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EAN : 9782021342789
176 pages
Seuil (04/01/2017)
3.35/5   273 notes
Résumé :
Est-on sûr de la bienveillance apparente qui entoure la traditionnelle question de fin d'été : " Et... vous avez eu beau temps ? " Surtout quand notre teint pâlichon trahit sans nul doute quinze jours de pluie à Gérardmer...

Aux malotrus qui nous prennent de court avec leur " On peut peut-être se tutoyer ? ", qu'est-il permis de répondre vraiment ?

À la ville comme au village, Philippe Delerm écoute et regarde la comédie humaine, pour g... >Voir plus
Que lire après Et vous avez eu beau temps ? La perfidie ordinaire des petites phrasesVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (95) Voir plus Ajouter une critique
3,35

sur 273 notes
Du Philippe Delerm, des textes courts, ciselés qui décortiquent des expressions familières de la langue française. Il y apporte son regard, parfois ironique, le plus souvent bienveillant et teinté d'autodérision. C'est toujours un plaisir que de passer un peu de temps avec cet auteur qui propose de si agréables voyages littéraires...
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J'ai eu la chance de participer en janvier à la rencontre avec Philippe Delerm organisée par Babelio, que je remercie chaleureusement. Je remercie également les éditions du Seuil pour l'envoi de ce livre.
Philippe Delerm est un homme calme, posé, apaisant. L'écouter fait du bien, et la rencontre fut très agréable.
Le "recueil de textes courts" comme il l'appelle, est un genre que Philippe Delerm affectionne et explore depuis de nombreuses années.
Personnellement, j'ai découvert cet auteur avec sa première gorgée de bière, et j'ai lu depuis un certain nombre de ses recueils. Toujours avec plaisir.
J'aime sa façon de décortiquer un mot, un petit bout d'expression, pour en tirer la substantifique moelle et nous faire découvrir la langue que nous utilisons sous un jour nouveau. J'aime sa façon de mettre le doigt (pardon, la plume !) juste là où il faut. J'aime sa façon de souligner le petit détail qui jusque-là nous avait paru insignifiant.
Certains esprits grincheux vous diront que c'est facile, que c'est répétitif, que Philippe Delerm n'invente rien, qu'il use jusqu'à la corde un procédé simple : qu'ils s'y mettent donc ! J'aimerais bien les voir à l'oeuvre.
Et vous avez eu beau temps se lit comme ses grands frères : par petits bouts, en picorant de-ci de-là comme on pioche dans un paquet de bonbons.
Si je l'ai trouvé un peu moins inspiré que La première gorgée de bière, j'ai eu tout de même beaucoup de plaisir à le parcourir.
Philippe Delerm est un auteur attachant et sensible. Sa définition du bonheur résume bien le personnage : "Le bonheur, c'est d'avoir quelqu'un à perdre." Joli, non ?
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Avec son dernier-né littéraire, le professeur normand rendu célèbre il y a vingt ans pour La première gorgée de bière ne cesse de publier depuis lors avec succès.

Dans Et vous avez eu beau temps ? La perfidie ordinaire des petites phrases il s'offre le plaisir de décortiquer de nombreuses formules langagières toutes faites qui agrémentent nos rapports à la langue française.
Toujours attentif aux instants fragiles, les petites phrases sont recueillies par notre jardinier-grammairien-amateur-de-mots pour notre plus grand bonheur. Chaque court chapitre est une perle de rosée à lire, et à relire pour la délicatesse de son analyse et la joliesse de son dentelée finement.

Ce livre est selon moi un exercice de salubrité publique, car nous y découvrons de multiples usages et subtilités de la langue française afin, peut-être de pouvoir jouer, nous aussi, avec elle. A travers ces quelques pages, V. Delerm évoque également nos travers où notamment l'obséquiosité vire parfois à la perversion, ou l'imbécilité, au choix.

Tel un Doisneau qui nous raconte une histoire mélancolique du quotidien, Delerm éveille nos sens et met à jour une nostalgie qui nous fait du bien, car elle émoustille notre acuité langagière.

Merci Monsieur Delerm !

Lien : http://justelire.fr/et-vous-..
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Des petites rubriques ça et là à la façon des brèves de comptoirs bien que là ce soit sur les expressions, dont on s'aperçoit qu'effectivement on ne les entend plus beaucoup. Les premières m'ont amusée et interpellée comme « C'est pas pour nous » puis je me suis traînée sur les dernières. Des chapitres trop métronomes.
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La conversation… un échange de phrases simples, presque banales, sans grand enjeu. Vraiment ? Philippe Delerm, dans Et vous avez eu beau temps ? s'attache à reprendre quelques unes de ces expressions dont nous émaillons nos conversations quotidiennes. Ils nous montre ce qu'elles cachent, ce qu'elles révèlent de nous et de nos belles intentions. L'expression est introduite grâce à une petite histoire dont il a le secret : une rencontre avec une lectrice, une visite à une vieille dame, la queue chez un commerçant… Puis soudainement, il frappe ! il dévoile le coupable, celui qui avançait masqué, qui jalouse, qui commente… L'expression est démasquée ; on comprend brusquement et on ne se laisse plus prendre à ces paroles à double sens – jusqu'à la prochaine fois…. On fera attention nous-même, lorsqu'on sera tenté d'employer ces phrases sournoises « il faudrait les noter », « en même temps je peux comprendre »… et « je reviens vers vous » - promis, c'est fini, cette dernière expression est rayée de la carte....

Et vous avez eu beau temps ? est un petit livre qui se lit rapidement. Les petites histoires sont courtes, agréables, on s'interroge, mais on rit et on s'émeut aussi. Ma préférée s'intitule : Il va partir en Australie – une dame fait dédicacer un livre pour son fils qui va bientôt s'éloigner et qui emportera avec lui "une façon de voir la vie".
Dans tous ces instantanés, on retrouve la « griffe » de Delerm, un style, une écriture choisie – et un regard particulier plein de bienveillance.
Une belle lecture.
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critiques presse (4)
LeJournaldeQuebec
16 février 2018
Dans Et vous avez eu beau temps ?, qui vient tout juste de paraître, l’écrivain français Philippe Delerm s’est amusé à traquer toutes les petites phrases du quotidien qui sont loin d’être parfaitement innocentes.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LaPresse
02 février 2018
Nos conversations sont truffées de ces formules faussement polies qui frappent parfois en bas de la ceinture, l'air de ne pas y toucher. Dans Et vous avez eu beau temps?, Philippe Delerm s'amuse à les décortiquer et à en comprendre le sens caché.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Lexpress
29 janvier 2018
A 67 ans, Philippe Delerm n'a rien perdu de sa popularité. En témoigne le succès de son nouveau recueil, toujours dans une veine malicieuse.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LeFigaro
26 janvier 2018
L'écrivain publie un recueil savoureux de ces phrases toutes faites qui relèvent de la maladresse ou de la vilénie.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (78) Voir plus Ajouter une citation
Pour être tout à fait honnête avec toi...



Houla ! Un bien étrange préambule. Du
coup, on va se concentrer beaucoup moins sur le message – au demeurant
souvent anodin, et qui ne nécessitait pas pareille mise en garde – que
sur la duplicité de la formule. Beaucoup de choses en peu de mots. Cela
suppose déjà que votre interlocuteur envisage l’honnêteté de manière peu
frontale. Il y a des occasions où il ne la pratique guère. Il doit se
faire une idée très personnelle de ce que serait la franchise, puisqu’il
est capable de la moduler, de la nuancer, et très vraisemblablement de
s’en abstenir. Certes, la vie sociale fait souvent préférer les Philinte
aux Alceste, mais on a affaire ici à un Philinte des plus retors, un
accommodeur, un pactiseur, un roué diplomate.

Le avec toi n’arrange rien. En l’occurrence, il ne s’agit
manifestement pas de parler à quelqu’un d’autre. S’agit-il pour autant
d’être honnête avec vous alors qu’on est malhonnête avec les autres ? On
se dispenserait bien de ce privilège, car on va vous dire quelque chose
de désagréable, et on tient à vous annoncer que vous devrez manifester
quand même de la gratitude, puisqu’on aura poussé la sincérité jusqu’au tout à fait.
On pense alors à cet ancien ministre, aujourd’hui déchu pour
fornication aggravée, qui avait l’habitude de commencer la plupart de
ses phrases par « honnêtement ». L’honnêteté, une vertu qui semble
d’évidence pour ceux qui la pratiquent, et fait jeter le voile de la
méfiance sur ceux qui la revendiquent.
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Et tu n'as rien senti venir ?

Il est peu de douleurs plus cruelles
que d’être quitté par qui l’on aime. À cet irréductible chagrin, encore
faut-il ajouter le questionnement de ceux qui viennent déposer une
pincée de sel sur la blessure toute fraîche en demandant : « Et tu n’as
rien senti venir ? »

Ah oui, on appelait cela de la confiance, il faudrait à présent y voir
de la naïveté ! Comment ai-je pu manquer à ce point de clairvoyance ?
Bien sûr, j’aurais dû sentir venir. Les autres sans doute le sentaient
pour moi, pourquoi n’ont-ils alors rien dit ?

– C’eût été délicat, tu avais l’air si bien, je ne me serais jamais permis…

Est-il si délicat de le révéler après coup, sous forme d’interrogation incrédule, lorsque vous êtes vous-même au fond du trou ?

Mais j’aurais dû sentir venir : la duplicité suit toujours une longue
route, et bien des sentiers buissonniers, avant d’éclater au grand jour.
De victime, je deviens presque coupable. J’aurais dû voir, et plus
encore me comporter autrement, c’est mon aveuglement qui préparait ma
perte.

Maigre consolation, on fait alors le tri dans l’amitié. La compassion
sincère se dit par la qualité du silence, un geste tendre, un effort de gaieté. Mais au-delà de la tristesse, il faut bien affronter le plus ou moins de fiel des compassions gourmandes. « Et tu n’as rien senti venir
? » "


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L'homme est un animal singulier. Il a reçu la parole, mais l'abrite souvent sous des précautions oratoires plus ou moins subtiles. En tout état de cause, en revanche, en même temps précèdent alternativement ce qu'il va dire. Mais la plus étrange est sans doute c'est pas pour dire, suivie d'un mais qui annonce que l'on va dire beaucoup. En fait, il va moins s'agir de de dire que médire.
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Constatons simplement que bien des tutoiements ne correspondent à aucune proximité réelle, relèvent souvent d'une camaraderie superficielle, sans estime supplémentaire. Il y a toutefois des familiarités qui vont aussi vers la tendresse. Mais elle n'existe pas, cette phrase délicieuse qui reflèterait l'apogée de la délicatesse :
- On pourrait peut-être continuer à se vouvoyer ?
( p 109)
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C’est pas pour dire mais…

L’homme est un animal singulier. Il a reçu le don de la parole, mais l’abrite souvent sous des précautions oratoires plus ou moins subtiles. «En tout état de cause», «en revanche», «en même temps» précèdent alternativement ce qu’il va dire. Mais la plus étrange est sans doute «c’est pas pour dire», suivie d’un mais qui annonce que l’on va dire beaucoup. En fait, il va moins s’agir de dire que de médire.
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Rentrée littéraire 2023 - "Les Instants suspendus" de Philippe Delerm
« Ce n'est pas un éblouissement, pas une surprise. On est tout à coup dans cette lumière-là, comme si on l'avait toujours habitée. On vient de sortir du tunnel. le train n'a pas changé de cadence, il y a juste eu un petit crescendo dans la musique, moins un bruit de moteur qu'une tonalité nouvelle, offerte au vent. Une infime parenthèse entre deux talus, et d'un seul coup : le paysage. Montagne, lac ou forêt, château en ruine ou autoroute, on sait tout absorber, tout devenir. »
Comme on les chérit, ces instants suspendus dans nos vies. Passer le doigt sur une vitre embuée. La mouche de l'été dans la chaleur de la chambre. le jaillissement du paysage à la sortie du tunnel ferroviaire…
Philippe Delerm n'invente pas ces moments, il les réveille en nous. Il leur donne une dimension d'horizon infini. On ne savait pas qu'on abritait tous ces trésors, Delerm les met en écrin. Entre humour subtil et nostalgie, un recueil dans la droite ligne de ses grands succès, La Première Gorgée de bière, La Sieste assassinée ou Les Eaux troubles du mojito.
+ Lire la suite
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