le petit détail qui jusque-là nous avait paru insignifiant.
Certains esprits grincheux vous diront que c'est facile, que c'est répétitif, que Philippe Delerm n'invente rien, qu'il use jusqu'à la corde un procédé simple : qu'ils s'y mettent donc ! J'aimerais bien les voir à l'oeuvre.
Et vous avez eu beau temps se lit comme ses grands frères : par petits bouts, en picorant de-ci de-là comme on pioche dans un paquet de bonbons.
Si je l'ai trouvé un peu moins inspiré que La première gorgée de bière, j'ai eu tout de même beaucoup de plaisir à le parcourir.
Philippe Delerm est un auteur attachant et sensible. Sa définition du bonheur résume bien le personnage : "Le bonheur, c'est d'avoir quelqu'un à perdre." Joli, non ?
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babel95
  04 février 2018
La conversation… un échange de phrases simples, presque banales, sans grand enjeu. Vraiment ? Philippe Delerm, dans Et vous avez eu beau temps ? s'attache à reprendre quelques unes de ces expressions dont nous émaillons nos conversations quotidiennes. Ils nous montre ce qu'elles cachent, ce qu'elles révèlent de nous et de nos belles intentions. L'expression est introduite grâce à une petite histoire dont il a le secret : une rencontre avec une lectrice, une visite à une vieille dame, la queue chez un commerçant… Puis soudainement, il frappe ! il dévoile le coupable, celui qui avançait masqué, qui jalouse, qui commente… L'expression est démasquée ; on comprend brusquement et on ne se laisse plus prendre à ces paroles à double sens – jusqu'à la prochaine fois…. On fera attention nous-même, lorsqu'on sera tenté d'employer ces phrases sournoises « il faudrait les noter », « en même temps je peux comprendre »… et « je reviens vers vous » - promis, c'est fini, cette dernière expression est rayée de la carte....
Et vous avez eu beau temps ? est un petit livre qui se lit rapidement. Les petites histoires sont courtes, agréables, on s'interroge, mais on rit et on s'émeut aussi. Ma préférée s'intitule : Il va partir en Australie – une dame fait dédicacer un livre pour son fils qui va bientôt s'éloigner et qui emportera avec lui "une façon de voir la vie".
Dans tous ces instantanés, on retrouve la « griffe » de Delerm, un style, une écriture choisie – et un regard particulier plein de bienveillance.
Une belle lecture.
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lucia-lilas
  09 janvier 2018
Il y a quelque chose des petites maximes cinglantes, lucides et désabusées des moralistes du XVIIe et du XVIIIe dans ce dernier Delerm, je pense à La Bruyère décrivant la comédie du courtisan, son hypocrisie légendaire, son amour-propre maladif, ou bien à La Rochefoucauld ou à Chamfort.
Ah, triste nature humaine qui nous conduit à demander, d'un air de ne pas y toucher, au voisin un brin pâlot qui nous raconte ses souvenirs d'été en Bretagne : « Et vous avez eu beau temps ? » Tiens, prends-toi ça dans la tronche, mon ami ! Ça t'a plu malgré les 18 degrés de fin d'après-midi, la petite pluie fine et incessante qui finit par traverser le K.Way et la baignade dans une eau claire et transparente… à 16 degrés ? (Je sais de quoi je parle, croyez-moi, je le vis tous les ans, pour mon plus grand plaisir, na!) Et en plus, pourquoi ne pas ajouter, histoire de l'achever, tandis qu'il vous raconte maintenant son excursion sur l'île d'Ouessant : « Et vous êtes allés à la Pointe ? » (de Pern, bien entendu), sous-entendu, si c'est non, bien sûr, vous avez loupé le plus beau… « La Pointe. On pourrait penser qu'au long du port ou sur la plage on est déjà à une extrémité du territoire. Mais non. Il y a toujours un bout du bout en plus, un ailleurs, un absolu que d'autres maîtrisent surtout pour le plaisir sans égal de vous y avoir précédés. » Ah, « la perfidie ordinaire des petites phrases », celles que l'on prononce comme ça, en passant, sans y toucher, sans même avoir la volonté consciente de titiller son prochain.
Il y a les petites phrases hypocrites qui veulent nous faire passer pour quelqu'un de bien : « Vous étiez avant moi » : regardez comme je suis honnête, « En même temps, je peux comprendre » : espèce de sale hypocrite incapable de se ranger dans un camp, et le fameux « J'dis ça, j'dis rien » qui me ferait tordre le cou à tous ceux qui le prononcent devant moi !, « Nous allons vous laisser » : on serait bien resté une heure de plus mais vous semblez fatigué…oh, fausse bienveillance... ça fait déjà deux heures qu'on s'emmerde avec vous et on n'en peut plus. Aahh ! Quelle horreur, ces petites phrases que l'on sort à tout bout de champ, sans même nous en rendre compte, espèces de tics de langage, de couteau suisse de la parole que l'on tient prêt pour la moindre occasion…
Philippe Delerm a le génie pour observer, décortiquer toutes ces formules de rien du tout qui en disent tant sur nous, ce que nous sommes, il nous tend un miroir, son analyse est toujours très juste : on passe son temps à se dire: oui, c'est exactement ça… on a presque honte de se reconnaître, d'être dévoilé, mis à jour.
Nous retrouvons ici tout ce qui fait l'humain : notre besoin de paraître « Là encore j'en ai perdu ! », nos excuses bidon « Je le lis chez ma coiffeuse », nos angoisses « Passez un texto en arrivant », nos radotages « Ils n'articulent plus maintenant ! » (c'est tellement vrai… et comme en plus je deviens sourde...), nos déclarations pleines d'assurance « Je préfère Gand à Bruges », nos protestations vertueuses et lourdingues contre l'hypocrisie « Moi, je ne sais pas faire » (entendez : moi, je dis les choses, je suis courageux - il ne s'agit pas d'avouer bien entendu qu'on ne sait pas planter un clou ou allumer un ordi car dans ce cas, on se tait!), nos prétéritions « C'est pas pour dire mais... » (et que je lâche tout ce que j'ai à te dire...), nos mensonges « Je faisais onze secondes au cent mètres » (tiens, ça me rappelle quelqu'un...), nos insultes : « Abruti, va ! » (là, on se sent fort dans sa voiture, vitres fermées!), nos platitudes : « Ça pousse et ça vous pousse » : ici, on touche le fond du fond, on a rencontré la nourrice de notre dernier qui a maintenant du poil au menton (le dernier, pas la nourrice!) et l'on n'a vraiment rien de rien à se dire… Heureusement que la petite phrase vole à notre secours !
Il faut lire entre les mots, entre les lignes, savoir écouter la musique de la phrase, cette petite intonation réconfortante, inquiète ou condescendante qui se trouve cachée, là, derrière une petite conjonction de coordination, un petit silence, une interrogation à peine marquée (parce qu'au fond, on connaît la réponse…)
Et Philippe Delerm, ça, il sait faire ! Il a écouté, réécouté, examiné, scruté, mis à nu, disséqué et si bien senti tout ce que l'on met de nous derrière ces petites phrases anodines et ce qu'il en dit est tellement juste ! Et tellement drôle aussi...
Ces petites phrases-clés de notre comédie humaine ont leur place partout, chez le boulanger, dans la rue, chez les amis, chez nous, elles sont destinées à tous ceux qui nous entourent : les enfants, les parents, les voisins, les amis, le patron, le collègue : elles ont quelque chose d'universel. Après la lecture de ce livre, vous ne les entendrez plus de la même façon au point que vous oserez peut-être même à peine les prononcer car ce sera devenu pour vous...« juste insupportable » !
Lien : http://lireaulit.blogspot.fr/
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ValerieLacaille
  28 janvier 2018
J'avoue, je n'ai rien lu de Philippe Delerm depuis La Première Gorgée de bière et autres plaisirs minuscules, paru en 1997 (déjà!). J'avais failli craquer sur Les Eaux troubles du mojito, il y a trois ans, mais je n'avais pas cédé à l'envie, finalement.
Peut-être aurais-je dû?
En tout cas, avec Et vous avez eu beau temps? je peux vous assurer avoir passé de bons moments à me délecter de ces petits phrases assassines que l'on autant au quotidien, que Philippe Delerm décortique afin de rendre explicite tout ce qu'elles sous-entendent! Toutefois, il vaut mieux lire ce recueil à petites doses répétées car il faut reconnaître que cette façon de passer du coq à l'âne toutes les deux pages tend à lasser.
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mosaique92
  30 janvier 2018
Philippe Delerm décortique dans ce recueil des lieux communs que nous utilisons quotidiennement (ou presque) ; miroir drôle et cruel qui nous renvoie une image souvent peu flatteuse.
Voici deux dialogues imaginés avec la plupart de ces lieux communs…
(Dialogue avec un ami)
- ‘'Tu n'as pas lu «Au-dessus du volcan» ?''
- ‘'Je le lis chez ma coiffeuse''
- ‘'Je crois que je vais faire encore avant toi''
- ‘'Tais toi, tu vas dire des bêtises''
- ‘'J'ai raison''

-‘'J'te joue d'l'harmonica''
-‘'Ca finit quand ?'', '' C'est juste insupportable'', ‘' Donne-moi ça !''
-‘'Tu es content ?'', ‘'Souris-moi''
- ‘'Abruti, va''

- ‘'Tiens, rends toi utile'', ‘' Et prends-toi quelque chose''
- ‘'Pour être tout-à-fait honnête avec toi'', ‘'C'est pas pour nous''
- ‘'Il y a cette espèce de chose, comme ça''
- ‘'Celui qui l'a fait ne nous l'a pas vendu''

(Dialogue entendu sur le trottoir devant mon immeuble)
- ‘'Bonjour le chien'
- ‘'Oui, mon brave Milou''
- ‘'Là, il sait qu'on parle de lui''

- ‘'Où sont les enfants ?''
- ‘'Il manque le fils Boulingras''
- ''Il n'a pas fait son deuil'' ; ‘'Renvoyé de partout'', ‘'Il va partir en Australie''
- ‘'Je sais pas ce qu'on leur a fait, aux jeunes''
- ‘'Ca pousse et ça nous pousse''
- ‘'Ceux qui n'en ont pas en veulent''
- ‘'En même temps, je peux comprendre''

- ‘'Vous êtes allés à la Pointe ?''
- ‘'Ca c'était l'été 98 !''
- ‘'Je préfère Gand à Bruges''
- ‘'Et vous avez eu beau temps ?''
- ‘'On était bien sous la couette'', ‘'J'dis ça, j'dis rien''

- ‘‘Je faisais onze secondes aux cent mètres'', ‘'Et encore, j'en ai déjà perdu!''
- ‘'Moi, je ne sais pas faire''
- ‘'C'est pas pour dire mais…'' ‘'Il en fallait''. ‘'Un jour, peut-être, vous jouerez là, vous aussi''
- ‘'Vous êtes un type dans mon genre''
- ‘'Vous me flattez''

- ‘'Nous allons vous laisser''
- ‘'N'oubliez pas'', ‘'Chez nous c'est trois''
- ‘'Passez un texto en arrivant''

Lequel d'entre nous peut jurer qu'il n'emploie pas plusieurs de ces lieux communs ? Découvrir leur sens profond fait réfléchir et, personnellement, me fera hésiter à continuer à les employer !!
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critiques presse (4)
LeJournaldeQuebec   16 février 2018
Dans Et vous avez eu beau temps ?, qui vient tout juste de paraître, l’écrivain français Philippe Delerm s’est amusé à traquer toutes les petites phrases du quotidien qui sont loin d’être parfaitement innocentes.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse   02 février 2018
Nos conversations sont truffées de ces formules faussement polies qui frappent parfois en bas de la ceinture, l'air de ne pas y toucher. Dans Et vous avez eu beau temps?, Philippe Delerm s'amuse à les décortiquer et à en comprendre le sens caché.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress   29 janvier 2018
A 67 ans, Philippe Delerm n'a rien perdu de sa popularité. En témoigne le succès de son nouveau recueil, toujours dans une veine malicieuse.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro   26 janvier 2018
L'écrivain publie un recueil savoureux de ces phrases toutes faites qui relèvent de la maladresse ou de la vilénie.

Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
PsychikFabPsychikFab   15 février 2018
"En même temps , je peux comprendre."
Ah! comme vous la haïssez cette compréhension, et plus encore cette équanimité. Oui, votre compagnon a subi le même préjudice que vous, mais il ne stigmatise pas. Il relativise avec un admirable sang-froid. Sa loyauté mentale lui fait envisager le point de vue de l'adversaire.
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Nastie92Nastie92   11 février 2018
Pour l'orateur, les gens de qualité sont ceux qui l'écoutent.
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Marti94Marti94   10 février 2018
Il aimait ça, le Monopoly. Ça lui rappelait des souvenirs d'enfance, des parties interminables avec des cousins, quand il pleuvait, l'été, la banque n'en finissait pas de faire crédit.
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Marti94Marti94   10 février 2018
Il faudrait les noter

"Il y avait un cauchemar dans la chambre, mais je crois qu'il ne m'a pas vu!"
Elle est jolie celle-là, plus émouvante et drôle de sortir de la bouche d'un petit garçon que l'on connaît bien, qu'on aime. C'est peut-être ce qui distingue les phrases cueillis au vol de celles qu'on lit dans un recueil de mots d'enfants. Prononcées par des inconnus, on ne les relie pas à une voix, à un sourire auquel il manque deux dents, à une façon d'être au monde.
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Marti94Marti94   10 février 2018
- Qu'est-ce que tu fais, grand-mère ?
C'est vrai, les mains croisées sur le ventre, elle est la seule à ne revendiquer aucune activité. Un léger sourire, ses mains s'écartent, et la petite phrase vient, rituelle comme la question.
- Moi, mes enfants, je vous regarde.
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Videos de Philippe Delerm (42) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Delerm
Entretien avec Philippe Delerm à l'occasion de la rencontre entre l'auteur et les lecteurs de Babelio.com dans nos locaux, le 31 janvier 2018. Découvrez les 5 mots choisis par l'auteur pour évoquer son nouveau roman "Et vous avez eu beau temps ?"
La page du livre : https://www.babelio.com/livres/Delerm-Et-vous-avez-eu-beau-temps--La-perfidie-ordinaire/1006733
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